‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 47 sur 103 · A. IMPORTATIONS · texte numérisé non relu

A. IMPORTATIONS

Gomme si ce n'était assez des obstacles qui s'opposent à une connaissance certaine et complète de la richesse réelle du commerce anglais, plusieurs publicistes , même dans ces derniers temps 9 ont perverti, par de singulières méprises, les notions qu'ils ont tirées des documents offîciels,et ils ont produit des chiffres privés de toute vérité. Voici comment ils sont tombés dans une \ profonde confusion.

Dans les Iles Britanniques, ainsi qu'en France^ le commerce se divise naturellement en quatre espèces très distinctes :

1* Les marchandises importées , introduites dans la consommation de la population ou de ses fabriques ;

a* Les marchandises importées j mises en entrepôt pour être réexportées ;

3^ Les marchandises exportées provenant de Tagriculture du pays ou de ses manufactures ; . 4*^ Les marchandises exportées provenant des colonies ou de l'étranger.

T^ première et la troisième espèce sont énjormérées en France séparément,. et constituë<it Je commerce spécial de consommation et de production , le seul enregistré , avant iSsS^ sur les états de nos douanes.

Les deux autres espèces sont réunies dans ces états y savoir : la première avec la seconde , et la troisième avec la quatrième; elle» prennent !a)ors le nom de commerce général. .Les deux classes que forme cette réunion of&ent : Tune toute la valeur de l'importation , l'autre toute celle de l'exportation.

Dansle Royaume-Uni la répartition. des espèces sus-désignées n'est point la même. L'importation est présentée en une masse unique^ dont la valeur est fixée d'après les vieux taux de Charles II ; ce qui signifie qu'elle est fictive. On ne peut comparée aucunement cette espèce de commerce àla preMrière de celles de France» d'abord fiarce que

la valeur qui lui est attribuée n'a point de signification réelle, et non moins encore parce qu'dle équivaut à notre commerce général , c'est-à-dire à l'ensemble des marchandises importées qui sont entrées dans la consommation et.dans les entre-^ p6ts. Pour en séparer le commerce spécial ou les objets destinés aux besoins immédiats de la po* palation et des fobriques , il £Eiut recourir à un autre genre de documents, qui , en faisant con« aattre les produits des droits d'excisé, indiquent quelles marchandises en sont frappées. C'est là seufement qu'on trouve l'équivalent de notre commerce spécial ; mais pour en avoir la valeur il faut appliquer à chaque objet l'estimation qu'en donnent ies prix courants , opération également longue et diffict^tueuse.

' A l'exportation , les diversités ne sont plus les mêmes. Notre troisième espèce est bien reproduite par celle des documents anglais qui ofiEre la valeur des produits indigènes, agricoles et manufacturés, exportée du RoyaumeUni; mais nous confondons dans notre quatrième espèce tous les objets vendus à l'étrangei*, soit qu'ils proviennent de notre territoire ou bien des entrepôts , t andis que dans les Iles Britanniques on n^y comprend que les produits ookmiaux ou étrangers qui étaient demeurés ^Ums les entrepôts. Pour avoir un clnilre analogue à cèiiii de

GOMMBRCE. I t

notre commerce général à Texpor talion,il faudrait réunir l'une et l'autre de ces espècesqui sont séf^ rées dans les tableaux statistiques de l'Angleterra. On conçoit par ces explications , qui ne sont consignées dans aucun ouvrage , qu'une assimilation du commerce des deux pays est une tâche beaucoup plus difficile qu'on ne l'imagine communément , et qu'elle exige non seulement une attention sérieuse, mais encore de nombreux calculs préparatoires. C'est pour avoir méconnu cette nécessitéqu'enÂngleterre, comme en France» en voulant évaluer soit le commerce en masse; soit ses transactions avec chaque puissance , des économistes distingués^ des hommes d'État dont; le nom causerait ici une singulière surprise , ojorl pris fréquemment, dans leurs supputations, une partie peur le tout, ou, par contre, le tout pour une partie.

Nous aurions évité d'en faire l'observation 9 si l'extraoïxlinaire différence de leurs chiffres et des nôtres ne nous avait obligé, pour justifier de l'exactitude de ceux-ci, de montrer comment les autres ont été pervertis par une étrange cpli-* fusion des choses qu'ils doivent représenter^ ■•

Nous exposerons dans le tableau suivant les principaux éléments de la masse totale des importations faites en 1 834 ^^ 1 ^^5 dans le Royaume- Uni, sans distinction de la destîniitîon ulléinettre

la COMUSRCE.

des objets. Nous tirons les quantités des docu-) ments officiels , et les valeurs des prix couraots de ta i^ace de Londres. Voici d'abord i834-

Gnonenlaiiie. 337,000,000 livret à 17 s. 348, 5ii Laine , . . . . ^6,4^5,000 a f. 93,911

Soie brute. . . 4,656,ooo 35 i63,75n,

Cbanvrectlin . 74,3^6 lonn. 80a 59,418;

Tolal pour lej fabriques de lissus. . . ,

Huiled'aliTC. . . 67,730 bectar. à i3o

Soudo ou Barille. 10,000 toon. aoo

Garance. . .... i5a,ooo quiot. 5o

Gocbenille... . . 4>*'(Oo° liv. 10

Soif 1,400,000 quint. 55

Fereo barres . . i6,t)0ô toon. 375

Etaia deDanca. . 47>ooo i5o

MercMra, .... 773,000 Iît. 5

Salpêtre 3oo,ooo quint. 35

TOial pour d'autres fabriqua. .....

ii,4o4i - 3,000,

4, 1 00, 77,000, 5,000, 7,oSo, 3,865,

Sucre biut.

4,743,000 qo

Tlé. . .

33,643,000 lii-

<.,8oo,ooo

Ia«86-.- . .

4,i56,ooo

Poivre. . .

I«bic , . .

t fr. .

5o,464,ooo 4i',8oo,ooo 4l,55o,ooo 3,837,000 38,875,000

Total dei^deni-éri coloniales.

(1) Ilonconpri>lMdrah>« '

franai.

Céréales. . . . 1,127,000 hect. à i5fr. 17,000,000

Vins 36(;,65o 128 . . 47>5oo>o<*o

Rhum 195,^40 *oo • • 20,63!i,ooo

Eau-de-vie . . 119,984 «^o . . i5,85o,ooo

Genièvre . . . i3,a4o ^4 . . 700,000

Total des consommations et i*éexportations. ioi,68a,ooo

Peaux, cuirs, bois, drogues,et auti'es objets , par approximation ai3, 100,000

Total de la valeur de l'importât, en i834« i, 338,1^77 ,000

Savoir :

Commerce spécial. Objets de consommât. 1,041,227,000 — d'entrepôt. Prod. colonial, et étrang. 289,050,000 -*— général comprenant toute l'importation. 1,330,277,000

La masse totale des importations, faites en i835 dans le Royaume-Uni, tant pour la consommation que pour les entrepôts, est exprimée dans le tableau ci-après :

Qoaoïiiéa. Pris. Valeunw

Coton en laine. 369,604,000 liv. à 17 s. 3i4*i63,ooO

Laine 64,106,000 2 F. 128,212,000

Soie brute. . . 6,o55,ooo 35 211,920,000

Chanvre et lin. 71^418 ton* 800 57,i3/|,ooo

Total pour les fabriques de tissus 711,4^0,000

14 COMMBRCE.

QaaDliié».

Valeur».

— frauo.

Huile d'olive. • . ^^>937 hect. <

Soude ou Bari lie . i5,o4i ton.

Garance i5a,3oo 'quint.

Cochenille. . . . 418,000 liv.

Suif 1,043,000 quint.

57,365,ooc»

Fer en barres . . 19*700 ton.

Etain deBanca . ^9f7^^ quint.

Mercui-e a, 066,000 liv.

io,33o,ooo

Salpêtre 264,000 quint.

9,a4o,ooo

Total Dour d'4^ut>*C9 F^ibriaueit. . .

Il 5.06 1,000

quint.

Thé. . . . 46,890,000 I fr.

Café. . . . 33,987,000 1 fr.

Indigo. . . 7,1721,000 10. .

Poivre* . . 7,709,000

Soc.

Tabac. . • 449^61,000 75. .

Total des denrées coloniales 395,591,000

Céréales ii8,35ohect.à 20 F.

Vins de toute sorte. 3421, 1 35 7 60 c.

BJium 209,700 4 Icgall.

Eau-de-vie 79,460 5

Genièvre iO;483 a

Total des consoni. et réexportations. . . 80,806,000 Cuirs, peaux, bois, drogues et autres objets. 200,859,000

Total de la valeur de rimport. en i835. i,5o3, 747,000

COMMERCE. l5

Savoir :

Franw.

Commerce spécial. Objets de coosom. . i, 184)305 ,000

— d'entrepôt. Produits colon, et étran. 319,443*000

— général comprenant toute Timpor^. i,5o3,747,ooo

Voici les chifFres analogues pour la France en i834, i835 et i836.

Commerce spécial. Objets de consom. imp. 5o3,933,ooo

— d'entœpôt. Prod. colon, et étran. imp. ai6, 261,000

— général comprenant toute l'import. . . 720,194,000

Commerce spécial. Objets de consom. imp. 520,270,000

— d'entrepôt. Prod. colon, et étran. imp. 24o,456,ooo

— général, comprenant toute Timport. . 760,726,000

Commerce spécial. Objets de consom. imp. 564, 391, 000

— d'entrepôt. Prod. colon, et étran. imp. 3 4 1,184*000

— général. Comprenant toute l'importât. 905,576,000

On voit que notre commerce d'entrepôt se rapproche de celui du Royaume-Uni ; mais que notre commerce de consommation, tant pour les besoins de la population que pour ceux de nos manufactures , est loin d'atteindre à la moitié de celui des Iles Britanniques. Le commerce général diffère de 600 millions ou plus d'un tiers.

Le tableau suivant , qui montre la valeur des importations totales de chacune des principales puissances commerciales , prouve que la dispro^ portion qui existe entre le commerce de l'Angleterre et le nôtre^ est encore bien plus grande à regard de la plupart des autres pays de l'Europe.

Imporl. eolDOi. gén. Contingent par haV. franc». franca. «ani.

Hollande i835. 298,571,000 ia4

*i«i •« ( id34* i, 330,177,000 56

Iles Britanniques, j ^33^ ,;5o3;747;ooo 60

Etats-Unis. . . . i833. 54o,39i>ooo 39

Wurtemberg. . . 1822. 4i,33i,ooo 39

Portugal ..... i83o. 104,870,000 a6

France I '^^^- 760,7^6*000 23

États-Danois .... i83i. 4i,33i,ooo 16

États-Romains. . i83o. 16,611,000 10

Suède et Norvège. 1820. 40,482,000 10

Prusse 1820. 90,000,000 8 5o

Espagne 1829. ii4)5oo^ooo 7 80

Roy. de Naples. . 1828. 29.397,000 5 5o

Empire Russe . . i834* 244,867,000 5 20

Il est presque superflu de remarquer que ces proportions ne donnent point la mesure de l'industrie , de la consommation et de la véritable richesse commerciale des différents peuples ; car il y a des pays qui , comme la Hollande , ne pro* duiseut presque point et ne consomment guère plus, et qui sont néanmoins le centre d'un im-

mense commerce. Ce fait s'explique par leur situation géographique , <}ui les. rend l'entrepôt des marchandises destinées aux pays voisins.

Nous indiquerons dans le paragraphe suivant les particularités relatives à chacun des principaux objets de l'importation dans les ports des Iles Britanniques.

1* Laines brutes, •

L'Angleterre importe d'Espagne et cl'âuti^es pays une quantité de laine considérable^ quoi-* qu'elle en obtienne bien plus encore de ses nom* breux troupeaux. Yoici les quantités de kine brute qu'elle a reçues : de l'étranger à diverses époques:

Livirct

> pClMlt. ' •

Lim».

. . 32,3o5,ooo

iÔi2.

, . 46|4^5,ooo

iSsi'i.

. . 4^>6o4,ooo

L'Allemagne fournit environ les deux tiers de cette masse , l^Espâgne un huitième et l^Austra-^ lasie un douzième. Il y a tout lieu de croire que les impoi'tations des colonie^ anglaises de ce der-^ nier pays remplac(E^.rontpi^ogré^ivemeht les lain^ de l'Ëuropeii

i8 cdMniEReE.

La v^ur de cet apphytisfonneinent est d'après les prix réets^ comine il suit :

Fraoes. Franc*.

ïitG, . .1^,780,000 i83o. . . 48,487,000

'i$ti. . . S&yoôo'y^oo r834. . . 691,589,000

t8ao. . ,. 40,000,000 i836. . . 96,160,000

En 1 835 la France a acheté , pouf ôônipléter sa consommation, 3i millions^ de livreâ de laine brute, estimée 44>7Ô7'»POp francs.

à' • Sdîé hrûiè, ' '

Lai qèantifCé de ee-plradiuif , tiiiportée dans le Royaume-Unif ^, fie- i'ést élevée considérablement que depuis peu d'années. La plus grande partie provient d'Italie et traverse la France.

. Livre» pesani.

LivrM pecaoï.

4,3i2,ooa

i8ià. ,

i8io. .

6,o55,ooo

On voit qu'en quinze ans cette importation a triplé de quantité.

Les soieries importées d'Europe et de l'Inde dans le Royaume-Uni formant une masse considénible.

1S3S. — 157,i9l livre* peMnl de tinu» de Ktie , |ate , crêpe , vcloun d'Europe.

tM^OOO pMcè» d« Mieri« de lldlc. ....'•

1836. — l2ft^JiTre« i^Mnt de tÏMut d« 4010 d'Atti^; 346,000 pièeei de aoierie de l'Inde.

Les diverses sortes de soie brute, importées dans leHoyaumé-Uhi, évaluées à 33 francs la livre, forment', pour lès six (pillions dé livres pesant, de rapprovisiohtiéoient en i836, un achat de près die 260 millions de francs, qite ^e partaient le t^iémont, la Lombàrdie et le royaume de^ Naples. ^ ,

3*' Coton en laine, •'

L'histoire du commerce n*offre poiht un aiilre exemple de progrès aussi grands d^ns la production et la vente d'un produit naturel. Voici les quantités de cet objet importé dans les Iles^B^itanniqutçs pour la consommation; de^ fabriquids du payfr eiclusivement ; on y a joint leur valetir approximative, d'après les prix courants.

Page 1