‹ Station de carême de 1888Chapitre 21 sur 26 · SES · texte numérisé non relu

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il vint rapporter les trente deniers, et dire aux prêtres : ‘ J'ai péché en livrant le sang du juste !” — ‘“ Que nous importe, dirent-ils ; à toi de voir!” Alors Judas s’en alla, et désespéré, il se pendit!

Quand Jésus parut devant Ponce-Pilate, celui-ci l’interrogea : ‘“ Tu es donc le Roi des Juifs ? ” —‘ Tu l'as dit, lui répondit Jésus, je le suis! Je suis venu en ce monde pour être Roi et pour rendre témoignage à la vérité.”—"* Qu'est-ce que la vérité ?”” dit Pilate.—Mais il ne put attendre la réponse : les Juifs, au dehors, criaient trop fort et disaient toutes sortes de choses contre Jésus.—“* N’entends-tu pas ? dit alors Pilate à Jésus, tout ce qu'ils disent contre toi?” Jésus ne répondit pas. —‘“ Eh! tu ne réponds rien!” Jésus ne répondit pas! Et son silence fut tel que Pilate en demeura stupéfait ; il sortit, il alla trouver les Juifs et il leur dit : “ Vous m'avez amené cet homme! mais je ne vois rien de criminel en lui.’ —“Tu ne vois rien de criminel en lui! répondirent-ils. mais il soulève le peuple depuis la Galilée jusqu'ici!” En attendant ce mot de Galilée, Pilate demanda si Jésus était Galiléen, et quand il eût apprit qu'en effet il était de la juridiction d'Hérode, il renvoya Jésus à Hérode qui se trouvait à Jérusalem dans ces jours-là. Hérode fut ravi qu'on lui amenât Jésus ; il pensait lui voir faire quelque miracle en sa présence ; mais Jésus, en présence d’'Hérode, resta silencieux. Hérode alors l’a raillé, s’est moqué de lui avec toute sa cour, a méprisé Jésus, l’a fait revêtir d'une robe blanche, qui était la robe des fous et l’a renvoyé à Pilate. Et Hérode et Pilate sont redevenus amis ce jour-là d’ennemis qu'ils étaient auparavant.

Pilate recevant à nouveau Jésus convoqua cette fois

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les magistrats, les princes des prêtres, les anciens du peuple et le peuple lui-même. Il s’assit sur son tribunal et il dit: ‘“ Vous m'avez amené cet homme ; vous l’accusez de soulever le peuple, mais, en vérité, je l'ai interrogé en votre présence et je ne vois rien de criminel en lui.” Pendant qu'il parlait, sa femme envoya vers lui pour lui dire: ‘Ne vous commettez pas avec ce juste, car j'ai souffert beaucoup la nuit dernière, à cause de lui.”

Pilate continua à parler : “ Vous savez qu’à l’occasion des fètes de Pâques, j'ai coutume de vous délivrer un prisonnier : voulez-vous qu'après avoir fait châtier celui-ci je vous le remette ce roi ? ” —- Non! pas lui, mais Barrabas !” Barrabas était un voleur, un brigand qui dans l’année même, dans une sédition, avait tué

un homme. — ‘“ Non, pas Jésus, mais Barrabas!” — “ Que ferai-je donc de Jésus, du roi des Juifs ?—" Crucifiez-le ! ” —* Mais quel mal a-t-il fait ? ’—" Crucifiez-le

crucifiez-le !” Pilate, voyant que le tumulte allait toujours grand'ssant, se fit apporter de l’eau, et, devant le peuple, il se lava les mains en disant : “ Je suis innocent du sang de ce juste! vous en répondrez.”— “ Oui! oui ! que son sang tombe sur nous et sur nos enfants.” Et ce sang est tombé sur eux et sur leurs enfants, et il y est resté! Pilate alors leur délivra Barrabas et fit flageller Jésus.

C'est dans la cour du prétoire que s’accomplit cette épouvantable exécution, la flagellation de Jésus. Il fut dépouillé de ses vêtements, mis à nu et attaché à une colonne de marbre : pendant qu'on préparait les instruments du supplice. La loi disait : la verge pour l’homme libre, le fouet seulement pour l’esclave. Jésus fut traité comme l’esclave et il fut fouetté, flagellé. .

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