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lait entendre, et bientôt il sera enlevé de terre!
Or, une grande multitude de juifs, ayant appris que Jésus se trouvait à Béthanie, vint pour le voir et pour voir aussi Lazare que Jésus avait ressuscité. Et comme le lendemain Jésus se rendait à Jérusalem, cette foule, qui avait passé la nuit autour de la maison de Simon le Lépreux, accompagnait Jésus et lui faisait escorte, en jetant des fleurs et des vêtements sous ses pas, en agitant des palmes et des rameaux d’oliviers, et en criant : ‘“ Béni soit celui qui nous vient au nom du Seigneur ! Salut au Roi des Juifs! Hosanna au Fils de David !” Et Jésus, monté sur l’âAnon, s’avançait ainsi vers Jérusalem, — selon qu'il est écrit : “ O filles de Sion, voici ton Roi qui vient à toi, dans la douceur et
dans la mansuétude, chante Hosanna ! ”
Mais ce triomphe ne fit qu’accroître et qu'irriter la haine des Prêtres et des Pharisiens, et ils murmuraient : déjà : “ Voilà que tout le monde s’en va après Lui ; ” et ils s’assemblèrent dans la maison de Caïphe ce jourlà même pour aviser aux moyens de s'emparer de Jésus et de le faire mourir. C’est au cours de ce conciliabule affreux que se présenta Judas : il venait offrir de livrer son maître et il demandait de l'argent. Ils l’accueil-
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lirent avec joie et lui promirent de l'argent, trente deniers !.… Ce fut le prix de la victime !
‘* Mon heure est venue, disait de son côté Jésus à ses disciples, voici mon heure! Vous savez que la Pâques se célèbrera dans deux jours! alors le Fils de l'Homme sera livré pour être crucifié! mais allez préparer la Pâque, car j'ai un grand désir de manger cette Pâque avec vous.” Et ils allèrent, Pierre et Jean, préparer; la Pâque dans un grand cénacle qui leur fut montré. Quand l'heure fut venue, Jésus se mit à table au milieu de ses apôtres, et pendant qu'ils mangeaient, il parut agité : il prononçait des paroles douloureuses, il disait : ‘“ On frappera le Pasteur, et les brebies du troupeau seront dispersées ; le Fils de l'Homme sers livré, le Fils de l'Homme sera vendu, sera trahi !” Une sorte d'inquiétude divine semblait le troubler. Cependant il se leva, il déposa quelques vêtements, il prit un linge et s’en ceignit les reins ; et, versant de l’eau dans un bassin, il commença à laver les pieds à ses apôtres. Quand il fut venu à Pierre, Pierre lui dit : ‘ Vous, Seigneur, me laver les pieds. à moi !”—" Laisse faire, disait Jésus, tu ne sais pas ce que je fais, mais tu le sauras bientôt !”— “Oh! jamais, Maître, jamais! vous ne me laverez les pieds, à moi !”—"* Mais alors. tu n'auras pas de part avec moi dans le royaume des cieux !”’—‘ Ah! Maître, s’il en est ainsi, lavez-moi, non seulement les pieds, mais les mains, mais la tête ! ”
Après cette touchante scène, qui préparait les disciples à l'institution de la divine Eucharistie, Jésus déposa le linge, il reprit ses vêtements et vint s'asseoir à sa place, au milieu de ses apôtres et il leur dit : “ Vous voyez ce que je viens de vous faire, Moi que vous appelez votre Seigneur et votre Maitre ! et qui
en vérité le suis. Je vous ai lavé les pieds, Je vous ai donné l'exemple, recevez mon commandement d'amour : faites les uns aux autres ce que Je viens de vous faire à vous-mêmes.”
Et puis vers la fin du repas Il prit entre ses mains du pain, Il le bénit, et, rendant grâce, Il le donna à ses apôtres en disant : ‘“ Prenez et mangez, ceci est mon corps ; ” et, de la même manière, vers la fin du repas, ayant pris le calice, Il le bénit, et, rendant grâce, Il le donna à ses disciples en disant : “ Prenez et buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’éternelle et nouvelle alliance qui sera versé pour vous et pour beaucoup, en rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de moi.”
Et tout en disant ces choses Jésus s'était ému et il ajouta : ‘“ Et cependant, l’un de vous va me trahir!” Les disciples, émus comme Jésus se regardaient les uns
les autres et ils se demandaient entre eux de qui voulait parler le Maître. Pierre fit signe à Jean, qui dans ce moment se trouvait tout éperdu, penché sur la poitrine de Jésus, et Jean, se tournant vers le doux Maître, lui dit: ‘ Qui est-ce? qui est-ce!” Et Jésus lui dit : “ Celui à qui je donnerai un peu de pain
trempé ;” et Jésus trempa un morceau de pain et le donna à Judas Iscariote, en lui disant : ‘ Ce que tu fais, fais-le promptement.” Alors Judas sortit aussitôt. Quand le traître fut sorti, Jésus éclata au milieu de ses apôtres fidèles, s’enlevant dans ce discours sublime, adorable, que nous ne devrions jamais lire qu’à genoux, les mains jointes et en versant des larmes : “ Père, Père! disait Jésus, ah! je les ai gardés ceux que vous m'avez confiés, je les ai gardés; maintenant gardez-les vousmêmes : confirmez-les dans la vérité, perfectionnez-les
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dans la charité, afin qu'ils soient unis avec Nous, comme Vous et moi Nous sommes un! Père, Père!” Et abaissant ses yeux, il regarda Pierre et il lui dit : ‘* Simofñ, Simon! Satan vous a demandés tous pour vous cribler comme on crible du froment, mais, moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas : quand. tu seras converti, confirme tes frères.” —‘* Moi, Seigneur, moi! dit Pierre, je suis prêt à aller à la prison et à la mort avec vous !”—Abh ! Pierre, le coq n’aura pas chanté deux fois que tu m'auras renié trois fois !”’—‘ Oh ! non, Maître, non ! je suis prêt à aller à la mort avec vous; je ne vous renierai jamais ! Je suis prêt à mourir pour vous !” Et tous disaient la même chose, tous disaient la même chose !
Alors Jésus se leva, il entonna un hymne et se porta en avant. Tous ses disciples à l'instant se levèrent comme Lui et se mirent sur ses traces en disant sans
doute : ‘“ Allons et mourons avec lui : Æamus et nos ut moriamur cum eo ! ”
Jésus sortit de Jérusalem, traversa le Cédron et il allait, selon sa coutume, vers cette montagne des Oliviers, vers cette villa qu’on nomme Grethsémani. Là il y avait un jardin, Jésus y entra et dit à ses disciples : “ Arrêtez ici, tandis que moi j'irai plus loin pour prier.” Et prenant avec lui Pierre, Jacques et Jean, ses trois bien-aimés du Thabor, il fit quelques pas encore et il commença à se montrer abattu, chagrin, découragé ; à trembler, à entrer dans la désolation immense. Il leur dit: ‘“ Attendez-moi là, mon âme est .triste jusqu’à la mort! prenez courage et patience, mais veillez et priez avec moi;” et il s’éloigna un peu plus, à la distance d’un jet de pierre, et là, seul, il priait, orabat ! 11 tombait à genoux, par terre, la face contre terre, en proie à l'an-
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