‹ Stanley l'africainChapitre 5 sur 76 · DAVID LIVINGSTONE · texte numérisé non relu

DAVID LIVINGSTONE

L'intelligence des pages qui vont suivre nécessite quelques détails préliminaires sur le célèbre David Livingstone.

Né en 1813 dans l'île Ulva, l'une des Hébrides, sur les côtes occidentales de l'Ecosse ; retiré plus tard avec ses parents à Blantyre, il se fit médecin, puis missionnaire. Dans un espace de 33 ans, de 1840 à 1873,, en plusieurs voyages successifs, il parcourut toute l'Afrique Australe, d'abord en qualité de prédicant de la Société évangélique de Londres, puis comme consul-général du gouvernement britannique.

Dès 1841, Livingstone avait évangélisé les régions situées entre le Cap et le Zambèze. Il avait apparu aux noirs comme « un messager de la Bonne Nouvelle, médecin du corps et de l'âme, leur prêchant la douceur et la paix, leur enseignant le respect de la vie et l'amour du travail. » Aussi avait-il acquis sur leur esprit et leur cœur une influence qui lui permit de se faire une escorte d'indigènes, le jour où en 1849, il commença ses courses géographiques.

11 découvrit le lac Ngami cette même année, et explora ensuite le bassin du Zambèze, remontant la Liambaye et la Liba jusqu'au lac Dilolo, dont une partie des eaux s'écoule vers le Rassaï. Franchissant cette rivière et le Roango, il parvint à Saint-Paul de Loanda en 1854. Il revint de là aux merveilleuses chutes Victoria du Zambèze (1855) et suivit ce fleuve jusqu'à Quilimané, accomplissant ainsi le premier voyage transcontinental scientifique de l'Afrique.

Rentré à Londres en 18?7, Livingstone y publia la première relation complète de ses voyages, qui fut reçue avec enthousiasme, nonseulement en Angleterre, mais dans le monde entier. Dès l'année suivante, il repartit pour l'Afrique avec le titre de consul-général, ayant pour mission de chercher surtout à abolir l'esclavage et la traite des nègres. Le progrès des sciences géographiques, qui tenait le second rang dans ses aspirations, lui doit dans ce troisième voyage l'exploration plus complète du Zambèze et la découverte des lacs Nyassa et Schirwa, entrevus au siècle dernier par les Portugais.

Enfin dans son quatrième et dernier grand voyage, Livingstone partit de Zanzibar avec une escorte de Cipayes indiens, qu'il dut bientôt renvoyer, e,t des Anjouanais des îles Gomores, qui l'abandonnèrent en route. Il les remplaça par des indigènes qui lui restèrent fidèlement attachés, même comme on le verra, jusqu'après sa mort. Avec eux, il explora la Ravouma, le pourtour du lac Nyassa et enfin

le bassin du haut Congo. Bien reçu par le « Cazembé », roi du Lounda, il trouva le lac Moéro, remonta le Louapoula, qui s'y jette, e1 découvrit le grand lac Bangouélo ; de là il gagna le Tanganika (déjà vu par Burton) et séjourna a Oudjiilji, d'où il écrivit en Europe pour démentir le bruit de sa mort, que les déserteurs Anjouanais avaient fait courir. Ensuite il traversa à l'ouest les forêts du Manyéma, remonta le Loualaba et entrevit le lac Rémolondo (Landji) ; arrêté a Nyartgpué, sous le 4e degré de latitude sud, les indigènes n'ayant pas voulu lui fournir de canots pour la descente du fleuve, qu'il croyait être le Nil, il revint à Oudjidji, où Henri Stanley, envoyé à sa recherche, le rencontra le 10 novembre 1871.

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