IS
. i36,6oo
Les droits ont été :
Sur le rhaoï.
i832. . . . 274,625 fr.
Sur les r»piiliirlr4ngrrit
929,000 fr.
îl3o AGRICULTURE.
La totalité des esprits anglais et étrange» consommés dans le Royaume-Uni , depuis i8ao, est ainsi qu'il suit :
i8ao.
BtctoOlrM.
HmIoL
i8ai.
x,oia,88i
i8aa.
iS33.
Si la contrebande ^le le cinquième de la consommation légale, et Ton ne peut guère en douter^ chaque personne du Royaume-Uni , de tout âge et de tout sexe, a, pour sa part annuelle, 5 litres d'esprits alcooliques. Les droits ont monté» depuis i83o, kmo millions de francs chaque année. C'est presque 9 fr. par habitant pour le seul objet de la consommation d'eau-
fji valeur des esprits consommés^ dans les fles> britanniques, est assez difficile k connaître, diieudn qu'on ne peut y comprendre ni l'interlope, ni les produits de la fabrication clandestijje. En statuant sur les quantités constatées, on trouve que les prix courants des esprits anglais v>nl de 13 fr. Ho c. le gallon. Pour ^2 millions de gallons, c'est une valeur de 275 millions de U'dHCM. iMo,iioo hectolitres d'eau-de-vie et autres '^buriî^ /'fMfig^^f's à 1 20 fr. , font 31, 600^000 fr.;
AGRICOLTaBB. l3l
au total, environ 3oo millions. Mais on porte communénient cette somme au double, Lasenle vente du genièvre, en détail^ dans la Grande- Bretagne, est estimée par la Gazette de Boston, à so millions sterling ou âoo millions de francs, non compris la contrebande. C'est presque la moitié du revenu total du royaume. Il est vrai qu'ici sont comprises toutes les liqueurs frelatées, les mixtions de chaux vive, de piment et de mille autres ingrédients, au moyen desquels on fabrique presque sans alcool des boissons enivrantes et funestes.
La consommation des esprits de toute sorte est divisée ainsi qu'il suit entre les différentes parties du Royaume-Uni :
ÂDgleterre. i3,5oo,ooo 473,i3n 3 lit. i/s par hibit. Ëcoite. . . tî,ooo,ooo s3;,iio g i/a Irlande. . . 9,000,000 34o,66o 4 '/^
Totaux. . 27,500,000 1,040,900 4 1/6
Cette masse de liqueurs enivrantes coûte, au Royaume - Uni , dans les entrepôts , environ 3oo millions de francs; elle supporte 310 millions d'impôts directs , ce qui en élève la valeur à 5io millions. On ne peut apprécier les profits de toutes les espèces de débitants et détaillants; mais ou voit que, avant de passer par i
^3a AOftlCULTURF.
mains 5 elle forme pour chaque personne une dépense de 91 à sa fr.
Ce goût, ou plutôt cette passion pour les boissons fortes, proTient des habitudes maritimes, et surtout de l'influence du climat des Iles Iteitanniques , qui , froid et humide , fait un plaisir et peut-être un besoin de l'excitation produite par ces breuvages violents. C'est là tout le secret de. l'inclination irrésistible qu'éprouvent pour l'eau-de-vie le sauvage de l'Amérique septentrionale , l'habitant de l'Armorique , et en général les hommes des pays du Nord et des régions enveloppées dans l'atmosphère de l'Océan. On doit mettre cette incHnarion au rang des calamités publiques d'une société qui possède, comme l'Angleterre, de nombreux moyens de la satisfaire. On peut juger combien elle est répandue, en voyant dans les documents officiels les chiffres suivants, qui ne concernent uniquement que la ville de Londres.
Le nombre de gens ivres des deux sexes recueillis dans les rues de Londres par les agents de police, et conduits devant les magistrats^ ou renvoyés quand ils sont revenus à la raison, a été ainsi qu'il suit, en i83i et l832 :
iS31. HoniuM. Fmubm. lofas s.
Recueillis et renvoyés. . . • i4>3a8 9»4^9 ^^,787 Conduits devant le magistrat. 5,4^0 2,i4& 7^666
Totauic ï9i748 ii,6o5 3i,S^^
Condamnés à l'amende . • . 3,i85 i>i94 4>379
USX
Kecueillis et renvoyés. . . . iS^l^ii 10,291 a5,703 Conduits devantlemaglsti*at. 3,o4i * 6^934 8,976
Totaux 17,452 17,225 34,677
Condamnés à l'amende . . . 2,707 798 3,5o5
Ces nombres prouvent que les soins des ma* gistrats^ pour réprimer cette inclination malheureuse, sont entièrement superflus, et qu'il faut d'autres efforts que cette répression pour dé* raciner ce penchant populaire. Mais il faut con* venir que le choix des moyens propres à y réussir, offre une des questions les plus difficiles de réconomie sociale deslles Britanniques. Lorsque, pour étouffer cette funeste inclination , on surcharge de droits les boissons enivrantes, aussitôt il s'établit une multitude de distillations illicites dont la recherche et la saisie entraînent des procès, des confiscations, des rébellions et Tapplication de peines qui ne servent d'exemple pour personne. Quand, au contraire, on tolère la fabrication des esprits, leur consommation s'accroit immensément.
234 AGRICULTUAS.
Ccst ce qui est arrivé , il y a quelques années» lorsque le Parlement ^ pour mettre un terme aux mauvais effels des fabrications clandestines, réduisit la taxe sur les eaux-de-vie de grains distillées, et l'abaissa de 6 fr. 60 cas fr. 4o c. le gallon. La fabrication patente qui, en Irlande, n'était en 1 8a3 que de s^i 1 8,000 gallons , s'éleva , parla diminution du droit, la première année k 8,i58,ooo gallons, et la seconde à 9,208,000. La moindre différence fut de 10 millions de francs en faveur du fisc. Il en fut ainsi en Ecosse^ Sans doute on fut forcé de renoncer au projet de diminuer l'usage des esprits, qui prit au contraire une extension quintuplée; mais, du moins, ou parvint à faire cesser, en grande partie, les distillations clandestines et leurs suites malheureuses.
Ce serait un bienfait, sous les rapports phy* siqueset moraux, que de conclure, en échange de quelques autres concessions, une convention qui permettrait à ta population des Iles Britanniques, de faire usage de nos vins au même prix que nous. Rien ne s'oppose à un traité de cette nature, sinon l'intérêt des propriétaires de terres, qui trouvent d'i m menses bénéfices dans la cul ture de l'orge destiné à faire la drèche , et non moins encore dans celle des grains employés à la distillation des eaux-de-vie.
e. Consommation du Vin,
Quand on considère la population du Royaume- Uni , son goût pour le vin , et la richesse de ses classes supérieures, on est surpris des limites bornées de cette consommation.
Ynu français.
Autres sortes.
Totaux.
filODiant des droits.
68,25o,ooo
. . ii,65o
255, io3
La France ne fournit que la ^5* partie du vin qu'on boit dans les Iles Britanniques; on en consommait le triple, il y a 5o ans, quoique le Royaume-Uni fut alors moitié moins peuplé ; mais, d'autres habitudes ont été prises pendant la longue guerre que se sont faite les deux pays; et les vins du Cap, de Porto et de Madère ont envahi la part que ceux de liordeaux avaient autrefois dans la consommation anglaise. Au reste, cette consommation est toujours réduite A peu de chose par le poids de l'impôt , qui, sans distinction, est de 170 francs par hectolitre. Elle ne surpasse pas 260,000 hectolitres, qui font seulement un peu plus d'un litre par per-
936 AGUIGULTURE.
sonne^ avec une part de près de 4o sous dans Tirapôt.
La consommation se répartissait ainsi qu'il suit, en 18126 et en i833, entre les différentes sortes de vin.
Vin du cap de B.-Espérance. 23,84^ 20,623 bectoK
— de France ^^>977 8,780
— d'Espagne 66,172 85, on
— de Madère 10,825 6,093
— de Portugal 107,228 98,253
Autres espèces 12,901 16,1 14
Totaux 232,948 234,874 liectol.
Les vins de Portugal et d'Espagne forment plus des deux tiers de la consommation. Les autres n y entrent que pour de faibles quantités; et, en définitive, c*est un objet qui n'a d'importance que par le reveuu qu'il donne au fisc.
f. Consommation du Tabac.
Ce besoin factice est l'objet d'une grande dépense et, d'un impôt productif. Les habitudes maritimes l'avaient répandu dans toutes les classes de l'Angleterre long-temps avant qu'il s étendît dans les pays du continent; cependant il a triplé depuis 5o ans.
AGRICDLTURE. iSy
i;88 . . 6,877,000 liv, i83i . . i9,533,ooo liv. 1730 . . i6,o58,ooo i83a . . 3o,a35,«oo
i8a5 . . i8,8o4,«oo i833 . . 20,646,000
Il a rapporté aux douanes et à l'excise :
1830 . . 78,i5o,ooofi i8a5 . . 81,135,00a i83o . . 73,100,000 i83i . . 74,100,000
i833 , . 77,000,000 fr.
i833 . . 78,500,000 ■ 834 . . 8i,a5o,ooo
g. Consommation du Sucre.
L'usage du thé et du café, étendu à toutes les classes de la population , rend la consommation du sucre, dans les Iles Britanniques, plus considérable que daus aucun autre pays de l'Europe. Voici les quantités de sucre gardées pour la consommation :
1788 igS.iSojOOO liv.
i36,i5o,ooo 1 39,503,000 i3i,8ou,ooo
■ 33,130,000 i37,i3o,ooo 123,900,000
a38 AGRICULTURE.
i83i 4169603,000 i44,4^0yOoo
i832 4oa,io5,ooo i33,85o,ooo
i833 401,698,000 iio,35o,ooo
i834 4ii,i5i,ooo 113,975,000
Ou voit que de 1788 à i8i4 la consommation s'était à peine augmentée , mais qu'elle a doublé depuis ao ans. Elle est maintenant de 16 livres de sucre par personne'.' A 5o cent., prix du détail , c'est une dépense individuelle de 8 fr. par habitant. La valeur totale de l'approvisionnement annuel monte à 3â5 millions de francs, droits payés et formant plus d'un 3* de cette somme.
h. Consommation du Café.
Elle a triplé et au-delà dans le Royaume-Uni, en l'espace de i5 ans, tandis qu'elle est restée stationnaire en France. En voici l'étendue, avec le droit qu'elle paie annuellement.
Café eoDMmmé. Droiu.
1820 7,io3,ooo liv. 8,570,000 fr.
182 1 7,593,000 9,6o5,ooo
1824 8,a6a,ooo io,522,ooo
1826 i3,2o3,ooo 8,41*2,000
AGRICDLTUBK. 289
i8a8 17,137,000 ti,oo5,ooo
1839 19,476,000 la, 130,000
i83o 33,691,000 i4,5oo,ooo
i833 33,74i,*Doo i4, 730,000
i834 33,785,000 i5,36o,ooo
La consominatioii du café , portée à 93 millions de livres pesant, chacune au prix de i fr. 75cent.,vaut,avant le paiement du droit d'excîse, 4o,35o,ooo fr., et après ce paiement 55 millions. Elle est d'un peu moins d'une livre par personne, et forme une dépense de a fr. !i5 cent.
i. Consommation du Thé.
Le délant de vin, c'est-à-dire d'une boisson qui facilite la digestion en donnant du ton aux organes, a fait recourir à l'infusion de cette feuille , employée de temps immémorial à la Chine, dans le même objet. L'habitude en fait un besoin de première nécessité, et l'usage lui adonné une importance domestique et sociale dont on ne se fait guère d'idée hors de l'Angleterre. U est évident que la consommation du thé a une grande influence sur le régime des habitants des Iles Britanniques; et Ton prétend même que cette boisson agit sur la constitution des femmes et sur la nature de leurs maladies.' Ce qui est certain, c'est qu'elle fonne. un- im-'
u4o AGRICULTURE.
mense commerce , et qu'elle donne au fisc Tun^ de ses branches de revenu le plus productif.
Tbcs cooMOUDé». Droit» pay^
1810 2a,4^6,ooo liv. 77,126,000 fr.
1831. .*32,496,ooo 81,100,000
1828 !i6,7go,ooo 79,4^8,000
i83i 30^648,000 83,6oo,ooo
iH33 31,829,600 86,100,000
i836 499341,600 ii8,2i5,ooo
Les 5o millions de livres de thé, consommés an*^ nuellement, Valent, au prixdeSfr. chacune^chez les détaillants de Londres, i5o millions de fir. L'impôt est, y compris le droit de vente, de 100 p. 100. T^ consommation est en quantité de deux livres par personne, et en valeur de 6 fr., somme doublée par l'excise. Les lies Britanniques consomment maintenant deux fois autant de thé qu'en i8a5. C'est un énorme accroisse-
&CaiCDLTIIBE. %^ï
tBeut , et l'histoire écoDomique de l'Europe d*ïvaii encore rien présenté de semblable.
k. Consommation de la HouUle.
On ne peut fixer que par des conjectures plus OQ moins fondées, les chiffres qui représenteot cet objet important On calculait récemment que, pour l'Angleterre et te Pajs de Galles, la production annuelle des houillères était ainsi répartie :
Coiuommat. det foyers dotnest. . 5,ooo/k>o 65,4o5,ooo
— des nuDU&ctures. 3,5oo,ooo 45,797,000
EiportalioDS 3,ooo,ooo 39,343,000
ToUiu 13,000,000 i5o,445(Ooo
D'après ces nombres, l'exportation s'élèverait au quart de la production , ce qui serait énorme; la consommation des manufactures serait un peu plus grande , et celle des foyers domestiques serait de 5/1 3~oii moins de moitié. Elle serait, pour chaque habitant de l'Angleterre, de a hectol. 3/4. A Londres , en i83i, elle était de 110,939,000 hectolitres; mais on ne peut tirer de ce nombre la consommation individuelle, parce que celle de nombreuses et immenses manufactures s'y trouve comprise.
On peut juger de la prodigieuse consomma* tion qu'exige la production du fer^ par l'aperçu
84'^ AGRltrULTUnE.
général des chifFres suivants. I^s fonderies £si-» briquent annuellement 700,000 tonnes de fonte de fer; il faut, pour la fabrication de chaque lonne de ce métal, cinq tonnes et demie de houille, qui font pour la fabrication totale 3,85o,ooo tonnes de 20 quintaux chacune, ou, au total, environ 4 milliards de kilogrammes de charbon de terre. Ce calcul montre que dans le tableau ci-dessus l'évaluation de la consommation des manufactures est portée beaucoup trop bas.
Nous pourrions étendre immensément ces détails et donner des chiffres officiels anciens et actuels sur chacune des consommations du Royaume-Uni; mais notre cadre ne nous permet pas cette extension. Il suffit toutefois des articles principaux que nous venons de rapporter, pour montrer que la consommation des Iles Britanniques, et parliculièrement de l'Angleterre , est véritablement prodigieuse; elle dépasse tout ce que nous savons des plus riches pays du continent. Il en résulte deux conséquences importantes: Tune est Taisance, le luxe domestique de la population, y compris jusqu'aux pauvres de paroisses; l'autre est le développement colossal du commerce intérieur qui doit alimenter sans cesse ces énormes besoins.
Voici, pour neuf articles seulement, la quan-
,aoo hectol. de bière 43<i)OOo,ooo
d'esprils alcooliq. . 5io,ooo,ooa
de viu 1 18,000,00*
de tnbnc 100,000,000
de sucrc! 3a5,ooo,ooo
de café 55,ooo,ooo
de thé 199,000,000
AGRtCULTDRK. 9^
tité et la valeur de la consommalion annuelle du Royauine-Uni.
164,000,000 à'bectol. de céréale* valant. 3,4âi,ooo,ooo
4,o5o,ooo,ooo liv. de viande 3,oaS,f)oo,ooo
i3(^oo<
Valeur approi. de ces 9artic. de cuusomm. 6,300,000,000 C'est, pour une population de a5 millions, une dépense de 360 francs par habitant, sans distinction de sexe ni d'âge. Il est vrai qu'il faut défalquer de cette valeur plusieurs doubles emplois; mais il reste encore au moins 220 fr., après cette opération , ce qui est un luxe de consommalion sans exemple partout ailleurs.
On pourra l'apprécier par les chifires suivants, qui expriment la consommation moyenne de chaque individu.
Viande lâaliv. peMnt,
Bière . , . . 5 hectot.
Eau-de-vie et rbiun 5 lilret.
Vin I —
Tabac 1 lirre.
Sucre 16 i/a —
Ca« I —
Tb*. 1/3 — '