‹ Statique expérimentale et théorique des liquides soumis aux seules forces moléculairesChapitre 26 sur 43 · SAVON · texte numérisé non relu

SAVON

iby 4, 3, 5, 9, 7, 8.

On voit que les liquides de 1862, de 1863 et de 1865 ont été en général très-bons, mais que ceux de 1864 se sont montrés inférieurs , sans être mauvais ; je dois ajouter que les liquides 11, 12 et 13, surtout les deux derniers, ont présenté cette particularité que les bulles se formaient difficilement : plusieurs ont éclaté soit avant

même d être déposées sur Vanneau, soit immédiatement après.

J ai préparé encore, en 1864, avec un autre échantillon de glycérine, deux liquides qui ne se trouvent pas dans le tableau ; ils étaient décidément mauvais, mais j ai certaines raisons de soupçonner une erreur dans la pesée du savon, dont la quantité aurait été deux fois trop forte ; c est pour ce motif que je ne les ai point inscrits ; cependant Terreur dont il s agit ne m est pas prouvée, et c est là ce qui me fait admettre la possibilité d'une nonréussite, tout exceptionnelle d ailleurs.

Enfin ce qui ma engagé à considérer comme les proportions les plus efficaces celles que j ai prescrites dans le § précédent, c'est que, parmi les liquides de 1862, le plus excellent, celui qui ma donné des persistances de 17 et de 18 heures, c'est-à-dire le 5™®, a été préparé dans ces mêmes proportions.

§ 102. Le liquide glycérique obtenu par le procédé du § 100 commence à se troubler légèrement après un mois environ, puis le trouble augmente insensiblement, et, en même temps, la persistance des lames que fournit le liquide diminue peu à peu. Le précipité qui se forme ainsi ne monte pas, ou ne monte qu'avec une excessive lenteur, et si l'on essaie de clarifier le liquide par filtration, le précipité passe avec lui à travers le filtre. Ce même précipité, qui résulte d'une altération graduelle du liquide sans l'intervention du froid, est probablement d'une autre nature que celui qui apparaît lors du refroidissement à 3"*.

Les divers échantillons que j'ai préparés ayant été successivement absorbés par mes expériences ou réunis en une masse unique dont les parties avaient ainsi des âges très-inégaux, je ne puis dire avec certitude pendant

combien de temps un liquide obtenu par le procédé dont il s agit se conserve suflSsamment pour la réalisation des figures laminaires. J\ai pu cependant m assurer que ce temps dépasserait de beaucoup un an : j avais conservé par hasard une petite quantité d un liquide assez bon, quoique préparé dans des circonstances qui n'étaient pas les plus favorables; je lai repris et essayé de nouveau environ deux ans et demi plus tard ; il s est laissé, sans trop de diflBculté, gonfler en bulles dun décimètre; quelques unes de celles-ci ont éclaté immédiatement, mais une dernière est demeurée sur lanneau, et a

persisté 5 heures. On peut donc croire qu'un liquide fait dans les conditions normales, se maintiendrait mieux encore.

§ 103. Le savon de Marseille consiste, on le sait, en un mélange doléate, de stéarate et de margarate de soude, et je me suis assuré, par quelques expériences, que c'est au premier de ces sels que la solution de savon doit la propriété de se laisser gonfler en grosses bulles. J'ai été conduit, en outre, à regarder comme probable que le précipité déterminé par le froid dans la préparation du liquide glycérique (§100), et dont la séparation à l'aide du filtre améliore si considérablement ce liquide, est formé de stéarate et de margarate de soude. J'ai conclu de tout cela qu'en substituant l'oléate de soude pur au savon de Marseille, on devait réaliser, par un procédé bien plus simple, un liquide supérieur même aux meilleurs liquides préparés au savon ; or c'est ce que l'expérience confirme pleinement : il m'a suffi, en effet, de dissoudre simplement, à une chaleur modérée, l'oléate de soude dans l'eau distillée, puis de mêler la glycérine à cette solution.

Dès le lendemain ou le surlendemain, les liquides

étaient propres aux expériences, et ils m ont donné des bulles (toujours dun décimètre et à Tair libre), dont la persistance maxima a dépassé 24 heures. Comme je pouvais le prévoir, le liquide glycérique à loléate de soude ne se trouble pas par [le froid; en outre, j ai de fortes raisons de croire qu'il [se conserve beaucoup plus longtemps que le liquide au savon ; cependant il se trouble aussi après un temps plus ou moins long.

Le liquide à loléate de soude est donc le véritable liquide glycérique ; il remporte de beaucoup sur le liquide au savon, et sa préparation est des plus faciles. Malheureusement loléate de soude pur ne se trouve pas dans le commerce, et il faut, pour s'en procurer, recourir à un chimiste.

Je dois les échantillons dont j ai fait usage à lobligeance de M. Rottier, préparateur de chimie à l'Université de Gand; il les avait obtenus par le procédé décrit dans le Précis de chimie organique de M. Gerhardt. Insistons, à l'égard de cette préparation, sur un point important : si l'on veut que l'oléate soit propre à la confection d'un bon liquide glycérique, il faut que le chimiste emploie, pour le précipiter et l'avoir ainsi isolé, du sel marin parfaitement purifié soit par des cristallisations successives, soit par un autre moyen ; avec le sel du commerce, l'oléate recueilli donne, dissous dans l'eau, un liquide trouble qu'on ne parvient pas à clarifier suffisamment.

§ 104. J'ai employé l'oléate de soude sous deux états, savoir : P humide et ayant la consistance du savon de Marseille ; 2"* complètement desséché. J'ai eu à ma disposition deux échantillons différents d'oléate humide; tous les deux ainsi que l'oléate desséché donnaient des

solutions parfaitement limpides; celles des oléates humides se troublaient, à la vérité, après quelques heures, mais elles se clarifiaient d elles-mêmes en deux ou trois jours par le dépôt du précipité, de sorte qu on n avait plus qu a les décanter.

Les proportions d oléate qui m ont paru les plus efficaces sont, pour loléate humide, une partie en poids dissoute dans cinquante parties d eau distillée, et, pour loléate sec, une partie en poids dans soixante parties deau distillée ; quant à la glycérine, j ai obtenu d'excellents résultats en la mêlant à la solution du second oléate humide, et à celle de loléate sec, dans la même proportion que pour les liquides au savon, c est-à-dire 2,2 volumes de glycérine pour 3 de solution d oléate ; mais, avec le premier oléate humide, j ai dû renforcer un peu la quantité de glycérine. Comme on le verra par le tableau ci-après, ce même oléate ma donné aussi de très-grandes persistances avec des proportions assez différentes, savoir la solution faite kjô et une quantité plus forte encore de glycérine.

Je dois présenter une remarque à Tégard de loléate sec : celui qui a servi pour les liquides ci-dessus avait subi la dessiccation en masse. M. Rottier en a desséché une autre portion à Tétat de poudre grossière, et celle-ci s'est montrée beaucoup moins bonne ; il paraît, d'après cela, que la dessiccation altère l'oléate superficiellement ; cette altération a peu d'influence quand la substance est en gros morceaux, parce qu'alors la surface est petite relativement au volume, mais elle produit une détérioration considérable quand cette même substance est à l'état de grande division.

Voici maintenant le tableau des résultats; il est disposé comme celui du § 101, et ne contient que les

résultats correspondants à de bonnes proportions; tous ont été obtenus dans leté de 1863.

ÉTAT DE L'OLÉATE.

»•• D'OWRE

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