éU Eût depuis quelques amie'es de grands change
STATISTIQUE DE LA SUISSE. lot
1. b Celle de Seftigen, qui s'étend entre Berne et Thun, et qui renferme neuf paroisses et plusieurs seigneuries et châteaux , entr'autres Burgistein et Beip : le pajs est riant et peuplé, orné de jolies habitations-, les habilans sont sobres, laborieux et bien porta ns.
2. ° Celle de Sternenberg , qui s'étend entre Berne, La u peu , le canton de Fribourg , la justice de Seftigen et l'Aar : le pays est riche et bien cultivé ; on y remarque les paroisses d'Oberbalra , Kceniz, Keueneek, Muliinen, Cappelen et Buroplitz, ainsi que le château ruiné de Bubenberg , ancienne résidence de l'illustre famille de Bubenberg, qui s'éteignit en i5o6, après avoir immortalisé son nom par les services importans qu'elle, rendit aux Bernois dans les premiers siècles de leur histoire.
3. ° Celle de Zollikofrn . qui s'étend au nord de Berne, le long de l'Aar, et qui renferme neuf grandes paroisses, entr'autres Hindelbanh , remarquable par deux châteaux , par la belle seigneurie d'Erlach , et par son église , où l'on admire deux tombeaux da célèbre sculpteur Nahl.
4. ° Celle de Konolfin gen , qui s'étend au sud- est de Berne, dans un belle vallée, entre l'Aar et l'Emmenthal , et qui contient huit paroisses, et entr'autres celles de Munsingen , de Diesbach , de Wyl et de "Vorb, qui toutes ont des seigneuries et des châteaux, d'où l'on jouit d'une belle vue sur le pays environnant.
En s'éloignant davantage de Berne , on trouve au nord-ouest le Seeland ou pays des lacs, avec les six anciennes préfectures de Buren, Arberg , Gottstalt, Saint-Jean, Erlach ou Cerlier, et JNidau ; au nord-
meiis dans les circonscriptions de ces préfectures -, le canton de Berne en renferme maintenant 27 , savoir : celles de Arberg , Arvangen , Berne, Buren, Berthor.d , Cerlier, Fraubrunn , Konolfingen Laupen , Nidau, Gesenai,, Scbwai zenbourg , Seftigen, Signau, Tracbselvald , Vangeii \ c elles de Fmtigen , Jnterlacken , Oberbasli , le baut Simm en thaï , le bas Simmeaitbal et Thun , et enfin celles de Courlelary , Délémont 3 Fi ac- •bemont, Moutiers et Poreuliui.
est, une partie du baut Argàu , avec les belles pari men d'Àrrangen fi), de Bipp, de Vangen, d'Heribocbsée, et surtout celle de Langenthal , qui esi c onnue par son industrie manufacturière et par s, s marchés considérables ; à Test, on voit l'Emmenthal , riche vallée, qui possède 8 à 9 mille vaches, qui confine à l'Enllibuch et à d'autres parties du canton de Lucerne, et qui n'est ouverte que vers le nord ; die est renommée pour la fertilité de ses pâturages . l'excellence de ses fromages, et la richesse, l'industrie et la beauté de ses habitans. On y remarque surtout le château de Brandis, demeure d'une famille qui s'illustra dans le moyen âge, le beau village de Langnau, où résidoit, dans le i8.e siècle, le médecin Michel Schuppach , .qui jugeoit les maladies d'après l'inspection des urines, et qui passoit dans toute l'Europe pour un homme merveilleux, Cl enfin la jolie ville de Burgdorf ou Berthoud, dont la situation est tout-à-fait romantique ; elle a servi autrefois de résidence aux ducs de Zaeringen et de Kibourg, et de capitale à la petite Bourgogne.
Autour des quatre préfectures intérieures, et du coté des cantons de Soleure et de Fribourg, on trouve encore de riches et fertiles districts, qui nourissent en partie la capitale du canton, savoir, les anciennes préfectures de Kônitz, Frienisberg , Buchsee , Fraubrunn , Thorberg et Laupen : la petite viile de Laupen, sur la Sariue, rappelle la victoire signalée que les Bernois remportèrent, en îSSo^dans cet endroit , sous la conduite de Rodolphe d'Ërlach, victoire qui humilia et écrasa la noblesse de leur voisinage , et qui prépara le rôle important qu'ils jouèrent dès-lors dans la confédération helvétique.
Le village du Guggisberg , sur la frontière du canton de Fribourg , est remarquable par l'originalité du costume de ses habitans } et par la naïveté de SCS chansons populaires.
; Eu allemand ce mot s'écrit Arwangen , mais comme le ,! ''' 1 ! " !u. nul .1 la même prononciation que le V simple
* 1 l avons cru devoir ici nous servir de ce dernier,
l' *?onj luivi le mënie niincipe dans tout le cours «Je
l'ouvrage.
STATISTIQUE DE LA SUISSE. l83
§ 12. UOberland bernois.
L'Oberland bernois comprend le pays dont on forma en 1798 le canton d'Oberland ; c'est-à-dire, cette vaste étendue de vallées et de hantes montagnes qui sont situées près du centre de la Suisse, et qui sont limitées au midi par le Valais, à l'orient par les cantons d'Un et d'Undervald , et par l'Entlibuch , au nord par FEramenihal et la préfecture de Seftigen , et à l'occident par les cantons de Fribourg et de Vaud : l'Oberland renferme dans cette vaste circonférence les vallées principales du Hasli, de Grindevald , de Lauterbrùnn, de la Kander, de Frutigen , d'Àdelboden ; de la Simmen , de la Sari ne et du Gessenai ; il commence au nord par la ville de Thun, et se termine au midi par une chaîne de montagnes qui appartiennent aux plus hautes sommités des Alpes ; il n'a que mille amcs de population par mille carré d'Allemagne, et compte environ 42, 000 ames de population; il possédoit 28,610 vaches en 1797. Parmi les usages singuliers du pays il ne faut pas oublier le Kilt gang , ou les visites nocturnes que les amans rendent à leurs maîtresses, surtout le samedi : cet usage, an reste , n'est point particulier à l'Oberland ; mais il se retrouve dans une grande partie de la Suisse ; et dans plusieurs autres contrées.
Thun n'a que 1200 habitans ; sa position est avantageuse pour le commerce des produits du pays : ï'Aar la divise en deux parties. Près des bords du lac, auquel elle a donné son nom, on voit la petite ville de Spietz et la tour antique de Strattliugen , berceau de la famille du fondateur du second *■■ royaume de Bourgogne. Untersée , entre les deux lacs de Thun et de Brientz , est entouré de fertiles vergers. Vnspunnen rappelle les anciens barons de ce nom , dont la domination s'étendoit sur les vallées de toute la partie orientale de l'Oberland. Interlacken , à peu de distance d'Untersée, est située dans un climat fort doux 5 dès le mois de février ses prés
se couvrent de fleurs ! ses noyers passent pour les de la Suisse. Le château tîe Kien et [( i l „. de tienholz,prèsdu lac deBrientz,ontété autrefois délruiU par des chutes de montagnes: en 1797 un torrent de fange ensevelit 37 maisons des villages de Schwendi et de Hochstellen, qui avoient bâtis à la même place, et se précipita dans le 1 1 de Brientz , dont les eaux ne reprirent leur limpidité ordinaire qu'au bout de plusieurs mois.
La sauvage vallée de la frauder conduit au passage élevé de la Gemini , et de là dans le Valais et aux bains de Louëch ; elle communique , ainsi que la vallée d'Adelboden , avec celle de Frutigen, qui est riante et remplie d'habitations. Le Simmenthal et le Gessenai allemand sont fertiles, très-peuplés, et tapissés des meilleurs pâturages alpins : les habita ns en sont industrieux, et jouissent d'une aisance supérieure à celle de la plupart des autres Suisses; ils élèvent des bestiaux, cultivent du lin et du chanvre, et recueillent abondamment des cerises qu'ils distillent pour en faire de l'eau de cerises; ils fabriquent des étoffes de laine connues sous le nom de draps d'Oberland ; leur pays, intéressant sous toutes sortes de rapports , est rarement visité par les voyageurs.
Les vallées de Lauterbrunn, de Grindelvald et du Basli, portent d'une manière toute particulière le nom d'Oberland : la première est renommée par sa belle cascade du Staubbach ; sa population est de i36o aines; rarement ses habitans parviennent-ils à un âge avancé, et même jusqu'à 80 ans; ses vieillards meurent la plupart entre 60 et 70 ans; c'est la où les luttes sont les plus fréquentes; les jeunes gens s\ exercent dès un âge très- tendre; ils se forment aux douze tours principaux, qui ont chacun un nom distinct if dans le pays, et plusieurs d'entre eui deviennent des athlètes . vigoureux. Ln 1783, 0,1 nourrissoît dans la vallée 608 vaches, 27 chevaui 1000 brebis, 4ôo chèvres, et un grand nombre pe boeufs « i de pores; on y compte onze Alpes ou ! rag d'une excellente qualité, dont le revenu annu( 1 est d'environ bu, 000 livres de Suisse.
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Le Grindelvald peut nourrir 2000 vaches, et un nombre proportionné de petit bétail : en 1812, il possédoit 61 58 pièces de bétail, qui formoient la principale richesse de ses ha bilans ; ceux-ci, ainsi que leurs voisins de Lauterbrunn , ne parviennent pas à un âge très -avancé; ils n'amassent pas de grandes fortunes; le plus riche, en 1816, ne possédoit pas au-delà de 3o,ooo francs ; ils ont le talent de préparer les jambons, et ils les conservent, quelquefois pendant vingt ans et davantage , exposés à la fumée dans des chambres élevées ; ils ont été long-temps sujelsà une maladie putride-épidémique, espèce de peste , qui a frappé leur population à plusieurs reprises , et qui en particulier Ta diminuée de moitié dans les années i534 et 1669; cette population est maintenant de 2000 ames, qui sont réparties dans 435 maisons.
L'hospice du Grimsel et les pâturages environnans sont affermés, par les communiers d'Oberhasli, à nn économe ou fermier, qui en paie environ 1000 livres de Suisse par année, et qui s'oblige à nourrir et à loger gratuitement, à leur passage, les pauvres voyageurs qui traversent cette montagne pendant la belle saison; mais, en dédommagement de cette charge, il lui est permis, pendant l'hiver, de faire une collecte dans les contrées voisines, et. en outre il jouit d'un droit de péage sur les marchandises qui traversent le Grimsel , droit qui lui vaut annuellement près de 25o francs : les étrangers aisés qui séjournent dans l'hospice, lui paient une rétribution. En i8i4, son troupeau se composoit de 200 brebis, 100 chèvres, 42 boucs qu'on menoit sur un pâturage particulier, 22 vaches, et 10 gros porcs avec quelques petits : ce troupeau considérable, dans un lieu aussi sauvage, rappeloil à l'imagination du voyageur ceux des anciens patriarches.
Non loin de l'hospice du Grimsel, vers les sources de l'Aar , au pied du Zinkenberg, on peut visiter une voûte de 120 pas de longueur, fameuse par l'immense quantité de cristaux qu'on y découvrit en 1720 ) il y en avoit qui pesoient 4, 5 et jusqu'à
8 qttfataUx : on estima à îooo quintaux le pouls réuni (le tous ceux qu'on en relira, et leur valeur u 50,000 livres. Jamais on n'avoit exploité en Suisse line mine aussi abondante de cette espèce de fossilt s.
Quand on descend du Grimsel , et qu'on arrive dans la vallée du Hasli , il est difficile de ne pas éprouver un sentiment délicieux de surprise et d'admiration ] car on pusse tout-à-conp, et comme par enchantement , d'un désert dans uu pays riant , d'une nature morte à une verdure fraîche et à une riche agriculture. La vallée du Hasîi , abritée des vents du nord , offre aux regards un grand nombre d'arbres fruitiers, et toutes les cultures des pays tempérés: les hêtres et les noyers y prospèrent et y balancent orgueilleusement leurs branches dans les airs. Les •uperbes chutes du Reichenbach , que l'on trouve pi es du village de Meyringen , méritent d'être examinées sous toutes leurs faces; la largeur du torrent est de 20 à 3o pieds en temps ordinaire , et s'étend jusqu'à 4o après les grandes pluies; Peau est d'abord resserrée dans un canal étroit , d'où on la voi^ s élancer ensuite avec une violence extraordinaire.
La vallée du Hasli passe pour l'un des coins les plus délicieux de la Suisse; elle se divise en trois paroisses j celles de Meyringeti, de Gadmen et de Gutlanen , qui sont réunies sous l'administration d'un préfet nommé par le souverain de Berne, et choisi parmi les habitans de la vallée. La paroisse dé Meyringen avoit, en 181G, 4657 habitans, reparus dans 18 communautés; les deux autres parotsses sont beaucoup moins peuplées : dans toutes les trois le nombre des habitans a à peu près doublé depuis un siècle. Le Hasli a dix lieues de longueur, d< puis le pont de Vyler jusqu'au Grimsel ; il possède 54 Alpes, qui peuvent nourrir en été 4/too vaches. 1 e dénombrement suivant du bétail du Hasli a été iai( en i8iô: un bœuf d'attelage, 6o taureaux, vaches, 955 jeunes bètes à cornes, 32 1 veaux, * < < hevaux , 5l poulains, 5 123 brebis, 3457 boucs
et chevreaux, 4 ânes, 1026 porcs; en tout 13,732 têtes
de bétail ; cinq ans auparavant on en avoit compté i423i. On comprend aisément, d'après ce qui précède, que le commerce du bétail et du fromage forme la principale source de bénéfices et de profils pour cette contrée. On estime que le nombre des chalets ou vacheries, qui existent sur les Alpes du pays, est de i5o à 200; chacun de ces chaîets donne pour la vente environ 20 quintaux de fromage par année; il en résulle un produit de 3ooo quintaux, au moins, qui font entrer dans le pays la somme d'environ 90 mille livres de Suisse ; l'exportation des bestiaux produit chaque année une somme à peu près aussi forte. Le Hasli exporte encore des peaux de chamois , de blaireaux et de renards; ses principales importations sont celles du blé, du vin, du sel, des objets manufacturés et des denrées coloniales : la population , comparée aux ressources du pays , est trop considérable, ce qui donne naissance à une grande misère, et nécessite de temps en temps des émigrations, émigrations le plus souvent funestes pour ceux qui les entreprennent, Les nombreuses visites des étrangers sont sans doute pour les habitans une source de gain 7 mais ce gain n'égale point les pertes qui ont lieu d'un autre côté : d'ailleurs il ne se répartit que dans un petit nombre de mains.
Les environs de Meyringen se font remarquer par leur belle végétation ; la partie basse de la vallée, dans les environs du lac de Brientz, est marécageuse. Une ancienue tradition, conservée avec soin dans le pays, fait descendre les habitans du Hasli d'une colonie suédoise, que la famine chassa des régions boréales, dans un temps très - reculé ; elle s'établit, dit-on, à Schwitz, passa de là en partie dans le canton d'Uudervald , et ensuite, traversant le Brunig, arriva dans la vallée du Hasli. Les habitans du Hasli se distinguent des autres habitans des Alpes par leur langage, la beauté de leur figure, leurs mœurs particulières et leur amour ardent de la liberté; ils ont la haute stature des anciens Scandinaves , et quelques expressions étrangères aux
i » h idiomes suisses; les femmes, se livrant peu oui travaux de la campagne, conservent long-temps une fraîcheur et une élégance dans la taille, qui
e n ncontrent rarement ailleurs : on voit parmi eux des hommes qui peuvent soulever et porter des poids de 7 quintaux ; les femmes font souvent usage de parasols et de gants au milieu des travaux de la campagne; elle* soignent leur toilette, et ont cependant renoncé au costume grec qu'elles portoient autrefois; on prétend qu'elles en ont adopté un autre, pour ne pas être vêtues comme les françoises et comme 1rs daines suisses des villes, et pour continuer à se distinguer par un costume particulier.
I «es ha bilans du Hasli se font remarquer par leur malignité, leur fierté, leur amour de la musique, leur esprit superstitieux; ils n'ont pas toute la franchise des autres Suisses; leur langage est plus pur et plus gracieux ; une de leurs fêles les plus intéressantes est celle des examens des études de la jeunesse et de la distribution des prix ; elle se célèbre chaque année à Mevringen, sons la direction du préfet et du pasteur. Ils n'ont ni médecins, ni chirurgiens, ni sages - femmes ; mais leur sobriété et la salubrité de l'air sont favorables à leur santé et à leur longévité : de 1808 à 1816, il est mort, dans la seule paroisse de Mevringen, 18 hommes et 35 femmes âgés de plus de 80 ans, un homme ' ans, un autre de o/i , trois femmes de 90 à 95 ans, 45 hommes et 43 femmes entre 70 et 80 ans. La population s'accroît rapidement depuis 20 ans, et loti a peine à concevoir quelles ressources pourront la faite exister. Dans les anciens temps, la peste éclaircissoit quelquefois la population : mais depuis if)6g elle n'a plus exercé de ravages-, elle emporta , dans celte dernière année, i2i5 personnes dans la seule paroisse de Mevringen. Les fortunes le Hasli sont peu considérables, et la plupart d( - propriétés fonoières sont grevées de dettes'; sur 6 0 ames, dont se composoit la population en 1 on comptoit dix fortunes de 4o,ooo livres et
ii delàj et plus de vingt fortunes de 3o,ooo livres :
maïs le plus grand nombre de familles étoit dans la misère ; elles se nourrissoient pendant l'hiver de pommes de terre , ordinairement sans sel. Autrefois l'aisance étoit plus grande et plus générale. Les débordemens de î'Aar et de plusieurs autres lorrens occasionnent des dommages considérables dans le Ilasli, et peut-être doit-on leur attribuer en partie la misère actuelle des habitans.
L'exercice de la lutte , en allemand suisse Schwingen 9 étoit très- anciennement connu dans l'Oberlaml; il a lieu principalement dans les fêtes champêtres, connues sous le nom de Bergdorf (village de montagne), fêles dans lesquelles les habitans se réunissent chaque année sur plusieurs de leurs pâturages élevés : on forme un cercle de vieillards expérimentés qui sont juges du combat, et qui ont la charge d'y maintenir l'ordre, et d'y prévenir les fraudes. Les lutteurs s'avancent dans l'intérieur du cercle, après avoir choisi leurs adversaires dans les lutteurs des villages voisins, qui mettent tous un orgueil national aux succès de leurs ressortissans : ceux qui ne trouvent pas d'antagonistes, attendent le moment de succéder à un compagnon terrassé ; il faut qu'un lutteur ait succombé deux fois , et qu'il soit tout-à-fait couché sur le dos , pour être déclaré vaincu. Les coups ne sont pas permis dans ces sortes de combats ; il est rare qu'un même lutteur puisse soutenir plus de six luttes de suite : les deux plus forts terminent ces jeux par trois assauts qu'ils se livrent et qui décident définitivement du triomphe. On aime à voir un homme trappu, fort et museuleux, se mesurer avec un antagoniste plus grand et plus adroit que lui, mais moins vigoureux ; les divers moyens qu'ils emploient dans le même but, offrent un contraste piquant. Des danses et des repas embellissent ces réunions où assistent aussi les femmes et les jeunes filles ; des échoppes fournies de marchandises sont établies autour de l'assemblée, et les plaisirs se prolongent toute la journée, ou même pendant une partie de la uuit.
§ i3. U ancien Evêché de Basic.
L'ancien évèché de Basle est situé entre le 46° V el le 47° 34' de latitude, et entre le 24° 35' et (e 25° i5r de longitude septentrionale ; il comprend, suivant Morel, une population de 75,000 habuans, dont environ 7000 ont été réunis au canton de Basle, et 68,000 au canton de Berne : d'après le tableau qui a été admis par la Diète helvétique, celte dernière portion ne seroit que de 62,000 aines. En 1^81, la population de l'évêcbé de Basle, sans y comprendre Bienne et son territoire, étoit de 5(>,ioo ames et se répartissoit de la manière suivante : la Aille et résidence de Porentrui 2700 ames, le bailliage d'Ajoie ou Elsgau 10,000 ames, celui de ., Délémont ou Delsperg 8000, celui de S.-Ursanne, avec le prieuré du même nom,3ooo, celui de Freyberg ou Frankemont 54oo, la seigneurie de Frankemoiit 4oo , le district de Zwingen 3ooo, celui de Pféffingen 2000, celui de Birseck 4ooo, celui de Schlingen 2800, la seigneurie de Burg 200, et le Miïnslerthal , dont les deux tiers des habitans sont réformés, 7000 : les François s'étant emparés de ce pays en 1792, en formèrent le département du Mont-Terrible y dont Porentrui fut le chef-lieu \ Péyêmie de Basle ne conserva que le district de Schlingen, qui étoit enclavé dans la Souabe. Les terres , appelées terres suisses de l'évêché , parce qu'elles étoient étroitement liées avec la confédération suisse, professoient la religion réformée et renfermoient PErguel ou Val Saint -ïmier avec 8000 habitans j la petite seigneurie d'Orvin ou d'Illfingen avec 5oo , le bailliage de la Neuville avec 800, et le Tçgsenberg, ou la montagne deDiesse quePévêque possédait eu commun avec Berne, i3oo.
L'évêché de Basle est renfermé dans la chaîne du Jura , sou aspect est imposant, sévère et pittoresque j les terres n'y produisent que des récolles médiocres , leur culture est pénible et dispendieuse j ou peut les classer de la manière suivante ;
STATISTIQUE DE LÀ SUISSE. 3(}l
Terres pierreuses, graveleuses, sablonneuses,
ou terres légères . 6 dixièmeSé
Terres grasses ou fortes. ..... 3
Terres marécageuses i
La plus haute des montagnes du pays est le Chasserai , que I on distingue de tous les points du cidevant évêché, et qui est situé entre la montagne de Diesse au midi, et le Val Saùn-Iniier au nord; il s'élève à 83o toises au-dessus de la mer, et reste couvert de neiges pendant pîus de neuf mois de l'année: viennent ensuite le Monto , qui s'élève audessus de Bevilard , le Repais , qui se joint à la chaîne du Lomont, et qui est placé à l'embranchement des routes de Délémont , Porentrui et Bellelai, le RaimeiiXj le Gratteri , le mont Girod , tous voisins de Moutiers, etc. Toutes ces montagnes sont de formation secondaire , et ont leur base calcaire ; on y trouve des blocs de granit isolés , qui paroiseent être venus des Alpes à -l'époque de quelque grand bouleversement du globe. Les principales vallées du pays sont : le Val de Saint-Ursanne, qui s'éteud le long du Doubs sur une longueur de quatre lieues, le Val de Grancour, arrosé par les eaux de la Halle, la vallée de Lauffon, qui a quatre lieues de longueur, et qui est parcourue par la Birse dans toutes ses sinuosités, la vallée de Délémont, qui a deux lieues de longueur sur trois quarts de lieue de largeur , le Val de Moutiers, où l'on remarque le Granval arrosé par la Rausse, et le Petit- Val arrosé par la Sorue, le Val de Tavannes arrosé par la Bîrse et long de trois lieues , et enfin le Val de Saint-lmier, arrosé par la Suze, et long de cinq lieues. Toutes ces vallées, à l'exception de celles de Délémont et de Grancour , ont leur direction de l'ouest au nordest, conformément à la direction des montagnes qui les entourent et les dominent. Les seules plaines un peu considérables du pays sont celle du pays d'Ajoie , qui a deux fortes lieues de longueur sur «ne de largeur, et celle qui sépare Bienne de Pteibea aur l'Aar.
Les principales rivières sont le Doubs, qui passe k
Saint-Ufsanne, où sa largeur est de 25o pieds; la , qui prend sa source près du passage de Pierre Pertuis , el dont le cours jusqu'au Rhin est de i5 lieues; la Halle, qui passe àPorentrui, et dont le tours çsl de plus de 10 lieues jusqu'au Doubs , et la Suzi , <jui se jette dans le lac de Bien ne après un cours de près de 10 lieues. On peut remarquer encore la Chatière, la Gabierre, la Lucelle , la Hausse, la S , la Sorne et la Trame ; le ruisseau de Veau,
de la Neuville, est remarquable par sa chute de |5o pieds derrière le château de Schlossberg , il sert de limites au canton de Neuchâtel.
Le sol de l'ancien évêchéde Basle peut, d'après ses prod uits. être divisé en trois portions : les forêts qui occupent la moitié de la superficie du pays, les pâturages qui en occupent 5 seizièmes, et les prairies ou terres cultivées qui en occupent 3 seizièmes. La grande étendue des forets rend le bois si abondant que la corde, prise sur pied, ne coûte pas. à l'ordinaire, plus de 2 livres de Suisse ; les planches de sapin , longues de 24 pieds et larges de 2, ne se vendent guère au-delà d'une livre la pièce : on trouve sur la pente des montagnes et dans les lieux bas, des sapins qui ont 3o toises d'élévation sur 12 pieds de circonférence. Il leur faut près d'un siècle pour acquérir toute leur croissance. Une longue expérience a prouvé aux habitans du pays que les coteaux garnis de bois Ber voient de manteau aux vallons, que partout où ils étoient mis a nu , la température devenoit plus froide et la végétation moins active., et que souvent les ouvertures dans les forêts déterminoient des cour ms d'air qui causoient des gelées, des grêles et des Orages;
On compte dans l'ancien évêché de Basle 29 espères d'arbres de haute futaie -, les plus généralement répandues sont le pin, le sapin, la pesse ou sapin rouge , le hêtre , le chêne et le tilleul : la pesse fournit la poix blanche dont plusieurs communes tirent un grand parti. On ne cultive beaucoup d'arbres fruitiers qiu dans les environs de Bienne et de Lauflbn ; 52 espèces» d'arbres de basse futaie ou d'arbustes croissent naturellement dans le pavs.
Les animaux sauvages et les oiseaux qui se rencontrent dans le reste de la Suisse , se trouvent aussi, pour la plupart, dans l'ancien évêché de Basle; il faut en excepter seulement quelques espèces rares , telles que le bouquetin et le chamois qui paroissent particulières aux Alpes.
L,é>êché de Basle étoit compris autrefois dans la Rauracie , pays qui , quoique fort étendu , ne comploit du temps de Jules-César que 23,ooo habitans : ceux ci , à L'exemple des Helvétiens leurs alliés, bridèrent leurs demeures pour pénétrer dans les Gaules, 58 ans avant l'ère chrétienne ; on sait combien fut malheureux le succès de cette expédition : un petit nombre de Rauraques rentrèrent dans leur patrie désolée, et bientôt après Munalius Plancus leur amena une colonie romaine> et rebâtit leur capitale à 3 petites lieues de l'emplacement actuel de la ville de Basle ; cette ville nouvelle reçut le nom &' Augusta Rauracorum. Ses décombres ont long-temps attesté et attestent encore sou ancienne grandeur : on attribue à Mai c-Aurèle l'ouverture de la route et du passage de Pierre Pertuis (Felsenthor ) ; cette route établissoit une communication entre l'Helvétie et la province Séquanoise, dont Besançon étoit la capitale. La Rauracie fut plusieurs fois ravagée par les Allemands dans le 4.e siècle ; les Bourguignons s'en emparèrent dans le siècle suivant» Il est difficile , au milieu des ténèbres de ces temps d'ignorance, de découvrir, d'une manière précise , l'époque où le christianisme s'introduisit dans la contrée dont nous nous occupons; mais il est certain qu'Augst comploit déjà des évêques dans le'5.e siècle et que Basle lui succéda, sous ce rapport, dans les siècles suivans ; l'évêché de Rauracie relevoit de l'archevêché de Besançon. On croit que la puissance temporelle de l'évêque de Basle date du temps de Charlemagne, qui lui accorda des droits considérables et le titre de prince ; Charlemagne fit ces concessions à l'évêque Haito ou Ot/wn, dont il faisoit un cas particulier et qu'il avoit envoyé en ambassade à Constantinople, auprès de l'empereur INicéphore : la Rauracie avoit été enlevée aux Bourguignons parles fils
|q4 rtA.TÏÔTfQUE DK LA SUISSÉ.
de CloviSj elle lit pendant trois siècles et demi partie de la France, ensuite elle passa sous la domination. A a rois du second royaume de Bourgogne, eten io33 sous celle Ses empereurs d'Allemagne qui furent héritiers de Rodolphe -le-Fainéatit , dernier roi de Bourgogne : l'éloigneaient de ces empereurs favorisa Pauiln lion de plusieurs seigneurs Bourguignons qui aspirèrent à la souveraineté, entr'autres de Conrad de Zceringen comte de Brisgau et gouverneur de Zurich qui, dès le milieu du onzième siècle, obtint dans i'Helvétie de vastes seigneuries et un pouvoir très-étendu.
Le siècle avoit été fertile en saints : le seul évêché de Basle en compte trois , savoir Saint ïmier , S. Ursanne et S. Germain , tous auteurs de fondations religieuses. Le dernier surtout s'illustra par son afele extraordinaire ; il fut le premier abbé du célèbre monastère de Moutiers-Granval , l'un des plus puissans et des plus florissans de l'Europe, dont les possessions comprenoient la prévôté de Moutiers, le Val Saint-Imier , îa prévôté de Saint-Ursanne , la Beuyille ; Orvin,et en un mot une partie considérable de l'évêché de Basle. Les différens qui s'élevèrent dans le onzième siècle entre le pape Grégoire VII et l'empereur Henri IV , diiTérens qui divisèrent l'Italie et l'Allemagne, devinrent funestes au monastère de Moutiers ; il se déclara pour le pape , tandis que l'évéque de Basle s'attacboit au parti de l'empereur; les moines furent battus -et chassés de leur antique demeure ; les vainqueurs se partagèrent leurs dépouilles. L'évéque forma 3 chapitres réguliers dans la principauté de Basle et les dota avec les possessions du monastère ; ces trois chapitres furent ceux de Saint-Imier , de Saint-Ursanne et de Moutiers ; ce dernier conserva les archives de l'abbaye.
las évêques de Basle prirent part aux croisades, malheureusement trop recommandées dans le moyen Age ; ils v dépensèrent des sommes énormes sans obtenir aucun succès : ils soutinrent aussi , peu de temps iprès, di s guerres assez longues avec les comtes de Neuchatel qui jouissoient de certains droits dans leurs propres étala ; il est vraisemblable que ces droits leuc
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avoient été apportés par ceux des membres de leur famille qui avaient été chanoines ou même évêques de Basle. Neuchatel fut brûlée dans une de ces guerres. L'évêque de Basle perdit, dans le i3.e siècle, des terres importantes dans le Sundgau , mais il compensa ces pertes par l'acquisition de Bienne , du pays d'Erguël , du comté de Ferrette, de la ville de Pofenlrui et de divers autres districts. Au commencement du 1 4. e siècle, il recommença ses guerres avec les comtes de Neuchatel, mais il fut battu dans la plaine de Coffrane ; les partisans qu'il avoit dans le pays et Surtout dans la Bonneville, bourg du Val de Ruz qui fut pris d'assaut par le comte de Neuchatel , se réfugièrent dans ses étais et y bâtirent la Neuville , au-dessous du château de Schlossberg , au bord du lac de Bienne.
La peste cruelle qui désola l'Europe en i348 et i349 , et qui en emporta la cinquième partie des habitaus , exerça aussi ses ravages dansl'évêché ; elle fît mourir i4,ooo habitans dans la seule ville de Basle : un tremblement de terre qui eut lieu dans la nuit du 18 au 19 octobre i356 , n'eut pas des suites moins affreuses j on assure qu'il ne resta pas dans la ville de Basle 200 maisons qui ne fussent endommagées; plus de 3o châteaux dont on voit encore les masures, furent ruinés dans levêché. En 1367 , l'évèque brûla la ville de Bienne, parce qu'elle s'éioit alliée avec les Bernois; il s'attira par cet acte de cruauté une guerre longue et funeste contre les Bernois et les Soleurois qui remportèrent sur lui une grande victoire à Mallerai, et qui portèrent^ la dévastation dans plusieurs districts de ses états.
En i486, les Bernois eurent de nouveaux dîfFérens avec i'évéque, au sujet de la prévôté de Mouliers- Granval dont ils s'emparèrent ; ils firent ensuite a^ec les babitans du pays un} traité de combourgeeisie qui leur permettoit de s'immiscer dans les alfaires de la prévôté, et qui nuisoit essentiellement à la souveraineléde l'évcque. En i5oî, la ville de Basleentra comme 9.® canton dans la confédération helvétique, ce qui mit le comble à sa liberté; et éleva eu sa faveur
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une nouvelle barrière contre la puissance de l'évèque. Mais des coups pins terribles encore menaçoient celui-ci, ils atteignirent Philippe de Guudelsheim qui commença en 1527 à occuper le siège épiscopal ; de son temps la réforma tion s'établit à Basle , à Lauffon, à Zwingen, à Pfeffingen , à Birseck , à Bienne , à la Neuville, dansl'Erguel etdans la prévôté de Mou tiers. Le prince-évêque quitta pour toujours Basle et se retira à Porentrui ; le haut chapitre se fixa à Fri bourg en Brisgau , et le chapitre de Moutiers s'établit d'abord à Soleure et ensuite à Iîèlémont: le chapitre de Saint lmier fut supprimé. L'évêque Blarer de Vartensée relarda par ses etTorlsles progrès de la réformation et parvint même à lui faire faire quelques pas rétrogrades; il s'allia intimement , en i5?9? avec les cantons catholiques de la Suisse et engagea les habilans de la ville de Lauffon et des autres cantons voisins de la ville de Basle, à rentrer dans le sein de l'église romaine.
La guerre de 3o ans eut des conséquences funestes pour les habilans de Pévèché ; leur prince s'engagea inconsidérément dans le parti de l'empereur contre les catholiques, et attira ainsi sur son pays des séjours de troupes, des réquisitions, des pillages et des malheurs de tout genre.
Le haut chapitre qui, depuis la réforme de Basle, résidoit à LVibourgen Brisgau, revint, après 149 ans d'absence, se fixer dans l'évêché,et s'établit à Arlesbeim , beau village près de Basle, qui lui offrit un emplacement favorable. Dès-lors, à quelques troubles près de peu d'importance, l'évêché jouit d une heuri use tranquillité, jusqu'au moment où la révolution Françoise commença à y germer avec une prodigieuse actn ilé : î êque , soutenu par des troupesalleman'tes lutta contre l'esprit révolutionnaire de ses sujets pendant les années 1790 et 1791; mais en 1792 un corps de troupes françoises s'empara de toute la partie du pays catholique, qui ne tarda pas à être réunie a la grande république sous le nom de département du Moni I amble ; l'éréque se retira à Bienne et ensuite ■« Constance. En 1796, le directoire exécutif francois,
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abusant de sa force, déclara qu'étant aux droits de l'évêque de Basle , il réunissoit à la France PErguel , la prévôté de Moutiers-Granval , Bienne, la Neuville et la montagne de Diesse, et il prit en effet possession de ces contrées.
Ainsi prit tin Pévêché de Basle qui, dans une suite de i5 siècles, avoit été gouverné par 78 princesévêques *, il fut cédé à la France par le traité de Lune ville. L'évêque eut le sort de tous les princes dépossession nés de l'empire d'x\llemagne ; on lui accorda des indemnités et une pension à la charge de l'ordre équestre ; ceux des officiers qui voulurent le suivre en Allemagne y reçurent aussi une pension. On doit dire, à Péloge des évêques de Basle, que leur gouvernement avoit été en général paternel et doux ; ils méritent de la reconnoissance pour plusieurs ouvrages utiles qu'ils entreprirent et achevèrent^ pour de bonnes routes qu'ils firent tracer au milieu des rochers et dans les escarpemens des montagnes, etpour desdigues qu'ils élevèrent contre l'impétuosité des torrens du pavs. L'évêque étoit élu par le chapitre des chanoines de la cathédrale eteonfirmépar le pape ; il étoit inféodé par l'empereur pour ses terres situées dans l'empire. Le chapitre qui se composoit de 18 chanoines, pris parmi d'anciennes familles nobles allemandes, résidoit à Arlesheim : les chanoines étoient nommés alternativement, de mois en mois, par le pape et par le chapitre; l'évêque consultoit son chapitre dans les affaires d'une haute importance ; il avoit un conseil privé et le grand - maître du pays étoit toujours son premier ministre. Les habitans étoient divisés en 3 ordres, le clergé, la noblesse et les paysans; ils envoyoient leurs députés aux assemblées convoquées par l'évêque, mais d'ailleurs ils n'avoient aucune part au gouvernement. Les charges des cinq grandsofficiers, de l'évêque étoient héréditaires dans les mêmes familles. Les barons d'Ettingen étoient grandsmaréchaux, les seigneurs de Bœrenfels grands-échan^ sons ceux de Reichenstein et de Baldenstein alternativement grands-chambellans, ceux de Schœnau grandsînaîires d'hotel cl ceux de Rolhberg grands-maîtres
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ies Clitsines. La liberté du culte réforme éloit garantie }>;«r les 4 cantons réformés et par le princeévéque lui-même.
L'évêché entrelenoit un régiment au service de France ; ses revenus s'élevoient à 3oo mille francs tle France, et dans celte somme on comprenoit le produit (les forges et des usines domaniales, qui étoit considérable. En 1800, le département du Mont-Terrible, dont l'étendue n'étoil pas proportionnée à celle des autres départemens de la France, fut incorporé au département du Haut-Rhin : dès la fin de 181 3 il a été enlevé à la France par les puissances alliées, et ensuite il a été en grande partie cédé au canton de Ber ne , afin de le dédommager des pertes que lui foi soit éprouver l'indépendance des cantons de Vaud eld'Argovie. La portion de l'évêché la plus voisine du canton de Basle lui a été abandonnée, et une petite étendue de terrain a été réunie au canton de Neuchâtel.
L'éducation des bestiaux est une des principales ressources de l'ancien évècbé : les districts les plus orientaux, et ceux qui bordent la rive méridionale du Dôubs , sont ceux qui ont les plus beaux bœufs et les meilleurs chevaux; ils nourrissent des jumens poulinières , dont les poulains sont recherchés des étrangers ; la race des brebis indigènes est de petite taille et sa toison médiocre, mais elle est propre à VLre croisée avec celle d'Espagne.
Le cidevant évéche contient :
Chevaux et poulains. . . 10,000
Taureaux 35o
Bœufe 10,000
Vaches 12,000
Génisses 3,ooo
Bêtes à laine . 24,ooo
Boucs et chèvres 6,85b*
Les oies sont communes dans les vallées de Laiiflon, d'Ajoye et de la Prévôté; leurs plumes sont UO objel de commerce.
( )n ( 'Value à 610,000 quintaux la quantité de foin qui se récolte annuellement dans le pa;s. Quant
aux grains, les habita âs n'en recueillent guère s que la moitié de ce qui est nécessaire pour leur consommation : cependant les terres labourables occupent 28,000 hectares ou plus de cent mille poses de Genève, qui devroient naturellement fournir à la consommation près de 200 mille quintaux par année. Les habitans suppléent au défaut de grains par des pommes de terre et par d'autres légumes farineux, dont ils récollent environ 3oo mille quintaux chaque année. Leurs seuls vignobles sont ceux de Bienne, de la Neuville et de Reinach , qui ne produisent qu'un vin médiocre.
Les plantes céréales et potagères, cultivées dans le pays , sont la plupart exotiques; quelques-unes, comme la pomme de terre et le maïs, ne sont connues que depuis 60 ans, la luzerne et l'esparcetle depuis 3o ans, le pavot et une espèce d'orge particulière depuis i5 à 16 ans, et le souchet depuis 7 à 8 ans. La température du pays, qui est souvent froide, humide et capricieuse, ne permet pas aux plantes de mûrir de bonne heure ; les fenaisons ont lieu dans les plaines et dans les vallées au mois de juin, et sur les montagnes dans le courant de juillet : à Porentrui , à Délémont et à Bienne, on moissonne dans la première quinzaine d'août, et dans les vallées élevées à la fin du mois et au commencement de septembre. Sur les montagnes, celte récolte se fait encore plus tard, et est quelquefois surprise par la neige et par les gelées.
Le pays est sain ; il y règne rarement des maladies contagieuses , et l'on y voit des vieillards pousser leur carrière jusqu'au terme le plus reculé de la vie : la Neuville est surtout réputée comme un séjour favorable à la longé\ité ; elle doit cet avantage non-seulement à un air pur, mais encore au régime simple et frugal de ses habitans.
Le fer abonde dans les montagnes de l'ancien évêché ; les principales mines de ce métal sont celles de Péri , de Yauflèlin , de Mallerai , de Correndelin, de Courroux , de Liesberg et de Seprai : les quatre dernières sont seules en exploitation, et leur mi*
nerai est mis en fusion dans les hauts fourneaux de Correndelin, d'Underviliers , de Bellefontaine et d\\ udi n court.
L'éducation et l'engraissement des bestiaux forment l'industrie principale du pays; après celle-ci vient la fabrication du beurre et des fromages : les pâturagi s s'afferment suivant le nombre des vaches qu'on peut v nourrir , et le taux par chaque vache varie de 35 à i8 livres par an , dans les métairies qui sont habitables toute l'année, et où Ton récolte du fourrage.
La poterie de Bonfol , de Cornol et de Moutiers rst renommée dans le pays. Les hauts fourneaux pour la fonte du fer fournissent 23,ooo quintaux île fonte par an, et occupent près de 700 ouvriers. On fait à Bellefontaine et à Frinvilier de l'excellente tôle, et à Underviliers de l'acier qui est reconnu de la meilleure qualité.
Il existe des verreries à Lanffon et à Roches, et nne papeterie à Bassecour : les racines de gentiane, qu'on arrache dans les montagnes , sont l'objet d'un commerce considérable ; on les réduit en poudre,
ftour 1rs vendre dans les pharmacies, ou bien, on es distille pour en tirer une eau spiritueuse. Le t;enèt, qui croît sur le Jura , s'exporte chaque année ; les teinturiers en extraient une couleur jaune.
L'horlogerie s'est établie depuis une soixantaine d'années dans le Val Saint-lraier , à Traraelan et dans une partie de la montagne des Bois ; elle y a pris des développement considérables et travaille à un prix inférieur à celui de toutes les autres fabriques de l'Europe ; elle occupe une population de 7 à 8 mille ames , au milieu de laquelle elle répand «ne grande aisance ; à l'horlogerie se joint, dans 1< > vallées de Saint-lmier et de Tramelan , la fabrication des dentelles; c'est l'occupation des femmes et dis enfans.
Lea deux tiers des habitans du ci-devant évêché "m catholiques romains, et l'autre tiers est réformé. ()n ^ouve en outre dans les montagnes un nombre aaseï considérable d'anabaptistes, descendant de ceux
qui furent chassés du canton de Berne, il y a deux siècles, pour s'être refusés aa port-d'armes et à la prestation du serment, et qui se réfugièrent dans ce pays : là, à l'ombre d'une sage tolérance , ils ont cultivé et cultivent encore avec soin d'arides sommités; modèles de simplicité, d économie , d'ordre, de travail et de modération, ils se livrent à l'agriculture pendant la belle saison, et en hiver ils s'appliquent au métier de tisserand. Ils ont beaucoup de rapports avec les quakers de l'Angleterre.
L'allemand et le françois se parlent dans l'évêché; mais la dernière de ces langues est la plus répandue; les paysans employent un patois dont la prononciation varie d'une commune à l'autre , et où l'on trouve beaucoup de mots dérivés du celtique.
Tout l'ancien évêché de Basle est couvert de châteaux ou de débris de châteaux , monumens du régime féodal , qui rappellent des temps d'oppression et de violence ; leur origine remonte au moyen âge. Une grande partie de ces châteaux fut renversée par le terrible tremblement de terre de 1 356 ; il y avoit autrefois dans l'évêché beaucoup de tiefs qui relevoient presque tous directement de l'évêque.
Parmi les hommes célèbres qu'a fournis l'évêché de Basle , on remarque Thomas Vyttembach de Bienrie , réformateur de sa patrie et des districts i voisins, Pierre Mathieu, historiographe de France, fils d'un tisserand de Porentrui , et Jean Bart, célèbre chef d'escadre sous Louis XIV.
La ville de Bienne, qui a 2000 habitans, est manufacturière, commerçante et fort ancienne; son territoir e n'avoit dans le dernier siècle qu'une lieue et demie de longueur sur une de largeur, avec une population de 6000 ames : la langue allemande j est usitée clans les conseils et dans les actes publics. Cependant le françois est parlé par un grand nombre des habitans , et l'on remarque un singulier mélange des deux langues; de là vient que presque tous les wllages des environs de Bienne ont un double nom.