PRODUIT DU BÉTAIL ET DES TROUPEAUX
Nous avons établi , par des calculs &ndés sur des bases admises par les publicisles anglais, que le Royaume-Uni avait la moitié de sa surface en pâturages et en cultures destinés à fournir à la nourriture des chevaux , du bétail et des troupeaux. Nous avons estimé à environ trois milliards trois cent millions, la valeur des produits donnés annuellement par les i6,gao,ooo hectares qui ont cette destination. Il nous faut rechercher maintenant pour quel objet est tait cet immense sacrifice de chaque année.
1" Travail des chevaux.
On ne peut l'estimer à moins de i5oo fr. par nn^on t\ic. ii c. par jour. C'est, pour 1,800,000 bêtes , un produit brut de 3.700,000 fr. Mais la nourriture et l'entretien absorbent environ un milliard. Il reste 1700 millions pour les har-
nais • selles » traits et autres moyens d'utiliser ces animaux , pour les intérêts de leur capital « et enfin pour les bénéfices de leur travail journalier.
a"" Produits du bétail et des troupeaux.
Cet article est beaucoup plus compliqué; il comprend la viande de boucherie, les cuirs, les suifs et autres matières ; le lait , le fromage , le beurre et la laine.
a. friande de boucherie; poids net.
Nombr* d*aiiiaMtu. Talcor.
Bœufs et vaches. 2,208^000 ii aSofr. 55a,ooo,ooo fr.
Veaux i,i53,5oo 5o 6^,675,000
Moulons .... i5yi<75,5oo 87 661,49^9000 Agneaux. . . . 5,35o,ooo 25 13,375^000
Porcs 3yô5o,ooo 80 284,000,000
Totaux. . . . 27,437,000 anim. val. 1,468,542,000 fr.
b. Peaux et cuirs.
Leurs prix sont d'un tiers au-dessous des nôtres.
Peaux de bœufs et vaches à 20 fr. 44,160,000 fr.
— de veaux 6 6,921,000
— de moutons .... 4 60,700,000
— d'agneaux i 5o c. 5,35o,ooo
Total ii7,i3i,ooo fr*
AGRICDLTDRE. I9J
c. patres produits.
Suifi, UQ la* de la viande .... 116,968,000 ir.
Abats , uu 3o* 49,000,000
Languei ci piedi, uo 170* 8,600,000
Total 174,568,000
d. Laines.
46 millions de toisons , donnant 33o millions de livres de laine en suint » ou i33 millions de livres, lavées à dos, à raison de i fr. ad c. la livre- Valeur totale. . . . i66,a5o,ooo fr.
e. Lait.
D'après des calculs de W. Pitt, le quart des pâturages est réservé aux vaches laitières. C'est environ 3,750,000 hectares. Selon G. Cathery, commissaire du Bureau d'agriculture, il faut ao acres de prairie, ou juste un hectare, pour 8 vaches. Ainsi , à raison d'une vache laitière par hectare , il y en a a, 750,000 dans les Iles Britanniques.
Chaque vache donne annuellement, d'après Marshall, 5oo gallons de lait chacun de 4 litres et demi ; et même dans le Cheshire, on en tire deux gallons par jour, ou 730 par an. £n mesure métrique, c'est par un terme général 3,371 lit. de lait; et au maximum, moitié en sus. i3
La production totale du lait doit donc être portée à près de i38o millions de gallons, ou beaucoup plus de six milliards de litres.
Chaque vache donnant 5oo gallons, qui valent chacun i fr. a5 cent., son produit annuel s*élcve à 6q6 fr. C'est, pour la totalité des vaches laitières de la Grande-Bretagne et de llrlande, Ténorme somme de 1,762,500,000 fr.
Mais le débit de Timmense quantité de lait f qui est ainsi produit annuellement, ne pouvant être assuré , on en convertit une très grande partie en fromage et en beurre. Les proportions de cette double fabrication varient sans cesse, et Ton ne peut dire quel est le terme numérique de chacune. En admettant que le lait, qui en est la matière première , soit partagé , comme le supposent les économistes , de manière à ce qu'un tiers soit consommé en nature « un peu moins de la moitié en beurre , et im sixième en fromage, voici quelles sont les quantités et les valeurs de ces produits.
f. Beurre.
LVxpérience prouve que 100 gallons de lait, ou 4^4 litres , donnent 45 livres de cet excel* lent beurre d'Irlande , qui est connu jusqu'aux extrémités des deux Indes. Les 5o4 millions de livres, qui forment la production annuelle,
AGRICCI.TUHF. igÔ
exigent donc 67Ô millions de galions^ ou 3o millions et demi d'hectolitres de lait. Cette Cabrication immense ne sufât pourtant pa^ à la con*^ sommation. Tandis que l'exportation du beurre est bornée à ilS^ooo livres, ou même à a,ooo, comme en iS5!^j son importation s'élève beaucoup au*delà de i5 millions, dont la consommation s'augmente annuellement. 11 en résulte que, dans ces dernières années , l'approvisionnement des Iles Britanniques n'a pas été de moins de 3<io millions de livres de beurre, qui, à a5 sous chacune , font une valeur de 400 millions de fr. C*est pour chaque habitant une consommation moyenne de i3 livres et un tiers, et une dépense d'une vingtaine de francs. Nous estimons que, en Angleterre, cette consommation est de plus du triple, et qu'elle dépasse 4^ livres par an. L'usage du thé, dont le pain et le beurre sont des accessoires essentiels, est répandu jusque dans les derniers rangs de la société ; et comme deux repas en sont formés chaque jour , on ne peut porter à moins de a onces la quantité qui y est employée. Ce serait doue approximativement une livre par semaine, et plus de 5a fr. de dépense par an. Cette somme élevée paraîtra plus vraisemblable , quand on considérera que malgré la quantité considérable de beurre qu'elle
I9Û AGIilCULTlIKE.
tire des vaches nourries dans ses prairies, rAiigleterre en consomme en outre :
56 mîlUons de fifre», Tenant d'Irlande et valant 70 milUons de fr. 16 — — importée de Tétr. et valant 90
7a ioûilions de Uvres de beurre taJant. 90,000,000
Mais cette consommation extraordinaire est en déduction de celle de Tlrlande et de l'Ecosse , dans Tévaluation générale, ces deux pays ayant d'autres habitudes de régime domestique, que l'Angleterre, excepté pourtant dans les villes, où les usages anglais sont communément répandus.
A Londres, la consomniation du beurre s'élève annuellement à iisi millions de livres; ce qui fait 70 liv. et demie pour chacun des 1 ,5oo,ooo habitants de cette ville immense. Les seules contrées d'York , Cambridge et Suffolk , en fournissent 1 1 ,760,000 livres.
g. Fromage.
C'est une ressource que ce produit^ dans les expéditions de pèche et de cabotage , et dans les voyages de longs cours ; aussi la consommation en est-elle fort grande dans les ports de mer. 1 00 gallons de lait, qui font 4^4 litres, donnent 90 livres de fromage.
A ce compte , si45 raillions de gallons , qui reviennent à i i,i3i ,5oo hectolitres , produisent
AGillCULTURE. igy
Qao millioDS et demi de livres de fromage; on eu importe i495oo,ooo; et la consommation est formée de a35 millions de livres qui valent, à i5 sous chaque y i^G^aSoyOoo fr. C'est, pour chaque habitant , une consommation d'environ 1 o hvres pesant , et une dépense de 7 fr. 5o c.
h. Lait consommé en nature.
On croit que le tiers de la production du lait est consommé en nature. C'est 460 millions de gallons , ou 20,900,000 hectoUtres , valant à peu près 1 fr. 2D c. chaque gallon ; ce qui fait au total une valeur de 676 millions de francs. La consommation individuelle est de 87 liti'es par an, ou moins d*un quart de litre par jour; elle monterait à ^4 ^i*- P^** personne , si le lait n'était pas à meilleur marché en Ecosse et en Irlande qu'eq Angleterre.
Sans doute « plusieurs des données que nous venons d'employer, et les résultats qui en ressortent, offrent un degré de certitude qu'on désirerait être plus grand. Mais la plupart deces nombres sont estimés , par de très bons esprits, ne pouvoir être fort éloignés de la vérité. On est enclin à les apprécier ainsi en remarquant leur coïncidence entre eux, et l'appui qu'ils se prêtent réciproquement^ Au demeurant, un ensemble de renseignements aussi complets et
ig& AGRICULTURF.
aussi intéressants ne saurait être obtenu sur aucun autre pays de l'Europe ; et, lorsque les travaux entrepris sur la production agricole de la France auront atteint leur but, ce sera assurément une tâche importante que celle de comparer les faits, que nous venons de réunir sur le Royaume-Uni , avec ceux que nous nous efforçons d'obtenir et de rassembler sur la statistique de notre agriculture.
Nous présentons , dans le tableau suivant , l'aperçu total des quanlitës et valeurs des produits des chevaux , du bétail et des troupeaux des Iles Britanniques.
Quantité des produits. Valeurs.
— - fr.
Cberaax. Val. du traTjiiljoiirn. de 1.800,000 3,700,000,000 moili^. BiHail et troup.V.deboucb. 5,380,000,000 lÎT. 1,468,11411,000 uo 4«
— Peaux et cuirs de 83,887,000 animaux. . . 117,131,000 uu tSO*
— Graisse et suif des même<i 116,968,000 un »0*
— Autres produits tt7 ,600,000 onlOO*
— Laines. 46,000,000 de toisoii« 166,SttO,000 un 85*
— Beurre. 304,000,000 liv. pes. à 1 fr. 2;sc. 380,000,000 un Itf*
— Fromage. SSO.ttOO 000 liv. 5 7tf cent. . . . 168,378,000 un 3««
— Iiaitennat..t0,800,000hec(ol. àS7f. 80 c. 878,000,000 on 10*
Total des valeurs des produits runsommés , donnés par les cher., le bétail et les troupeaux. 8,746,866,000 fr.
AGR1CULTUR£.
SECTION Vli.