‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 27 sur 103 · PATURAGES · texte numérisé non relu

PATURAGES

Aucun pays de l'Europe n'a de pâturages aussi beaux que ceux des Iles Britanniques^ et n'en a d'aussi étendus proportionnellement à la grandeur du territoire. Voici un aperçu de leur surface actuelle et de la richesse qu'ils produisent annuellement :

Etendoe dra pliurafM. Val. de Icurt produiu brui».

Angleterre. 7,000,000 h. à ai5 fr. i ^5 1 6,000,000 fr. Ecosse. . . 1,000,000 124 ia4)0oo,ooo

Irlande. . . 3, 000,000 i56 467,000,000

Totaux . I i,ooOj^ooo h. à 900 fr. 2,106,000,000 fî*.

iMais outre cette étendue de 0,570 lieues carrées, qui forme le tiers de la surface totale du Royaume-Uni, une culture moitié moins vaste, et cependant aussi productive , est encore destiuée à la nourriture des chevaux, du bétail et des troMpeaux, C'est celle de Favoinç, dç9

AGKICULTLRE.

navets , des trèfles et autres herbages ; en voici le détail :

Etenda« des cullurcii.

Angleterre. i,5oo,oooh. à 3oo fr.

Ecosse. . . a, 000,000 à 170 Irlande . • a, 4^0,000 à 160

Val. de leur* prod. bruit.

460,000,000 fr.

Totaux . 5,920,000 h. à aooFr. 1,177,200,000 fr.

Ainsi , au total y les pâturages des Iles Britan-r niques et les cultures destinées à la nourriture des chevaux» du bétail et des troupeaux, occupent ensemble 16,9520,000 hectares , ou plus de la moitié du Royaume-Uni. Leurs produits bruts sont estimés à 3,283,ooo,ooo de francs, somme qui excède également la moitié de la valeur du produit total des terres.

En comparant ces données générales au nombre d'animaux de toute espèce que possèdent les Iles Britanniques , on trouve qu'il y en a à peu près cinq par hectare, et que chacun d'eux coûte environ 4o francs de nourriture par an.

Les plantes qui fournissent cette nourriture en grande partie, ne sont pas cultivées en Angleterre depuis long-temp$, comme on pourrait l'imaginer. Il n'y a pas i4o ans que sir Richard Weston introduisit la culture du trèfle, qu'il avait eu occasion d'apprécier dans un voyage en Flandre. La luzerne, qui, du temps de Columelle,

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était déjà cultivée en J&pagne , ne l'est en Angleterre que depuis une centaine d'années. C'est seulement de nos jours que la vesce » le sainfoin , les choux , les raves , les betteraves ^ les carottes , les navets ont été cultivés en grand à la charrue comme les céréales. Hume remarque que FÂngleterre, maintenant si riche en prairies et en bestiaux, était autrefois tellement loin de cet état de prospérité, qu'il fallait tuer les animaux en automne et en saler la chair pour avoir de la viande en hiver ; car, dans cette saison ^ on iinrait manqué de moyens de les nourrir. C'est ce qui résulte d'une plainte du comte Spencer, dont une faction ennemie avait pillé les châteaux et pris dans ses charniers 600 porcs , 80 bœufs et 600 moutons salés. Le défaut de clôtures et de prairies artificielles^ les broussailles qui s'emparaient du sol , ne permettaient point alors de garder, pendant l'hiver, les animaux destinés à la boucherie (a).

Il n'existe plus de vestiges de cet état de barbarie. D'immenses prairies artificielles sont cultivées maintenant avec le même soin que les terres qui fournissent les céréales ; et les prairies naturelles sont améliorées par une foule de pra« tiques inconnues dans la plupart des pays du

fa} T. II, p. 555.

AGEICULTVRE. 187

continent, où elles demeurent constamment à Tétat sauvage , sans aucune intervention bien*faisante des hommes. On pousse si loin ces soins, qu'en 1806, W. Pi tt réclama du bureau d^agricuUure des mesures de police rurale f semblables à celles adoptées en Danemarck^ où les fermiers sont obligés de déraciner de leurs champs la grande marguerite— Chrjrsanthemum segetum, et d'autres plantes nuisibles- aux ré* coites des foins et des blés; aussi les produits des prairies d'Âygleterre sont*ils surprenants et presque miraculeux. C'est un objet d'une im* portance telle , que nous croyons devoir entrer dans quelques détails à cet égard.

D'après le célèbre agronome Arthur Young , dont nous convertissons les chiffres en mesures métriques, Thectare en prairie donne les quantités de produits ci-après :

1* Trèfle. . 8,358 livret pesant, par coupe, i6.5oo Iît. par an.

a* Sainfoin io,35o id.

3° Foin ordÎD., i*^coape, i5,ooo. 3* 4»^oo 19,600 id.

— an maximam 3o,ooo id.

Cette production fournit, par approximation , à raison de i5,ooo livres par hectare, terme moyen :

3a,5oo livres de fourrage , vert ou sec, à chaque cheval., 6^000 — par bœuf ou vache.

i,,a5o — parmouion.

lS8 AORIGliLTUBE.

Cette nourriture est complétée }

P^r 43 1,000,000 hectolitres d'avoine poar les chevauY. 17,000,000 -T- de seigle ti d*orge. 91^000,000 -^ de ftves el de pois.

Et par une quantité indéterminée de cboux ^ carottes, raves, etc., pour les autres espèces d'animaux.

Ces derniers produits sont d'un grand secours, parce qu'ils sont donnés par la terre qu'on laissait autrefois en jachères improductives , et parce qu'ils font une partie considéral)ie de la nourriture d'hiver; mais ils sont inférieurs au foin et aux herbages par leurs qualités alimentaires , et l'on a expérimenté en Allemagne que 100 livres de foin, de bonne qualité , équivalent à

600 iiv. de choux.

5a5 — de raves.

460 — de beueraves.

35o — de nitabuga.

260 — de carottes.

300 — de pommes de terre.

90 — de vesce sèche, de sainfoin, de luzerne et de trèfle.

Une observation analogue fait nourrir de préférence it avec du foin ou de l'herbe , le bétail et les troupeaux des Iles Britanniques^ et dans les parties méridionales , la température douce et humide du climat entretenant les prairies toute l'année vertes et pàturables, la nourriture qui

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leur est la plus favorable leur est donnée sans interruption.

En admettant que Thectare leur fournisse 1 5^000 livres de fourrage, par un terme moyen général pris sur Tensemblc des pâturages des Iles Britanniques^ voici quelle est la distribution de la vaste partie du territoire destinée aux animaux pâturants.

Nombn d*aDiaiiitts. Sicnd. de* plturafet,

1,800^000 chev. à Un kcct. i/a chacun. . 2,700^000 h. 1 1 ,000,000 bœuft et^vaches à 5 pour 2 hect. AiAoo^ooo 46,800,000 moutons à la par hectare. . . 3,900,000

60,000 yooo animaux. 11,000,000

En suivant les résultats de la même donnée, d'après laquelle on admet, comme terme moyen, qu'un hectare produit dans les lies Britanniques lÔ milliers de fourrage, on arrive à apprécier, en général, la quantité et la valeur des produits des pâturages de ce pays.

QoaBlité de fournie* *■> miUicrt Valtar à SOO fraoc*

da livret. rbceUr*.

Chevaux. . . . 4o,5oo,ooo 540,000,000

Bœnfâ et vaches. 66,000,000 880,000,000

Moutons. . . . 58,5oo,ooo 780,000,000

Totaux. . . i65,ooo,ooo m. à 11 à i3 f. a,aoo,ooo,ooo

Cette valeur énorme , assignée ici aux fourrages qui servent annuellement à la nourriture

igO AGRICULTURK.

des chevaux y du bétail et des troupeaux du Royaume-Uni , n'est encore qu'une partie de la dépense faite pour cet objet. Elle est augmentée de moitié en sus et portée à trois milliards trois ou quatre cents millions par les autres pro* ductions du sol, qui , telles que l'avoine, les navets, les fèves et le trèfle, complètent la subsistance des animaux. II est fort difficile de répartir, par espèce cet accroissement de dépense ; et nous nous bornerons à indiquer ce que coûtent à la Grande-Bretagne et à l'Irlande leurs 1 80,000 chevaux.

Foins et herbages. 2,700,000 hect. à 200 fr. 54o,ooo,ooo Avoine 43,ii5,ooo 43i, 164,000

Total. . . . 971,154,000 Ferrage, entretien de 1,800,000 chevaux

à 16 fr. chaque 29,000,000

Dépenses totales. . . . 1,000,000,000

Ainsi , chaque cheval coûte cinq à six cents francs, non compris les intérêts du capital qu'il représente et la taxe qu'il supporte.

Ces chiffres expliquent la diminution du nombre des chevaux^ depuis quelques années, et surtout l'intérêt qui s'attache à leur remplacement par la force de la vapeur. On peut prévoir que l'économie des moteurs mécaniques étendra leur usage de plus en plus, et que les che-

ACRICULTLRE. I9I

▼aus, qu'on a déjà cessé d'employer sur les principales lignes de transport, seront exclu» successivement d'une grande partie des services qu'autrefois ils semblaient seuls pouvoir remplir.

SECTION VI

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