‹ Station de carême de 1888Chapitre 20 sur 26 · DRE ET · texte numérisé non relu

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qui était grand-prêtre cette année-là; c'est toi qui avais dit, étant grand-prêtre et en prophétisant : “ Il est nécessaire qu’un seul meure pour toute la nation!” Déjà les pharisiens, les prêtres, les anciens du peuple étaient réunis dans la maison d'Anne autour du grand-prêtre Caïphe : ils attendaient Jésus. Aussitôt qu'on l’eut amené, ils cherchèrent des témoignages contre Jésus. Plusieurs faux témoins se présentèrent, mais leurs dépositions étaient contradictoires : elles ne pouvaient pas valoir. Deux cependant se firent écouter :—“* Cet homme, prétendaient-ils, a dit : Je peux détruire le temple et le rebàtir en trois jours.” Caïphe se lera dans le conseil et il dit : ‘ N’entends-tu pas ce que ces hommes disent de toi ? ”’ Jésus ne répondit pas. Alors Caïphe l’interrogea touchant sa doctrine et touchant ses disciples ; Jésus lui répondit : ‘“ Mais j'ai parlé toujours ouvertement dans la synagogue et dans le temple ! Interroge plutôt ceux qui m'ont entendu.” À cette parole un soldat sortit des rangs et vint donner un soufflet à Jésus en lui disant : “ Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre.” Sans s’émouvoir davantage de cette horrible insulte, Caïphe continua à interroger Jésus : ‘“ Eh! bien, je t’adjure, au nom du Dieu Vivant, de me répondre : Es-tu le Fils de ce Dieu béni ? ”’—“ Tu l’as dit! je le suis; et vous verrez un jour le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu et venir sur les nuées du Ciel, avec une grande gloire et une grande majesté !” Alors Caïphe : “ Il a blasphémé, dit-il, et, déchirant ses vêtements, qu’avons-nous besoin d’autres témoins ? que vous en semble?” ‘“ I] a blasphémé ! il a blasphémé, il est digne de mort,” a dit tout le conseil. Et tous alors se sont déchaïnés contre Jésus,

on lus

ils l’ont insulté de toutes les manières, lui crachant au visage, lui arrachant la barbe et les cheveux, et le frappant à coups de poings et à coups de pieds, et lui disant : ‘“ Prophétise, à Christ ! dis qui t'a frappé ? ”

Or, pendant cette horrible scène, Pierre avait pénétré, avec Jean, dans la cour de la maison d'Anne, et, comme il faisait froid, il se chauffait au milieu des soldats, anxieux de voir la fin. Mais voilà qu’une servante, ia portière de là maison, passant, vit Pierre à la clarté des flammes, et, venant le regarder en face : ‘“ Ah! dit-elle, cet homme était avec Jésus de Nazareth!”—" Je ne le connais pas, femme, je ne sais pas ce que tu dis,” a répondu Pierre. Mais soudain, troublé il se leva et il entra dans le vestibule de la maison : le coq chantait pour la première fois. Cette femme

venant encore à passer : “ Il est bien de ces gens-là,” dit-elle encore. — “ Femme, je ne le connais pas, je ne sais pas ce que tu dis.” - “ Mais oui, mais oui, disait

alors la foule, tu es Galiléen, ton langage te trahit.” — “ Je t'ai vu, dit un parent de Malchus à qui Pierre avait coupé l'oreille, je t’ai vu dans le jardin.” Alors Pierre, avec des imprécations, jura ne pas connaître cet homme! Pierre! Pierre! le coq chantait pour la seconde fois! Pierre alors se ressouvint de la parole du Sauveur, il sortit et il pleura amèrement !

Durant cette nuit, Jésus fut en butte aux traitements les plus indignes et les plus odieux, à tous les opprobres, à toutes les tortures! La nuit enfin s'écoula.

Au matin, Caïphe et les anciens firent encore lier Jésus et ils l’amenèrent à Ponce-Pilate, alors gouverneur de la Judée pour le compte des Romains. Or, pendant qu’ils le conduisaient, Judas, le traître ! voyant que Jésus allait être condamné, fut saisi de remords et

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