A SA MAJESTÉ MARIE-CHRISTINE
Heine bouûtriere be 0ûrî>ût0tte.
DÉDICACE
La lyre d'or qui pleure à la voix du poète
A troublé la princesse au fond de sa retraite ;
Elle descend , le cœur navré , les yeux en pleurs;
Puis s'arrêtant au seuil : — « Quel Dieu sombre t'inspire ,
« Roi des divins accords , n'as-tu rien sur ta lyre
« Que cette mélopée aux tragiques douleurs?
8 DÉDICACE
c Tant d'hymnes glorieux habitent ta mémoire :
« Cantilènes d'amour et strophes de victoire 1
« Choisis dans les hauts faits des hommes et des dieux ;
« Mais laisse , 6 Phémius ! laisse ces airs funèbres ;
a Ulysse erre sans doute au séjour des ténèbres....
< Je pleure assez , sans toi.... ton chant m'est odieux ! »
Ainsi dit Pénélope. * — Et vous , ô noble Veuve ! Dont le cœur fut aussi visité par l'épreuve , Comme la reine grecque , oh! ne me dites pas Que mon chant désolé réveille trop d'alarmes , Que ma strophe plaintive épanche trop de larmes Sur l'aride chemin que vont fouler vos pas !
Mais sous un cintre obscur de l'arche consacrée , Pendant votre prière à la tombe adorée , Laissez la lyre sainte à ses divins sanglots ! Quand un roi juste meurt , le deuil est sur la terre ;
* Homère. Odyssée , chant I er .
In pace, in idipsum, dormiam et requiescam.