IV. STANLEY AU SECOUES d'eMIN-PACHA
» La ville s'était pavoisée, des arcs de triomphe avaient été dressés en travers des avenues. Toute la colonie européenne et les Arabes notables de Zanzibar étaient accourus en fête. Les troupes allemandes, rangées en batailles, étaient sous les armes, et, à leur tête, se tenait cette autre célébrité de l'exploration africaine, qui, comme Stanley, avait traversé deux fois l'Afrique ; qui, comme lui aussi, avait collaboré à la grande œuvre du roi des Belges, le major Wissmann. Enfin, les consuls des puissances étaient accourus, apportant aux arrivants de flatteuses dépêches que des souverains, des ministres, des municipalités, des sociétés scientifiques, venaient de leur adresser d'Europe.
» Et, lorsqu'ils apparurent sur les chevaux que le commissaire allemand avait envoyés à leur rencontre, en baillons, les traits abîmés par la fatigue et la peine, couverts de poussière glorieusement ramassée pendant un trajet de huit mois, alors les palmes s'agitèrent, les clairons sonnèrent, les troupes et les canonnières à l'ancre dans le port tirèrent des salves.
» Salut d'honneur noblement gagné, car après trois années l'Expédition revenait à Zanzibar, ramenant en triomphe les deux hommes vaillants, qu'au prix d'efforts surhumains et d'indicibles souffrances, elle était allée arracher au cœur de l'Afrique barbare. » (1)
(1) Par une fatalilé singulière, Eniin Pacha faillit périr eu arrivant au port qui devait être le terme de ses travaux.
Dépêche de Zanzibar, 5 décembre. — Un très grave accident vient d'arriver à Emin Pacha, à Iiagamoyo. Le pacha, dont la vue est très affaiblie, se trouvait sur un balcon : ayant mal jugé de la hauteur de la barre d'appui, il perdit l'équilibre et tomba dans le vide, de vingt pieds de haut. Quand ou le releva, Emin avait l'œil droit crevé et le sang sortait par ses oreilles, ce qui fait craindre de dangereuses lésions du crâne. Il avait, en outre, de graves contusions sur diverses parties du corps.
» Le chirurgien Parke, qui fait partie de l'Expédition Stanley, i^ste auprès de lui. Les chirurgiens allemands expriment la plus vive inquiétude sur son état, mais M. Parke espère le sauver. »
Enfin, après un traitement intelligent de plusieurs mois, Emin Pachà dut une seconde fois la vie au comité anglais de secours.
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