‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 98 sur 103 · MAL4DIES · texte numérisé non relu

MAL4DIES

a. Contagions.

Londres étant la ville de l'Europe dont les relations commerciales sont les plus étendues, elle est exposée plus qu'aucune autre capitale à recevoir, parles communications maritimes, les maladies contagieuses des pays éloignés. Les irruptions les plus meurtrières sopt celles indiquées-ci- après, avec le nombre des personnes qui en furent victimes.

BuSitanU

ËdoiÀrd III

. i348 Pesté. .;

«enriVII. .

. i5po —

. 3o,ooo /

Heori YUI

. . i5,|8 Suette contagieuse .

J^lifàbeth , ,

. . i563 Peste

. 2i,5op.

J^acqués I«' .

Charles j*' .

ebarles II . .

<?^rge 11. .

.1729 Fièvre pétéchiale. •

Çreprge IV. ,

, . i83i Choléra

asiatique* .

A cette dernière époque on compta à Londres, offîciellement, 10,545 malades ; et dans toute la Grande:Bretagne , y compris la population de Loodres, 74>4o4 Les décès s'élevèrent àa8;438, d'après les tableaux dressés par mon savant et respectable ami sir William Pym , qui , dans ce désasti^ , montra un si beau caractère.

3^ LQifj^ait^.

b. Maladies ordinaires.

Celles qui sévissent à Londres^ ont causé dans cette ville la mortalité indiquée ci-après:

CoDM>niptioD».

ConfuUioiM.

Fièvres.

InflaoïmalioiM. Variole.

4,,oo^

î^tf>7

. SjOBii

iîi,075

7ïfii

La consomption, enlevait, il y a un siècle ^ un ô^' des habitants qui mouraient annuellement. Cette proportion n'a point changé. En 1 740 » plus d^un quart des enfants qui périssaient en bas â^Cy succombaient aux convulsion^ ; ce noi^bre. est maintenant limité à un onzième. Les fièvres qui ravageaient Londres autrefois, réclamaient )e 5e de la mortalité totale; elles soilt réduites aujourd'hui à un aie ou même à un îî8^.

Mais les inflammations, qui étaient peu communes, se sont accrues progressivement, et for^ment au moins le 10* du nombre des décès. La variole, au contraire, qui tuait annuellement le ge de ceux dévolus à la mort, se borne actudie*: ment à un a8« tout au plus.

En i83i , sur a5,337 décès, il y eut ;

LONPMS

l'vir».

IlabitMit.

4,3pa cpK^mplioos . . i ftur

I sur 18S

1,980 coi^yulsiont ... i

563 varioles i

i3i personnes noyées i

aoo

48 suicides i

I i4,5oo

c. f^ariole.

. Cet^ maladie^ qui n^causie maintenaptqu'uif. 4ôf deaicjécès, était, avant ila belle découverte de Jenjaer, un fléau extrememept meurtrier pour les habitant^ de Londres.

' PendanUes 5o ans qui précédèrent l'usage de^ la .y£|pc^ne<x il périt^i à Londres , par la variole: ,

■•• .- 'î a*. Il . •.. . ..I ■./ f»*^

;770 — 1779 . . aa,o39

' '•- ■••^^' V780— • 1789/.' i'^.raï - '■-■

Total .... 100,92a ou a,6] 8 paran.

V^aàfçoA cette période^ ],e:n9mbre moyçi^ .dçs décès, f'éleya > , ^ Londres^, à 20,988^ Par copsér queut^la yfu^iole tua un io« de tous ceux qui ipoururent,. pendant un demi -siècle. Voici là propprition djét^illée ^es décès qui lui appartinr^t, p^rcj^que, millier de personnes mortes.^

36o LONDRES.

1770 a 1779 io2suri,ooo 'i8ro&T8i9 4^tiiri,ooo

1790— 1799 92 i83o— i83a nS

Heberdeen estime qu'avant riiitroduction de la vaccine, il mourait , dans toute rAngleterre, par le seul effet de la variole , 96 personnes sur 1000 décès. La mortalité étant alors annuelle-» ment d'environ 200,000 individus, 1 9,onb étaient enlevés périodiquement par ce fléau". L'admirable découverte de Jenner arrêta ces désastres. Un vote de la chambre des Communes instiidà /en 1809 , un Établissement national de vaccine, qui a rendu d'immenses services. Par ses^oins, a3,53a enfants sont vaccinés annuellement : il en reste environ ii,5oo, ou un ^ur,3^ enV^ehors de ce bienfait; mais la plus grande partie ^nt vaccinés particulièrement.

Quant à l'avantage de cette opération, il est prouvé incontestablement par les cWffrèii * ciaprès: sur 1 785 varioleà traitées àThôpitafétàbÈ spécialement pour cette maladie^ i 166/ bu a sur 3, résultaient de l'infection prise sans 'ialVOÎ^ été combattue par la vaccînatioiijét 619, où un fierft^' avaient eu lieu , nonobstant 'îa Vadcttiïition plus ou moins imparfaite. * Il mourût' 4ô individné

parmi ceux-ci, ou 6 sur loo; tandis qu'il pérît 694 des non-vaccinés , ou ^^ sur 100.

Le tableau suivant indique les effets meuN triers de la variole, à diverses époque* y d^^*^ quelques unes des villes de l'Europe.

Mortalité loUlf. Déeit Rapp.aox <lé«èfc

— par la vàridlc. -^ '

Berlin 17B6..... 6,077

Gopeohagiie . . . 1786 3,769

Berlin 1782 1781 4«45o

Vienne. 1784. .••• i2,3ii

Pétertboiii|;.« • . 183 1 .... . . 9*707

Londres.^ . ..,•• i83o..... 2i,64*'>

Vienne. 1839 i3,83q

Paris......... i836..... 33,768

tienne....';'.;. 1786.^. ... 13,016

Berlin........ 1813 1823 6,386

Prague 1820 3,683

Ë^on \/. 1*836..... 5,339

Bordeaux.....: i836 3,983

Irlande . . % ; . 7 . 1707 60,000 hab

dnèd» . . . .,^;; t8i3 66,067 déc. 37

. — -'-. iSut 69.390

Arcb. d*Antrich. 1828! 29*177

Lombarjdie. • f. . 1827 • • ^ • . 73,996

7* MORTS VIÔLEirTES.

Eltès sont très multipliées à Londres: il y en a au moins 4Ô0 chaque année, bù'uiië sur 5o décès, et sur a,ftoo habitants' de^ quartiers anisc-i quels se bornent les tableaux de mortalité. Voici quelques uns de leurs nombres :

1 #ar- 6

i lo ,

1 i.5i6déç«

36a LOKDEES.

iftti. lan. ina itM issi.

Suicides 5a 4i 35 »3 48

Eiécutés.; 1 . . 10 «i a6 7 6

Assaniné». ...2,6 4 ^ ^

Empoisonnés . . 4 7 7 4 7

Trouvés morts. .5 i5 6 i3 S

Noyés 149 i5o i36 97 i3i

Brûlés 36 47 53 61 35

Morts de fiirm.'. i ' i » • » i

— d'exc. de boire 5 7 3 4 •

Sufroq.ouétouf\' 5 " io 10 5 5

Voici le tableau des suicides coDStatésà^LoDd pendant un siècle et 'demi ; comme il indiqtie^ leur nombre par périodes décennales / il suffira de retrancher le dernier chiffre, pour avoir laiméQ moyenne.

1710 — I7Ï9- • . 3oi 1780 — i7?9f ^ -i aa4

1730 -— 1739. . . 5oi iRoo— 1809. . . 347

Le maximum des suicides a eu lieu de 1 7^0 k 17401 sous le règne des deux premiers George; il y en avait un, année commune, sur 11,000 ba^itant^; tandis que, de iSio à ]l83o, il n'y en a eu qu'un sur a3,ooo, ou ua seul.au lieu de deux, eu égard à la population. C'est l'inverse dé

ce qu'on croit généralement. Toutefois, de .i83o? à 1 834 9 1^ nombre des suicidés a été deÔy^^^ année moyenne , ce qui suppose que la période décennale s élèvera à 4^4} <>u une cent^^n^ de plus que pendant la période précédente. D'après. les recherches de Higgs sur Westminster, cette partie de Londres a beaucoup moins de suicide^. On n'en a compté, de iSii à iSsi , qu'un, sur ij2,ooo habitants; et de 1821 à iSSiyUn sqr 1 93|Ooo. Il y a 3 suicides parmi ies hommes, pour.; un parnû les fiemjaaes; Les mois de juin etdek juillet sont l'époque du plus grand noml^re, ejt^ les mois d'août et çle novembre j celle où il y en a le moins.

Le tableau âùWànt indique te nombre et la proportion dès ^icides , dans les princîpales^' capitales de l'Europe. • • ^

SuieidM.

Berlin i8i3 1822

G>petihague . • .*. i8o4 1806

Naples 1828 . . .

Hambourg ..... 1822 . . .

Berlin L799 i8od

Paris i836 . . ,

Milan • 1827 ; . .

Berlin :...... 1788 1797

Vienne 1829 . . .

Prague 1820

Pétersbourg i83i

II«bitaiilt.

I sur

roo

I ,ÔÔO

i,8ôo

2,3oo

4,5ôo

l6,iK»o

Londres ...... i834 ... 4^ i aiyOoo

Naples id-i6 ... i3 i .97,000

Païenne i83i ... 1 1 178,000

On voit que les habitants de Londres sont beaucoup moins enclins au suicide que ceux de la plupart des villes de TEurope, à commeucer par Berlin et Paris , et y compris la population de Delhi, l'ancienne capitale de Teinpire Mogol, où il y eut , en 1 833 , 65 suicides , ou un sur 3, 1 00 habitants. Ainsi, l'opinion que le climat de l'Angleterre prédispose au suicide, est tout-à-faiit erronée. * '

8* GRIMES ET DlftltS.

Howards a conservé des chiffres curieux sur la répression jufdiciaire, il y a 60 ans, à Londres et dans le Middlessex. U rapporte que^ de 1771 à 1783, il y eut le nombre d'exécutions ci-après:

Hommaa. FrmmWb Tola«s.

Pour assassinats ... 16

. — fausse-monnaie. . 27

— Autres crimes . . 407

3 I brûlée.

»9 4ao.

Totaux 460

Année moyenne. . 3^ i/a

C'était, au moins, un supplicié chaque année^ sur 20,000 habitants.

Voici les exécutions qui ont eu Ueu à des' époques récen tes :

LoiiDius. « 365

«SUètaiT 18ttil8S7.

Cond. Saicgt. CoimL EiéçaU .

{>oar aftisnnaU , empoisoDDem. Sg 39 sa 11 *

*-> f ol atcc effr. on violence . 856 . 44 9^7 83

— de bétail, chef anx €9 » 90 la .

— viol , sodomie on tcnlatifes 8 6 8 5

— incendie, bigamie • 38 7 32 1

— fausse monnaie, fanz io5 44 59 3

Tolanz .... 1,108 i3o i»i48 ii5 Année moyenne. i58 18 1/9 164 16 i/s

C'était en 18 II, une condamnât, capitale sur i^ioo

— i8ai, une — — «,375

— 1811, une exécution -— 78,000

— 18a I , une — — 98,500

Les condamnations et les exécutions qui ont lieu pendant les sept années récentes, i8a8 à 18349 ont été ainsi qu'il suit:

CoDdaaiiHitiew. BiieutloiMb

Pour assassinats^empoisonnements. 5i i3

— vols graves ••......• 658 35

— vols de bétail , chevaux ... 54 3

— viol , sodomie 5 »

— incendie i i ,

— faux, fausse-monnaie .... 61 10

— autres crimes 87 a

Touux. . . .• 667 64

Année moyenne ia4 9

Un document très intéressant que lord John

366 L01fDBES«

RusseU a eu la bonté de me donner, fait connaître le nombre total des arrestations qui ont eu lieu dans la ville de Londres, pendant six ans, depuis l'établissement delà nouvelle police; il indique ce qui est advenu des personnes arrêtées.

Arrêté*. Rvovoyé». Coud sainte Areiuéa Cootûimwu

— — •oamairemeoi. erimiaellcai. >^

i83i . . 72,824 48,026 21,843 2,955 tyg3%

i835 . . 63,474 32,544 27,817. 3,ii3 2,267

On a compris dans ces nombres 28,787 ivrognes arrêtes et renvoyés en i83i ; ^5,702 , en 1 833, et 18,487 en i833, jusqu'au moi3 d'août.

En i836, sur les 63,384 individus arrêtés, il y avait 43,867 hommes, et 19,617 femmes, ou presque un tiers des délinquants. Les nombres les plus élevés étaient ceux-ci:

Hoamc». Ftamaa. Totaux.

Rixes 4>475 6^3 5,078

Vols de pei^sonnes . '. . 64i 629 'j^jo

— simples 5,o39 2,295 7,334

Dommage à lapropriét. 1,208 378 i,586

Fosses, de fausse mou n. 609 207. 816

Nudité scaodaleuse. . . 257 92 349

Joueurs . • 390 » 390

Voleurs signalés . . . '. 627 ^j' '' " '624

. LONDltSS. 367

Prostituées. n '-.«3,998 '8,998

Vagabonds 9,280 801 3, 061

Ivrognes 15,867 6,861 22,728

Gens suspects 3,o4i 4i7 3,458

Tapageurs 5,o43 2,112 791^^

Londres n'est pas seulement la métropole de TEmpire Britannique, c'est encore l'une des plus grandes villes manufacturières du royaume, et le premier port marchand de l'Angleterre. C'est à la fois Paris, Lyon et Marseille. Ainsi s'explique sa prodigieuse consommation et son immense commerce. '

On ne sait rien de précis sur ces importants objets. L'importation est évaluée , en masse ^ à 1680 millions de francs, et l'exportation à 976; ce qui suppose que les autres ports acquittent 700 millions d'objets reçus parla Tamise. Si ces chiffres sont exacts^ le commerce maritime du port de Londres monte à 3,36o, 000,000 fr., qui font a,200 fr. par habitant. On estime que les seuls caboteurs anglais exportent pour 56 millions d'articles provenant des fabriques de la ville, et que les étrangers en prennent pour 648 millions. Le mouvement commercial était opéré, avant les chemins de fer, par ^0,000 fourgons et autres voitures, et sa valeur était

portée à laoo millions. L'histoire n'offre point d'exemple d'un commerce aussi colossal.

1 O* WAVIGATIOir.

Le port de Londres s'étend jusqu'à Depford , dans une longueur d'une lieue et un quart » et avec une largeur de 4^0 mètres. Il reçut:

Natirei. ToiuMaox.

En 1700 6,897 ^35^1^5

Dans les nombres suivants on n'a coaipris que les navires venant de l'étranger.

NivirM iDglâM. Nivim étriDgtn. TMB-angtui^ Tom-étnag.

i8ao . . . 3,354 856 655,a39 122,619

i8l5 . . . 3,989 1,743 785,565 3oa,ia9

Au tolal : 4,837 navires du port de 929,148 touD.

11* mnusTRiE.

Celle de Londres échappe à toute appréciation; on ne peut s'en faire quelque idée que par le nombre des manufactures qui existent dans la ville ou sa banlieue. Il y avait, en i835:

298 fabriques de soieries^ 38o fabriques de métaux,

25 "— de mousselines, 460 — de fil de fer,

39 -^ de tissus de coton, x2o — de machines, 18 — de couvertures, 79 — de prod. chimiques ,

64 — de lotie à voile , a6o fabriquei d cuiu,

fia — de tapi», 63 —de dentelles,

600 mngasin!) de modes, 38 fabriques de crêpes,

ao9 làct. d'iDStrumems,

de plomb.

4io élabtissem, de gravure, 340 ateliers de peinture , 6a fonderies de suif, 35 manuf. d'aiguiltei, etc.

Les produits de ces fabriques sont transportés:

Sur la rivière, par 3, g35 bateaux.

A l'étranijer, par 5,ooo navires.

A l'intérieur , par 5 caoaui et 4 chemins de kr.

1 3° :ÉTA.BLISSEHENTS PUBLICS.

Us sont extraordinairement multipliés. Il y a:

5i tribunaux.

Il bureaux de police ,

14 prisons,

4g maisons de détenus pour dettes,

i3 théâtres, 36o cabinets de lecture, 147 hôpitaux ou infirmeries, 39g écoles gratuites, i,6ao établissements charitables, 3^4 églises'ou chapelles,

3o sociétés savantes,

16 écoles pour le droit , la médecine, etc. , etc.

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