‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 84 sur 103 · DETTE NATIONALE · texte numérisé non relu

DETTE NATIONALE

Il était réservé à l'Angleterre de donner au monde civilisé le merveilleux spectacle d'un peuple accumulant sa dette publit[ue jusqu'à â8 milliards de francs , équivalant à son revenu moyen pendant toute une génération , ou 1 4 fois toute la masse de son numéraire actuel , — et néanmoins remplissant ses engagements avec ses

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créanciers, leur payant régulièrement les intérêts de leur argent, et bravant impunément la catastrophe imminente de la banqueroute de TÉtat.

Mais, s'il faut louer et féliciter la nation qui , dans une telle crise , n'a point désespéré de la fortune du pays , il faut aussi reconnaître que le hasard prit une si grande part dans ce prodigieux succès, qu'on ne saurait en faire honneur à la politique, et que les découvertes de James Watt, qui ont permis à l'Angleterre de tirer de la fabrication du coton d'immenses trésors , ont beaucoup plus fait pour la solvabilité de sa banque , que toute l'habileté de ses ministres.

Le tableau suivant montrera comment le Royaume-Uni est parvenu à contracter en 128 ans une dette qui excède q4o millions de livres pesant d'argent, et qui, en ce métal, formerait la cargaison de 1 200 navires , chacun d'un port de plus de cent tonneaux.

Les progrès de sa dette publique ont été ainsi qu'il suit depuis le règne de Guillaume III :

Capital.

— fr.

1689 , avant la goeire term. par Je tr^de Riswich. i6,6o6,55o

1697 , aprèscettc guerre 517,600,000

1715, — la gaerre term. par le traité d'Ulrecht . i,3oo, 000,000

1 7a I , d*£spagneterm. parle tr. de Madrid. 1 ,4^0,000,000

1748, term. par le traité d*Âîx-la-Chap. i,954»i5ojOOO

1763,— — termiaée par le traité de Paris. . . . 3,674,5701000

1 785, d'Amérique 6,668f is5ooo

i8o9,— «- contre U RévolatioQ française. • . 1 5,47^9000,000 1^7, — 4 Ml* 1/3 de gacrre contre l*£mpire. . 16,951 ,982,000

i8io, — 7 ans de gaerre 30,397,450(000

1 8 1 5^ — 1 o ans de gaerre et 4 cainpag.cn Espag. 9 1 ,754,950,000

i8i5, il la paix générale • 38,095,000,000

1893, après 8 ans de paix 90, 343,095 ,ooq

1837, — 93 ans de paix • • • 19, 139,487,000

Ainsi, en 34 ans, de 1688 à 1731 , la dette avait triplé ; en 95 ans , depuis Guillaume m jusqu'à la fin de la guerre d'Amérique , elle était devenue lâ fois plus grande; et en la'j ans, de 1 688 à 1 8 1 5 , elle s'était agrandie au point d'égaler 129 fois sa valeur à la fin du xvii* siècle.

Voici les sommes ajoutées à la dette publique, pendant chaque période quinquennale depuis 1 79a.

i8ia — 1816. . . , 11,083^809,000

i83ii — i8a6 . • . 4>747. 736,000

En 26 ans de guerre » 33,667,766,000

— 30 ans de paix 17,717,024,000

Total en 46 ans , 61,274,790,000

Ou voit que la guerre contre h République

FmA.tf CES. 1 8g

française n*avait endetté l'Angleterre que de neuf milliards et demi , mais que celle contre l'Empire ajouta a4 milliards à cette somme.

Les intérêts annuels payés pour cette dette sont résumés dans le tableau suivant, dont chaque somme les exprime pour cinq années.

Francs.

1807 — 1^11 3,oo5,997,ooo

En 26 ans de guerre 12,819,170,000

— 20 ans de paix 14,669,167,000

Total en 46 ans 27,488,337,000

Ainsi , les seuls intérêts de la dette ont déjà exigé beaucoup au-delà de la moitié du capital emprunté ; et cependant ils réclament annuellement une somme qui , depuis ^4 ^^^ 9 ^^^ constamment au-dessus de 700 millions de francs.

I^ tableau suivant exposera quels immenses sacrifices il a fallu ajouter à ceux-là , pendant 43 ans y pour pourvoir^ par l'amortissement , au

igO FINANCES.

rachat et à la diminution de la dette publique fondée et non-fondée.

Résumé quinquennal des sommes employées à V amortissement de la dette.

Fnnct.

i^ga — in96 1,889,587,000

iSo'i — 1806 3,745,875,000

i8ia — 1816 8,089,717,000

1827 — i83i 4'06o,3oo,ooo

£d 25 ans de guerre 22,867,119,000

— 17 ans de paix 17,240,568,000

Total en 4'^ ai)s 40,112,687,000

Depuis 1 833, au lieu d'emprunter pour amortir la dette , on lui destine l'excédant annuel des revenus. Jusqu'à cette époque , l'amortissement ayant coûté t\o milliards et les intérêts 27 et demi, le Royaume-Uni a déjà payé 67,60 i,oa4i00o francs pour les 6i,a74;790,ooo qu'il a empruntés depuis 1792. Conséquemment il a donné i6,3a6,ooo,ooo au-delà de ce qu'il a reçu, et se trouve avoir payé i32 fr. chaque centaine de francs qu'on lui a prêtée. Il n'en a pas jnoins encore, nonobstant de si puissants efforts, une

FINAIVCES. 191

AslX^fondée ou constituée, qui, de 1820 à i836, montait aux sommes suivantes :

Francs.

FruiM.

i8ao . .

iSsi . .

. i8,852,5i2^ooo

Mais , il y a en outre la dette non-fondée qui se forme des billets de TÉchiquier , ou bons du trésor, et qui s'élève aux valeurs suivantes;

Si Ton réunit aux deux espèces de dette la masse des billets de banque en circulation , on trouve que le crédit public s'exerce sur une richesse nominale y qui monte aujourd'hui aux sommes ci-après:

I® Dette fondée. • i9,o35,562^ooo

2* — non-fondée 703^876,000

3^ Papier monnaie en circulation . 733,760,000

Dette totale du pays.

IQQ FINANCES.

Le dernier article de ce tableau exige quelques détails que nous allons donner.

Papier ^monnaie en Angleterre.

B«o<p« d'Anglctcrrs. Banq. des prorincM. ToUim.

— fr. — fr. — fr.

1800 • . 356yi5o,ooo 356,i5o,ooo

iSoa . • 399,550)Ooo 399,550,060

1807. • 437,500,000 66a,5oo,ooo 1,100,000,000

1809 . . 5oo,ooo,ooo 737,500,000 19237,500,000

1810 . . 575,000,000 825,000,000 i,4oo,ooo,ooo 181 4 • • 709,200,000 900^000,000 1,609,200,000 1817 . . 752,85o,ooo

1819. . 625,000,000 425,000,000 I ,o5o,ooo,ooo

1820. . 600,000,000 3oo,ooo,ooo 900,000,000

1821. • 562,5oo,ooo 210,000,000 772,000,000

1822 . . 44^>ooo,ooo 2oO;Ooo,ooo 645,000,000 1825 . • 47^,000,000 353,750,000 828,750,000 1827 . . 676,672,000 3oo,ooo,ooo 976,672,060 i833 . .4719905,000 253,802,000 725,707,000 1834. . 464,295,000 266,495,000 730,790,000 i835. • 455,380,000 278,380,000 733,760,000

Mais ce tableau ne comprend que le papieN monnaie de l'Angleterre; et il parait même, par d'autres documents , qu'il s'en faut de beaucoup qu'à plusieurs époques il en contint toute l'énumération. Ainsi , un compte public énonce de la manière suivante les billets en circulation dans le Royaume-Uni^ en 1810.

PIN AircEs. 1 93

Billfits de la banque d'Angleterre 535,i5o.ooo

-7- des banques particulières (i) . . . . . 2,100,000,000

•^ delà bàbqere cTlrtsiiide Jusîju'en 1809. . 76,000,000

-^ des baiMtues flaftïculières d'Irlande i. . ^"3oo,ooo^oo<i

Bûûi'deirindeeadrcnlation .** . • . . .' 121,000,000

Il faut dire qu'à cette époque le .papier^mopiiaie tenait entièrement lieu 4e numéraire , et que For et l'argent avaient disparu, de la circulation ; mais , les billets qui les représentaient ayant été émis jusqi^'à une valeur nominale double de la leur, ou tout au moins plus grande d'un tiers, il en résulta dans leur cours une dépréciation menaç^te; ils semblaient ne pou^ voir éviter le sort de nos assignats , lorsque le cours des événements politiques et militaires sauva l'Angleterre de. ce désastre. Cependant il ne fallut pas moins de dix années d'une immense prospérité commerciale pour ramener les métaux précieux dans la circulation, et rétablir la parité de valeur du papier-monnaie.

Aujourd'hui, que d'importantes améliorations ont été introduites dans les finances du pays, et que l'Europe offre une sorte de garantie de la continuation de la paix, le fardeau de la dette

(0 11 y avait eu Angleterre, a3o banqacf particulières, en 1797, et en 1811 , 7SI1.

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