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CHAPITRE VIII

NAVIGâTION.

Jja navigation rattache entre elles les contrées les plus éloignées ; elle est Tun des principaux agents de la civilisation et le moteur le plus puissant du commerce. Les routes, les canaux, les chemins de fer , ces admirables ouvrages de Tindustrie humaine , les caravanes même n'ont qu'une sphère d'action circonscrite et bornée quand on les compare aux distances prodigieuses que parcourent les navires , et à la masse énorme des cargaisons qu'ils transportent*

C'est toujours aux peuples navigateurs qu'on voit appartenir, dans tous les siècles » la plus grande puissance commerciale ; et il était facile de prévoir que l'Angleterre, avec sa situation et ses habitudes maritimes, obtiendrait un jour cette haute prépondérance. Il a fallu cependant, pour la lui faire acquérir, un siècle et demi de

If AVIGATIOir. 85

persévérance y de courage , d'habiteté et de bonne fortune dans les luttes sanglantes qu'elle a dâ soutenir contre de puissants rivaux.

Lé tableau suivant qui indique le tonnage des navires anglais et étrangers , sortis des ports de la Grande-Bretagne^ montrera les progrès de la navigation dans le cours d'une période de 1 70 aos^

Anné^ Tom. «ngUM. Toatt.étrai^. Tolaoï. '

Charles ÎI i663. 95,266 47,634 14^,900

GaillaumelII.. 168S. 190,553 95.367 a85,8oo'

Anne >709. 343,693 43*6a5 389,3^8-

George I"* 1714. 4«i>43i 36,673 448,oo4

George U 17^7* i^^fi^^ a3,65i 4^6,4^

George III ... . 1760. 47i)34i 103,727 573,978

George IV 1820. 1,549,608 433,338 1,982,836

Guillaame IV. . i85o. 3,102,147 758,368 2,86o,5i5

iS3i. 9,3oo,73i 896,061 3,196,789

On voit que le tonnage de la navigation anglaise a doublé en 47 ans, triplé en 64» quadruplé «n Ida; et qu'il est maintenant a5 fois ce qu'U

86 IfAVIGATIOir.

élait sotè le rè^ne des Stuants. Le tonnage de la navigation étrangère n'est devenu considérable qu'à compter de- 1800. T^ diminution de quelques entravés lui a donné surtout^ depuis i83o , phis de développement y et il dépasse le tiers. du tonnage anglais. Si la navigation anglaise y perd quelque chose » le commerce britannique y gagne immensément.

L'ensemble du tonnage anglais et étranger est triple aujourd'hui de sa masse en 1 787 , et s'est augmenté de moitié en sus depuis i8qo. Il excède considérablement trois milliards de kilogrammest et forme les cargaisons de 18,948 navires anglais et de 6,0^7 navires étrangers , ensemble 19,990 bâtiments montés par 184,464 marins.

V II y a 9 en* outre, 180,700 navires caboteurs du port de 10,333,000 tonneaux , et dont une partie servent aux .communications avec l'Irlande.

Ainsi , pendant chaque année , 1 5o,ooo navires et 700,000 hommes sortent des ports de la Grande-Bretagne, et bravent lesécueils et les tempêtes pour remplir les missions que leur confient le commerce et l'industrie.

On conçoit très bien que le nombre des navires appartenant aux Iles Britanniques ne saurait être déduit des chiffres qui expriment leurs mouvements, parce que beaucoup d'entre eux sortent plusieurs fois des ports ^mglais pendant le. cours

d'une annéei et y rentrocit aussi souvenl. Le nombre réel des Qavii?ei9:9st .exprimé ci-«iprè» i.c.

I ri

Eayàaai«>Uo{.' ' * ' ' ' Total •v«c*/«my •! Im (MobW.

.•Il' i . ' "*• » » . i • I ♦ •

NiTirM. ToDDage. NatirM. Tanoa^. BqMÎpagaa*

i83^; i . 19,145 3;3d$,96o i4,i^5 i,%i^,\jléS i«i,^M4

i835. . . i9»737 3«3ao,667 a^^.^^v 2,783,761 171,030

> Dans une discussion qui eut lieu en iSi^y^au Parlcfment , il fut établi , par des documents ôfficiels j que le prix ^è chaque ' tonneau revenait , pour la construction des navires en Angleterre, terme moyen , à 4ôo fr. Cette donnée permet de croire . que les 20,000 navires du comn^erce aoglais valant eu mas^e, à rajlson de 3,3op,poa tonne^ux^ plus d'un miUiard.;dç francs en capital. Les métnesi document^' po^tèitent ^ux sommes suivantes le prix de revient de la construction dans les différents pays' n^ntimes a raison de chaque tonAeau : . ..

. Fra^c^ . fnmm,

ÀLbndrei: t'.\\\ .': '{iÀ' ËiifirahWàik:' ^i^'

En ADgleterre, ter. moy. 4^0 PriBse." . . ^^ié'

France 275 Russie. . . 120

Hollande. . V'V*.* Vi'^aSo' " ' •

"nf '

La solde > danfs la plupart de ces pays, est moitié moins élevée qu'en Angleterre, Un navire prussien coûte^ à cet égard, 9,735 fr. pour quatre

88 NATlOATlOir.

voyages; un navire anglais, de même force e€ même équipage , coûte 1 6,600 fr.

Malgré ces désavantages y le nombre des navires construits chaque année , dans le Royaume^ Uni, est très considérable; en voici le. tableau :

Navires construits.

Bojattoiiè Uni. Jvnry c« Ov»r. C*'eiii«f. 'T«hi«ii.

i833. • «^ • • 711 17 4^1 :ifi59

Tonnage.

lâîa 90,180 2/735 43,397 1 36,3 là

1835 ii6,635 5^087 52,711 1749MS

La navigation à la vapeur ajoute considérablement chaque jour à la puissance des moyens de transport de l'Angleterre. Les chiffres suivants peuvent donner une idée de ses progrès d'une année à l'autre.

# . a. Voyages à V étranger,

VojagM. TooMaux

i^32« . . 10,322 i,5oiy649

i833. . • ii,4oi . 1,652,089

NAVIOATIOK. ^

h. Cabotage des cotes et fleuves.

Veyiget. TonoMOS*

i83i. . . lyiti 98,116

L'administration des postés possédait en 1834) 34 paquebots à vapeur , savoir :

4 entre L«v«rtxx>l et Dublin , de 3xo i4o

6 Holyhead et Dublin a35 100

4 MilfordetWaterford 189 à a37 80 a PortpatricL et Donagbadee iioà i3o 4p 3 Weymouth et Gueroesey i54ài65 60

5 Dourre et Cahiis 110 4oet5o

Ils faisaient annuellement Qi^gd voyages,, et consommaient ensemble 30|000 tonneaux de houille.

Un rapport à la Chambre des communes en 1 8129 porte que le nombre des bateaux à vapeur ' appartenant à la Grande-Bretagne s'élevait alors à 3 1 0, et leur port à 26,374 tonneaux, ou chacun 85^ terme moyen. Il y en avait, de plus, 16 en construction , et ceux appartenant au gouvernement n'étaient pas compris dans ce nombre.

Lie seul |5ort de Londres possédait -jpour le transport des voyageurs :

En 1820. .... 4 bât. à vap. fitisant 227 voyages

90 nAVU^ATUHi'

Ceux destinés au cabotage et au transport des marchandises firent

Eo i83o. . . • .. .458 voy. transporUnt 191,7341000.

Ainsi, en cma^àfis. les mouvements, de. cette espèce de navigation opt quadruplai et les tr^n&r ports qu'elle opère, ont triplé. De i83o à i835y le nombre de paquebots pour les voyageurs a. doiir blé, et leurs voyages sout devenn^ presque quatre fois aussi nombreux.

La navigation du Royaume-Uni a été répartie ains\ qu'il suit, çn 1034} à la sortie en traies principales contrées des deux hémisphères. U s'agit seulement des navires angtaîs*. *** *^

Kavim. T

G)loDiet de l'Amérique septeatrionale. 1,880 SoS^SgS Aotyitaaii^lmss. •-'.».'•!.-. t» . ^ <- .. 900: a^^fiog

Éuis-Unis ^87 ^'53,754

France. \ *i^74 ï3ï>à4ï

Jenej et Gu'eriiesey .., \ ..... i,i^i ' vi%jiS%

BolUode 877 110,584

Alkaiagne --'.•...... 719 117,964

Inde. • • .; »I. ..•*.. •; -1197 90«S^3

PdrMif^al. . •.;....,....-.. . . ôgS .. 77*9'®

Italie , .433 7«>076

La navigation anglaise et étrangère a été répartie ainsi qu'il suit en 1 833 , à la sortie , entre les principaux ports du Royaume-Uni.

NATlGATlOlff; Ql

J|«% aaglate. Tonncans. Nav. étr. Toooewu. Navires. Tonmans.

Londres.. 3,4ai 678,389 1,061 175,833 4f4S2 854,17a

Li^erpool. i,8o3 4io,5oa 906 95o.36q 2,709- r66o,86a

Hull. . . . 755 i49L,3oi 610 6a4o3 1,565 804,704

Ncwcastle. 4^5 . 69,995 44^ 4^>458 870 ii4*755

Greenoch. 270 68,009 11 2,997 2711 70,5o6

Bristol.. . 978 5i«i89 94 . 5,569. 3p» . 56,75i

Dublin. . 940 45i939 35 , $,g5o 975 • 59,4^9

Leith. . . 198 3i,388 i5o 15,875 348 47,963

Glascow. , 117 ii,o3i 1 169 118 11,193

Les dangers que courent les bâtiments dans leur navigation sont grands et nombreux. On peut en juger par les sinistres suivants, qui ont eu lieu en temps de paix :

A. Voyages de longs' cours. » n

Navire^, naufragés. 270 167

— coulés bas. !'............... 5o ai '

— sômbïrés '. . . . '. .-. : . ... : . : . . . 5 ' '6^

— brûlés. . . . '. . . . . -: ........; 6 »

•^ abordés et coulés. 5 . / » .

— abandonnés à la mer. 35 ',,35-

-^ condamnés 12 i3

— dont on ignore le sort 3i 97

— relevés de la côte avec avaries 398 3a4

— pris ou pillés par les corsaires ou pirates. . 76 •

Totaldes sinistres . 888 483

g*i irikVIGATION.

B. Caboteurs et charbonniers.

'. Naufragés. • • • • • • 109

Jetés à la c6te et perdus 176

Coulés bas . . * 67

Qià virés 3

Dont ou ignore le sort t6

Échoués et relevés 124 ^

• Abandonnés . i3 ' '

ToUl 608

U y eut en outre , en 18119, 4 navires à vapeur naufragés , 4 j^^^^ ^ ^^ ^^^^ ^^ relevés , et deux coulés bas.

Lorsqu'en 18281 Ralph Walton proposa à l'amirauté d'appliquer aux bâtiments de guerre son invention de tubes remplis d'air, qui les rendraient insubmersibles, il établit par ses recher* ches que, de 1 798 à 18126, il avait péri, en 3q ans, 373 vaisseaux de guerre anglais de tout rang, exclusivement à ceux perdus dans les batailles navales, et par le fait seul de leur naufrage^ incendie ou autres causes de destruction.

Les progrès de l'art de la navigation, iHnstallaitipn supérieure des navires , l'expérience consommée des officiers et matelots semblent n'avoir qu'une bien faible influence pour diminuer le iiombre des bâtiments qui sont perdus chaque année, car c'est précisément dans le cours des

NAVIGATION. qS

périodes les plus récentes que ce nombre est le plus considérable. En voici le relevé officiel.

lias. IBSft. I8S5.

Navires naufragés 5(^5 464 5^4

— perdus 56 4^ ^

— submergés 38 24 ^9

Totaux 689 521 573

Hommes d'équip. perdus . . 672 Ô78 564

Cependant, on ne néglige rien en Angleterre, comme en France, pour prévenir ces désastres. Le nombre des phares a encore été augmenté récemment, et porté à 1 36 sur les côtes du Royaume- Uni, savoir : 71 en Angleterre, 29 en Ecosse, et 36 en Irlande.

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