‹ Stanley l'africainChapitre 59 sur 76 · IV. STANLEY AU SECOUES d'eMIN-PACHA · texte numérisé non relu

IV. STANLEY AU SECOUES d'eMIN-PACHA

N'ayant pas sa baleinière, restée au camp Nelson ; ne pouvant ni acheter de canot aux indigènes, ni en construire faute d'arbre assez fort ; dans l'impossibilité, par conséquent, d'aller chercher Emin au nord du lac, Stanley se décide a retourner sur ses pas vers Ibouiri

Le fort Bodo (la faix), enceinte palissadée, sur le haut Arouwimi.

et le camp de Nelson, à Kilonga-Longa. Ce sera un retard de 4 mois, mais rien ne décourage l'intrépide chercheur.

A la recherche de son bateau. — Le 15, dit-il, nous nous dirigeons par la rive occidentale sur Kavalli, ou, pour mieux dire,

sur le lieu où exista Kavalli, détruite depuis longues .-innées. Le 16, à 10 heures du matin, après une marche de nuit, nous nous retrouvions sur la crêle du plateau. Les indigènes de la veille avaient reparu sur les escarpements de la montée : ils nous tuèrent un homme, un autre fut blessé. Nous les dispersons de nouveau ; nous refranchissons les vallées de Mazamboni, et, en dépit de tous les naturels, nous retraversons l'itouri pour rentrer à Ibouiri dans la région des forêts.

Le 7 janvier nous étions de retour à Ibouiri (onze journées de marche du lac), et nous y construisions un fort que je nommai Fort Bodo (la paix): nous creusons un fossé, l'entourons d'une estacade avec de hautes plates-formes pour nos meilleurs tireurs : le tout défendu par un fouillis de pieux, de perches, de barrières. De plus, par prévoyance, nous cultivons le sol et y semons maïs, fèves, tabac.

Après quelques jours de repos, le lieutenant Stairs, avec 100 hommes, partit pour la station de Kilonga-Longa afin de ramener le chirurgien Parke et le capitaine Nelson, le bateau et les colis. — Des 38 malades restés là-bas, il n'en est revenu que 11 ; les autres sont morts ou ont pris la~fuite. Stairs est ensuite reparti pour la station d'Ougaroua, où il va chercher les convalescents qu'on y avait laissés. Je lui donne 39 jours pour remplir son mandat.

Pendant son absence, je fus pris de gastrite, j'eus un abcès au bras. Mais un mois de soins du Dr Parke me rendit la santé, et 47 jours s'étant écoulés, je me remis le 2 avril en route pour l'Albert- Nyanza, accompagné de MM. Jephson et Parke.

Nous laissions au Fort Bodo le capitaine Nelson, guéri maintenant, avec une garnison de 43 hommes et les convalescents d'Ougaroua.

Le 26 avril, nous remettions les pieds sur le territoire de Mazamboni, mais cette fois, sur mes instances, il se décida à faire « l'échange des sangs ». — J'avais 50 carabines de moins à cette seconde visite, pourtant l'exemple du grand chef entraîna tous les autres, et désormais la marche se fit sans obstacles. Partout on nous portait des vivres dont on ne voulait pas accepter le payement : vaches, chèvres, moutons, volailles affluaient en telle abondance, que nos gens festoyaient sans cesse ni trêve.

§ VII. Au lac Albert et retour a Banalya.

Rencontre d'Emin — A une journée de marche du Nyanza, des indigènes de Kavalli vinrent nous dire qu'un homme blanc, nommé «Maledja», avait donné à leur chef un petit paquet noir pour le

Page 1