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STANLEY AU SECOURS D'EMIN-P ACH A

2e Traversée de l'Afrique.

§ I. Les événements du Soudan égyptien.

Le Soudan égyptien. — En 1806, Méhémet-Ali, pacha d'Egypte, détruisit les mamelouks, corps de troupe turque, et se rendit indépendant de la Porte Ottomane. Plus tard, aidé de son fils Ibrahim Pacha, il conquit la haute Egypte, la Nubie, le Soudan Nilien, l'Arabie occidentale, la Syrie, et eut peut-être renversé l'empire ottoman, sans l'intervention des grandes puissances (1840).

Réduits à leurs «possessions africaines, les Pachas d'Egypte organisèrent à l'européenne l'Etat, l'armée, le commerce, etc., et s'appliquèrent à étendre leur monarchie dans tout le bassin du Nil. Malheureusement la mauvaise gestion des finances et les vices inhérents à la civilisation mahométane,dont l'esclavage et conséquemment l'odieuse traite sont deux des caractères essentiels, devaient être fatales à la monarchie qui, agrandie démesurément et prématurément, devait disparaître aussi presque subitement.

En 1838, Méhémet-Ali fit le voyage du Soudan et choisit le village de Rhartoum, au confluent des deux Nils, pour en faire la capitale de ses conquêtes vers l'Equateur. Lui et ses successeurs favorisèrent les explorations scientifiques des Européens dans les vastes régions du haut Nil qu'ils désiraient connaître et s'approprier.

(1) Documents. Les lettres de M. Stamley, publiées par les journaux quotidiens, notamment les traductions de M. Scott Keltie : La délivrance d'Emin Pacha (Hachette, éditeur; et du Mouvement géographique de Bruxelles. — Wauters, Stanleg au secours d'Emin-Pacha. (Quantin, Paris).

190 STANLKV L'Al-'KIUAIN.

C'esl Là que s'illustrèrent notamment les voyageurs Lejean, Peney, Poncel et Guny, français; Piaggia et Miani, italiens; Munziger, suisse ; Sohweinfurth, allemand ; Pétherick et Samuel Baker, anglais. Celui-ci, remontant le Nil, parvint à (iondokoro, où il rencontra (1803) les capitaines Speke et Grant qui, partis de Zanzibar, avaient traversé les premiers la région des grands lacs. Baker lui-même, sur les indications de ses compatriotes, alla découvrir le lac Albert.

Khartoum et la traite des nègres. — Cependant, sous l'administration égyptienne, Khartoum était devenue une ville de 40,000 âmes, mais malheureusement aussi ce fut le grand marché d'esclaves de la région et le repaire de tous les brigands chasseurs d'hommes qui, en moins d'un quart de siècle, portèrent le ravage dans tout le bassin du haut Nil. Tous les fonctionnaires de l'Etat, du plus petit au plus grand, ne cherchant qu'à s'enrichir, trempaient dans l'odieux trafic, et des centaines de milliers de nègres payaient de leur vie ou de leur liberté les soi-disant bienfaits de l'administration et de la civilisation musulmane apportée du nord.

L'Europe s'émut aux récits des horreurs racontées par Schweinfurth et les autres blancs explorateurs, et, sous la pression de l'Angleterre particulièrement, le gouvernement égyptien chercha à y porter remède. En 1870, le Khédive Ismaïl Pacha, fit appel aux Européens pour achever en son nom la conquête de l'Afrique.

Samuel Baker fut placé à la tête d'une armée de 1200 hommes, munie de canons et de chaloupes à vapeur, et reçut le titre de pacha et de gouverneur général des provinces du haut N.il. Il s'installa à Gondokoro, au milieu du pays à pacifier.

A son retour en Europe, deux ans après, Baker se flatta d'avoir mis fin au fléau de la traite. Sur le haut Nil, beaucoup de repaires de négriers avaient été détruits, nombre de brigands avaient été fusillés, et quelques milliers de malheureux esclaves avaient été mis en liberté, mais c'était tout ; le libérateur disparu, l'odieux trafic reprit de plus belle sous les nouveaux administrateurs musulmans.

Gordon-Pacha- — Sur de nouvelles instances de l'Angleterre, le Khédive s'engagea à supprimer la traite et appela à la tête du Soudan égyptien, l'illustre général anglais Gordon-Pacha, célèbre par les talents militaires et diplomatiques qu'il déploya en diverses occasions.

Gordon eut comme auxiliaires : l'officier américain, Chaillé-Long; le docteur allemand Schnitzer, surnommé Emin-Effendi, médecin de l'expédition ; l'officier italien Gessi ; cinq officiers anglais, dont le

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