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Laquelle des deux vous semble dominer? Est-ce la justice, est-ce la miséricorde ? C’est la miséricorde ; superexaltat misericordia justitiam, la miséricorde l’emporte sur la justice, et la commisération du Seigneur passant par-dessus toutes ses autres œuvres. La justice est imposante comme les montagnes, Justilia sicut montes ; la miséricorde élevée, plus sublime que tous les cieux, super omnis cælos misericordia.
Et s’il vous plaît, mes Frères, de considérer la justice et la miséricorde à l’œavre, contemplez-les dans leur grand développement, dans leur glorification éternelle.
—Justice, où es-tu ? Terrible, implacable dans l'enfer. Là, sans conteste, sans rivale, elle règne sur un empire qui est absolument le sien. — Miséricorde, où es-tu ? Belle et toute aimable au ciel, dans son royaume d'amour et de félicité! Dites, dites, laquelle vous parait l'emporter, quis videretur esse major ? C’est un docteur qui va répondre :-—-Autant l'ange comparé au damné le domine et l'emporte, autant la miséricorde l’emporte sur la justice. Reines toutes deux, toutes deux immortelles; mais la justice, c’est le damné, l'enfer ; la miséricorde, c’est l’élu, c'est le Ciel : —reines toutes deux, toutes deux immortelles, toutes deux divines, adorables ; mais nous réservons à la miséricorde la part la plus belle, la plus douce de nos adorations, parce que, dit un docteur, elle est prééminente, dg'nior, plus digne, excellenior, et “ plus excellente.”
Dieu lui-même, mes Frères, pense et agit comme nous. Quand dans la Sainte Ecriture, il parle de sa justice, c’est toujours avec réserve, discrétion, sobriété. Quand il parle de sa miséricorde, ah ! il ne tarit plus, il la loue, il l’exalte, il la célèbre, il la chante, et il veut