LEÇON XI
leçon xr,
Ah ! périsse à jamais la nuit où j'ai pris l'être 1 Maudit soit le moment où je fus enfanté!
Malheur au jour qui m'a vu naître !
Malheur au sein qui m'a porté!
Dans l'ombre du néant je dormirais encore Avec ceux dont les yeux n'ont pas vu le soleil, Dans la nuit qui n'a pas d'aurore , Dans un long repos sans réveil.
Les eaux de l'infortune ont inondé ma voie , L'orage, vain jouet , m'a pris dans son courant, Et j'ai vu décliner ma joie Plus vite que l'eau du torrent.
Le malheur m'a saisi comme un vautour avide;
Et , comme un nid d'hiver sur l'arbre dépouillé , Mon foyer pleure triste et vide, Et mon seuil désert est souillé.
Le souffle de la mort a tari ma paupière ,
Qui pleurera pour moi?... Comme un lion blessé
Je me roule dans ma tanière ;
Oh ! qui me rendra le passé?
l'hymne des aïeux.
Le Seigneur ne sait plus où son ver de misère Contre ses ennemis se débat faible et nu, Ni comment il rentre en la terre, Ni comment il en est venu!...
Àb! périsse à jamais la nuit où j'ai pris l'être! Maudit soit le moment où je fus enfanté !
Malheur au jour qui m'a vu naître !
Malheur au sein qui m'a porté!
PRIÈRE
De mes péchés, Seigneur, si le vase déborde, Le yase de mes pleurs verse de tous côtés ; Mesure ta vengeance à ta miséricorde, Ne la mesure pas à nos iniquités !
PRIÈRE
Comme l'eau du torrent ont fui mes jours prospères, Je marche dans la nuit seul avec le malheur; J'irai dormir bientôt à côté de mes pères, L'arc de mes ennemis a plongé dans mon cœur.
L'HYMNE DES AÏEUX
Dies irœ, dies illa.
HYMNE Dl DERNIER JOUR.
1 CHOEUR
Quand les cieux frémiront sur leur base éternelle, Sous nos pas éperdus quand le sol tremblera, Quand tout sera fini pour la race mortelle , Ton jour, Seigneur, se lèvera.
II e choeur.
Pour l'impie avare et superbe Qui n'a pas laissé de sa gerbe