‹ Station de carême de 1888Chapitre 22 sur 26 · A MES · texte numérisé non relu

A MES

Or, il y avait trois sortes de fouets employés dans cet horrible supplice. Les premiers faits de jonc, entrelacés de ronces et d'épines, pour déchirer les chairs ; les deuxièmes faits avec des lanières de cuir, des nerfs de bœuf, armés de pointes aigües pour ouvrir, pour sillonner profondément les chairs ; les troisièmes étaient ( faits de chaînettes de fer, armés de dents et de crochets de fer pour enlever les chairs en lambeaux !

Le bourreau a saisi le terrible instrument du supplice ; il a levé le bras, menaçant la tête, la poitrine, le corps sacré de Jésus... O Dieu, pitié! anges, voilez vos

‘ faces ; et vous, pécheurs, tremblez et pleurez!. Et le bourreau a frappé!

La loi disait : jamais plus de quarante coups, et ordinairement on s’arrêtait au trente-neuvième. Le bourreau frappa trois mille coups! six mille coups sur Jésus!!! Quand il s'arrêta, Jésus était méconnaissable ! ‘ Nous l'avons vu, dit le prophète; il n'avait plus de forme humaine ; de la plante des pieds au sommet de la tête, Il n’était qu'une plaie. On eût dit un lépreux que la main du Tout-Puissant avait frappé.”

On le redressa ; on jeta sur son corps un lambeau de pourpre, et ses bourreaux tressant une couronne d’épines la lui posèrent sur la tête, l’enfonçant à coup de bâton. Ils mirent un roseau dans sa main et ils fléchissaient le genou devant Lui; en disanc : ‘ Salut, à roi des Juifs !

—Ce jeu cruel dura longtemps. Pilate le vit; il en fut touché ; espérant aussi toucher le peuple par la vue de cette victime sanglante, il prit Jésus avec lui: il l’'amena devant le peuple et il dit : “ Le voici! je vous l'amène, voici l’homme! Ecce homo.” Mais à la vue du sang ce peuple s'irrite encore davantage : “ Crucifiez-le donc ! ‘"Tolle, tolle, crucifiez-le ” —“ Oh ! dit Pilate

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indigné, crucifiez-le vous-mêmes, car je ne trouve rien de criminel en luil”-—‘Ce n’est pas étonnant que tu ne trouves rien de criminel en lui: tu es étranger, tu ne connais pas notre loi; d’après notre loi, il doit mourir, parce qu'il s’est dit le Fils de Dieu!” A cette parole Pilate fut saisi de crainte : il y avait tant de grandeur, de majesté, de patience, de silence en Jésus! Pilate rentra dans le prétoire, se faisant suivre par Jésus ; et le prenant à part, il lui dit : “ D'où es-tu ? ” Jésus ne répondit pas. —“ Eh! tu ne réponds pas! ne sais-tu donc pas que je puis te faire crucifier, mais aussi te délivrer ? ’--‘“ Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, répondit Jésus, s’il ne t’avait été donné d'en Haut.” —Pilate, plus que jamais voulait délivrer Jésus ; mais les Juifs criaient plus fort: ‘“ Si tu délivres cet homme, tu n’es pas L’ami de César, car non seulement il s’est dit Fils de Dieu, mais il s’est fait roi, et puisqu'il s’est fait roi, il s’est déclaré contre César ; nous n'avons pas d'autre roi que César; toi, si tu délivres cet homme, tu n’es pas l'ami de César!” Devant cette menace, Pilate eut peur et il leur livra Jésus pour être crucifié.

Alors les Juifs ont pris Jésus et ils l'ont emmené, en lui donnant à porter sa croix, pour aller le crucifier.

On dit qu’en recevant sa croix Jésus la prit entre ses bras, qu'il la serra sur son cœur avec amour, et qu'il

la baisa!

O croix, maintenant que nous vous contemplons entre les bras de Jésus, en attendant que vous-même le receviez dans les vôtres ! maintenant que vous et Jésus ne ferez jamais plus qu’un, que vous serez inséparables, nous voulons vous adorer, nous jeter à vos pieds et dire encore une fois: © crux Ave!

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