‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 92 sur 103 · IO · texte numérisé non relu

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Les délits correctionnels s'élevèrent :

En 1826 à 6,000 *

Le nombre total des condamnés dans la colonie fut:

£u 1825 de 16,000 I sur 3

Les pénitenciers, prisons où les détenus sont renfermés isolément dans des cellules et contraints au silence , ont paru atteindre le but proposé ; et Texpérience qui en a été faite aux États-Unis , à Genève , et même à Millbank en Angleterre, a semblé être favorable à leur institution. Mais indépendamment des graves objections que suscite l'adoption de ce système , la dépense qu'il exige pour construire une cellule à chaque détenu , le rend à peu près impraticable dans les pays qui^ comme l'Angleterre et la Fnmce, ont à renfermer cent mille prisonniers , avec la

JÙ6TIGE. 309

perspectWe de voir cef nombre immense s'aug* menter proportionnellement à la richesse et- à la pauvreté.

Nous inclinons donc à penser qu'il reste encore un remède à trouver pour améliorer les prisons , ou, ce qui vaudrait mieux, pour réduire de plus eu plus leur immense population. Ce serait une découverte d'autant plus importante , qu'on ne peut se dissimulei* que les progrès de la civilisation tendent à augmenter chaque jour le nombre des détenus. Nous ne sommes à aucun égard dans la situation de nos ancêtres , qui vidaient leurs prisons au moyen de la peine de mort ou du typhus dès cachots, et qui n^avaient, d'ailleurs, pour les remplir, ni le commerce avec ses dettes, ses banqueroutes , ses transactions frauduleuses ; ni le^ délits politiques descendus parmi les der* }\\ei^$ rangs sociaux; ni la police traquant les ivro|;nes, les filles de joie ; ni , enfin , une répression judiciaire si active , qu'il ne lui échappe presque aucun criminel.

C'est par la seule considération des divei*sités de nqtre temps avec les temps anciens, qu'on peut expliquer l'énorme différence du nombre des détenus autrefois et à présent. Howard, cet excellent homme, dont l'Angleterre doit se glorifier d'avoir offert le modèle à l'imitation de t'Ëiirope , a donné , dans son ouvrage , la situa-

3 10 JIJt>IlCE.

tion des prisous de la Grande-Bretagne , il y a un demi-siècle. La voici :

Prisonniers poar dettes . . . . 2,078 ^^^97

— crimmels 798 991

— délinquants ...«,.-•, 917 I9O17 •— dans les pontons. — Hulks. 5'i6 3o4 Omissions 60 3o

Totaux 4,379 4,439

Les prisons de Londres contenaient presque la moitié de ces détenus en 1 783.

Prisonniers pour dettes. • . x^ojS

— criminels 552

— Délinquants 367

Total 1,994

Les tables de Jansen , qui donnent le mouvement général de la prison d'Old-Bailey, de 1749 à 1771 , nous font connaître pourquoi il y avait un si petit nombre de prisonniers.

Condamnés à mort . • i^iai i sur 6

Exécutés 678 1 10

Déportes 5,600 5 6

Graciés 443 i i5

Total des détenus. . 6,721

Ainsi y la potence enlevant chaque année un 10' des prisonniers, et la déportation les cinq

JUSTICB. 3ll

sixièmes 9 on conçoit que les prisons n'en devaient renfermer qu'un nombre très restreint. Recherchons maintenant quel est ce nombre aujourd'hui , et quel est celui de toutes les prisons du Royaume-Uni.

1* Nombre des prisons.

On en comptait , il y a quelques années:

Angleterre et Galles 5i8

Ecosse 87

Irlande 160

Total 765

Mais une partie d'entre elles étaient presque inhabitables. Un rapport de 1836, sur celles d'Angleterre seulement, n'en mentionne que laa.

Dans 3o , chaque prisonnier avait sa cellule ;

— 33, il n j aTait aucun classement par sexe et par ftge ;

— 3i , les délcnns n*aTaient aucun travail ;

— 21 , la peine du fouet était infligée ; ^~ 5o • les fers étaient en usage ;

— 29 , il te trouvait encore des aliénés ;

— 4t la même chambre contenait jusqoa 19 prisonnien.

Depuis ce temps , le Parlement n'a cessé de s'occuper des prisons , et de tâcher de les améliorer.

La nourriture des détenus coûtait récemment pour chacun d'eux :

3i2 JUSTICE.

Fraac*. Csoli

Dans 20 geôles 117

— 20 autres i34

— ao autres i5o

Dépense moyeu ne ... i34 67

C'était, pour 7,000 prévenus présents constamment dans les geôles ou maison de justice, 942,690 fr.

La dépense totale des i36 prisons, comprises dans le GaoUact ^ et parmi lesquelles sont les maisons de correction, montait, en i834 * à 5,569,000 fr. : c'était 4I9OOO fr. par prison, pour l'Angleterre uniquement. De 179?^ à i83a, la dépense des prisons s'est augmentée de 178 pour

Un tableau officiel énumère ainsi qu'il suit les maisons de détention de l'Angleterre exclusivement :

60 Geôles 00 maisons d'nrrêl;

70 Brîdcwells ou maisions de correction :

i3 Aalrcs prisons ;

143 Prisons, non comp. les Hnlks on pontons qai serv. de bagn.

a° Nombre des prisonniers.

Les 60 geôles d'Angleterre reçoivent annuellement 53,5oo accusés, qui fournissent im effectif constant de 7,000 prisonniers: c'est 117 pour chaciuie d'elles. En multipliant cet effectif par

JUSTICES 3f3

le*iiô«ii>ré dy jours^dé ràttnée , on* tfouvè qu'il ^«à 21^655,000 journée dé présence. Si ron divisé ces journée*^ «ùtt^- les 63,5oO prisonniers admis annuellement, on reconnatt que le terme moyëfi de* la détention de chacun d'eux est de 47 jours, où- un peu, plus "d'un mois étdeihi. Voici lé mouvement de -ce» 60 geôles pèndàht cinq ans. •

1830. ' ISM." ''isW. 18SS. I8S4.

Nombre d'aeeu«éi reçut ^ 48,7^ &8.169 B4,i64 S4,8« S6.887

-^ dcprMAMi.ckbf:tUrébi: '"0,510 -■ -7,87^ 7.017 7.620 0.60S — de DMUdM , ■DDueilem. . 5.182 5^195 5,1SS . ft,M8 . , ,6JM

. La moyenne ànnuellede cette péripde est ainsi quil suit: 1 )

Nombre d'accusés reçus. . . . 267,771 53,5i6

— de prisonniers à la fois . . 35,68B* • ' • Lr7,oi8

— de malades .( Il» :• . . ^...•.■ . a6,oi4 ^-'I * ^'ôjaoS

— de décès ji*'-*-' . 569^ ••' * ■ •>• :Jt<3

X Aims^ , sur 53j& ii4.prév/$nus de .crimes baidélits qui:eYili^ffKifc!r(inii.aelleiii!ént danà les 60 géples dlAngleterrQ ^Of.fi^iSi ou ^un ' sur 7 «à- 8 y ferment VoCfqçjti^cQ^tan^des pnsopniers; les six ou: isépt ^#res ^nt^f^^béb^îteiivoyés' «u^ ! maiso^si dé cprr^ctioD.^déportés-ou:stipj^Gié5i '. m»i''!'^ ,or,| Sur ces 53,5i 5 individus entrantannoeUeidèifr dans les maisons d'arrêt, 5^2o3, ou presque un sur 10, tombent maKdefi. pendant . leur détenir tion. 11 en meurt un sur Sd'Aiàlades.

3 1 4 JUSTICB*

Nous avons vu pn^cédemiueni .que la iUMBdbpe des personnes mises en état d'accusation devant les. cours d'assises, montait , finnée moyenne^ en Angleterre, à 21,346. Conséquemment 33,169^ ou trois cinquièiQes de la ma^e des détenus ^ sont emprisoni^és préventivement pour yoI , offense aux persoQnes f contrarention aux lois de police et à celles du revenu, dettes, vagabondage et autres méfaits.

Mais ce n'est encore là. qu'une partie des dét;çi)(us ; les m^isons-.de correction en renferment un aussi grand nçmbre. Par une moyenne de cinq ans 9 il y a annueïïeiheht io,4oo individus des deux sexes, condamnés par les cours d^assises à Temprisonnemei^t; savoir:

^o à plus (Fim an ; —

1^600 à plus de 6 moios et mois d'un an^ A94^>^ ^ ^ mois et au-dessous.

Mais les condamnations soiamâires, par les magistrats , en dehors des cours d'assise^ , augmoitesA considérablement ce notiTbre. On estime qu'elles équivalent à* quatre fois ^Ues résultai] t dû jugement par jury. Dans la métropole , cette proportion s'est ^eyée même à douze fois en t836. Il y eut :

63,384 personnes arrêtées et détenues.

«9,776 de ee nombre forentjrenToyées par les magistrats;

3o,433 ou plus de moitié iurecit condamnées sommairement x

JU8T1CB» 3l5

5, 176 inUes en état d*acciisaUon ; 3,437 condamnées par les court d'assises ; • 495 acquittées, et a4^ non poursuivies.

On voit que les maisons de correction sont peuplées par ô'ifOOO individus qui y entrent chaque année et y restent 'plus ou moios de temps, mais toujours fort au-delà du terme mpyen de la détention préventive.

Ainsi , il passe annuellement par les prisons d'Angleterre:

53,5oo accuiéf de crimes ou déliu ;

5a, 000 détenus 9 coodamaés à l'emprisaonement ;

io5y5oo ou un 14»* de la population .

Ce résultat est un lAimnoinm; car, en 1 81 8 , les prisons reçurent, en AtigleteiTe, 107,000 détenus; et on estime à i ao,ooo ceux qui y furent rçnferméseni835. ^

* Dans ce derniq* nombre est sans doute comprise la population des Hulks ou pontons , qui conte* naient, il y a quelques années , 5,ooo condamnés employés aux travaux maritimes. L'effectif constant était d'environ 3,000 , augmentés para,ooo entrants qui succédaient à i,ôop déport^^ .

Si l'on admet qu'il y a un détenu sur i4^ babi* tants du Royaume*Uni , il s'^suit que i,&0t000 individus entrent annuellement dans les prisons de la Grande-Bretagne et de l'Irlande. C'est à

3*6 ju^tîCB.

cette population, reversée incessamment dans la société , qu'il faut . attribuer presque toug les crimes dont elle est affligée.

' -ïie nombre en serait bien plus'grattd encore sans la déporta tîori. Cette peine a délivré lé Kôj-attme-Uïii de la multitude dte niàlfaiteiirsr ftWtiierés ct-après? : *^ ''

Angleterre.

«îU»"';". . .«.* •■• ' Déporté». î'^-.îJ/

1810 il 1816 ^i^^J : ' ..Ti. î»

i8a4 — i83di l» : ^ . .• . i>f,86« •

, jB3i -^ 1W6. . . . i . . 2^,699

En '27 âDS, ..... 66,787

^y^pjc^.çe ^pm^tiîîdbleftu pqi^ les Ile ^lique^, pendai)t,;cJL9|] apnées. réoe^^es.

i83i 3,3i5 25a ^•'''1,674 4Mr

i83a -, 4qÇp 393 9^ . 3,409

L'ArtgliHferw foûrùit ^{*e^é 1« 'trois qtiarts 6ës déportés; l'Ecosse un 16' , et Hrferwld plus d'un- qitanrt; A» ce ^compte, de 1810 à i836, en 97 ans, lé Royaume-Uni aurait banni , par la déportation oulne-mer, 83,4^1 €r{iti{nel8;^a'voir:

JUSTICE. 3i7

un 5o' à vièi un bo*k i4 ^^^ 9 et enviroo 80,000 pour 7 ans.

Il est évident , quoi qu'on puisse dire avec raison, contre les colonies de déportation^ qu'une aussi grande masse d'hommes ne peuvent être tenus en prison, et bien moins encore renfermés dans des pénitenciers celluraires. Il y a impossibilité absolue d'en disposer autrement qu'on le fait aujourd'hui y et de changer en détention la peine de la déportation au-delà des mers.

Cette impossibilité ne se borne pas au présent ; elles' étend à l'a venir avec une puissance beaucoup plus grande encore. On peut s'assurer qne , de 1810 k i836, le nombre des déportation!) a quadruplé et au-delà. S'il s'accroissait dans cette proportion, au lieu d'être, comme de i83i à i836, de 32,600. il serait, en i863, de plus de 90,000 déportations.

Mais nous devons espérer que long-temps avant cette époque, des lois et des mœurs plus douces, une administration de la justice moins rigoureuse, une police plus exacte, des prisons mieux organisées, et un nombre moins grand de prolétaires auront délivré les Iles Britanniques de la cruelle nécessité d'avoir à redouter, à punir et à repousser loin d'elles cette multitude d'hommes, qui 9 dans d'autres conjonctures sociales, eussent été d'honnêtes et dtutiles citoyens.

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