SERMON PRONONCÉ LE VENDREDI-SAINT, 30 MARS
Passio Domini rirstri Jesu Chrisli.
La Passion de Notre-S-igneur Jésus-Christ.
Vous êtes venus en foule, mes Frères, en cette matinée funèbre du Vendredi-Saint pour entendre raconter comment est mort le Juste; membres de cette grande famille chrétienne, vous avez regardé comme un devoir d'abandonner un moment tous les soins de la terre et d’accourir pour donner ensembl: un souvenir solennel au grand sacrifice du Calvaire, à la passion et à la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Sa grâce vous attire, la voix de son sang vous appelle ! et vous avez subi cette attraction puissante dont il disait lui-même un jour : “ Oh! si je puis étre une fois enlevé de terre, j'attirerai le monde à moi !”—Le monde est venu à Lui !
Venez tous,—contemplons ensemble la victime de nos péchés; méêlens metre repentir à sa comtrition urande comme la mer ! laissons tomber quelques larmes dans le torrent de son sang et de ses larmes, et que nos âmes, umies dans un même sentiment de compassion, d'amour et de #econnaissance, se confondent et adorent le Sauvemr agonisant et crucifé !
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Passio Domini nostri Jesu Christi, c’est la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ !
Mais qui donc ose, sans trembler, aborder un pareil sujet ? qui donc a la témérité de vouloir approfondir le mystère insondable, et raconter les douleurs infinies! Pitié sur moi, mon Dieu! car en ce moment cette mission m’incombe; pitié sur moi, mes Frères! et contentez-vous d'entendre ce qu’en disent les Saints Evangélistes : eux seuls, avec la grâce de Dieu, peuvent réveiller dans vos âmes des sentiments dignes de cette nuit et de ce jour effroyables, dignes de la Passion et de la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ !
O croix, notre unique espérance ! dans ce moment, nous nous mettons à vos genoux et nous vous demandons protection et salut ! |
Salut à vous! O crux, ave !
Six jours avant les fêtes de Pâques, Jésus était venu à Béthanie dans la maison de Simon le Lépreux : Simon donnait un banquet à Jésus à l’occasion de la résurrection de Lazare, et au banquet, était Lazare le ressuscité. Ortandis que Jésus était assis à table, Madeleine, la sœur de Lazare, prenant avec elle dans un vase d'albâtre une livre de nard, parfum d’un grand prix, vint le répandre sur la tête de Jésus, et puis s’agenouillant à ses pieds adorables, elle les oignait de cet cuguent, les arrosait de ses larmes et les essuyait de ses cheveux : toute la maison fut remplie de l'odeur du parfum. Alors Judas, celui qui devait vendre son maitre, dit : ‘ À quoi bon cette perte! n’eût-il pas mieux valu vendre ce parfum plus de trois cents deniers et en donner le prix aux pauvres ? ”” Ce n’est pas qu'il eùt grand souci des pauvres, Judas, mais il tenait la bourse et il était avare —
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“ Laissez, laissez-la, dit Jésus, pourquoi lui causer de la peine? Elle vient d'accomplir une bonne action à mou égard: vous aurez toujours des pauvres parmi vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours; car elle vient de répandre ce parfum sur mon corps pour ma sépulture !”
Ainsi Jésus annonçait déjà que son heure était venue. —" Oui, le Fils de l'Homme s’en va, le Fils de l’'Homme s’en va, disait-il encore à ses disciples et à qui vou-