AU BORD DE CERTAINES LAMES
Considérons ce qui se passe immédiatement après l'ouverture des deux orifices doii s'échappent les veines opposées (§ 232), pendant que le disque liquide croît en diamètre. Ce disque constitue une figure de révolution, dont la section méridienne présente évidemment une courbure très-forte à son équateur, c'est-à-dire au bord même de la nappe; or cette forte courbure détermine nécessairement une pression capillaire énergique dirigée suivant le rayon du disque et en sens contraire du mouvement; au bord du disque, le liquide se trouve donc sollicité par deux forces opposées, dont l'une tend à l'éloigner du centre et l'autre à l'en rapprocher; et de là doit résulter un effet analogue à celui qui a lieu à la rencontre des deux veines, où deux forces opposées sont également en présence, c'est-à-dire que le liquide doit éprouver un déplacement latéral; en d'autres termes, pendant que le disque se développe, le liquide refoulé doit former un bourrelet tout le long de son contour. Cela posé, pendant que le disque va en augmentant, ce bourrelet tend, d'une part, à grossir par les causes mêmes qui lui donnent naissance, et, d'autre part, à s'amincir par suite de son extension suivant la circonférence croissante du disque, et l'on peut admettre que ces deux effets se neutralisent plus ou moins, de façon que le bourrelet varie peu en grosseur jusqu'à ce que le disque ait atteint son plus grand diamètre. Or ce même bourrelet ayant la forme d'une sorte de cylindre qu'on aurait courbé en anneau, constitue une figure liquide instable, et doit de toute nécessité se résoudre, pendant son développement, en masses isolées, comme l'anneau d'huile du § 368. A la vérité, il tient, par son bord intérieur, à la lame liquide ; mais de là naît simplement une légère résistance, qui, d'après ce qu'on a vu à l'égard des