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Q la Simmen , qui donne son nom au Simmenthal

6. ° la Thiele , qui a sa source sur le Jura ; après un cours de sis. lieues, elle se jette dans le lac de Neu-

i Uatel , en ressort pour séparer les caillons de Berne < t de Neocbatet, entre dans le lac de Bienne, et le quille e 1 1 1 i 1 1 pour se réunir bientôt a>ee l'Aar; elle est l'une des rivières les plus favorables pour la navigation 5 aussi sert-elle à transporter un grand nombre de marchandises depuis le Rhin et l'Aar jusque sur les lacs de Bien ne et de Neuchalel ; la Suze, qui traverse le Val Saint-Imier, fait tourner un grand nombre de moulins, et se jette dans le lac de Bienne, auprès de la Aille de ce nom ; les grandes pluies la convertissent souvent eu un torrent dévastateur j 8.° enfin la Birse, qui prend sa source sous un rocher à (>o toises à Test du passage de Pierre Pcrtuis, lia verse la pittoresque vallée de Mou tiers Granval, et se jette dans le Rhin à une demi-lieue au-dessus de Basle.

Les principaux lacs du canton de Bernesont ceux de Thun, de Brientz etde Bienne ; ils différent peu en grandeur, et leur surface varie d'une lieue et demie carrée à une lieue et trois quarts; le lac de Thun est le plus long des trois, et celui de Bienne le plus large : ce dernier se dislingue par la charmante île de Saint-Pierre, si connue par sa situation romantique, par ses beaux bois, par sa riche culture et par le séjour de J. J. Rousseau. Ces trois lacs sont fort poissonneux; celui de Thun compte à lui seul i4 ou i5 espèces de poissous, et etur'aulres le lavaret ( Àalbock) , qui est très- recherché , et dont l'espèce est devenue plus rare qu'autrefois. On est étonné de la profondeur de ces lacs ; celle du lac de Brientz atteint 2100 pieds dans certaines places, celle du lac de Thun 720 pieds : ce dernier lac est élevé de 654 pieds audessus du lac de Genève, ou de 1 780 au-dessus de la Méditerranée. On ne parle pas ici du lac de Neuchalel , qui n'appartient au canton de Berne que pour une très- petite portion ; des marais considérables s'étendent dans cette partie du pa ys , y entretiennent un air malsain, et y enlèvent, surtout dans les années pluvieuses, de vastes terres à l'agriculture.

Le canton de Berne doit à ses montagnes et à la nature de son sol un graud nombre de baius et de

sources d'eaux minérales ; on eu a compté plus de 60 : les plus connus d'entre ces bains sont ceux de Veissembourg , dans le bas Simraenlhal , près des frontières du canton de Fribourg , déjà fréquentés dans le i7-e siècle , ceux de B lumen steiti , à une lieue et demie de Thun, ceux de Gurnigel , a six lieues de Berne, dans le bailliage de Tbun , ceux de Lcingnau , sur les frontières de l'ancien évêcbé de Basle, les bains de soufre près de Frutigen , ceux de la maison neuve près de Berne , ceux de Sommerhaus près de Burgdorf. A Saint- Imier, dans l'Erguel , on trouve de bonnes eaux minérales. Près d'Ondavilliers , sur la Sorne, on voit sortir d'une caverne , formée par la nature, des eaux minérales savonneuses, dout les ha bilans font un grand usage , et qui ont reçu le nom de Fontaine de Sainte - Colombe,

§ 4. Produits du pays , Agriculture , Industrie.

Aucun pays n'est plus intéressant pour le naturaliste que le canton de Berne; ses richesses dans les trois règnes de la nature ont été recherchées et reconnues par un grand nombre d hommes distingués, ses plantes en particulier ont été décrites par l'immortel 11 aller. Plusieurs animaux sauvages qui parcouraient librement autrefois ses montagnes et ses forêts, tels que le chamois, l'ours, le sanglier, le chevreuil , et surtout le bouquetin , ne s'y montrent plus que rarement; les lièvres, les coqs de brin ère et d'autres espèces de gibier, se trouvent en assez grande abondance; le canton abonde en bétail, qui est d'une espèce remarquable par sa taille et sa beauté , surtout dans VOberland : aussi les produits en bestiaux et en laitage sont -ils considérables et fournissent-ils à une exportation importante; l'Emmenthal, le ïlasli , le Simmenthal et le Gessetïaî fournissent les fromages les plus estimés : chaque année il en part plusieurs milliers de quintaux pour la France et l'Allemagne. En 179^, on esttmoii dans rOberland que mille mesures de lait de vache,

pesanl environ iooo livres, donnoicnt 4oo livres de Ki tmagc gras rie la meilleure qualité : ce fromage H vendoil alors V, bat? la livre. En 1797, l'ancien canton de Berne possédoit 1 88,253 bètes à corne.

L'agriculture est en honneur clans le camon, et i\ même avant la formation du bel établissement de M. de Ffellenberg, à Hofvyl, elle avoit reçu de -tamis eocouragemens. Les plaines qui s'étendent entre Berne etSoleure sont fertiles en blé -, l'épeaulre, qui donne un pain d'une rare blancheur, réussit dans plusieurs bailliages ou préfectures, et y remplace avec avantage les autres espèces de froment : 1 abondance des eaux facilite les irrigations qui sont habilement dirigées, et qui procurent de riches produits dans les prairies et dans d'autres natures de terrains; de là vient cette aisance générale des paysans, qui frappe les voyageurs ; elle s'annonce par des babille mens propres et commodes, et se peint sur les visages par une apparence de santé. La population bernoise est à juste titre citée pour sa beauté. Cependant quelques auteurs prétendent que les femmes du canton de Lucerne l'emportent sur les bernoises; d'autres donnent la préférence aux femmes de l'Oberland, quant à la finesse et à l'élégance des traits. Plusieurs paysans de l'Oberland et de TEininenthal possèdent des fortunes de plus de 100,00a livres, et il existe des villages où les fortunes de 10 à 20 mille francs sont considérées comme médiocres* l 3 pommes de terre éloient déjà cultivées en i j3o à Brientz ei dans quelques parties voisines et moulue uses tiq canton, mais en petite quantité. La famine qui désola la Suisse , de 1770 à 1772, engagea à admettre généralement une culture aussi précieuse; dès-lors les pommes déterre sont devenues dans le pays une denrée de première nécessité : cependant ellea i*'ont pu empêcher les importations de blé qui se font chaque année, et qui enlèvent au canton tmmes considérables.

i s montagOes bernoises renferment un grand nombre de noues métalliques; mais les frais d'exphritation sont si considérables, que l'on n'a pas tiré*

STATISTIQUE DE LA. SUISSE. 3 t

jusqu'à présent, un grand parti de ces mines, excepté cependant de celles de fer qui s'exploitent dans l'ancien évêché de Basle.

Le commerce du canton consiste surtout dans l'exportation des produits du pays, et particulièrement des chevaux , des bêtes à corne et des fromages ; on exporte aussi de l'eau de cerises fabriquée dans les vallées des montagnes : le commerce de transit occupe un grand nombre de voituriers et d'aubergistes. Par contre, le vin, le sel, les marchandises manufacturées, et les denrées coiouiaîes, sont l'objet d'une importation très-coûteuse. Il existe peu de fabriques dans le canton, et sous ce rapport il le cède à plusieurs contrées de la Suisse, qui ont été moius privilégiées que lui par la nature.

§ 5. Histoire.

Le nom de la ville de Berne lui vient, à ce qu'on croit, de l'allemand Bœren , ours, parce qu'il y avoit un grand nombre de ces animaux dans remplacement où elle fut bâtie, et parce que, dit on , son fondateur en tua un à l'endroit même où il vouloit commencer les constructions. Berne fut entourée de murs et de fossés, en 1 191 , par les ordres du duc de Zœringen ; ce prince lui donna des lois et une constitution semblables à celles de Cologne et de Fribourg en Brisgau, et lui accorda de grands privilèges: elle reçut au nombre de ses bourgeois , pendant le i3.e siècle, plusieurs genlilhommes de son voisinage , et par là elle se fortifia contre la haute noblesse, qui employoit les moyens les plus violons pour la subjuguer. En 1291, elle remporta sur les hauteurs du Donnersbuhei une grande \ic~ loire sur l'empereur Rodolphe de Ilapsbourg ; en i339, elle anéantit dans les champs de Lctupen une coalition formidable de princes et de seigneurs,, qui s'étoient ligués pour sa perte ; en i353, elle entra clans la confédération helvétique, où on lui assigna le second rang^ entre les cantons *, et dès-lors, jusqu'à la fia du i4.e siècle, elle agrandit considéra-

i - | STATISTIQUE DE LA SUTSSF.

I m* al s ' n terriloire, soit par des achats, soit par d g , oquêles. En irn5, sur la sommation du concile de Constance et de l'empereur Sigismond , elle prit les armes contre le duc Frédéric d'Autriche , et lit la conquête de l'Ârgovîe. Dès ce moment, et pendant une longue suite d'années, elle ne déposa point les armes, et s'acquit une haute réputation militaire ; la conquête du pays de \aud, qu'elle fit en i536, acheva de lui valoir un rang important dans la confédération suisse. Elle cessa alors de s'agrandir, et jouit pendant 262 ans de la prospérité due à son énergie. Un petit nombre de semaines suffirent, en 1798, pour lui enlever de vastes domaines et des trésors considérables; accablée par les forces supérieures de la république françoise , elle ouvrit ses portes à l'armée du général Schaumbourg, et fut obligée d'accéder aux nouvelles constitutions que l'esprit révolutionnaire introduisit successivement en Suisse : elle a été le siège du gouvernement helvétique 3 dès le mois de juin 1799 au printemps de ioo3, époque où la nouvelle constitution fédératîve des 19 cantons, basée sur l'acte de médiation de Buonaparte fut mise en activité. En i8i5, elle a reçu, dans Pévêché de Basle , une légère compensation aux pertes que la révolution de 1798 lui avoir l'ai l éprouver.

§ 6. Constitution politique et ecclésiastique*

La religion réformée est reconnue pour la reli- , îi dominante du canton ; les droits, les privilèges et Içs usages des villes, districts et communes, ont été confirmés en tant qu'ils étoient compatibles avec le- institutions générales du canton. Tous les bourgeois du canton sont éligihles à toutes les charges de l'état, pourvu qu'ils remplissent les qualités et conditions légales.

L admission au droit de bourgeoisie de la ville de Berne , emportant le droit d'éligibilité aux Deui Cents |»ri>, dans cette bourgeoisie, est ou- >ert a des conditions équitables, à tous les bour-

geois du canton : les villes et campagnes nomment en outre une représentation de 99 membres, lesquels, réunis aux Deux Cents de la ville de Berne, exercent ensemble le pouvoir souverain. Les villes de Thun, Berthoud , Porentrui , Bienne , la Neuville et Délémont, nomment cbacune deux de ces représentans; celles d'Arberg, Buren, Cerlier, IXidau et Laulfen ou Lauffbn, chacune un; les i3 préfectures de Berne, Seftigcn , INidau, Arberg , Fraubrunn , Berthoud Vangen , Arvangen , Trachseîvaid , Signau , Konolfingen , Thun et Inlerlacken , nomment chacune trois représentans ; les préfectures de Laupen , Cerlier, Buren, le haut et bas Si mm en thaï , les Gessenai , Frutigen , QberhssH et Schwarzenbourg, en nomment chacune deux; les préfectures créées dans Févêehé de Basle, en élisent treize. Ces élections se font par des collèges électoraux, spécialement créés pour cette fonction : dans les villes, les nominations se font par la magistrature entière de la ville. Les conditions d éligibilité sont, mie naissance légitime, la bourgeoisie du canton, l'âge de 29 ans au moins, la possession d'une propriété foncière, sur laquelle la valeur de 10 mille francs , au moins, ait été acquittée, ou un commerce considérable , ou des services rendus à la patrie pendant plus de cinq ans, dans des charges publiques , soit civiles, soit militaires; enfin le conseil souverain élit lui-même douze de ses membres parmi les bourgeois des villes municipales et des communes rurales. Les députés au conseil souverain sott soumis à la censure ou confirmation annuelle.

Tout Suisse, domicilié dans le canton , est, depuis l'âge de 16 ans révolus jusqu'à celui de 5o , soumis au service militaire. Le canton est divisé en préfecures qui se composent de paroisses. Les Deux Cents , pris dans la ville de Berne, sont choisis parmi les bourgeois éligibles, âgés au moins de 29 ans , et élus par un conseil électoral, composé des membres du petit conseil, tirés des Deux Cents , et d'un comité de seize membres du grand conseil. Pour en conv pléler successivement le nombre ; le même collège

|«f| ST\TISTTQTTE DE LA SUISSE,

forme une liste de candidats qui doivent avoir atteint l*âge de '^5 ans révolus; ces candidats entrent tuccessivemf ni , et d'après l'ordre de leur âge , an gri nd conseil, ï chaque vacance. A chaque renouvellement «le la liste (les candidats, le nomhre des familles qui font partie des Deux Cents, doit être uu moins de 80.

Deui aroyers président alternativement , chacun inl an ?.n , le grand et le petit conseil.

Le grand conseil s'assemble régulièrement deux (bis par an , et , en outre , le premier lundi de chaque mois, et aussi souvent que les affaires l'exigent. Rieu ne pt ut être porté à sa décision qu'après l'examen, préalable du petit conseil, ou du conseil et 16.

Les changetnens ou abolitions de lois, et les décrets constitutionnels , ue peuvent se faire que par les deux tiers des membres présens du tribunal cou- \oqué à cet effet.

Le petit conseil est chargé de l'administration ordinaire de l'état ; il se compose des deux avoyers, de vingt-trois conseillers et de deux secrets, tous nommés par le grand conseil, et soumis à sa confirmation annuelle : les secrets sont particulièrement chargés de veiller au maintien de la constitution, et de dénoncer au grand conseil les infractions qui pourrolent se commettre contre elle.

lu collège , nommé le conseil et 16 , et composé du petit conseil et de seize membres du grand conseil , désignés chaque année par îe sort , a le pouvoir de confirmer, de suspendre et de destituer annuellement chaque membre du grand conseil ; il délibère préalablement sur tout projet tendant à établir de nouvelles lois et de nouvelles ordonnances constitutionnelles.

Oil compte cinq dêpartemens principaux dans 1 état, savoir, un conseil secret pour la direction des affaires diplomatiques et fédérales, et pour le maintien de la sûreté intérieure et extérieure, un conseil dt finances, un conseil de justice et de police, un ' vclévlastique et d'éducation , et un conseil de guerre* * 'i'P {

STATISTIQUE DE TA SUÏSSB. ï^S

Un tribunal d? appel, dont les membres sont nommés par le grand conseil, et pris dans son sein, jii£;e en dernier ressort toutes les causes civiles et criminelles ; quatre membres du petit conseil lui sont adjoints lorsqu'il s'agit de juger les crimes capitaux.

Un tribunal matrimonial supérieur juge en première instance toutes les causes matrimoniales, ainsi que les plaintes de paternité, dans les parties réformées du canton.

Dans chaque préfecture ou district, il y a un préfet ou grand - bailli , nommé par le grand conseil; il représente le gouvernement, dirige l'administration, et fait aussi les fonctions de juge de paix. Un tribunal de district juge en première instance ies causes civiles et .criminelles du district; il est élu par lû petit conseil^ sur une double proposition de sa part> €t sur une proposition simple du préfet.

Chaque paroisse a un tribunal d'expédition , dont le président, en qualité de Stalthalter ; est le premier fonctionnaire public de sa paroisse; ce président est nommé par le préfet , et choisi parmi les assesseurs du tribunal d'expédition. Les paroisses réfor*mées du canton ont, en outre, un tribunal tnairi* montai.

En 17965 le clergé du eanlon, en y comprenant les professeurs ecclésiastiques et les candidats au saint ministère , comprenoit environ 56o individus : les meilleures places de pasteurs rendaient près de 3oo louis, les moins bonnes 5o ou 60, Maintenant les habitans catholiques du canton , qui appartiennent presque tous à l'ancien évêché de Basle, relèvent du diocèse de cet évêché.

§ 7. Établissemens publics , Revenus de TÉ ta f»

établissemens relalifs à l'instruction publique se divisent , depuis l'année i8o5 , en écoles infé* rie tires et en écoles supérieures. Dans les premières, on comprend les écoles élémentaires ou primaires, les classes où Ton étudie la religion , le latin, Frais* toire, la géographie, les mathématiques, lefiançoiâ

j-f) STATISTIQUE DE LA. SUISSÉ.

et le dessin , et le gymnase de Berne, où l'on se perfectionne dans ces mêmes études, et où l'on se prépare a entrer dans l'académie. Les éludes supérie tires se fonl dans l'académie de Berne, où Fou trouve des professeurs d'antiquités, de littérature, de théorie des arts et des sciences, de mathématiques j ures , de physique, de chimie, d'histoire naturelle, de philosophie , de théologie, de droit et de rnéih ( lue. Les amateurs des sciences et des arts trouvent de grands secours dans la bibliothèque publique de Berne, qui, outre un grand nombre de livres* imprimés et de manuscrits, possède un riche cabinet de médailles et de monnoies, et des collections d'instrumens et d'habiîlemens des îles de la mer du Sud, d'antiquités romaines, de tableaux, d'objets d'histoire naturelle, d'oiseaux delà Suisse, et de quelques bas-reliefs. Plusieurs amateurs ont aussi des collections-particulières. La société économique de Berne , fondée en 1768, par H. TchifFeli , a rendu des services essentiels à l'agriculture : on peut encore nommer la société de médecine, fondée en 17S6, par M. le pasteur Yvtlenbach, et la société patriotique des amis de la nature, fondée en i8o3. Berne a produit plusieurs hommes distingués dans les sciences et la littérature-, des Tscharner, des Bon» stetten , des Veiss , mais surtout Albert de Iialler3 surnommé le grand Ealler, mort en 1777.

Le canton de Berne a voit autrefois quatre régimens an service des puissances étrangères, savoir . un en France , un en Sardaigne et deux en Hollande : ses milices se composoient, en 1795, de 21 régi mens d'infanterie, forts de 5o,4oo hommes, de l4o4 chasseurs, de looo dragons, de 3oo cuirassiers, de 1920 artilleurs, de 200 hommes formés en compagnies de bateliers, de 455 hommes eu garnison à Berne, et de io3 hommes en garnison S Àrbourg , en tout 55,782 hommes, tous fréquemment exercés et prêts à marcher au premier signal. L'arsenal de Berne éloit l'un des plus riches et des mieux garnis du l'Europe. Le gouvernement s'occupoil, et il s'occupe encore, avec uu soiu tout par-

tîculier, de l'état militaire du canton : il a fait récemment une révision de son organisation sous ce rapport , et y a introduit d'utiles modifications.

Les revenus de l'état de Berne s'élevoient en 1795 à 5oo,ooo reichsthalers, ou i,5oo,ooo livres de Suisse; ils provenoient en grande partie des bénéfices faits sur la vente du sel et des intérêts annuels des capitaux placés dans l'étranger, et particulièrement des capitaux placés dans les fonds publics d'Angleterre: ces capitaux s'élevoient à une somme d'environ 20 millions de livres de Suisse. Aussi les impôts étoientils très-légers; ils sont encore maintenant peu considérables , et ne peuvent en aucune manière gêner l'industrie des habitans. Les routes sont entretenues avec soin , et soutiennent la comparaison avec les meilleures routes de l'Europe.

§ 8, Monnaies, Poids et Mesures.

Les monnoies fabriquées dans le canton de Berne sont de bon aloi , ce qui les fait recevoir facilement dans le reste de ia Suisse : leur titre a été fixé par un tarif , en 1755 ; les monnoies d'or sont des pièces de 16 francs et des ducats qui ont 23 ~ karats de fin ; les monnoies d'argent sont des pièces de 4o, de 20, de 10, de 5 et de 2 | batz ; les monnoies de billon sont des batz, des demi-balz, des creutzers et des demi-creutzers.

Le pied de Berne est plus petit que le pied de roi ou pied de Paris, dans le rapport 65 à 72 ; la lieue de Berne est de 18,000 pieds de Berne , qui équivalent à i6,25o pieds de Roi; la lieue suisse n'a que 1^894 de ces derniers pieds ; la mesure des surfaces la plus usitée est l'arpent de 4o;ooo pieds carrés; la mesure des graines est le mûtt ou sac, qui se divise en douze parties, chacune de 796- pouces cubes; la livre de Berne est de 17 onces environ ; ou de 9792 grains, poids de marc de Parisc

§ j. Cartes géographiques , Ouvrages à consulter*

[iEa ra< irteurs cartes géographiques du canton sont celtes de l'Atlas de Meyer; celle de Bel, 1785, en quinze leuiH< \\ celle de l'Oberland, 1790; celle de Panci en évêclié de Basle, qui accompagne l'ouvrage de Mbret. On trouve aussi une bonne carte de révêchë de B;;sle, réduite par Relier, et gravée par Lips, dans PAlnianach helvétique pour l'année 1801.

Parmi les sources où l'on peut puiser pour l'étude de l'histoire et de la statistique du canton de Berne, on distingue les suivantes :

Bê&chrèïbtlng der Stadt und Republih Bem; 2 T/i»

Bem, 179*; 8.° Deliciœ urbis Bernas. Zurich, \y3'2. 8.° Description de îa ville de Berne, ornée d'un plan ft de quelques vues intéressantes. Berne, 1810. 8>Q JJtr Stadt Bem vornehmste Merkwûrdigkeiten >

samnib einer karzen Chronik der Geschichte diessr

Stadt , von ihrem Ursprunge bis zum Jahr 1808.

Bem, 1808. 8.° Ahnanach helvétique pour Vannée 1802. Zurich.

Jiemeriungen , etc., ou Remarques sur l'origine et Ja formation du droit civil bernois, par le professeur Schnell. Berne , 1808. 8.°

Abrégé de l'histoire et de la statistique du ci-devant évéché de Basle , par C< T. Morel , avec une carte du pavs. Strasbourg, i8i4. 8.°

Description topographique et statistique de l'évêché de Basic. Saint-Gall, i8i4. 8.Q

L. R. Wjss, professeur, Vojage dans l'Oberland bernois. Berne, 1817.

§ lo. Description particulière du canton»

L'ancien canton de Berne renfermoit ^9 villes et l3oo bourgs ou villages; il se divisoit en 5i bailiiagea, Uoui 3y apparteuoicnl à la partie allemande

STATISTÎQUÈ DE LA SUJSSE. 179

du canton et i3 au pays de Vaud : on divisoit aussi la partie allemande en sept parties principales , l'Oberland ou pays d'Enhaut, le Seeland ou pays des lacs, le bas et le haut Argau , l'Emmenthal ou vallée de TEmmen , la ville de Berne, et enfin ses environs, on autrement les quatre justices du pays. Ces divisions ont disparu en partie avec la nouvelle circonscription du canton ; aussi ne les reprendra-L on pas ici : nous nous arrêterons sur les trois prin. cipales divisions du canton actuel , Berne et ses en„ virons i l'Oberland et enfin l'ancien évêché de Basle en y comprenant la ville et le territoire de Bienne.

§ 11. Berne et ses environs.

La ville de Berne est située à 46°, 5jr i4ff de latitude septentrionale, à 1708 pieds au-dessus du niveau de la Méditerranée, et à 622 pieds au-dessus du lac de Genève ; environnée en grande panie par l'Aar , elle forme une espèce de péninsule au milieu de cette rivière; du côté de l'ouest, où elle s'ouvre sur la campagne, elle est entourée de murs et de fossés , de manière à pouvoir résister à un coup de main; ses rues sont la plupart larges, bien pavées, et arrosées par des ruisseaux d'eau courante, qui entraînent les immondices, et qui entretiennent dans la ville la propreté et une agréable fraîcheur; les maisons sont régulièrement ainsi que solidement bâties, et commodément distribuées ; on en comptoit 1068 en J780, avec une population d'environ 12,000 aines, qui est encore la même de nos jours. La mortalité est moins grande à Berne que dans la plupart des villes de même population, ce qui tient à la salubrité de l'air qu'on y respire : on a remarqué que sur quatre nouveau-nés il y en avoit , en moyenne, un qui atleignoit l'âge de 70 ans, ou, ce qui revient au même, que sur 100 morts , il y avoit 20 vieillards de 70 ans ou davantage.

Les bâtimens les plus remarquables de la ville sont l'hôtel de la monnoie, celui de musique, les greniers à bié, l'infirmerie de l'île, l'hôpital, les deux

| fto STATISTIQUE DE hk SUÎSSE.

| ! ,\ irphelins, l'arsenal , la porte de la ville du , , di Fribourg, la bibliothèque , l'église du Saint- ] 5pri( e| la cathédrale. Celle dernière à élé cons- Iruite en I 13 1 , sur le même modèle et par le même architecte que la cathédrale de Strasbourg ; elle est ),. H,. ei placée dans une position magnifique ; elle renferme une des plus grosses cloches de la Suisse, cloche qui pèse 2o3 quintaux, sans les appareils , el qui lût fondue en 1611. L'église du Saint-Esprit ejl construite depuis i?oi, et passe pour le plus jn au des bolimens publics de la ville. Les aquéducs souterrains de Berne méritent aussi d'être examinés.

Plusieurs collections particulières, relatives aux arts et aux sciences, enrichissent la ville de Berne; celle des oiseaux suisses de Sprungli , celles des minéraux de d Erlach et de Vyttembach , celles des insectes de Bonstelten et de Sluder , les herbiers de Tribolètfa , de Vaguer el de Risold, attiroient déjà en i 795 les regards des naturalistes : plusieurs autres collections intéressantes ont été formées dès- lors. On trouve à Berne un grand nombre d'amateurs des arts, el surtout du dessin et de la peinture ; aussi, dans diverses maisons, admire -t- on des beaux cabinets de tableaux.

Les environs de Berne n'offrent pas une vue aussi brillante que celie dont on jouit à Zurich ou à Genève; mais ils altachent par une foule d'aspects diversifiés ; d'un côté, par un mélange de collines, de vallons, de champs, de jardins , de bois, de prairies et de précipices sauvages sur les bords de rÀar, et de l'autre côté par une suite de plaines bien cultivées du côté de Morat. A une lieue de la ville de Berne, sur la montagne de Gurten , objet des fréquentes promenades des Bernois , l'œil erae un vaste espace sur une partie considérable du canton et jusque sur les lacs de Morat, de Bienne et de Neuchatel.

La quatre préfectures intérieures, ou justices du qui ressortoieni autrefois de la juridiction immédiate de la ville, sont les suivantes (i) :

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