vaut 1,300 fr. et au-dessous
353,686 possesseurs industriels.
La propriété foncière consiste, dans la Grande- Bretagne, d'après les documents officiels, en aâ,668,ooo hectares de teri e , et a,ôi 1 9994 maisons habitées et inhabitées. Il n'y a pas 600,000 propriétaires; conséquemment chaque propriété moyenne est de près de t\o hectares et de 4 maisons et au-delà.
Il y a un propriétaire de terre ou de maison sur âô habitants.
On ne compte qu'un riche propriétaire foncier sur 55o personnes , et un propriétaire aisé
sur 35; les petits propriétaires ne forment que le 120'dela population. Les propriétés moyennes sont les plus multipliées; elle sont quatre fois plus nombreuses que les petites propriétés; ce qui est diamétralement opposé à ce qui a lieu en France.
En admettant qu'il y ait 5 personnes par famille ^ les individus participant immédiatement ou par filiation à la propriété foncière sont ainsi qu'il suit:
aio,3io personnes participant à la gr, propr. i sur 67 hab. 2,163,670 particip. à la moy. propr. 1 7
570,940 particip à la petit, propr. 1 a5
2,946,930 pers. particip. à la propr. foncière, i sur 5
La propriété industrielle est distribuée ainsi qu'il suit :
3,693 indÎT. posséd. nnegr. fort, indnstr. on 1 snr4t20oliab. 51,938 posséd. une tiehe industrie i ^So
117,506 posséd. nne médiocre indnst 1 iso
100,760 posséd. une petite industrie 1 i5o
855,686 indÎT. posséd. une propr. industr. 1 sur 56
La participation des familles étend cette distribution de la propriété industrielle ainsi qu'il suit:
18,480 personnes particip. aux gr. fort, indnstr. 159,640 — participant anx riches industr. 586,55o — particip. anx médioc. indnstr. 5o3,8oo — particip. aux petites industr.
1 ,a68|45o indiT. partidpant à la propriété industr.
nabit.
1 sur 800
for- Il
l34 POPULATION.
Si nous confondons maintenant les deux espèces de propriétés , et ne considérons que le revenu des familles, quelle qu'en soit Torigine, nous sommes conduits aux nombres suivants :
BabitiBU.
77,682 ch. dcfam. posa. anre?. ann. depl.de3,6oof« 1 1. i^ 549,840 posa, an rev. de 1,300 (îr. k 3,6oo 1 96
2 1 5 , 548 posa, an rev . de moina de 1 « a 00 fr . 1 65
843,070 propriétûrea fonciera et indoftrieb poa-
aédant ploa de 1,200 fr. de revenn. .1 17 4,21 5, 35o indiT. particip. k la propr. fonc. ouind. 1 aur 3 1/2
La population totale de la Grande-Bretagne montant à 149391^000 individus, le nombre des prolétaires n'est pas au-dessous de 10,176,381, ou 5 sur 7. Il paraît avoir augmenté notablement de 1800 à 1816. A la première de ces époques, il se rapprochait seulement de la moitié des habitants ; à la seconde , il se trouve surpasser de beaucoup les deux tiers. Ainsi, les propriétés se concentrent rapidement dans les classes les plus élevées de la société; la petite propriété diminue, et le nombre des pauvres et des prolétaires s'accroît d'une manière menaçante.
On peut déduire, des données précédentes, la composition des classes sans propriétés.
Individu».
La clasae agric. eat, comme nous TaYons dé]h m, de 4>B93,28q Tou]( les îndW. pardcip. à la propr. fonc montent k 2,946,920 Aîûiî Im labonreart aan$ propriété a élèvent i 1 ^6,S6o
POPOLATlOir. l3ô
La claMa indostriellfl est, dans la Gr.-Brelagne, de. . 6,751919^
Tous lea indiv. particîp. k la prop. îndast. montent à i ,268,4^0 GoD^éqnemment les onvriers sans propriétés on re>
Tenus fixes, s'élèvent h 5,4^3,765
Les personnes participant à la propriété foncière sont presque deux fois et demie aussi nombreuses que celles participant à la propriété industrielle.
Les ouvriers sans propriété ni revenu fixe sont trois fois aussi nombreux que les laboureurs privés de propriétés territoriales.
Mais^ plus est nombreuse la première de ces classes^ plus est riche celle pour laquelle elle travaille.La concentration des fortunes^ dans un petit nombre de familles industrielles^ présente des exemples extraordinaires en Europe. Dès 1791 > Hutton établissait qu'à Liverpool il y avait :
3 industriels possédant t2^5oo,ooo ''- *• «"f*^
7 — — r,a5o,ooo
17 — — 5oo,ooo
174 — — de iibfOoo à !i5o,ooo
209 prop. indust. possédant 55 millions e& demi de capital.
En i8a8,le Courrier de Spa-Leamington évaluait la propriété des habitants de Birmingham à 37Ô millions de francs. 11 indiquait 3 personnes possédant ensemble aô millions ; 1 o ayant ôo millions de biens ; ao ayant 76 millions; 5o ayant
l36 POPULATION.
ICO millions y et loo possédant laô millions ^ ou un tiers de toute la propriété industrielle. La richesse de cette grande ville manufacturière est donc concentrée dans i85 familles qui ont chacune^ par un terme moyen , un capital surpassant a millions.
L'accumulation de la richesse , au moyen des grandes entreprises que permet un commerce perpétuel avec les deux hémisphères, surpasse tout ce que l'industrie a jamais produit en Italie et en Hollande. Il n'y a pas jusqu'à des professions dont il semble qu^on ne doit attendre que des bénéfices médiocres, qui laissent amasser des trésors. En 1819, il mourut à Londres un fabricant, qui laissa 7 millions et demi de francs, gagnés en manufacturant du coton. En iSag, un simple marchand de la ville de Leeds acheta et paya une terre située dans le Yorkshire, comprenant 63o hectares, et valant 2,635,000 fr. Un autre a acquis, dans le Lincolnshire, la terre de Crowland, formée de 43 fermes, 2,670 hectares et i3q maisons dans la ville du même nom. Il l'a payée 8,900,000 fr. En 1827, un orfèvre de la capitale, Philippe Randell, légua en mourant, à l'un de ses amis, ai,36o,ooo fr. Son héritage fut dispensé du paiement des droits de mutation, parce qu'il dépassait la valeur de 14 millions «
POPOLATION. 187
La propriété foncière est assez diversement concentrée dans chacune des deux parties de la Grande-Bretagne.
L'Angleterre a 58 1,780 propriétaires. . i sur 21 habit. L'Ecosse . . . 7,654 — . . . i 270
Total . . . 589,384 pi*opr. fonciers, i sur a5 habit.
I^a propriété foncière consiste principalement :
En Angiet. , en i5,ooo,ooo hect. de terre ^ 3, 157,000 mais. En Ecosse. . . 7,670,000 — 354,ooo
Totaux. . . 32,670,000 hectares, 2,5i 1,000 mais.
D'après ces nombres , chaque propriété moyenne est ainsi qu'il suit :
En Angleterre. . 26 hectares de terre , 4 maisons. En Ecosse. . . , 1000 — 46
Grande Bretagne. 38 hectares, 4 maisons i/3.
Mais il parait que ce sont seulement les maisons, dont la propriété est disséminée, en Angleterre^ entre un assez grand nombre de propriétaires; tandis que les terres sont concentrées entre les mains de 3q,ooo personnes seulement. Encore compte-t-on, parmi les propriétaires territoriaux, 6,000 corporations et autant d'institutions ecclésiastiques; en tout la,ooo propriétaires de main-morte.
En Ecosse 9 les propriétés territoriales sont distribuées de la manière suivante :
f38 POPULATlOJSr.
^9^ grnda propriétaires ayant plas de So.ooo fr. de revenu^ 1,077 propriétairea ayant de ia,ooo à 5o,ooo fr. 6,i8i petits propriétaires, aa-dcssousde 12,000 fr.
7,654 propriétaires ayant ensemble « en 1829 , 120 millions d» revena, ou plos de i5,ooo fr. de rentes charnn.
£n admettant qu'il y ait cinq personnes par famille^ et ce nombre est trop grand, puisque beaucoup de propriétés appartiennent à des corporations et sont main-mortables , il y aurait:
Eu Angleterre 2,908,660 indifidas participant à la propriété
foncière 1 sur 4
En Ecosse 38,270 1 Sa
Ainsi , proportionnément à la population , la propriété est treize fois aussi divisée en Angleterre qu'en Ecosse. Dans ce dernier pays , les grandes propriétés féodales existent comme dans le premier; mais il n'y a point encore à côté d'elles, comme en Angleterre, des propriétés fondées^ dans les villes , par les ressources que l'industrie a données.
Si l'on défalque les individus participant à la propriété foncière , de ceux de la classe agricole, on trouve le nombre des laboureurs sans pro-> priétés. Si on les retranche de la population totale de chaque pays , on obtient la connaissance du nombre des individus sans propriétés foncières. D'après ces données , il y a :
POPULA.TIOH. i3g
En Angiet. i,33i«i3o labour, sans part, à ia prop. on i sarg ^n Ecosse.. 6iS,93o ou i 3 i/3
Total.. i,946,36o isurS
^n Angl. 9, i3o,sa6 hab. sans part, à la prop. fonc. 3 4 En Ecosse. 1,995.186 1 5i
Total. Il , 1 a5,4 1 3 habitants , presque 5 sur 7
Ces données conduisent aux résultats sui- ▼ants:
En Angleterre^ s'il y a seulement , conime on l'assure, 3q,ooo propriétaires territoriaux, il y a 549,730 propriétaires de maisons exclusivement, et sur 38o personnes une seule possède des terres. Par un terme moyen, 4i laboureurs sont attachés à chaque propriété territoriale.
En Ecosse, un propriétaire de terre répond à ^70 habitants, dont 80 doivent travailler pour lui, et faire valoir 1 0,000 hectares de terre.
Il y a environ 40fOOO propriétés territoriales dans la Grande-Bretagne, exclusivement aux autres biens fonciers. C'est une à raison de 35o habitants. Ces propriétés ont, l'une pour l'antre, 566 hectares, ou beaucoup plus d'un quart de lieue carrée. Elles sont exploitées par près de a,ooo,ooo de laboureurs et journaliers vivant uniquement de ce travail agricole. C'est Ôo pour chacune de ces propriétés.
Pepuis 160 ans, la population a doublé en
l4o POPDLàTlOir.
Angleterre^ et le nombre des propriétaires fon* ciers est resté le même ou ne s*est augmenté que de fort peu; d'où il suit que 1 accroissement de la population n'a multiplié que les industriels et les prolétaires.
Ce fait est attesté par un document du cabinet de Guillaume d'Orange, publié par John Dàlrimple, et qui fait connaître qu'en 1670 le nombre des propriétaires fonciers {J'reeholders) ^élevait^ en y comprenant leur famille, aux nom* bres suivants :
Anglicans 2,477,^54 individuflr.
Dissidents 108,676
Catholiques 1 3,856
3,699,786 habitants.
Or, Grégoire King nous apprend qu'à peu près à cette époque la population de l'Angleterre était de ô^5oo,ooo habitants. IVoù il suit que près de la moitié participait à la propriété foncière, comme il advient en France aujourd'hui. On comptait alors 620,000 propriétaires, ou 1 sur 10 personnes; il y en a maintenant 58 1,000^ ou 1 sur ai. En l'espace d'un siècle et demi, lorsque la population s'accroissait de 6 millions et demi d'habitants , le nombre des propriétaires fonciers ne s'augmentait que de 4i»ooo.
Nous nous plaisons à croire que les publicistes apprécieront ces données numériques qui expli-*
popuLATioir. 141
quent les problèmes difficiles qu'offre la composition de l'état social en Angleterre , et qui montrent comment ce pays étale une si prodigieuse richesse à côté de tant de pauvreté.
d. Producteurs.
Un publiciste anglais, John Gray, distribuait ainsi qu'il suit, en 1812 » la population entière des Iles Britanniques sous les rapports de la production :
BcTcou aonneL
Prodacteors. 7,897,000 indWidus possédant 5, 08 1,000,000 îi. Improductifs. 6,4^7^000 5,a5o,ooo,ooo
Prolétaires.. 3,762,000 »
Totaux.. 17,096,000 hab. io,332,ooo,ooo fr»
D'après ces données les producteurs ne formaient pas la moitié de la population ; ils étaient au nombre total des habitants comme 89 à 85, et avaient chacun^ par un terme moyen, 64o francs de revenu annuel provenant de leurs biens, professions, industrie, etc.
Les improductifs composaient près du tiers de la population; il avaient un revenu plus considérable que celui des producteurs, quoiqu'ils fussent moins nombreux d'un tiers. Ils possédaient un revenu individuel de 964 francs.
Enfin les prolétaires, qui ne possédaient rien, étaient moitié aussi nombreux que les producteurs; ils formaient plus d'un 5' de la na-
l4â POPDLATlOlf.
tioD ; joints aux improductif , ils s'élevaient à 99197^000, et constituaient bien au-delà de la moitié des habitants des Iles Britanniques.
En i8i2i, les documents parlementaires fournirent à Marshall , les données nécessaires pour diviser en quatre classes , ainsi qu'il suit , la population de la Grande-Bretagne.
3 J8S Um. ou 19.415 indiv. «yani par fam. 1 875,000 fr. ds rav. {ttHiu'i ltiOO,000 f. «t,^ tté,545 37,500 à IS5.000
8fl(5,70t 1,9»,9b6 5,000 à 3ft,000
!<,AOM0O 10,500.000 1,350 i 1.500
S.M1.8BS fam. ou IS.700,915 indifidiM ayani cnacmble 13 milliard* de revenu.
La 1** classe, qui jouit d'un superflu excessif, s'élève à im 65o* de la population.
La il' possède des biens plus que suffisamment; elle est formée d'un individu sur 5o.
La 3* est dans l'aisance ; elle constitue le 6* de la population.
La 4* vit dans la détresse et la privation ; elle comprend 5 individus sur 6.
Cette dernière classe est presqa'à moitié formée par cinq millions de pauvres qui subsistent, par un terme moyen, avec 760 francs par famille , ou un secours annuel de 1 a5 francs pour chaque individu.
On trouve , par une distribution dififérente de ces classes , la division de la population en producteurs et en improductifs :
POPULATION. l4'i
Producteurs 5,5oo,ooo ou près de moitié.
Improductifs ^,207,000 ou un sur 6*
Frolétairef 5,ooo,ooo du tiers k la moitié.
Lorsqu'on considère la Grande-Bretagne séparée de l'Irlande, le nombre de prolétaires augmente et celui des improductifs diminue. Si l'on réunit ces deux classes elles forment^ comme dans les calculs de John Gray, sur l'ensemble des Iles Britanniques, beaucoup plus de la moitié de la population totale.
c. Autres classes.
On ne possède qu'un petit nombre de données numériques sur les classes de la société qui se rattachent à la bourgeoisie ou se confondent avec les prolétaires. Voici les seules que nous ayons pu recueillir:
Les hommes de loi sont prodigieusement multipliés. £n 1829, un document officiel fit ca^r naître qu'il y avait alors en Ai^leterre seulement:
i,o34 Barristers ou avocats.
11,723 Attorney s ou procureurs.
20^000 Clercs de diverses classes.
32,757 dont 12,000 à Londres.
En i8s6 cette capitale, comparée à Paris, possédait les nombres suivants, de médecins et autres personnes vouées à l'art de guérir :
l44 POPULATION.
Londres. Pavis.
Médecins 174 600
Chirurgiens i,oc>o 128
Pharmaciens a^ooo 187
Totaux 3,174 Oi5
En iSvfjy les officiers à demi-paie étaient ainsi qu'il suit :
Officiers de l'armée. . . 6,009 payés 8a,865,ooo fr, — de la marine. . 5y5a8 89,592,000
Totaux .... 11,537 i!i2,457,ooo
En i8i29, il y avait dans la Grande-Bretagne:
1,733 Brasseui's de bière en gros.
i,a53 — et revendeurs.
a3,5i5 — et marchands de comestibles.
66,969 marchands de comestibles seulement,
Le nombre des enfants trouvés à la charge des paroisses d'Angleterre et Galles, était réceranient ainsi qu'il suit :
Les reconnaissances on adoptions sont portées âux nombres ci-après :
j835 i2^38i 1 sur 6 enfants trouvés.
11 y a quelques années qu'un recensement constata la présence, à Londres, de 8g,5i7
servantes. Une enquête a porté ce nombre , en 1835, à 1 65,782 ; mais nous croyons que la moitié de cette masse appartient à d'autres classes.
On a avancé^ dans de nombreuses publications anglaises y comme le résultat d'investigations officielles, que le nombre des prostituées excédait à Londres 80,000. Nous refusons de croire à cette assertion. £n 1821, lorsque la population était de i,â74>5oo habitants, on comptait en tout 896,000 filles ou femmes de lÔ à Ôo ans; il faudrait donc, pour que ce fait numérique fût vrai, qu'il y eût une femme sur cinq appartenant à cette classe malheureuse: c'est évidemment faux. Sans doute une ville , qui est à la fois un port de mer, lé lieu de la réur nion des plus grandes manufactures du monde et le réceptacle de la population la plus con-^ sidérable qui ait jamais été rassemblée dans une même enceinte , doit être affligée de cette plaie sociale plus qu'aucune autre capitale, mais rien ne justifie cette colossale et effrayante proporr tion. Voici , au contraire , des chiffres certains qui en contredisent l'affirmation. Le nombre des prostituées arrêtées pendant trois années récentes, pour les désordres qui caractérisent leur triste profession, est fixé ainsi qu'il suit dans les tableaux publiés par M. Porter :
FîIIm publique»
Relàrbirt.
(i'iuddoin. Mmioair
arritiet.
»u raulloniirv».
Il est vraisemblable que ces nombres sont augmentés de moitié par les récidives ; mais nous admettrons qu'elles ne les accroissent que d'un tiers; et il s'ensuit qu'on ne trouve annuellement en faute dans les rues de I^ndres qu'environ 9400 filles, dont un b' sont relâchées. S'il en existait réellement 80,000^ il faudrait donc croire qu'une seule sur 4^ serait répréhensible dans le cours d'une année; ce serait accorder un brevet de vertu à ces créatures , qui sont probablement les pins perverses qu'il y ait dans toutes les sociétés du globe. Paris , qui possède la moitié ou les deux tiers du nombre des habitants de Ijondres, ne compte officiellement qu'environ 3, 000 filles publiques, ou une sur 333 habitants, au lieu d'une sur 16 comme à Tjondres , d'après les calculs que nous réfutons.
Il n'est pas sans vraisemblance qu'on a exagéré cette classe des sept huitièmes. En la portant à 10,000, elle est encore triple du nombre qui existe à Paris ; et c'est beaucoup accorder que de concéder cette augmentation comme un effet nécessaire de la multiplicité des rôles que joue
POPULATION. t47
la métropole de l'Aagleterre dans le drame de la civilisation moderoe.
X,es pauvres forment, dans la Grande-Bretagne, une classe immense, et dont le nombre est mieux déterminé.
En 1688, Davenant, qui ne portait qu'à i,3oo,ooo familles la population de l'Angleterre, élevait à 5oo,ooo celles que leur pauvreté confinait dans des chaumières et dispensait de contribuer aux chargea publiques. Ainsi plus d'un tiers de la population était réduit à l'indigence. £p i8o3, il y avait, d'après les documents officiels , 734,8 1 7 pauvres secourus d'une manière permanente, et 3o5,S99 secourus éventuellement. An total 1,040,716, on un g* de la population de l'Angleterre. On levait pour eux une taxe de 1 33,700,000 francs, dont un 5' était employé à la milice et aux grands chemins.
Le nombre des pauvres variait ainsi qu'il suit, suivant les provinces :
Wilis
Berki
Oiford. .
Buckinghani
Essex
Norfolk ,
Nortfaampton. ...
SouthampLoD. ....
Moatgommery. . . .
1 «iir 4.38
liabita
l48 POPULATIOK.
En 181 Q, Colquhoun soutenait qu'il fallait ajouter à ce nombre 280^000 vagabonds, voleurs ou prostituées; ce qui faisait monter à 1, 3^0^000 ces classes ennemies de la société, ou un sur 7 habitants.
Lesdocuments parlementairesétablissent qu'il
y avait , en Angleterre et Galles , le nombre de
fiunilles pauvres ci-après , qui étaient soutenues
par la taxe :
En i8ao, les secours s'étendaient à 9 1/4 individus sur 100 habitants en Angleterre, et seulement à a i /2 sur 1 00 en Ecosse.
Les sommes levées et dépensées depuis 60 ans sont comme suit en Angleterre:
Sommes le? Aca. Somme* dépensée*.
1776 43,007,000 38,88i,ooo fr.
1785 54,174,000 5o,ooo,ooo
1819 321,700^000 i86,65o,ooo
La différence entre les deux sommes est employée à des dépenses locales. Des plaintes étaient déjà portées contre cet impôt sous Char- Jes n et sous Guillaume IIL
lie quart des pauvres est secouru dans les
POPULA.TIOK. l49
maisons de travail , et les trois autres quarts à domicile. Ce secours équivalait :
£n i8o3 à ^y^^g^oûo hect. de from.
i8i5 à ô,338,ooo
1819 9 6,o!i5,ooo
1823 à 6,63i,ooo
Dans les cinq dernières années la taxe a été ainsi qu'il suit :
Sommet levées. Sommet àèp. p. lee pouno».
i832 217,075,000 175,900,000 fr.
i835 184,350,000 i38,i5o,ooo
i836 i6o,3Ôo,ooo 117,965,000
La taxe des pauvres est une maladie sociale tellement invétérée en Angleterre y que la cure en est sinon désespérée, du moins extraordinairement difficile. C'est une cruelle expiation de la concentration des richesses. Cet impôt de Qoo millions ne remédie à rien ; Londres a 1 17,316 pauvres qui participent aux secours de la taxe : ce qui n'empêche pas qu'il y ait dans cette ville 14^164 mendiants autorisés, et un nombre inconnu d'autres qui, malgré la police^ exercent ce métier. C'est la capitale qui en a le plus , et c'est pourtant celle où la somme destinée aux pauvres est la plus grande. On compte:
1 5o POPULATlOir.
A Londres i pauvre sur 1 1 habit.
Vienne i 12
Berlin i i5
Hambourg i i3
Nous terminerons ces aperçus sur la division de la population d'après les différentes condi* Lions sociales, par un tableau que nous empruntons au Black Dook^ ouvrage très curieux, et qui a eu un très grand succès en Angleterre. H présente une esquisse de la Société de la Grande-Bretagne, divisée par classes, avec le nombre d'individus dont chacune d'elles est formée, et le revenu qu'on leur attribue^ Nous traduisons, sans y ried changer, ce document, qui ne peut être toutefois considéré que comme uïi aperçu de ce sujet important et difficile.
H omb. d*Mhr. at** Reteau de eha^c CLt»M«. leon fam» et domrtU cIsMe.
— - ft.
Royaoté 3oo i9,535«ooo
Noblesse. . i3y6ao i35,ooo,oo0
Gfnfiy. compreftaot les baronnets,
ehevabers et gentlemen 4oa,555 1 «SoOfSG^f^^^
Clergé. Haat-Clergé« 9*000 17,000,000
Bas-Clergé 87,000 87,600,000
Clergé dissident 30,000 1 9,5oo,ooo
Minuteras, adminbi., empl. dn gonv. 1 1 4*5oo 170,750,000
Pensioonaires de TEtat, milit. marins. 99 .000 «64950,000
Gens de loi. Jnges,aToc.,proc.« clercs. 95,000 190,000,000
Médecins , chirurgiens , apothicaires. 90,000 i35,ooo,ooo
Agricnltenrs. Propriét. de i** classe. . 585 ,000 481 ,35o,ooo
— de 9' dasse. . i,^5o,ooo 59 1,000,000
Fermiers. i,54o,ooo 940,000,000
POPULATIOir. l5l
Moaib. d'indi?, «rc* &evtnu de ehaquc Ci.àMi«. le un hm. ci 4oiilni. claM*.
Commerçant,. (Négoci.nto 35.ooo aay.Soo.ooo
(Marchands 700,000 700,000,000
Aabergbtes, cabaretien, marchands
de bière et d'esprits 4^7*000 a 18,750,000
Classes ovli, Labdtxf ., Ainenrt, artis* ,
manoaTriers, ouvriers de fabriqoe. 7>497*^3i 3,061,388,675
Panures, vagabonds , fripons, détenus^ condamnés 1 ,548,ooo 346,776,000
RéCAPITULATIOir.
Hautes cl. Noblesse, clergé, gentry. . 553,455 Prof. Hb. H. de loi , méd., employés. Sgi.Soo
Agriculteurs 3,975,000
Commerçants et marchands •'. ..•.,. 765 ,000
Classes ou?r. Laboureurs, industriels, 7,934»53i
— iuBmes i,55o,5oo
1 ,575,089^600 5t fi «000,000
I,949«95o«MM>
3«38o,o38,ooo
PROPORTiasrs.
Hautes classes
Professions libérales
Agriculteurs
Commerçants et marchands.
Classes ouvrièi*es.
— infimes. .
HàfchMU. licJbMMf aimàtllM.
un &• un i5»
un 4* un 8*" i/a un 3* 1/3 un 3o*
i sur 27