‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 29 sur 103 · CONSOMMATIONS · texte numérisé non relu

CONSOMMATIONS

Nous essayerons, dans les subdivisions de cette section , de déterminer, d'après les documents parlementaires, les principales consommations de la population du Royaume-Uni;

savoir :

La consommation des céréales ;

de la viande;

de la bière ;

des liqueurs alcool.;

du vin ;

du tabac;

du sucre;

du café ;

du thé;

de la houille.

a. Consommation des céréales.

Charles Smith estimait, en 1760^ qu'en Anvgleterre la consommation de chaque habitant était d'un quarter de froment , équivalant à ^8 1 litres ou à deux hectolitres et demi. Une enquête, faite en 1796 par les magistrats du comté de

Suffolk y donna le même résultat , et les recherches du bureau d'agriculture l'ont confirmé. Cependant, en iSaS, W. Jacob , l'un des économistes les plus éclairés de notre siècle, réduisait le terme adopté généralement à six boisseaux et demi , ou deux hectolitres 46 litres ; ce qui forme une différence en moins de 35 litres, ou un 8*. Cette évaluation nous semble la plus exacte; et il y a tout lieu de croire que l'extension donnée à la culture des jardins et l'abondance plus grande de légumes variés et de pommes de terre d'espèces supérieures , ont produit cette diminution dans la consommation des ce* réaies.

Cette consommation, évaluée par Smith, il y a 8o ans, quand l'Angleterre ne possédait qu'environ 6 millions d'habitants, présentait alors les détails suivants, qui ne comprennent uniquement que cette partie du Royaume-Uni, jointe au Pays de Galles.

— Bed. Lili-M. — Hecf.

3,^5o,ooo indiv. à 2 8i8 de froment. . 8,665, 3oo

888,000 — à 35a de seigle . . a,5oa,4oo

739,000 — à I o56 d'orge a,863,4oo

6a3,ooo — 37 648 d'avoine. . . . 5,047,600

6,000,000 habit, à 3 180 hectol 19)078,700

A cette quantité, destinée à la subsistance des hommes , il (allait ajouter :

AGRIGULTURK. 901

Froment l'éduit en amidon 953y6aoiieclol,

Orge pour la fabrication de la bière , 9,6118,900

Seigle pour les porcs 87,360

Avoine pour les chevaux 6,932,000

Pour la semence^ un 7^ 5,i4o,ooo

Total de la consommation, en 1760 : 4i)i30^Ôoohectol.

Cette masse était répartie de la manière stiivante :

T^ moitié servait à la subsistance des habitants;

Un quart était employé à la fabrication de leurs boissons;

Un 6* était destiné aux animaux;

£t un 7* à la reproduction des céréales.

La subsistance des hommes était formée an-> nuellement de trois hectolitres et un 5* de toute espèce de graines, ce qui est fort peu. Les pois et les fèves ne figuraient pas encore à la suite des céréales , leur culture n étant pas sans doute suffisamment importante.

Depuis le temps que nous venons de retracer, les progrès de la richesse et de la civilisation ont presque entièrement exclu du régime des habitants de l'Angleterre Tusage de toute autre céréale que le fromeat. C'est cette espèce qui est devenue la base de la subsistance et le grand objet de la production.

Vers le commencement du règne de Geor-

ftOSI ÂGIlICfJLTURE.

ges V\ qui monta sur le trône en 1760, la quantité de froment récolté annuellement en Angleterre, était" de 3^8oo,ooo quarters, ou 10,708,000 hectolitres (a). On en exportait 845,000; la consommation était de 9,863,000, ou seulement d'un hectolitre et demi. Elle était, p^r chaque personne, moindre de moitié qu'aujourd'hui , ou plutôt la moitié de la population se nourrissait d'autre pain que celui de froment.

En 17789 il fut établi dans le parlement que la production du froment était de 4 millions de quarters, ou ii,a7a,ooo hectolitres. L'exportation était de 281,000, et la consommation d'un peu moins de 1 1 millions ; elle avait à peine suivi les progrès de la population qui excédait 7,400,000 habitants ; mais, en 1796, elle avait augmenté. Lord Hawkesbury Tévalua , dans la Chambre des communes, à ô millions de quarters , faisant 1 6,908,000 hectolitres. C'était deux hectolitres par personne. En 528 ans, elle s'était accrue de moitié. En 1800, le comité des subsistances estima , dans un rapport , que les récoltes étaient de 18,900,000 hectolitres; les semences en exigeaient 2^60,000; et il restait seulement, pour la subsistance de 8,800,000 per-

(»j Combe. On national sabit.

AGRICULTURE. ao3

sonnes, 16,4409000 hectolitres, ou par personne un hectolitre 3/4- On portait le déficit à 3 millions et demi , ce qui supposait qu'il en fallait en tout ao millions ou 2 i;4 par habitant. En i8oi,Capper présentait les choses sous un jour encore moins favorable. Selon lui les bonnes récoltes donnaient, en Angleterre, 16,827,000 hectolitres, et les mauvaises i4 seulement. Il en manquait, dans le premier cas, 6,636,ooo, et dans le second 9,463,000. La consommation était donc de :i3,463,ooo hectolitres, ou de <2.6o par individu. On voit, par ces chiffres, que les besoins s'accroissaient graduellement, ou, en. d'autres termes, que l'usage de se nourrir de pain de froment s'étendait de plus en plus en Angleterre.

W. Jacob , dans son second rapport publié en i8â8| a donné une table où la production et la consommation de la Grande-Bretagne sont indiquées par des nombres conjectures, mais déduits d'observations judicieuses. Le terme ^^o est employé comme représentant la quantité de blé nécessaire à la subsistance de la population. liCS chiffres au-dessous du terme marquent les années de déficit ; ceux au-dessus indiquent les années de surabondance.

ao4

AGRrCtJLTtiRE.

i8ii .

a4o 3ao

VnAmttkm.

2!iy544yOOo hcct.

35,235,000 45,088,000 35,5o6,ooo 38,o43,ooo 30,998,000 32,407,000 35,790,000 36,634|Ooo 35,309,000

La population moyenue de la Grande*Bre-r tagne fut, de 1811 à i8ai , d'environ i3 millions; elle s'éleva à 1 5, 160,000 habitants de i8ai à 1 83 1. Pendant la première période, la production moyenne annuelle fut de 35 millions dliectoUtres,et, pendant la seconde, de 36,4oo,ooo. La part de chaque personne fut conséquemment, d'abord , de a hectolitres 7 dixièmes, et ensuite de a hectolitres 4 dixièmes seulement. Ainsi, quoiqu'il y ait accroissement dans la production, sa quantité n'égale pas tout-à-fait l'augmentation progressive) des besoins publics par la multiplication des hommes.

Nous avons une très haute estime pour les travaux de W. Jacob, et nous attacherions beaucoup de prix à ce que le gouvernement anglais

AGniCdLTDRE. <205

lui donnât occasion d*en continuer la publication ; mais nous inclinons à croire qu'il a donné une base trop large à ses calculs. En effet , il a supposé, dans la table ci-dessus > que le pro«duit de la semence étant dans une partie de la Grande-Bretagne de 16 pour un, et dans Tautre de 5 et demi , le terme moyen devait être fixé à neuf. Nous pensons qu'il faut le réduire à liuit^ et diminuer conséquemment un neuvième sur les nombres de la production. Ainsi , il faut retrancher 3,900^000 hectolitres du produit attribué à 18127, ^^ '^ porter seulement à 3i millions. En déduisant un 8' de ce dernier nombre p^r la semence, la consommation se trouve être de :i7,ia5,ooo hectolitres; terme semblable à celui que nous avons adopté.

En embrassant maintenant non plus la Grande- Bretagne ou l'Angleterre séparément, mais bien toutes les parties du Royaume-Uni , nous allons rechercher quelle est, en céréales de chaque espèce, la consommation de la population entière, celle des animaux et celle des fabriques.

Colquhoun et Western ont donné, en 181a et 181 5, un tableau de cette consommation, prise ainsi en général ; nous la reproduirons en convertissant leurs chiffres en hectolitres.

•2o(î AGIllCULTUIir.

Consommation

Froment. s5,563,ooo » 478*9^0 95,84o,56o

Seigle. .. 1,761,160 166.960 9,818 1,930,399

Orge. . . . 5,983,35o 691,780 9i,368,98o :'a; 97,943,410 Avoine. . 19,090.900 98,743,600 » ^'j^'fi^fioo

Poitetfèv. 1^09,000 3,839,48o » 5^94i,48o

Totaui. 53,837 000 35,334>ooo 3i.85o,ooo 108,091,000

Il faut ajouter ï ces nombres, poar les semences 16,780.800

— ponr les avoines portées trop bas 6,34o,6oo

Conbommalion totale i3o,i49»3oo

La consommation des hommes était répartie ainsi qu'il suit, entre les 16 millions d'habitants recensés en 1801 dans les trois parties du Royaume-Uni

PopuUiioD. Convomni auo.

— hfctol. litres. —

9,000^000 indiv. à 'i 818 de Froment . . . a5,36a.ooo

5oo,ooo — à 3 5a9 de seigle i^^Gi/iSo

i^5oo,ooo — à 3 522 d'orge 5,983,35o

4,5oo,ooo — à 4 927 d*avoiue 19,020,900

5oo,ooo — à 2 4^1 de pois et fèves. 1,409,600

16,000,000 habilauls à 3 liect. 3oo litres. ^^ 52,837^600

Les 9 millions d'habitants vivant de froment, étaient la population de l'Angleterre; les sept atitres étaient celle de l'Ecosse et de l'Irlande.

La part des fabriques , dans la consommation

i^a) Doul iio,77(i,5oo hecloiiires poui* la hioie el respni.

(les céréales , se forme de blé réduit en amidon , et d'orge pour la bière qui tient lieu de vin dans les Iles Britanniques j et fait demander aux moissons ce que nous obtenons en France des vendanges. La part des animaux est composée d'avoine pour les chevaux y de seigle pour les porcs, et de 5 à 600^000 hectolitres d'orge pour les autres espèces domestiques.

La consommation détaillée ci-dessus était évaluée ainsi qu'il suit par Colquhoun , qui a compris dans ces chiffres celle des hommes, des animaux et des fabriques.

Le froment. . . . à 3i fr. 3o c. 808,106,260 fr.

Le seigle à 19 i3 37,532,276

t«'o> ge à 1 1 a9'i>993,76o

L'avoine à 11 673,437,600

Les fèves et pois. . à 17 20 90,287,000

Valeur lotale i,8o2,356,ooo fr.

Il était bien reconnu, en Angleterre, qu'en levant les restrictions sur les blés étrangers, on pouvait obtenir pour les deux tiers de cette somme immense les céréales nécessaires k la consommation. Conséquemment ces restrictions équivalent à une taxe annuelle de 600 millions en faveur de la production agricole.

Depuis l'époque dont nous venons de tracer la situation , la population du Royaume-Uni s*est augmentée de plus de 8 millions d'habitants, ou

2oS AGRiCCLTrRF.

de la moitié en sus dn nombre qo*dle offrait 3o ans auparavant. L'agriculture a fait des ef^ farts prodigieux pour fournir ^ du moins en grande partie , à Faccroissement progressif de la consommation qui, par une ap|Mt>zimation vraisemblable, semble devoir s'élever maintenant aux quantités de grains énumérées d-après :

Consommadtm adueUe , en kectoUtrts^

FroawBt. 38,o43.ooo » 718,440 58,76i»44o

Seigle 9,641,875 949*390 4*M7 «.895,499

Orge 7,995,095 887,670 59,o59,4soCa] 40|8S5,ii5

Avoiae... 98,53 i,S5o 43, ii5,4oo » 71,646,750

Poitell^. 9,ii5,5oo 5,748,790 » 7,869,990

ToUvz. 79,955,000 5o,ooi,ooo 39,775,000 169 ,o3 1,000

D'après les données de 1801, il y aurait approximativement aujourd'hui :

i3,5oOyOoo persoDDes vivant de froment ,

760,000 — de seigle,

9,95o,ooo — d^orge,

6,760,000 — d*avoîne ,

760,0^0 *- deftvesetde pois.

Total. 24,000,000 d'habiunts.

Mais il est vraisemblable que la sid>si8tance s'est améliorée, et que la quantité des meilleures espèces de grains s'est augmentée, tandis que

(a; Dont 3i,i64fOOO poor la bière el les esprits.

AGRICOLTURK. QOQ

les inoibs bonnes ont diminué. Cependant , il ne faut pas supposer que ce changement apporte de grandes différences dans les nombres ci«* dessus ; les habitudes de régime des peuples dont ^a civilisation est peu avancée^ comme dans les montagnes de l'Ecosse et dans une partie considérable de llrlaiide, ne se modifient que très lentement; et il s'en faut de peu de chose qu'en France l'habitant du plateau de l'Auvergne ou celui de la Basse-Bretagne ne vive de la même manière qu'il y a 80 ans.

La valeur des grains nécessaires à la consommation des années dernières, fixée d'après les prix courants de i83a et i833^ est à peu près ainsi qu'il suit :

yaleiir de la Consommation aclueiie en francs,

('ofitoniUi. dcf boni, do «Bimaux. de« Cibriqara. Totaux.

Froment à SK 8K1, 07^,000 » 1,796,500 9iS9,87 1,300

Seigle. . IS 58,698,190 5,740,8^0 63,400 43,439,370

Orge... 15 118,878,370 13,515,080 480,786,300 619,976,790

Avoine. 10 988,315,800 431,184,000 » 716«467,:$0O

Fèv.etp. 16 35,816,000 91,078,000 >* 198,794,000

Totaux. 1,498,707,900 840,187,900 489,646,000 9,481,841,800

Le prix du froment a diminué, depuis 1801 , de 6 francs ou un 5* par hectolitre , celui du seigle de plus de 4 francs , celui de l'orge au contraire s'est augmenté de 4 francs; l'avoine est aussi plus chère de deux francs , les fèves et pois

n'ont éprouvé qu'une faible variation. Au total ^ la dépense de la nourriture est moins grande maintenant de 17 francs ou a septièmes, en ce qui concerne les céréales.

Elle est, pour chaque habitant, ainsi qu'if suit:

Pour ceux qui vivent de froment. . . . 73 fr. 40 c.

— de seigle 53

— d'orge 53 5o

— d*avoine 4^ ^5

— de fèves et pois. . 45 •

Au total, saus distinction, en i83i. 53 43

On conçoit que ces prix sont éminemment va-* riables; mais néanmoins et en définitive, la longue paix de l'Europe n'a point profité aux populations des Iles Britanniques, et ne leur a point fait obtenir leur subsistance à meilleur marché. C'est le sujet de griefs populaires sans cesse renaissants, comme les besoins qui les excitent. On peut juger de leur fondement par le tableau ci-après qui indique quelle était, en i834y la valeur, en Angleterre et dans les principaux marchés du continent, des grains nécessaires à la consommation du Royaume-Uni , et dont les quantités étaient déterminées de la manière suivante :

Fromeut. . .

Aatrec grains.

Toteux. . .

ao,ociQquarters,oi

»oo,ooo — i46,536,ooo

Cette masse de céréales , estimée d'après les prix oiSciels de chaque marché, avait, selon les lieux, la valeur que voici :

Dr)ilni)a« I^ndm

Londres . . .

Anvers. . . .

- ',ï7a,7io.975

Paris

836,437,5oo

Hambourg. .

. .,o46,i55,.oo

Sleltin. . . .

3 pour

La Hollande , où les céréales sont de f cent meilleur marché que dans les Iles Britanniques, vit, depuis 300 ans, de l'importation des grains étrangers , et la disette s'y fait sentir bien moins souvent qu'en Angleterre.

Deux causes concourent à ce triste résultat : l'une est le retour périodique d'intempéries, dont l'habileté de l'agriculture anglaise ne peut détourner les désastres ; l'autre est l'accroissement gradatif et prodigieux du prix des céréales, calamité publique non moins irrémédiable que l'effet des saisons, puisquMIe est profondément enracinée dans l'organisation sociale du pays. On a calculé, ainsi qu'il suit, les proportions de l'accroissement de valeur des grains de tout»

2 1 a AGRICOLTCJRE.

sortes en Angleterre depuis quatre siècles :

i5* siècle 3

i8* — lo 25

De 1701 i 1766 7 So

De 1767 k 1800 II 75

De 1790 i 1800 i4 5o

De i8o4 à 1810. ... . . . ao

Il est pourvu à la consommation annuelle du Royaume-Uni :

1* Par sa production agricole;

u^ Par l'importation des céréales étrangères.

Nous avons fait, du premier de ces objets, le sujet des recherches qui forment la section précédente; nous nous occuperons ici du second.

Les quantités de froment, importées depuis 1814 dans les ports de la Grande-Bretagne, provenant de tous lieux, à l'exception de llrlande, et ayant été admis dans la consommation intérieure, sont ainsi qu'il suit d'après les documents officiels :

Hwtolitm. Ilcciolilre». Heetoiitre».

4,ii4>ooo

36,ooo

i,ii3,ooo

AQHtCDLTOBE. 2l3

On voit que , dans chaque période de dix ans , l'importatioD de froment nécessaire pour compléter la production, dépasse cinq ou 'six fois un million d'hectolitres, et qu'en vingt ans elle s'est élevée quatre fois à 3 ou 4 millions. Sur cette seule céréale, le déficit est donc considérable: il est au moins d'une année sur cinq; mais communément, après une durée de quatre ou cinq ans de suite, il est suivi d'un pareil nombre d'années abondantes. Cette alternative mériterait une attention parliculiçrç des physiciens et des hommes d'État.

Les grains de toute espèce, venant de l'étranger et admis à la consommation de la Grande- Bretagne, forment les quantités suivantes:

i8'i6. . 4,S36,ooo i»<3o . . 6,637,98»

1837, . . 7,ai3,f>94 i83i. . , 3,386,787

xSiS. . . -i,94o,38o i833. . . i,n33,3oo

1839. . . 4,720,593 i^^3- ; - afia.fioo

Cet approvisionnement, qui varie selon les besoins que la production laisse à remplir , est triplé, quadruplé, septuplé d'une année k Vautre, suivant te déficit des récoltes. Il faut- éviter de le confondre avec les quantités de céréales im- . portées; celies-ci comprennent non seulement tes grains qui doivent être versés dans la consommation , mais encore tous ceux mis en en-

Irepôt et destinés à la réexportation. Les établissements d*outre-mer absorbent une grande partie de ces derniers.

En récapitulant les quantités de céréales données par la production moyenne et annuelle des Iles Britanniques, et en y joignant celles empruntées à Tétranger pour compléter la consommation ordinaire, on arrive aux termes suivants :

ProductÎMi.

Froment. . . . 39,140,000

Seigle 3,806,000

Orge 38,5oo,ooo

Avoine^ ftves. . 749850,000

Totaux . . . 156,296,000 799779O00 164,273,000

Voici les résultats de ces données statistiques:

1* La consommation des Iles Britanniques s'élève maintenant, en céréales, à plus de 164 millions d'hectolitres ou 58 millions de quarters , savoir : 4^ ou un quart du tout en froment, 4 millions seulement ou un 4o* en seigle, 4^ millions ou un quart en orge, et 78 millions ou près de moitié en avoine, pois et fèves.

2^ Les trois quarts de cette masse sont employés à la nourriture des hommes et des animaux , et un quart à la fabrication de la boisson.

3*" La part des hommes s'élève à 80 millions

Importa ii<>o.

Totaux.

— BmioI

4a>526^ooo

i58,ooo

AGRICULTURE. âl5

d'hectolitres ou moitié du tout; les animaux ei^ reçoivent 5o millions ou moins d'un tiers i les fabriques en emploient un 5% qui est absorbé presque entièrement par la fabrication de la bière.

If On estime la partie de la population ^ qui se nourrit de froment^ à près de i4 millions d'habitants. C'est pour chacun un quarter , ou a hectolitres 8i litres. Le quarter de froment pèse 480 livres ; il donne 80 pains de 4 livres , qui font ensemble 330 livres par an et par personne. 5* Environ ^Ôo^ooo habitants vivent de seigle, à raison de 3 hectolitres et demi.

6^ Q,QÔ0y00Q tirent de l'orge le fond de leur subsistance ; leur ration est pareille à celle des habitants qui mangent du seigle.

7* Six à sept millions vivent en majeure partie d'avoine, & raison de 4 hectolitres chacun.

8* Enfin, les pois et les fèves complètent \\ subsistance des classes d'habitants ci-dessus énn^ mérées, et sont en une telle quantité, qu'ils suffiraient pour en nourrir 760,000 exclusivement à toute céréale.

9*" L'agriculture tire les 1 9 vingtièmes de ces produits du sol des Iles Britanniques. Huit millions d'hectolitres^ Êdsant environ un 30* de la consommation des céréales, sont fournis par l'importation étrangère. Selon W. Jacob le dé-

3l6 AGRICULTURE.

ficit , pour le froment seulement , est de quatre semaines de subsistance pour la Grande-Bretagne, ou un million de quarters, équivalant à a,8i^«ooo hectolitres. Ce sont l'avoine et Forge qui forment les cinq autres millions demandés à l'étranger.

Nous indiquerons, dans le chapitre du Commerce, de quels pays sont tirées les céréales étrangères consommées habituellement par l'Angleterre. Mais nous devons remarquer ici que l'accroissement considérable qu'ont pris les cultures de llrlande dans ces dernières années, a permis aux produits de cette île de se substituer à ceux de la Prusse et de l'Allemagne, qui étaient autrefois importés en grandes quantités. Les froments venant d'Irlande et introduits dans la consommation de la Grande-Bretagne , forment maintenant une masse dix fois aussi grande qu'il y a vingt ans. L'importation n'était, en i8i5, que de 4^7,000 hectolitres. En i8a6, elle était de 7^5,000, et en 1 833, de îi,o4 1,000.

I>es grains de toute espèce^ importés d'Irlande, se sont élevés aux quantités ci-après :

1826. . 49091,000 hect. iB3o. . 5,348,000 hect.

1827. . 494^4)000 i83i. . 5^85i,ooo

1829. . 5,662,000 i833. . 6,6i5,ooo

pp ne saurait douter que si l'Irlande atteigi^ait

AGRICULTURK. ^17

enfin le degré de prospérité que lui promettent la fécondité de son territoire et sa population nombreuse , active et intelligente , elle deviendrait pour l'Angleterre ce que la Sicile était pour les Romains; elle serait le grenier d'abondance qui compléterait sa consommation , et écarterait d'elle les disettes produites par les intempéries dont ses récoltes sont frappées si fréquen^ment.

b. Consommation de la viande.

A l'époque où la dynastie des Stuarts s'éclipsa, Grégory King estimait ainsi qu'il suit la consommation de l'Angleterre seule :

Têtes. Poids. Poidâ total. Valeur.

lir. Ut. fr.

Bœu6 et Veaux. 800,000 a6o 208^000,000 38,000,000 Moût., agneaux. 3,200,000 32 102,400,000 a 4> 000,000 Porcs i,3oo,ooo 46 59,800,000 18,760,000

Totaux. . . . 5,3oo,ooo 370,200,000 80,760,000

La population était alors d'environ cinq millions d'habitants; ce qui faisait pour chacun 74 livres de viande , savoir : plus de moitié en bœuf, moins d'un tiers en mouton et un &" en porc. C'était une dépense de 16 francs par personne.

Un document authentique fait connaître qu'en 1710, vingt-deux ans après la révolution, la consommation de viande, qui avait presquei doublé, était ainsi qu'il suit en Angleterre :

JHtu Poidiaet. F»iJ«l«iaL

ai8

liv. Uf. fr.

B. et vacliei . 800,000 870 296,000,000 64,000,000

Veaux .... a5o,ooo 5o i2,5oo,ooo 5,5oo,ooo

Moutooi . . . 4»4io,ooo 28 133,480,000 57,330,000

Agneaux . . . 1,960^000 18 35,a8o,ooo 10,370,000

Porcs 3,620,000 60 1 56,000,000 78,000,000

Totaux. • 1 0,1 20,000 tétet. 623,260,000 216,200,000

C'était, pour sept millions d'habitants, une consommation par personne de 89 livres de viande , savoir : moins de moitié en bœuf, un quart en porc, un 5* en mouton , un 18* en agneau , et un 5o* en veau. La dépense excédait 3o francs.

En 1801 , la viande consommée en Angleterre et Galles avait encore doublé en quantité. £n

voici le détail ;

Tétn.

Poids net.

VM» total.

Bœufs et vaches.

720 liv.

720,000,000 lîv.

Veaux

Moutons ....

5o4,ooo,ooo

Agneaux ....

Porcs

ToUux. . . .

Lé tes. I

,424,000,0001. pes.

Le nombre des habitants était alors , d'après le recensement, de 8,872,000. Il y avait consé^ quemment une consommation de 160 livres et demie de viande par personne, savoir ; moitié

AGRICULTOBE. 310

en bœuf, un tiers en mouton « un 3o* en porc et un aa' en veau ou en agneau, he nombre des animaux n'avait augmenté, eo 90 ans, que d'un dixième; mais l'accroissement de leur poids avait doublé et au-delà la quantité de viande qu'ils fournissaient.

Dans les trente années qui se sont écoulées depuis cet état de choses, si la quantité de viande consommée par chaque personne ne s'est pas augmentée considérablement, le nombre des bestiaux abattus annuellement ne s'en est pas moins accru immensément ; et il a bien fallu qu'il en fût ainsi , puisque la population a gagné moitié en sus.

L'aperçu suivant présente la situation la plus récemment calculée» celle attribuée à i83i. A cette époque ou peu après, le bélail et les trou< peaux de chacune des parties du Royaume-Uni fournissaient , à la consommation annuelle , le nombre d'animaux ci-après énum^és qui étaient abattussurles lieux ou exportés, pour alimenter les boucheries :

Le poids net des animaux abattus ou exportés pour l'être, est approximativement comme il suit 9 en livres poids de marc.

Angleterre. EcoMe. GraDdc-Brctagne. IriMidc. Tot>«>.

B«afik. . à 7to 1,080,000,000 168,000,000 i,a48,ooo,ooo If8,ioo,ooo i,$46,4oo,ooo

▼•■■«• . Ito 96,0001000 14,700,000 110,700,000 94,860,000 i48,B6o,ooo

MoatoniL 7a 756,000,000 17,000,000 8iS,ooo,oeo 817,040,000 i,i}o/>4o.ooo

Afoeanz. 40 96,000,000 at, 600,000 118,600,000 116,000,000 t49,6oo,ooo

Pwii**> 60 108,000,000 17,600,000 ia6, 600,000 106,000,000 «30,600,000

Totanz. . «,166,000,000 179,700,000 1,416,700,000 980,600,000 6,696,000,000

L'Aogleterre tirait de son bctail et de

SCS troupeaux a,x36,ooo,ooQHv.

^- de rÉcosse .... 3o ,000,000

— de l'Irlande. . . . 83,7^4,000

Total. . . . a, a5i, 724,000 Uv.

C'était, pour 13,894,000 habitants^ environ 162 livres de viande chacun.

L'Ecosse obtenait de ses pâturages a8o millions de livres ; mais 3o millions , ou un neuvième, étaient exportés en Angleterre, et il lut en restait tout au plus, pour sa consommation , sk5o millions, qui, pour 2,365,ooo habitants, faisaient moins de 106 livres.

L'Irlande aurait eu plus de 980 millions de livres de viande , sans son exportation en Angleterre, qui en réduisait la quantité de 86 millions; il en restait 894,676,000 pour 7,767,000 habitants; ce qui faisait à chacun 128 livres.

AORIGUtTURE. 921

En résumé, la consommation réelle était approximativement ainsi :

Angleterre. 2,261,724,000 Hv. 1 6a pour chaque habit. Ecosse . . 260^000,000 106

Irlande . . 894,576,000 i23

Totaux. • 3,396,300,6)00 i4i liv. et demie.

Savoir : la moitié en bœuf ou vache , un i/3 en mouton, un i4* en agneau ou en porc, et un Q^o* en veau. C'est la plus grande consommation de matières animales qui ait lieu sur toute la surface du globe.

Cette consommation s'est augmentée progressivement en Angleterre comme les améliorations agricoles et la richesse publique :

1688. ... 74 liv. 1801. . . . 160 liv. 1710. . . . 89 i83i. . . . 162

c. Consommation de la bière.

Les Iles Britanniques, privées de l'avantage de posséder la vigne parmi leurs cultures si variées, demandent à lune de leurs céréales ^ l'orge (jui croit avec abondance sous leur climat, la boisson fermentée destinée à leur tenir lieu de vin. C'est un article important de la vie domestique^ et celui qui donne lieu à l'impôt le plus productif.

La consommation de la bière j dans le

Royaume-Uni, s'est élevée aux nombres d'hectolitres énumérés ci-après :

1830. . io5,564^ooohecto1. i8a5. . i35,a86,ooohectol. i8«i. . 110,181,000 i8a6. . i3o,4a2,ooo

iSati. . ii3,3i6,ooo 1827. . 104,489,000

i8a4. . 128,619,000 1839. • ii5,883,ooo

Ces chiffires comprennent la bière forte , qui en forme les quatre cinquièmes; la bière de table , qui va d'ordinaire à a4 millions d'hectolitres , et une bière moyenne assez peu en usage. En 1801 9 les 20,873,000 habitants des Iles Britanniques consommant plus de 110 millions d'hectolitres de bière, il y en avait plus de 5 pour chaque personne. Trente ans après, cette consommation était encore à peu près la même; elle s'était seulement augmentée avec la population , et dans une proportion analogue.

Les ingrédients nécessaires à la fabrication de la bière tout la drèche ou orge fermenté nommé m(dt en anglais, et le houblon. Voici les quantités consommées anciennement et récemment :

La quantité de drèche employée en Angleterre et Galles, pour la fabrication de la bière, depuis le commencement du xvii* siècle , a été relevée sur les documents officiels par Cb. Smith ^ et insérée dans la a* édition de son

ÂGRlCbLTtJRB^

traité sur la législation des céréales. Nous con-* vertissons en hectolitres ces chiffres curieux.

Drèebc.

De 1703 à 1713 é . 8,060,000 hectol.

Droit».

44,7^0,000 fr

5o,75o,ooo

6,o35,ooo

5o,ooo,ooo

95,5oO)Ooo

8,84o,ooo

III,25o,000

La population de l'Angleterre était de 5,476,000 habitants lors de la première époque qu'offre ce tableau; sa consommation était de 8 millions d'hectolitres de drèche, ou d'un et demi par personne. En 1828, la population était de l4 millions; cette même consommation , sous le poids d'une taxe de 10 fr. par hectolitre, était dans la même quantité qu'un siècle auparayant, mais elle était réduite à 5/8 d'hectolitre par personne ; elle dépassait à peine la proportion de 1 à 3 dans le déclin qu'elle a subi. Un impôt dé* mesuré produisait cet effet; il en avait encore un autre, celui d'habituer le peuple à suppléer à la bière , par des liqueurs alcooliques et falsi-

fiées qui ont la plus funeste influence sur sa rai* son et sur sa santé.

Voici maintenant la quantité de drèche et de houblon consommée par le Royaume-Uni pendant une période récente.

Drèehe.

lloublon.

i8ao . .

9,822,000 hcctol.

5o,5 10,000 lîv. pesant

i8aa . .

5,4o6,ooo

Page 1