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IV. STANLEÏ AU SECOURS D'EMIN-PACHA

un beau voyage à Timbouctou, prit la route du Congo. Conduit aux Stanley-Falls par un steamer de l'Etat libre, il essaya vainement d'organiser une caravane qui, des Stanley-Falls, de Nyangwé ou du Tanganika, le conduisit au nord-est ; partout la route était fermée ; il dut se rabattre au sud, et, par les lacs Tanganika et Nyassa, il parvint à Quilimane (1886-87).

La « Emin relief Expédition. » Le comité anglais de secours. — L'échec de ces trois expéditions russe, allemande et autrichienne ne fait que mieux ressortir les difficultés de l'entreprise, et. le mérite du succès de Stanley, que nous allons voir à l'œuvre.

« D'après le sentiment général, dit M. Scott Keltie, l'Angleterre, qui avait dans la cruelle position d'Emin sa grande part de responsabilité, devait le sauver, lui et ses compagnons, ses co-prisonniers plutôt.

» C'est alors que, d'accord avec son gouvernement, sir William Mackinnon, président de la Société de l'Est africain, se déclara prêt a organiser une expédition de secours. L'entreprise fut très bien et très rapidement préparée. Sur une simple suggestion, le gouvernement kbédivial souscrivit 25,000 francs, car c'étaient des officiers et des sujets égyptiens qu'il s'agissait de sauver. Sir William versa lui-même 250,000 francs, et le reste du demi-million nécessaire fut fourni presque en entier par ses amis. La société royale de Géographie donna 25,000 francs, le conseil désirant encourager l'étude d'une région presque inconnue. Les grands journaux voulurent contribuer à leur tour, sous la condition qu'il leur fût permis de publier les lettres de Stanley.

Engagement de Stanley. — Le nom du grand explorateur Stanley, présent à toutes les mémoires, fut naturellement mis en avant par l'opinion publique.

Dès le 15 novembre, en offrant au Foreign Office ses services pour organiser l'entreprise, sir W. Mackinnon parlait déjà de la confier à Stanley.

Celui-ci était alors en Amérique, où il devait faire une série de conférences qui, avec d'autres travaux de ce genre, lui auraient, dans l'année, valu 50,000 francs.

Ce fut seulement le 1 1 décembre que sir William Mackinnon put lui adresser ce télégramme :

« Vos plans et offres acceptés. — Ministère approuve. — Fonds » réunis. — Affaire urgente. — Revenez vite. — Répondez. »

Et la réponse, datée de New-York, i 3 décembre, fut celle-ci : « Câblegramme de lundi vient de m'arriver. — Mille remerciments. » — Tout va bien. — Partirai par YEider mercredi matin, 8 heures.

200 sTANi/hv l'africain.

» Sauf mauvais temps nu accident, serai Southampton 21 décembre. » — Un mois de retard seulement. Que le Ministère prépare Holmb wood Zanzibar el Seyyid Barghash. —Mes meilleurs compliments.»

L'œuvre était eu bon train. A peine do retour en Angleterre, Stanley dut faire une visite au roi des Belges qui le gardait encore ù son service.

Après mûre délibération, la route parle Congo avait été reconnue

c me l.i moins impraticable. Celle par la côte Est et par l'Ouganda

aurait mis en péril la vie des missionnaires restés au pouvoir du roi Mwanga. Léopold II plaçait à la disposition du voyageur tous les moyens de transport entre les mains de ses officiers au Congo.

La troisième semaine de janvier, tous les préparatifs étaient terminés et Stanley prenait pour compagnons et collaborateurs : le major Barttelot, vaillant officier de l'armée du Soudan ; M. Jameson, naturaliste — ces deux sont tombés dans la lutte ; — le capitaine Nelson, le lieutenant Stairs, le médecin major Parke, le Dr Bonny, MM. Jepbson, Ward et Rose Troop, dont nous reverrons les noms dans la suite.

Le départ. — Le 20 janvier 1887, le gros de l'expédition quittait Londres à bord du Navarin. De son côté, M. Stanley prenant la voie de Brindisi, se rendit le 28 janvier au Caire pour conférer, avec le khédive, Schweinfurth et Junker qui, arrivé depuis 15 jours, retournait dans son pays.

Le 21 février, Stanley arrivait à Zanzibar, et ses mesures étaient si bien prises que, le 25, il envoyait à Londres le télégramme suivant :

« Journée passée à embarquer expédition à bord du Maclnra : 9 officiers européens, 61 Soudanais, 13 Somalis, 3 interprètes, 020 Zanzibarites, le fameux Tippo-Tip et 407 des siens. — Courriers partis par terre pour Ouganda ; d'autres pour Stanley-Falls »

Emin savait depuis longtemps qu'on s'occupait de lui.

Encore Tippo-Tip. — L'engagement de Tippo-Tip, comme agent de l'Etat du Congo et auxiliaire de l'Expédition de secours fut en Europe accueilli avec surprise et défiance.

On le savait être un puissant marchand d'esclaves dans l'Afrique centrale, intéressé plutôt à faire échouer l'entreprise qui allait à rencontre de ses intérêts. Comment expliquer son concours en cette affaire?

Rappelons ici la fondation de la station des Falls par Stanley en décembre 1883. En janvier 1885, le capitaine Van Gèle arrivant à cette station trouva Tippo-Tip établi avec ses Arabes dans le voisinage, mais témoignant de ses intentions pacifiques envers le nouvel Etat du Congo.

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