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goisse infinie ; il tombait en agonie et il disait : ‘ Père, Père ! que ce calice passe de moi.” Les larmes coulaient de ses yeux, et la sueur de sang ruisseluit de son corps tout autour de lui, mouillant la terre. Il se leva alors et vint à ses disciples qu'il trouva endormis ; il dit à Pierre : ‘“ Pierre, tu n’as pas pu veiller une heure avec moi! Ah! veillez et priez afin de ne pas succomber à la tentation, car si l’esprit est fort la chair est faible ; ” et 1l s'éloigna de nouveau encore en redisant la même prière: “ Père, que ce calice passe de moi !” Etil revint à ses disciples et les trouva encore endormis ; et autour d'eux il disait la même prière : ‘“ Père, Père, que ce calice passe de moi! cependant que votre volonté soit faite, non la mienne, non ce que je veux, mais ce que vous voulez ! ”
Et puis tout à coup : “ Levez-vous, s'écria-t-il, debout ! allons ! il est ici celui aui m'a livré.”
Le bruit montait; la nuit était noire; les oliviers frémissants ! Judas connaissait les lieux, il connaissait Grethsémani pour y être venu souvent avec Jésus; il parut, escorté d’une bande de soldats et de valets des prêtres, armés d’épées, de lanternes et de bâtons. Il avait donné ce signal aux siens : “ Celui que je baiserai, c'est celui-là, tenez-le! vous pouvez l'emmener en toute sécurité,” et s’avançant vers Jésus, dans l’ombre, il lui dit : “ Maître, Maître, je vous salue ! ” et il le baisa.— ‘“ Ami, dit Jésus, pourquoi es-tu venu? ô Judas, tu trahis le Fils de l’homme par un baiser ! ”
Au bruit, à l'appel de Jésus, Pierre qui dormait s'était levé ; il s’avance, il saisit l'épée: “ Faut-il frapper ? ” dit-il; et il frappe le premier de la bande, le serviteur du grand-prêtre, qui se nommaïit Malchus, et du coup lui emporte l'oreille droite. “ Assez ! dit Jésus ;
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et touchant l'oreille de cet homme il le guérit, et il dit à Pierre : “ Mets ton épée au fourreau ; celui qui touche à l'épée périra par l'épée. Eh! quoi, penses-tu donc que je ne pourrais pas prier mon Père et qu'il ne m'enverrait pas plus de douze légions d'anges à mon secours ! mais mon calice! le calice que mon Père m'a donné, est-ce que je ne le boirais pas ? *
Il s'avance vers les soldats et il leur dit: ‘“ Qui cherchez-vous ? Quoi! vous êtes fenus à moi avec des épées et des bâtons pour me saisir comme on saisit un voleur, un brigand ! mais j'étais tous les jours au milieu de vous, enseignant dans le temple! pourquoi donc ne m'avez-vous pas $éaisi là ? Qui cherchez-vous ? ” — ‘“ Jésus de Nazareth,” crièrent-ils tous à la fois. — ‘ C'est moi!” Mais Il dit : ‘ C’est moi,” avec un tel élan divin, avec une telle véhémence divine, que tous, à l'instant, tombent, renversés par terre, devant Lui. Alors adoucissant sa voix : ‘“ C’est moi, dit-il, mais, puisque c’est moi seul que vous cherchez, laissez donc aller ceux-ci!”
Ses apôtres, ses disciples, ses amis, tous s’en sont allés, tous ont fui, tous l’ont abandonné ! O Jésus abandonné!
Alors les soldats se sont approchés de Lui; ils ont porté la main sur sa personne sacrée, ils l’ont saisi, ils l'ont lié et ils l’ont emmené avec eux.
O croix, maintenant, nous allons à ta rencontre! nous te contemplons de loin! laisse-nous te saluer encore |—O crux, Ave ! etc. etc.
Après avoir lié Jésus, les soldats le conduisirent d’abord dans la maison d'Anne, beau-père de Caïphe,
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