‹ Stanley l'africainChapitre 43 sur 76 · III. STANLEY, AGENT DE L'ASSOCIATION DU CONGO · texte numérisé non relu

III. STANLEY, AGENT DE L'ASSOCIATION DU CONGO

des cartes prouva à l'évidence que l'occupation de tous les points stratégiques nécessiterait de grands sacrifices pécuniaires et une importante augmentation du personnel d'employés européens et africains. Le Comité se déclara prêt à faire face à toutes les dépenses, pourvu que Stanley se chargeât de mener l'œuvre à bonne fin. Bien que celui-ci ne s'attendît pas à cette proposition, en un moment où sa santé laissait tant à désirer, il finit cependant par s'engager à retourner au Congo, et à achever l'établissement des stations jusqu'aux Stanley-Falls.

§ VII. Sur le haut Congo jusqu'aux Falls.

Retour en Afrique. — Parti à la hâte de Cadix, le 23 novembre 1882, Stanley arrivait de nouveau à Vivi, le 20 décembre.

Il eut tout d'abord à réorganiser l'administration des stations du bas Congo, et en même temps, il envoya plusieurs de ses agents, les capitaines Elliot et Hanssens, les lieutenants Van de Velde et Harou, ainsi que M. Destrain, établir des postes sur le Kouilou-Niari, afin de se ménager par la vallée de ce fleuve un second chemin vers le Pool.

Ainsi furent fondées, grâce aux traités conclus avec les indigènes, les stations de Rndolfstadt, Baiidoirinville, Stéphanieville, Philippeville et dix autres, qui furent depuis cédées à la France.

Persuadé que le Comité allait lui envoyer un homme complètement apte à gérer ses précieux intérêts sur le Bas-Congo, Stanley confia provisoirement le commandement de Vivi au lieutenant Van de Velde, le plus digne des officiers de la région.

Le 21 août \ 883, l'explorateur quitta le Stanley-Pool sur Y En- Avant, petite embarcation à vapeur à roues, de 9 tonneaux de jauge.

A la station de Msouata, la ville de Gobila, il rallia la baleinière YEclaireur et les deux steamers le Royal et Y Association internationale africaine, ces deux derniers â hélice et jaugeant 8 tonneaux.

Les quatre bâtiments arrivèrent de concert, le 27, à la nouvelle station de Kwamouth, que venait de fonder, au confluent du Rassaï, dans un site magnifique et des plus salubres, le lieutenant suédois Pagels.

A Bolobo, situé en amont, à vingt-six heures de navigation, Stanley fut arrêté par le règlement d'un grave différend, qui s'était élevé entre les Bayanzi et le chef de la station, M. Brunfaut.

Les Bayanzi sont un peuple turbulent. Ibaka, leur chef, avait commencé par accueillir avec empressement MM. Hanssens et Orban,

1S'1 STANLEY L'APRIOAIN.

qui avaient établi, au mois d'octobre 1882; la station de Bolobo. Mais, depuis cette époque, l'entente, d'abord si cordiale entre blancs et noirs, avait été rompue, et, à la suite d'une querelle, les Bayanzi avaient attaqué la station et y avaient mis le feu.

Stanley parvint, non sans peine, à rétablir les relations sur leur ancien pied ; Ibaka vint lui-même faire la connaissance de Boula- Malaii, dont il entendait souvent parler. Malgré son air rébarbatif, il ne se présentait pas mal, avec son chapeau arménien de haute forme; sans bord, tricoté avec la fibre d'hyphène et garni de lézards dorés, don de son ami le capitaine Hansscns. Un traité fut conclu avec Ibaka et les autres chefs de Bolobo, et la station se releva de ses cendres.

Le 20 septembre, Stanley, après avoir constaté par une reconnaissance, l'importance et la parfaite salubrité de la contrée située le long du Congo, en face du confluent du Mbossi (Alima), s'y arrêta, traita avec le chef du pays et, ayant acquis de lui une importante concession de terrain, fonda une station près du village de Loukoléla. Un agent anglais, M. Glave, en prit la direction.

Le 26 septembre, la petite flottille jeta l'ancre devant le grand village d'Ousindi, où Stanley avait déjà, quelques mois auparavant, établi de solides alliances. Irebou, le roi du district, vint visiter l'explorateur à bord de Y En- Avant et les relations furent consolidées avec son peuple.

Le 29, l'expédition arrivait à Equateur-Station, où résidaient déjà deux officiers belges, les lieutenants Coquilhat et Van Gèle, qui en avaient faitun séjour digne des Européens, avec maisons, hangars, parc à chèvres, poulailler, jardin légumier, le tout entouré de palissades et défendu par un blokhaus.

Chez les Bangala. - C'est le 1 7 octobre que les quatre bâtiments commencèrent la navigation en amont d'Equateur-Station, point extrême qui n'avait pas été dépassé par les lieutenants de Stanley. Outre le chef, ils emportaient M. Roger, les mécaniciens des trois steamers et soixante-huit noirs, Zanzibarites et Haoussas.

Le 18, on stoppa à l'embouchure de l'importante rivière Louloungou ; les bâtiments allèrent jeter l'ancre en face du grand village d'Ouranga, où un traité d'amitié fut signé avec le chef.

Le 21, l'accueil ne fut pas moindre chez les Bangala, dont les nombreux villages occupent huit kilomètres delà rive droite. Stanley y demeura trois jours, qui furent consacrés à d'amicales négociations. Ce peuple belliqueux, qui s'était opposé avec tant d'ardeur au passage du voyageur en 1877, sollicitait de lui maintenant l'envoi d'un

Page 1