‹ Station de carême de 1888Chapitre 15 sur 26 · RES L · texte numérisé non relu

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que toutes les créatures la chantent avec lui. Conimini Domino quoniam bonus...

‘* Chantez que le Seigneur est bon et que sa miséricorde est éternelle !”

La justice, c’est le vêtement du Seigneur, indutus est Justitià ; mais, insistons : c’est la ceinture de ses reins.

La justice, c’est le baudrier qui soutient le glaive. Et la miséricorde ? la miséricorde, plus intérieure, plus intime, plus adhérente à Dieu: viscera misericordiæ, ce sont les entrailles de Dieu même. Mot plein de douceur, tout aimable, qui semble nous dire : ‘“ Enfants des hommes, confiance ! ne craignez pas, confiance en Dieu! Il vous porte dans son sein comme une mère porte son enfant, viscera misericordiæ |

Dieu peut bien mettre de côté son vêtement trop lourd, la justice, déposer le glaive ou le laisser dormir dans son fourreau, la justice ! Mais Dieu ne saurait pas se défaire de ses propres entrailles, non plus que vous, il ne saurait les arracher à son sein ! Comprenez, vous tous qui m'écoutez ? comprenez cette parole de la Sainte Ecriture, parole ineffaçable, paternelle, miséricordieuse qui dit de Dieu qu'il est le Père des miséricordes, pater misericordiatum, parce que la miséricorde c'est les entrailles de son sein ! Vous n'avez jamais lu dans la sainte Ecriture que Dieu soit appelé le père de la justice, du châtiment ? — C’est qu'en effet Dieu n’est pas le père du châtiment ; non ! le châtiment n'a pas sa raison d’être en Dieu mais dans le pécheur qui provoque Dieu et qui attire ses coups. Dieu n’est pas le père du châtiment; il est le père de la miséricorde, parce que la miséricorde naît en Lui et forme les entrailles de Dieu, viscera misericordiæ.

Dieu est juste, c'est vrai ; mais ici-bas il se montre à

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nous plus miséricordieux. Dieu est juste, mais jamais ici-bas il ne frappe dans toute la rigueur qu'exige le crime ; quand la justice doit sévir, il semble hésiter, il temporise, il adoucit les coups. Il avertit Sodome et ne lui demande que dix justes pour lui faire grâce ; ilavertit Ninive et lui pardonne devant sa pénitence ; il avertit la terre cent ans avant le déluge ; et, quand il submerge la terre impénitente, ce n’est pas la terre toute entière : Noé et sa famille sont réservés ; et c'est par une pluie qui dure quarante jours et quarante nuits.

O Dieu, il ne vous a fallu que six jours pour créer ces mondes immenses qui roulent au-dessus de nos têtes et vous prenez quarante jours et quarante nuits pour détruire, et à demi, cette pauvre petite terre qui n’est qu'un grain de sable en comparaison !

Oui ! la justice de Dieu, voyez-vous, tombe du ciel goutte à goutte ; la miséricorde, c’est un torrent, super-

exaltat misericordia justitiam, la miséricorde l'emporte sur la Justice !

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Que dire maintenant de la miséricorde appliquée à l’homme? Tout simplement ce que disent les prophètes : “ Chantons que le Seigneur est bon et que sa ‘“ miséricorde est éternelle.” Dieu est bon, et sa miséricorde est éternelle, infinie à l'égard de tout homme venant en ce monde.

Dans l’ordre de la nature, il le comble de biens : Il a créé pour lui le Ciel et ses splendeurs, la terre et ses magnificences ; Il fait lever son soleil sur le juste et sur le pécheur. Il fait tomber les pluies fécondantes ; il fait müûrir les moissons ; à tous Il a donné l'être

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et la vie, des yeux pour voir ses merveilles, une intelligence pour le connaître, un' cœur pour l’aimer. Il nous comble, Il nous caresse, dit la Sainte Ecriture, de ses bienfaits— Claudiaus per beneficiæ.

Dans l’ordre surnaturel, ses biens sont supérieurs encore. Et, de fait, tous les biens naturels et sensibles que nous recevons sur la terre, mes Frères, ne sont que la pâle image des biens surnaturels que le Seigneur nous accorde tous les jours. Grâce à la miséricorde, l’âme a son beau soleil, la vérité éternelle ; elle a pour se réchauffer son foyer, la charité divine; pour se rafraîchir, la rosée des grâces, pour se purifier, les divins sacrements; pour s’embellir, toutes les vertus chrétiennes ; pour se nourrir, pour se féconder, le sang d’un Dieu; pour se reposer sur terre, pour se consoler au milieu de ses maux, l’espérance !

L’espérance! Ah! par dessus tous les biens que le Seigneur nous a donnés il y a l'espérance chrétienne,

‘qui ne sera jamais confondue, du Ciel désormais ouvert,

des biens éternels désormais accessibles, du sein de Dieu, prêt à nous recevoir! ‘“ O miséricerde, dit saint Augustin, toi seule étais capable de nous élever du fond de cet exil jusqu’à la patrie !”

Bonne envers tous les hommes, la miséricorde s’est montrée particulièrement bonne envers le pécheur. Quand il s'éloigne, quand il s’écarte de Dieu, de combien de moyens n’use-t-elle pas pour le contenir, pour le ramener, pour le convertir; elle l'appelle avec instances, elle le poursuit avec compassion, elle l’attire par les biens qu'elle lui prodigue et par les maux aussi que sa main sait lui ménager ! Si le pécheur est insensible et s’il résiste, eh bien! elle attend, elle l’attend avec une longanimité toute divine, avec une patience

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qui semble n'avoir pas de fin.—Voulez-vous, disent les empressés, que nous arrachions cette ivraie, cette gale de la terre ?—-Non, attendons, dit-elle, le temps de la moisson, nous ferons alors le triage. — Voulez-vous, disent les empressés, que nous abattions ce figuier stérile ? il ne porte pas de fruits, pourquoi occupe-t-il la terre ? Voulez-vous ?—Non, attendez encore un an, peut-être qu'il portera des fruits.—Voulez-vous, que nous fassions tomber le feu du Ciel sur cette ville coupable, voulez-vous ?—Oh! non, non—"‘ Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes !”

Justice, châtiment, vengeance : voilà l’homme! patience, longanimité, compassion, bonté, grâce, pardon, voilà ia miséricorde !

C’est que la miséricorde, elle, ne veut pas la mort des pécheurs, mais qu'ils se convertissent, tous, et qu'ils vivent !

Si le pécheur ne veut pas vivre, et s’il ne veut pas se convertir; s’il résiste à l'appel de la miséricorde, s’obstine dans le mal, et s’endurcit dans son péché, dans son impénitence, la justice enfin revendique ses droits ; elle doit frapper ; elle frappe.

Mais aussitôt la miséricorde accourt, elle vient sur les pas de la justice pour adoucir les coups, pour guérir les blessures qu'elle a faites, pour consoler et sécher les larmes qu'elle fait verser.

Mais qu’avons-nous besoin, nous tous pauvres pécheurs, revenus à Dieu je l'espère, qu'avons-nous besoin de ‘rappeler toutes ces choses! nous n'avons qu’à nous souvenir des appels de la tendre miséricorde à notre égard, de ses longues attentes ; et quand elle nous a vu pleurer dans notre pénitence, des tendres consolations qu'elle nous a toujours données !

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Bonne envers tous les hommes, bonne particulièrement envers le pécheur, la miséricorde éclate surtout à l'égard du pécheur pénitent, du pécheur converti. Ah! c'est alors que se réalise cette belle parole de l’Ecriture : “]là où a abondé le péché, là surabonde la grâce.” Et “ce que la miséricorde fait est admirable, mais ce qu’elle répare est plus admirable encore.” ‘“ Douce miséricorde,”’ disait St Ambroise, tu nous élèves au-dessus de notre première innocence :” et St Augustin a osé dire, à son tour: ‘“ Heureuse fante, celle qui nous vaut une pareille rédemption, une pareille miséricorde de la part de notre Dieu.”

Voyez, mes Frères, voyez plutôt: David est prévaricateur, il commet deux crimes abominables, mais il dit cette grande parole: peccavi, et il pleure, et à l'instant David voit son âme redevenir blanche comme la neige. Et sa grande figure passera devant les générations comme l’exemplaire du pécheur pénitent. Pierre est renégat, maïs il pleure amèremeni, et voilà Pierre à l'instant devenu le vicaire de Jésus-Christ, le prince des apôtres, le portier des cieux. Paul est persécuteur du Christ et de la jeune Eglise, mais Paul est terrassé et il pleure son péché et Paul devient l’apôtre des Gentils, le vase d'élection, et le cœur de Paul devient si beau, sous l'effet de la grâce et de la miséricorde que Saint Jean-Chrysrstôme ose le comparer au cœur de Jésus. Magdeleine est pécheresse, mais elle pleure, et vous savez quelles larmes! et voilà Magdeleine qui devient familiaris amica Christi, la douce farnilière du Christ. Oh! cette parole est grande, mais cette parole est vraie, là où a abondé le péché, là surabonde la grâce, quand le pécheur revient à Dieu. Et cette parole,

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Seigneur, console nos âmes et les fait tressaillir d’espérance !

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Eh ! qu’avons-nous dit, mes Frères, jusqu’à présent de la miséricorde de Dieu ? Rien, ou presque rien.

Nous ne sommes pas encore entrés dans son beau

\ royaume, nous ne l'avons pas encore définie, nous f n’avons pas dit son nom. La miséricorde, c’est Jésus ! | Ouvrons les Saints Evangiles, voyons les œuvres de Îl Jésus ; un débordement de miséricorde ! Et lui-même UE se plait à les énumérer, ces œuvres de miséricorde, à l’envoyé de Jean qui vient l’interroger de la part de son maitre et lui dire: ‘“ Qui êtes-vous, que dites-vous de vous-même ? ” Jésus lui répondit : ‘“ Allez, dites à ‘votre maître: les aveugles voient, les boîteux 4 ‘“ marchent, les sourds entendent, les lépreux sont gué- | ‘* ris, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangé- | “ lisés!” Jésus n’a pas autre chose à dire.

À toutes ces œuvres de miséricorde, Jean saura bien reconnaître ce qu'est Jésus !

Jésus n’est descendu du Ciel que pour exercer cette miséricorde, que pour venir au-devant des misères d'ici-bas. Et maintenant sur terre Il passe, Il passe À au milieu de cette misère humaine, pour la consoler, A] .. lalléger, la secourir, “IL a passé en faisant le men, nous dit simplement le Saint Evangil esus, fils de | David, ayez pitié de moi,” lui crie s son passag. le

pauvre aveugle de Jéricho, une misère! et Jésus s’ar- (1l rête, animé de miséricorde.—“ Que veux-tu que je te * 1} fasse ? ” — Maître, que je voie! — “ Regarde,” lui dit Jésus, et le pauvre aveugle voit la miséricorde de

cit: OS vies

Jésus !—Le fils de la veuve de Naïm est porté en terre; sa pauvre mère le suit en pleurant: une double misère ! Jésus passe, il arrête le convoi, il ressuscite l'enfant et le rend à sa mère. Lazare, notre ami, dort, il est mort, wne misère! Marthe et Marie venez dire à Jésus où vous l’avez mis. Et Jésus, ému de miséricorde, pleure et dit à Lazare: ‘“ Lazare, sors du tombeau.”

Toutefois Jésus s’'émeut de miséricorde bien plus encore pour l’âme que pour le corps, et il témoigne de cette miséricorde particulière, quand il donne sa grâce aux petits, aux humbles, et quand il convertit les pécheurs. |

Il va manger avec les Publicains au risque de se faire jeter le blâme, la pierre par les Pharisiens jaloux. Il appelle Zachée, une misère ! ‘et va fraterniser avec lui dans sa maison. Il attend la Samaritaine au bord du puits de Jacob; pauvre Samaritaine ! une misère ! il lui demande à boire ; il la fait soupirer après ces eaux qui rejaillissent jusqu’à la vie éternelle, et lui parle avec tant de miséricorde que la Samaritaine reconnaît à cette miséricorde le Messie !

Et cette pauvre femme de la place publique que les

Juifs veulent lapider: wne grande misère —" Femme, lui dit Jésus, quelqu'un t’a-t-il condamnée ? ” —‘ Non, Seigneur, pas encore.” —- ‘“* Et moi non plus, je ne te

condamnerai pas; va, mais ne pèche plus.” —Pierre, le renégat ! une misère! Jésus se plaît à lui faire expier son triple reniement par une triple protestation d'amour. Et Madeleine, quelle ineffable misère! Comme Jésus la fait pleurer constamment à ses pieds !

Voilà les œuvres de Jésus, les œuvres de sa miséricorde; que dire de sa doctrine, de sa prédication, de sa

parole! Elle était si tendre, elle était si bonne, si entraînante, qu'elle ravissait le monde après lui! et les foules le suivaient jusqu’au fond du désert! Elles manquaient de tout, mais n'importe ? elles n'avaient pas de pain, mais qu'importe? elles avaient la bonté de Jésus et sa parole miséricordieuse !

Que prêchait donc Jésus ? Ceci simplement : la rémission des péchés, l’affranchissement de tous les esclavages, la liberté de l’âme, le salut par la pénitence, l'union fraternelle, l'union des cœurs; la charité, l'amour de Dieu, de notre Père du Ciel, les béatitudes, les œuvres de la miséricorde !

En passant, Jésus a vu sur son chemin des pauvres, manquant de pain, de vêtements. Emu de miséricorde, d'une paroiïe, Jésus transforme la pauvreté, Il en fait une richesse, l’opulence des cieux : Bienhéureux les pauvres, le royaume des cieux est à eux!

Jésus a vu sur son chemin ceux qui pleurent, ceux qui souffrent; Il en a vu besucoup: d’un mot Il transfigure les larmes et la souffrance, Il en fait une joie, Il en fait une félicité.—“* Bienheureux ceux qui souffrent et qui pleurent, ils seront consolés ! ” Il a vu sur son passage ceux qui avaient faim et soif de la justice. Adorable faim! adorablè soif! Illes apaise : — “ Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés !” Il a vu les doux et les pacifiques, ceux-là que la méchanceté des hommes opprime plus facilement ; Il en est touché ; et Il leur dit : Bienheureux les pacifiques et les doux, ils seront appelés les fils de Dieu! Il a vu aussi sur son chemin les miséricordieux : Il ne pouvait les oublier ceux-là, qui lui ressemblent! ‘“ Bienheureux les miséricordieux, il leur sera fait aussi miséricorde ! ”

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Que prêchait Jésus? Tout ce qui est saint, tout ce ce qui est bon, tout ce qui relève l’âme, tout ce qui la ramène à Dieu, et pour obtenir cette fin, dans sa miséricorde, changeant au besoin toutes choses, bouleversant les idées, bouleversant le monde, révolutionnant tout et faisant de l’infirmité une puissance, du malheur une véritable félicité.

Ft quelles sont adorables les formes de la prédication de Jésus! ses naïves et ravissantes paraboles! (C'est la drachme perdue, symbole de l’âme égarée; il faut la rechercher, balayer la maison, bouleverser toutes choses ; il faut la retrouver, cette drachme, cette âme perdue que Jésus aime !

C’est l'enfant prodigue ! le malheureux comme il s’est éloigné de son père, comme il emporte sa substance, tous ses biens pour aller les dissiper au milieu des plaisirs, loin de son père! Et le pauvre bon vieux père, comme il pleure son fils absent ; comme il vient tous les jours l’attendre sur ce chemin d'où il l’a vu s’en aller! —Revizndra-t-il? reviendra-t-il ?—Oui, il reviendra... c’est lui ! le bon père se précipite à sa rencontre : ‘“ Père’ lui dit le fils, en se jetant à ses pieds: “ J’ai péché contre le Ciel et vous!” Mais lui, il l’'embrasse, il le serre sur son cœur! Oh ! le bon père! Oh! la bonne miséricorde de Jésus !

Et la petite brebis de Jésus, la brebis perdue: Oviculam meam !

Il l'aime comme son unique, wnicam meam ! que ditesvous, Jésus, votre unique! Qu'avez-vous donc fait de ces quatre-vingt-dix-neufautres brebis qui vous avaient été confiées? Le grand troupeau des anges ? Oh! qu'il aille, qu'il aille !—Il l’abandonne à toutes les aventures, à tous les vents de la félicité des cieux ; et il s’en vient

rechercher sa “ petite brebis” sur la terre, la pauvre humanité —Oh! comme il court après elle; comme il sait la retrouver !—Elle est mourante !—I] la prend dans ses bras ; il la met sur ses épaules, tête contre tête, et, là, tout près du baiser. Comme il la fait manger dans sa main, boire dans sa coupe et dormir dans son sein, “comme la petite fille de la maison.”

Dors, dors, pauvre petite brebis, âme chrétienne, dors tranquille maintenant sur le cœur de ton Dieu; dors, confiante et bienheureuse dans le sein de sa miséricorde !

C'est surtout, mes Frères, au moment de sa Passion que la miséricorde de Jésus s’exalte et triomphe. Sion, avait dit son prophète: Chante, voici ton Dieu qui vient à toi plein de douceur, chante hosanna ! ‘“ Il vient pour souffrir et pour mourir dans les grandes tortures, pour te sauver.” Chante! Oh ! comment chanter, quand mon Dieu va mourir !—Chante, te dis-je, car si tu ne chantais pas, les pierres attendries elle-mêmes crieraient hosanna !”.......….

Voici l'heure, l'heure de Jésus, l’heure de sa grande miséricorde ! Les amis de Jésus, les disciples, les apôtres jusqu’à ce moment fidèles, les saintes femmes, peuvent bien se détourner de Jésus, s’en aller, abandonner Jésus ! Qu'ils fassent place, auprès de Jésus, à qui a plus besoin qu’eux-mêmes de la miséricorde.

Et ceux-là, ces autres où sont-ils ? qui sont-ils? Les voilà : les méchants, les impies, les bandits de la terre ; ils viennent ! traîtres, renégats, hypocrites, blasphémateurs, soldats, bourreaux, voleurs, assassins, scélérats ; troupe des pécheurs de la terre, approchez ! venez ! approchez dela croix de Jésus! y êtes-vous tous ? Oui, Seigneur, nous y sommes ! Eclatez, miséricorde de

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Jésus ! Larron, voleur, monte au Ciel ! ‘aujourd’hui, tu seras avec Moi dans le paradis!” Foule immense des Juifs qui venez de crucifier le Divin Maître, frappez votre poitrine! Jérusalem, reconnais ton Sauveur! O saintes femmes, attendrissez-vous, pleurez, prédestinées que vous êtes à représenter désormais sur la terre la douce miséricorde de Jésus! Terre, tremble, non pas d'épouvante, mais de joie, d'espérance, et d'amour ! te voilà fécondée par le sang d’un Dieu ! Morts, ressuscitez ! pécheurs revenez à la grâce !

Et vous, ô divine Marie, Ô mère de Jésus, devenez la mère des hommes! et si bien que désormais nous, pauvres pécheurs, nous aurons au Ciel “le Père des miséricordes ” et ‘“ la mère de la miséricorde.” la sainte Vierge Marie! Et vous, 6 Jésus, nous vous le demandons en ce jour, faites-nous, maintenant et toujours, miséricorde. Amen !

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