‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 57 sur 103 · COMMERCE CÉMERAL DU ROYAUME-VIVI · texte numérisé non relu

COMMERCE CÉMERAL DU ROYAUME-VIVI

Faleur totale des Exportations^ pendant l'année 1 834 j divisées par pays de destination.

Prodait indifcinet. Pirod. c*l. et élrang. Totaas. Proportioa

~ — — aaiotaL

Valeur oflScielle. Valeur déelarie. —

Russie 8I,IS»7,000 I9J88,000 K3.9t9,O0O UD Stt«

États-Danois. . . . fi,368,00O 1,S)S0.000 8,618,000 UllS4a*

Prusse 3J 10,000 8j58fi,000 11^752.000 uniiS*

Allemagoe fl3,67»,000 37,978,000 151,647.000 QD 8*

Suède et Norfége. 5,188.000 8,407,000 tt,tt89,000 on M«

Hollande 6i,7iUI,000 38.»00,000 04.8SIS,000 un 14*

Belgique 18,700^000 48,i3lS,000 60,90^,000 un 18«

FrauoeaTecJeney. S6,93S,ooo 17,639,000 S4«S74,ooo un tu*

Ptofftafal 48,5411,000 6,687,000 49,8S8»000 1» M*

Espagne avec Gibr. S0.480.000 9,787,000 S0,9i6/)00 un 44*

Italie 88,067.000 57,078,000 180,039.000 UO il*

Malte et Iles Ion. 8,48is,000 8,961,000 11.389,000 anilS«

Turquie et Grèce. 30,197.000 7,850,000 37.447.000 un CIS»

Arrique 84,648,000 6,000.000 30,648,000 un 44*

Asie 98,038,000 18,000,000 110.038.000 un 18*

Col. de TAm. sept. 41,778/>60 7,868,000 49,040.000 un 86*

ÉtaU-Unis 171.188,000 7,777,000 178,899,000 un 7 ;

Aolilles anglaises. 67,000,000 8,097.000 78,097,000 ao 18*

— étrang. et Haïti. 31.707,000 3,000,000 34,707,000 un 39«

Ét.del'ancAai.eap. 68,098,000 3,000,000 71.698,000 un 19*

Brésil 61,800,000 3,347,000 64,847,000 un 81*

Pêcl\^rie, etc. . . 88,191,000 9,857,000 51,488,000 un 44*

Total général. 1,041,387.000 889,080,000 1,550,877,000

Ainsi , les États-Unis tiennent le premier rang parmi les débouchés du commerce anglais ;rAltemagne vient ensuite, l'Italie après, et l'Asie ne . figure qu'en quatrième ligne. Il importe de remarquer que le commerce avec la France est amoindri de tout ce que la contrebande de la Manche exporte dans ce pays, et encore de la masse des denrées coloniales qui y sont envoyées par la Belgique.

Le tableau suivant ne comprend que le commerce de production du Royaume-Uni; les marchandises coloniales et étrangères en sont exclues. Ce document est le seul qui permette de comparer notre commerce spécial à celui de l'Angleterre. Il indique la partie la plus essentielle des transactions commerciales, celle qui montre les

débouchés par OÙ s'écoulent les produits de Tagriculture et de l'industrie du pays.

COMMKfiCZ SPECIAL.

Valeur totale et déclarée des produits indigènes du Royaume-Uni exportés en i835| divisés par pays de destination.

VaJtur d«cl«rc«. B>pp*ffl

— fr. •■ MiaL

Russie 43,817,000 un a3*

États Danois 2,697,000 uo ^^o^

Prusse 49/05,000 un aSi*

Allemagne elVillesAoséa tiques. 115,072,000 un 10*

Suède et Norvège 4)^oo,ooo un aSa*

Hollande 66,a 10,000 un 18*

Belgique 20,460,000 un 58*

France avec Jersey 45,i3o,ooo un a6«

Portugal 4'9'0<^»o<^ uo 39*

Espagne et Gibraltar 25.787,000 uo 45*

Italie 6ô,652,ooo un 18*

Malte et Iles Ioniennes 6,100^000 un i55*

Turquie et Grèce 34,o 10,000 un 35«

Afrique 28,638^ooo un 41*

Asie et Australasie 136,176,000 un 8*

Colonies de rAmcriquc sept. • 53,952,ooo un aa*

États-Unis 264,210,000 un 4*

Antilles anglaises 79,687,000 un i5*

— étrangères et Haïti 28,817,000 un 4**

États de r Amérique espagnole . 50,025^000 un 23*

Brésil 66,767^000 uiv i8*

Pêcheries 6,698,000 uni65«

Total de Texport. du comm. spécial. i,i84>3o5,ooo fr. — des produits coloniaux et étrangers. 319,742,000

Total de Texp* du comm. gén. i835. i,5o3,747>ooo fr. — de l'importation idem valeur égale.

Valeur totale du comm. Britannique. 3^ooo,ooo,ooo

L'exportation du commerce spécial ou de production a été distribué en i835 ainsi qu'il suit entre les différentes parties du globe :

Franc**

Europe 470,340,000 2/5**

Amérique 54^, 4^8,000 moitié

Asie et Australasie . . . 136,176,000 un 9*

Afrique. . 28,638, 000 un 41 •

Pêcheries 6,993,000 un 179*

Total du comm. spécial. i,i84,3o5,ooo

Tel est le commerce Britannique. C'est assurément la machine la plus grande et la plus compliquée qui soit jamais sortie de la main des hommes.

£lle fonctionne au moyen de 800,000 négociants ou marchands , qoo,ooo marins et iÔo,ooo navires qui enserrent le vent avec quatre millions de voiltt , et meuvent six milliards de kilogrammes de marchandises importées ou portées.

8o COMMERCE.

Sa puissance s'étend d*un pôle à l'autre par les pêcheries, et elle embrasse le globe par une chaîne de 126,000 bâtiments qui traversent perpétuellement l'Atlantique et le grand Océan.

Son action est communiquée énei^quement à distance comme celle de l'électricité galvanique; mais au lieu de couples métalliques, ce sont des peuples entiers qui l'entretiennent. C'est pour l'alimenter que le Chinois sèche et parfume annuellement 47 millions de livres de thé;— que le nègre des Antilles .et le cultivateur indien plantent cent mille hectares en cannes à sucre, qui leur donnent une récolte déplus de 55o,ooobarriques; — que l'Amérique recueille la laine de quatre milliards de cotonniers, qui fournissent à l'exportation 2 millions déballes de 1200 livres chacune; — que le chasseur Canadien tue chaque année, pour en vendre la peau, i5,ooo ours, 88,000 castors, 160,000 martes, et i,aoo,ooo rats musqués;— que lepêcheur intrépide rapporte des mers polaires la dépouille de 34o,ooo veaux marins , avec q5,ooo tonnes de spermaceti et d'huile de baleine; — que 5oo,ooo ouvriers anglais tissent 600,000 pièces de drap, et 8 millions de mètres de tissus tie laine différents; — que 800,000 autres fabriquent annuellen^nt 5049OOO mètres d'étoffes de coton, dont une partie fait revenir leur matière première dans les lieux de son oriF-

OOMMERCE. 8 1

gine ; ^ qu'on extrait des mines du Royaume-Uni pour l'exportation seulement, Sco^qûo tonneaux de houille ^ 35o,ooo de fer et qSo^ooo quintaux de cuivre; — que 30,ooo tonneaux de coutellerie sont fabriqués à Sheffield pour l'usage des peu* pies des deux hémisphères; — enfin que la terre enlevée au sol de la Grande-Bretagne est pétrie et modelée par d'adroits ouvriers, qui en forment chaque année 5o millions de pièces de poterie diversifiées à l'infini, selon les besoins et les goûts des consommateurs des pays lointains.

Le mouvement de ces myriades d'engrenages a pour effets utiles : — Trois milliards d'opérations commerciales annuelles, non compris celles du commerce intérieur; — lôo millions de profits, à 5 pour cent; — le fret de 126,000 navires, jaugeant trois millions de tonneaux ; -^ les salaires de QOO9OOO marins et de sept millions d'industriels; — les frais de construction de iq5o navires par an ; — la majeure partie du paiement d'un budget de lôoo millions; — le crédit nécessaire pour soutenir une dette de 1 9 milliards , qui s'élevait à ai , il y a 16 ans; — enfin, les moyens de supporter, pour assurer ce commerce immense , une flotte de ô6o bâtiments de guerre, et une armée de 81 ,000 hommes , qui , en temps de paix, coûtent aujourd'hui plus de 3oo millions de francs.

90 COMMBRCC.

i En outre de ces sommes comptables, il y a, ckins Vactiou du commerce Britannique,' des effets Capitaux qui échappent au calcul. INon^seu* lement il pourvoit, par les richesses qu'il accumule , aux dépenses de la guerre , mais encore il Soumit à Tarmée navale/ instruits, exercés et aguerris , les marins qui lui sont nécessaires. Ce sont les flottes marchandes dé rAngleterre qui servent de gymnases à sa marine militaire, et qui, de nos jours , pendant a3 campagnes dans les deux hémisphères, n'ont point cessé de remplir les vides laissés dans ses équipages par la victoire ou les revers. Ainsi , le commerce contribue doublement à la défense du pays , et sert de rempart il l'indépendance nationale.

C^est à son influence bienfaisante qu'il faut attribuer la grandeur et la rapidité des progrès de la société Britannique. Sans lui, l'Angleterre se* rait peut-être encore courbée sous une auto-^ cratie sanglante comme celle des Tudors et des Stuarts. Des clans sauvages et pillards se partageraient l'Ecosse; et l'Irlande n'aurait pas un autre avenir que celui de la Corse ou de la Sardaigne. Mais, en apportant des richesses, le commerce a répandu l'activiié, l'intelligence, l'esprit national, l'expérience des hommes et des choses, le génie de grandes entreprises: Il a fondé en Asie, sur les ruines de l'empire Mogol,un empire plus vaste et

plus splendide;!! a créé dans le No0 veau-Monde les plus puissantes colonies qu^ait peuplées l'Europe ; et lorsqu'elles ont secoué la domination de l'Angleterre, c'est lui qui les a rattachées à leur ancienne métropole par le lien de leurs intérêts , plus solide que cdui du sang. U a fait davantage encore; il a changé la surface de son propre pays; il Fa couverte d'un réseau de communications; il a fait fleurir l'agriculture en lui fournissant d'immenses capitaux; il l'a enrichie de 112,000 espèces de plantes exotiques. Il a peuplé dix villes depuis cent mille habitants jusqu'à un million et demi; il a érigé les intérêts de ces masses en puissance politique; il a voulu , pour tous , les libertés qui lui sont nécessaires pour lui-même; et il a comblé ^ avec les trésors des deux Indes ^ la

profondeur qui semblait devoir séparer à jamais l'humble marchand et le Patricien qui possède la richesse d'un roi , et dont l'illustration féodale remonte jusqu'aux Plantagenets.

Le commerce est la vie de l'Angleterre. C'est le fil de sa destinée; mais ce n'est point aux Parques décrépites qu'il est confié ; c'est à mille vaisseaux de guerre, qui, dans leurs flancs, portent la fortune de leur patrie. ' '

Page 1