CANTON D'URI
§ î. Situation > Etendue ; Climat, Population*
T /acte rte médiation de Buonaparte a fait perdre au canton d'Uri , en i8o3, ses sujets du côté de l'Italie, qui ont été incorporés au canton du Tessin; cette séparation a diminué te canton de près de moitié :
11 ne renferme plus que la vallée de la Reuss et 10 à
12 vallées latérales ; au midi, il commence aux sources de la Reuss, sur le Saint-Gotliard, et confine au Tessin; au nord il s'étend jusqu'au lac des Quatre Cantons ; les bords de ce lac jusqu'à Sisikon, adroite, et jusqu'à Seelisberg, à gauche , lui appartiennent ; il a aussi pour limites de ce côté , le canton de Schwitz ; au couchant, il confine aux cantons du Yalais, de Berne et d'Undervald ; à l'orient, il est environné des hautes montagnes des Grisons et de Glaris.
Le canton d'Uri a i4 ou 1 5 lieues dans sa plus grande longueur du nord au sud : il n'en a que 7 à 8 dans sa plus grande largeur ; sa surface est de 56 lieues carrées et 602 millièmes : la partie du lac des Quatre Cantons qui lui appartient a une lieue carrée et 48o millièmes ; sa population , d'après le tableau officiel donné dans le premier livre de cet ouvrage* est plus foible que celle d'aucun autre des 22 cantons , et ne s'élève qu'à 1 1 ,800 arnes, ce qui lui donne seulement 208 ames par lieue carrée; mais le professeur Kôrner et plusieurs auires auteurs, eslimentà 17 oui 18 mille ames la population du canton d'Uri , en y comprenant la vallée d'Urseren , qui compte à elle seule 3 ou 4 mille habitans. En 1794, on évaluoit de la manière suivante la population de ce canton :
Dansle canton proprement dit i4,ooo ames.
Dans la vallée d'Urseren 3,5oo
Dans la vallée Lévantine i3,5oo
3i;ooo
ï STATISTIQUE DE LA. SUISSE.
Durant la guerre désastreuse qui a signalé la fm du 18/ siècle, le canton d'Uri a été le théâtre des
nefl les [ lus désolantes- Un grand nombre de ramilles furent forcées par la famine, on entraînas par leurs seniimens politiques, à abandonner le> pays : quelques-unes y renoncèrent pour toujours; plusieurs centaines d'enfans, délaissés parleurs parens, lurent recueillis par la pitié dans divers cantons. La vallée de la Renss souifrit davantage du fléau de la guerre et de la famine que les vallées plus élevées : la mendicité y fut accrue par la misère, et favorisée par les aumônes des voyageurs. Eu 1799, le bourg d'Altorf fut presque entièrement consume par les flammes (1); en 1800, on comptoit dans le seul district d'Ahorf plus de mille familles mendiantes, à Àltorf même plus de 3oo raendians, à Schadorf 24o, à Àtlighausen 100, à Erstfeïd autant, à Siïlenen 224, à Fluelen i5o, dans fa vallée d l rseren 2B5 , et autant à proportion dans les autres villages : une partie considérable de la population cloil réduite à une disette telle, que plusieurs individus en moururent; il a fallu un grand nombre d'années de paix et de repos pour effacer, même eu partie, 1rs traces de cette calamité publique.
\j climat du canton est fort inégal; la vallée principale de Fluelen à Amsteg, jouit d'un air tempéré, la végétation y est même plus avancée que les cantons voisins, ce qu'elle doit essentielle nient un vent du midi, qui souvent fait fondre et disparoître les neiges en quelques heures au milieu de 1 hiver: ce vent, qui est connu dans le pays sous i. nom de fôn (favonius), donne aux environs d'&Itorf un climat qui ne diffère guère de celui du nord de l'Italie, et facilite la culture des pêchers, des châtaigniers et des légumes fins; mais il souffle Bouvenl avec une violence excessive, ravage les campagnes , et occasionne des tempêtes redoutables sur
' ' parte occasionnée par cet incendie fut évaluée à pl ... .
1 livres de Suisse j on croit que ce malheur fut uù .1 m Iminc 1 politiques.
le lac et des incendies dans la vallée ; ses effets suf la constitution physique des h a bï tans sont funestes: il les pâlit et les affaiblit ; aussi les habitans des hautes valiées du canton sont-ils plus forts et mieux portans que ceux de la vallée inférieure de la Reuss : la bise les fortifie, et ils jouissent , malgré leurs longs hivers, d'une santé vigoureuse.
§ 2. Nature du sol , Monlagnas.
Quelques parties du sol d'Uri sont fertiles ; mais les montagnes sont si nombreuses et occupent une telle plaee dans ce canton , que la plus grande partie n'en est pas cultivée ; elles appartiennent aux plus hautes chaînes des Alpes et de l'Europe : la plupart se composent de roches primitives, et ce n'est qu'au nord qu'on les trouve recouvertes par des roches et par des couches calcaires. La plus connue des montagnes du canton et en même temps l'une des montagnes les plus célèbres de la Suisse, est le Saint- Gothard , sous le nom duquel on comprend communément toute la masse de hautes sommités, qui s'étend entre l'hôpital, dans la vallée d'Urseren et Airoîo, dans le canton du Tessin. Celte masse ne forme pas la chaîne la plus élevée des Alpes, comme on l'a cru long-temps d'après de fausses mesures, mais elle n'en est pas moins l'une des chaînes les plus remarquables de l'Europe ; elle donne naissance à un grand nombre de rivières, et même à des fleuves considérables, tels que le Tessin , la Reuss, le Rhône et le Rhin, et elle supporte huit glaciers majestueux, savoir: ceux de la Fourche ou du Furca, de Biel , de Malt, de Crispait, de Sainte- Anne, de Veiltenvasser , de Luzendro et de Pisciora. Le village d'Urseren , qui se rapproche plus qu'aucun autre de l'hospice du Saint- Gothard . est situé à 7)i 4o pieds de France au-dessus du lac des Quatre Cantons, qui est élevé lui-même de i32o pieds au-dessus de la Méditerranée.
Les plus hautes sommités du Saint-Gothard sont le Fieudo , qui a 8i5o pieds d'élévation au-dessus
du lac dea Quatre Cantons, le Fibia, qui en a 84ior ei h, Prosa, (jui en a 7800. Ces colosses sont la plupart de granit , renfermant de nombreuses veines de cristaux de roche; on y trouve a ussi une grande vai iété des plantes les plus remarquables des Alpes , et un nombre prodigieux de substances rares ea minéralogie: aucun district, aucune chaîne de même étendue , ne sont autant favorisés sous ce rapport* Il suffit, pour se convaincre de ce fait, de parcourir la note (ie ces substances rares, telle qu'elle est indiquée dans le Dictionnaire d'Ehel , à l'article Saint- Gothard: on trouve dans cette chaîne de l'asbeste, de l'amianthe et du liège ou du cuir fossile, de la rayonnante verte ou delphinite , seule ou renfermée dans du talc blanc, de la pierre ollaire, de la chlortte ordinaire; de la chlorite en feuilles, du spath perlé, des cristaux de spath raaguésié, du spath calcaire puant, du spath fluor, du spath pesant, du spath adulaire , du feldspath puant, du tunstène, des cristaux de pierre ferrugineuse magnétique, des améîhistes , des cristaux noirs et brune, des cristaux renfermant des gouttes d'eaux, et des crisiaux de couleur jaune, imitant la topase , diverses espèces de pierre calcaire très-rares, delà dolomie, du talc argenté, de la chaux phosphatée, du schorl noir, du schorl rouge, de la tourmaline, du titane, du mica cristallisé, des grenats bruns et blancs, des biacinlhes , de la Hornblende, deux espèces de grenaille, des trémolites superbes, des cjanites , des gypses de diverses espèces, des thallites, des zéolites rayonnées, del'uranite, des marcassites, des sphènes, de i anatas octaèdre, de la bvssolite et des fers spa- Lhique, spéculaire et schisteux. Une collection de 5o à 6Ô espèces de fossiles du Saiut-Gothard , prise sur les lieux, vaut de 2 à 10 louis, suivant la grosseur l t la beauté des échantillons ; on trouve de ces collections a acheter à Àndermatt, à Airolo et à l'hospice du Saini-Gothard.
Sur la partie la plus élevée de la montagne, là ou passe la route qui conduit en Italie, dans une position solitaire et sauvage, près des sources de la
Renss et du Tessin, entre quelques petits lacs, on a construit l'hospice du Saint - Gothard pour la sûreté des voyageurs. Déjà dans le i3.e siècle il existoit un asile dans cet endroit, et deux capucins y habitoient pendant toute Tannée pour recevoir les voyageurs; ils avoient un magasin ponr les marchandises, une écurie et une grange pour 3o à 4o chevaux, et un hospice pour les pauvres, qui éloient assurés de pouvoir faire dans ces montagnes 24 lieues sans aucuns frais : les malades éloient transportés en litière jusqu'au village le plus prochain. Cet établissement, qui se soutint et s'augmenta dans la suite , étoit , en grande partie, la propriété de la commune d'Àirolo, qui y avoit affecté des fonds ; le roi de France lui donnoit une pension, pour l'aider dans cette utile entreprise ; Saint- Charles Borromée , et d'autres archevêques de Milan, contribuèrent aussi à l'entretien et à l'amélioration de l'hospice ; une avalanche le renversa en 1776 ; mais deux ans après il fut remplacé par un bâtiment plus vaste et plus commode : la révolution de 1798 détruisit ces bienfaits; elle amena des troupes ennemies sur le Saint- Gothard; l'hospice fut pillé et ravagé en 1799; pendant l'hiver suivant, la rigueur du froid força les troupes françoises, qui y eniretenoient un poste, à brûler le bois des bâtirnens. On a fait dès- lors de grands efforts pour les rétablir.
La route du Saint-Gothard qui, du côté du nord, commence proprement au village d'Àmsteg, est un ouvrage admirable, digne d'être visité par les amateurs de la belle nature et des arts ; son exécution a nécessité de grandes dépenses et de grands travaux ; elle n'a nulle part moins de 10 pieds de largeur, et elle en compte i5 en quelques endroits; elle est surtout remarquable, à cause des difficultés qui ont été vaincues dans sa construction , du côté de la Suisse allemande; on entend la Reuss gronder dans les profondeurs qui l'avoisinent , et on traverse cette rivière sur divers ponts, dont le plus célèbre est le pont du Diable , qui doit sa renommée tant à hardiesse de sa construction sur un horrible préci-
2<rfJ STATISTIQUE DE LA SUSSE.
. qu'à l'aspect sauvage du pays : la route trav QU8Sj ce qu'on appelle le trou aV Un , qui est un . iag( 200 pieds de longueur, sur i5 de hauel 10 de largeur, percé au milieu d'un rocher granit 5 ce passage a été fait en 1707, aux frais du canton <l l « i.
Durant l'hiver, la route se couvre de neiges, qui entassent jusqu'à une hauteur de 20 à 3o pieds; les ha bilans des villages voisins sont chargés de la débarrasser de ces neiges, et de la rendre en tout temps praticable : mais, pour se payer de leurs peines, lis exigent un droit de passage pendant l'hiver, et se fout donner 27 creutzers pour chaque cheval qui traverse la montagne.
Les marchandises qui traversent le Saint-Gothard 50 il transportées à dos de chevaux ou de mulets; de Fltieien, au bord du lac des Qualre Cantons, jusqu'à Bellinzone, elles ont à parcourir 00 lieues, que les hèles de somme font en qualre jours : les quatre stations sont à Urseren, à Airolo, à Giornîco rt à Bellinzone. C'est en hiver que le passage des marchandises est le plus fréquenté ; les transports se font sur des traîneaux, attelés de deux bœufs, efc chargés de 12 quintaux : on compte qu'en moyenue il passe sur le Saint-Gothard 3oo bêtes de somme par semaine, et i5,ooo voyageurs par an.
Parmi les montagnes les plus élevées du canton iVI ri, il faut remarquer le Galenstock, dont la hauteur est de o,Q/3o pieds au-dessus du lac des Quatre Cantons, ou de 1 i,25o au-dessus de la Méditerranée; I b< pare, par une immense mer déglace, le canton d l pi drs cantons du Valais et de Berne : non loin de lui, à l'orient , on voit le Spilzliberg, qui s'élève pyramidal* ment dans les nues, avec son manteau de glace*, jusqu'à 928.1 pieds.
D'Altorfj aii> i que iki reste de la vallée de la on aperçoit peu les glaciers voisins: le Brislock, qui est placé au-dessus d'Amsteg, et dont la boutent est eU H 1 G5 pieds, en paroît d'autant plus majestueux 1- rsqu'on le considère depuis celte jii iuiumci se dégaruit de neiges eu été, et
ses flancs sont couverts de forêts et de ver duré'. On doit remarquer que la plupart des montagnes du canton d'Uri sont riches en gras pâturages ; ies Alpes de Surène , qui s'élèvent, au dessus d'A ttighausen , non loin d'Ahorf, offrent sous ce rapport le plus beau coup-d'œil la route qui y conduit est d'un grand intérêt ; on monte d'abord , par une route facile , jusqu'à la charmante vallée de Valdnacht; le sentier devient ensuite plus escarpé; maison est dédommagé de ses peines par une vue très-étendue sur les vallées de la Eeuss et de la Schècheo , et sur une partie du lac des Quatre Cantons.
§ 5. Rivières et Lacs,
La principale rivière du canton est la Reuss, qui doit son existence à trois grandes sources qui sortent des environs du Saint -Gothard , ou du Saint-Gothard lui-même : on doit, jusqu'à Amsteg, la considérer comme un torrent fougueux ; mais dès qu'elle arrive dans la plaine, elle prend un cours plus tranquille ; elle reçoit les eaux du Rerslelen et de la Schèchen, qui parcourent deux des principales vallées du canton, du côté des glaciers de Giaris , et elle se jette dans le lac des Quatre Cantons, près du couvent des bénédictines de Seedorf ; ses nombreuses chutes, sur les rochers , au milieu desquels elle s'est frayé une route, offrent mille points de vue différens et les scènes les plus étonnâmes : de là vient peut-être que les habitans donnent à ce pays, d'Amsteg au trou d'Uri, le nom de Krachentlial (vallée bruyante), à cause du fracas avec lequel la Reuss y roule ses eaux.
Le lac des Quatre Cantons est sans contredit le lac le plus grand et le plus remarquable du canton :1a partie de ce lac qui s'étend depuis Treib jusqu'à Flueicn et à Seedorf, appartient au canton d'Uri', et intéresse sous plusieurs rapports \ elle porte le nom partie ulier de lac d'Uri , et est fort orageuse; ses bords sont fertiles en souvenirs historiques ; près de Treib est le Grucll, prairie sacrée pour ies
9 fa STATISTIQUE DE LA SUISSE»
Suisses , OÙ le premier serment d'union , pour foncier la liberté et l'indépendance de la patrie, fut pro- Doncé en i3o7 ; de l'autre côté du lac est le célèbre promonlpire de Guillaume Tell , où Ton a élevé uni chapelle en l'honneur de ce héros de la Suisse, auquel le canton d'Uri se glorifie d'avoir donné le jour. Cette partie du lac est dangereuse pour les navigateurs , à cause des rochers qui l'entourent; cependant , avec de la prudence, on peut éviter le danger. 1 es éboulemens des montagnes voisines , qui se précipitent dans le lac , y causent quelquefois d'affreuses secousses : un événement de ce genre eut lieu pendant une nuit, au printemps de l'année 1801 -, les vagues, excitées par un éboulement, remontèrent avec furie vers Sisikon , et entraînèrent plusieurs bal miens ; onze personnes, pères, mères pu enfans, furent englouties dans les profondeurs du lac, sans qu'on ait pu les revoir dès-lors; un seul enfant fut retrouvé, mais il étoit mort dans son herçeau qui surnageoit sur les eaux; l'ébranlement du lac se fit sentir jusqu'à Lucerne ; à Fluelen et à Bauen, les eaux s'élevèrent à une grande hauteur le Jon^ du rivage.
Il paroît certain que le lac des Quatre Cantons sYu ndoit autrefois jusqu'à Amsteg ; la quantité prodigieuse de débris que la Reuss et les lorrens du Kerstelen et de la Schècben y amenoient sans cesse du Saint-Gothard , et des vallées de Maderan et de Schècben , a comblé peu-à- peu le lac sur une étendu» de trois lieues en longueur*
Les autres lacs du canton d'Uri sont placés sur les hautes sommités des Alpes, dans des cavités où ils sont entretenus par les eaux qui découlent des glaciers, < t des amas de oeiges éternelles; on en compte sept Sur le Saint-Gothard, près de l'hospice, à 6000 pieds au-dessus de la Méditerranée, et près d'une trentaine sur la chaîne entière du Saint-Gothard; ils J°nl w petits, «pu* quelques auteurs ont été tentés de 'çur donner seulement le nom d étangs ; on y trouve quelquefois des canards et des gelinottes blanches ;
U "e LuzendfO, place près des sources du Tes-
sio et de la Reuss, nourrit des truites ronges , tandis que celles de la Reuss et du Tessin sont blanches.
§ 4» Produits du pays.
La liberté de la chasse, qui est établie dans le canton d'Uri , y rend le gibier assez rare : cependant on voit encore souvent des chamois parcourir , en sautant, les rochers élevés ; leur chair, comme celle des marmottes , est recherchée. La pêche dans le lac des Quatre Cantons, ainsi que dans plusieurs des petits lacs du reste du pays, donne des produits abondans ; le lac d'Oberalp en particulier est si poissonneux que, durant la belle saison, on y prend 10 à 12 quintaux de poisson par mois. La plus grande partie du terrain du canton se compose de pâturages, d'où il résulte que la principale occupation du peuple consiste dans l'entretien et dans l'éducation des troupeaux. Les récoltes de foin dans les vallées inférieures sont réservées pour i hiver. Les bétes à corne du pays sont de l'espèce la plus grosse et la plus forte; on en fait un grand commerce avec l'Italie. Le fromage d'Urseren est réputé pour sa qualité, et pour la faculté qu'il a de se conserver long-temps; aussi se vend-il plus avantageusement que celui des autres vallées du canton. Les chevaux, les chèvres, les moutons et les cochons ne s élèvent guère que pour l'usage des habitans, et fournissent peu aux exportations. Les Italiens, et surtout les Bergamasques , amènent, pendant l'été, de grands troupeaux pâturer sur les Alpes du canton ; il n'est pas rare de voir à la fois 3 à 4 mille de leurs moutons sur un même pâturage : la ferme qu'ils paient aux habitans d'Uri est pour ceux-ci une nouvelle source de bénéfices.
Les produits du règne végétal , en blé et en toutes sortes de graines, sont peu considérables, parce que la plus grande partie du terrain est employée à la nourriture des bestiaux. Les habitans d'Uri se fournissent au marché de Lucerue des denrées qui leur manquent 5 cependant, dans la vallée de la Reuss
STATISTIOrê DE LA SUISSE.
de Fluelen à Amstee, le sol et le climat sont également favorables à l'agriculture : cette vallée offre un libre passage au vent du sud , et la campagne v < >t de quinze jours plus précoce qu'aux environs de Lucerne. A mesure que l'on remonte celte vallée , ou celle de la Schèchen, la culture diminue; les derniers jardins que l'on rencontre dans la première sont à Vasen et à Geschenen : ils n'existent plus dans la vallée d'Urseren , où la belle saison dure à peine quatre mois. Cependant on trouve en-
; . dans cette vallée , quelques petits coins de terre garnis de i^es blanches et de pommes de terre. Les forêts abondent dans le canton , excepté dans la vallée d'Urseren , où on est obligé de faire venir le bois de loin, et où l'on ne s'en procure qu'à grands irais et avec beaucoup de difficultés.
Quant aux produits du règne minéral, on a déjà tu combien le Sainl-Golhard est riche en substances rares : cependant il faut observer que les mines de Cristaux de roche commencent à s'épuiser, et qu'on n'en trouve plus dans la même abondance qu'autrefois. De certaines parties du canton ont été peu visitées, il existe des mines de métaux, mais aucune d'elles n'a été exploitée, de manière, du moins, à ce (pie les produits fussent de quelque importance, Les bains d'Unter-Schècheri sont moins fréquentés qu'autrefois , et ne sont plus guère visités que par quelques ha bilans du pays.
§ j. Histoire y Mœurs des habitans*
\ i canton d'Uri tire son nom des Ures ou taureaux sauvages, qui peuploient jadis ses vallées, et do h il a conservé là :ète dans ses armoiries : les anciens locumeus le désignent sous le nom de pays Ures ; au 9.* siècle, il se mit sous la protection (,« reuipi 1 germanique ; au i4.e, il conquit sa Ket jeta les fondemens de la republique hel- • < i5.e, il s'augmenta de la vallée d'Ur- 11 !<' la vallée Lévanline. Celte dernière lui ' ^ en 1798, et a fait dès-lors partie du
canton de Tcssin. Pendant les années 1799 et ïSoo, le canton d'Uri fut constamment le théâtre de la guerre que les François eurent à soutenir contre les Autrichiens et les Russes : d'Altorf à Giornico le pays fut livré au pillage-, on enleva tout ce qu'on put trouver de chevaux et de bestiaux, et les habitans eux-mêmes furent convertis en quelque sorte en bêtes de somme; tous les vivres furent consommés ou détruits par les armées.
La misère et la souffrance furent l'occasion et la cause du développement des plus belles vertus ; mais on remarque que ces vertus éclatèrent surtout dans les vallées élevées , où l'esprit national a conservé sa simplicité et sa pureté originales : les vallées d'Urseren et de la Schèchen, ainsi que la partie supérieure de celle de la Reuss , remportent, à cet égard sur les paroisses qui avoisinent le lac des Quatre Cantons. C'est dans la vallée de la Schèchen que l'on trouve la plus belle race d'hommes du pays.
Le luxe a, jusqu'à un certain point, pénétré dans la vallée de la Reuss -, les habitans, enrichis par le passage du Saint - Golhard , se sont procurés des commodités qu'on n'est accoutumé à trouver que dans les villes ; ils ont renoncé à l'ancien habillement national 7 pour se livrer à des modes nouvelles: ces changemens ont excité l'envie de leurs compatriotes , et ont eu, pendant les troubles de la fin du 18 e siècle, de fâcheuses conséquences pour eux.
Les habitans des hantes vallées d'Uri ont quelques rapports avec les montagnards italiens ; leurs demeures sont moins propres que celles des autres bergers des Alpes suisses.
Un Irait distinctif du caractère des habitans d'Uri, c'est leur goût pour la poésie et pour le langage poétique : cependant ils n'ont produit ni littérateurs ni poêles distingués; leur stile oriental, qui paroît même dans les publications du gouvernement, ne se retrouve nulle part ailleurs. En lout, ils sont honnêtes et bons, hospitaliers, ignorans, mais disposes à s'instruire, amateurs ardens de la liberté, courageux dans le danger ; et faciles à conduire en
) i STATISTIQUE DE LA SUISSE.
mpfl de paix , pourvu qu'ils ne soient pas échauffés el égarés par des chefs de parti; on a cité plu-
. ; ira traits de leur courage et de leur générosité pendant les malheurs des dernières révolutions. Durant l'hiver de 1798 à 1799, un officier françois frappa un jour rudement un jeune homme du ^ il— lage d'Amsteg et le força à transporter des vivres sur le Saint-Golhard , dans un moment où il tombent beaucoup de neiges, accompagnées d'un affreux orage ; le jeune homme, à la montée du Saint- Gotha rd , aperçoit sur le bord de la route un homme endormi et déjà à moitié gelé ; il reconnoît ce même officier qui l'a battu à Anisteg , quelques heures auparavant; il le charge sur ses épaules, le conduit à l'hospice où on le rend à vie, et ensuite, pour toute vengeance, il se contente de lui dire ; West-il pas vrai que maintenant vous ne me frapperez plus ?
§ 6. Constitution politique , Revenus de VÊtat.
La vallée d'Urseren , qui étoît autrefois sous la protection du canton d'Uri , partage à présent tous ses droits et en forme le second district. L'acte de médiation de Buonaparte affoiblit les pouvoirs de la Landsgemeinde , en déclarant qu'elle ne pourroit s'occuper que des objets qui lui seroient soumis par le grand conseil, et en fixant à 20 ans l 'âge nécessaire pour assister à cette assemblée, tandis qu'auparavant on n'exigeoit que celui de i4 ans. Cette constitution est déterminée et réglée de la manière suivante :
Le eanton professe sans partage la religion catholique; sis institutions politiques forment une démocralie pure , et l'autorité souveraine réside dans l'uni- X( rsalité des citoyens. Chaque habitant devient soldat à I âge de 20 ans , et est obligé au service de la milice. Le canton est divisé en deux districts, savoir 3 ceiws d'Uri et d'Urseren : ce dernier n'a qii un.' seul»' communauté; mais le premier en a dix, savoir , Seeliaberg, Scedun , Sisikon et Fluelen , Al-
torf, Burglen , au-dessus et au-dessous du Grèbli, Spiringen, Sillenen, Erstfeld et Vasen.
Les autorités législatives , exécutives et judiciaires, sont : Y assemblée générale , V assemblée des conseillers et des citoyens , le conseil double et le conseil simple, le conseil hebdomadaire , le conseil secret s le tribunal d'appel les tribunaux de district > le tribunal des sept, le tribunal de la Reuss êt de la Schècken, les assemblées et les conseils de commune, Rassemblée générale est l'autorité souveraine du pays, elle décide sur les affaires importantes de l'état j elle se compose de tous les citoyens âgés de 20 ans ou plus, et s'assemble chaque année, le premier dimanche de mai, à Bezlingen an der G and ; elle nomme à voix haute, et par levée des mains, le lanclamraann, le slatthalter, le banneret, le capitaine, les deux enseignes, le trésorier, l'inspecteur de l'arsenal, les quatre secrétaires d'état, les huit procureurs, le grand-sautier , les deux huissiers, l'inspecteur de la douane, et les receveurs des péages, et enfin les députés aux Diètes annuelles, et trois membres du tribunal d'appel.
\J assemblée générale de chaque district se réunit le second dimanche de mai ; elle nomme les autorités particulières du district, et règle les intérêts qui le concernent.
Les assemblées générales extraordinaires sont convoquées par le conseil du pays, et ne peuvent délibérer que sur les objets pour lesquels elles ont été convoquées.
\1 assemblée des conseillers et des citoyens est de même nature que ces dernières ; mais on la réunit pour les objets de moindre importance.
Le conseil du pays se compose du landammann , des anciens landammanns, du statthalter, du banneret, du capitaine, des deux enseignes, du trésorier et de l'inspecteur de l'arsenal, qu'on nomme Messieurs les Présidens , et dont les emplois, à l'exception de ceux du slatthalter et du trésorier , sont à vie et compatibles avec la charge de landammann ; le conseil du pajs se compose, en outre, de 44 cou-
seillers, dont quatre sont tirés de chacune des onze communautés du canton. Ce conseil est la première autorité executive et judiciaire.
Lf conseil double se compose des membres sustu ntionnés, dont chacun se choisit un adjoint ; il luge les causes criminelles les plus importantes.
Le conseil hebdomadaire se compose de Messieurs lès président et des conseillers des communautés les plus proches du chef-lieu; il est l'autorité judiciaire et administrative pour les affaires ordinaires.
Le conseil secret , composé de Messieurs les présidons , de cinq conseillers du district d'Uri et d'un conseiller d'Urseren, soigne l'administration du canton sous le rapport des finances, et forme le conseil militaîre; conjointement avec les officiers de l'étatmajor et les capitaines de la milice.
Le tribunal d'appel juge toutes les causes civiles en seconde et en dernière instance; il se compose de i5 membres, parmi lesquels est le landammann qui le préside.
Le tribunal du district d'Uri se compose du statthaller et de 10 conseillers. Le tribunal du district d' L rseren se compose du conseil du district , qui est en même temps l'autorité administrative du district, sous la présidence d'un préfet. Ces tribunaux de district jugent les causes civiles en première instance.
Le tribunal des sept, du district d'Uri , présidé par le statihalter juge sans appel les causes civiles dont la valeur est au-dessous de 3o florins; il est eu outre juge de police correctionnelle pour les délits qui sent punis par des amendes fixées par les ordonnances du pays.
Le tribunal dp la Reuss et de la ScJièchen^ établi dans le district d'Uri, se compose du landammann, du trésorier et de sept conseillers nommés par l'assemblée générale du district; il inspecte les digues construites pour contenir les deux torrens de la Rcusa et de la Schèchen, cl ordonne, sans appel, foul ,v quil estime nécessaire pour prévenir les inondations.
Les a > n mblées des communes nonnueiit leurs pré-
posés ecclésiastiques et civils, et décident sur toutes les affaires particulières de Leurs communes.
Un conseil de commune, soit tribunal de village , composé au moins de sept membres nommés par l'assemblée communale, soigne l'exécution des ordonnances du gouvernement, ainsi que des arrêtés de la commune, et exerce les fonctions de chambre des tutelles.
Les principaux revenus de l'état dérivent des droits sur le transit des marchandises et sur le sel, des amendes et confiscations, et du produit de quelques domaines.
§ 7. Industrie et Commerce.
La principale industrie du pays consiste dans l'éducation des troupeaux : chaque année il sort du canton de grandes quantités de fromages, parmi lesquels celui d'Urseren est le plus estimé ; les habitans vendent aussi, et surtout dans les marchés de Lugano, le bétail qu'ils ont engraissé ; la vente des peaux d'animaux sauvages, celle des chevaux et celle des minéraux et des autres curiosités du pays, quoique moins importantes, ne doivent pas être passées sous silence.
Le passage et le service de la route du Saint- Gothard occupent un grand nombre d'individus : on comptoit, vers la fin du siècle passé, que chaque année il passoit sur cette route i5 à 20 mille balles, sacs, caisses ou tonneaux de marchandises; gooo bêtes de somme, dont 5ooo appartenoient à l'Italie et 4ooo à la Suisse, étoient employées à ce passage. Les villages situés au bord du lac des Quatre Cantons s'occupent du transport par eau des marchandises et des voyageurs ; aussi le lac présente-t-il un coupd'œil animé. Fluelen a un bon port sur le lac d'Uri, et ses habitans s'occupent pour la plupart de la pêche et de la navigation.
Les habitans d'Uri fabriquent eux-mêmes leurs habillemens avec leur chanvre , leur lin et la laine de leurs troupeaux : ils auroient à rigueur, s'ils le
vouloient, la plus grande partie des objets nécessaires à leur existence ; mais chaque année leurs besoins augmentent, elles importations en sel, blé, tabac, sucre, café, vin, ris, huile, fer,, et autres marchandises étrangères , se multiplient. On n'a pas établi de balance exacte entre les exportations et les importations du canton; mais il est certain que ces dernières l'emportent sur les exportaiions : la guerre, la ruine d'Altorf, la perte des pays sujets, et la construction de la route du Simplon , ont été de grands malheurs pour les habitans d'Uri ; il est probable que sans de nouvelles ressources, ils ne pourront se replacer dans l'état de prospérité qu'on les avoit vu atteindre dans le dernier siècle.
§ 8. Etat de l'Instruction et de la Religion.
Les communes sont la plupart trop pauvres pour avoir de bonnes écoles , et plusieurs de ces écoles ne se tiennent qu'en hiver; quelques paroisses n'en ont même point du tout, et se confient dans le curé seul pour l'éducation de leurs enfans ; les parens qui ont quelque fortune font élever leurs enfans hors du canton. On ne trouve dans le pays , ni bibliothèques, ni sociétés littéraires qui méritent une attention particulière; on voit à l'ossuaire d'Altorf deux cristaux d'une rare grosseur, et chez M. le landammann Muller une collection de beaux cristaux du canton.
Le canton a 1 5 paroisses, savoir: Altorf, Burglen , Sillenen , Attighausen , Seelisberg , Sisikon , isenthal , Fluelen , Seedorf, Spiringen, Unterschèchen, Scbadorf, Erstfeld, Vasen et Andermatt. À la tête du clergé est un commissaire ecclésiastique qui relève du commissaire-général de Munster, dans le canton de Lucerne. Les communes élisent ellesim mes les curés et leur tracent leurs devoirs. Outre CCia , il y a dans le canton 3 couvens, Tun de capucins a Altorf, et 2 couvens de femmes, Pun de capucines à Altorf, et l'autre de bénédictines à Beedori : il existe encore à Altorf une vingtaine
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d'ecclésiastiques , la plupart chapelains de familles ou suiïragaus de cures ; en tout, le nombre des ecclésiastiques du canton ; non compris les moines, est d'environ 5o.
§ 9. Cartes géographiques , Plans , Ouvrages à consulter.
La meilleure carte du canton d'Uri est celle de l'atlas de Meyer ; dès-lors il n'a point été Fait d'arpentage dans les petits cantons, et toutes les caries postérieures ne sont que des copies de celle-là -, l'une des meilleures de ces copies est la carte qui est jointe à Falmanach helvétique pour i8o5 ; elle a été rectifiée par Keller et gravée par Scheurman , à Arau. Le relief du général Pfifler de Lucerne renferme une partie du canton d'Uri jusqu'au village d'Amsteg ; le relief de Meyer d'Àrau renferme aussi ce canton , mais sur une échelle un peu plus petite.
L'histoire d'Uri ne peut guère être étudiée séparément de celle des autres petits cantons ; elle a été écrite par Vincent Schmid, d'Uri, qui a publié à Zug , sur ce sujet , 2 volumes in-8 , mais on considère cet ouvrage comme une compilation inexacte. Le tableau géographique et statistique du canton d'Uri, par Normann, est un des meilleurs ouvrages de ce genre. La bibliothèque de Haller et le manuel d'Ebel sont d'excellens guides des voyageurs dans le canton d'Uri-, on peut recommander en outre la lecture des ouvrages suivans qui ont été écrits spécialement sur le canton d'Uri :
Almanach helvétique, pour l'année i8o5.
Pini, Ermeuegildo, osservazioni , etc. ou observations minéralogiques sur la montagne du St.-Gothard.
10. Description particulière des vallées dïUrseren et de la Schèchen.
La vallée d'Urseren a 3 lieues de longueur, sur un quart de lieue de largeur et s'étend depuis le trou d'Uri, ou la roche percée du Teufelsberg, jus-
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qu'au rnont Furca ; la Reuss l'arrose et des montagnes granitiques très-élevées l'entourent et la dominent. Six vallons latéraux aboutissent à la vallée principale qui est seule habitée: elle renferme 35oo habitans et * villages, dont le principal est Àndermatt \ elle est élevée dans la partie la plus basse de 4356 pieds au-dessus de la mer , et doit, être considérée comme l'un des pays habités les plus élevés de la Suisse et de l'Europe ; l'hiver y dure 8 mois , et pendant la moitié des 4 autres mois, on est obligé , pour se garantir du froid , de chauffer les poêles des appartenons. Elle est couverte d'excellens pâturages qui appartiennent aux communes et où Ton fabrique des fromages estimés; le bois y est rare, mais le pays fournit de la tourbe en abondance.
On croit que la vallée d'Urseren doit son nom aux ours qui la fréquentoient autrefois. Ses habitans tirent un grand parti de la roule qui traverse leurs villages, et ils entretiennent 3oo chevaux pour le transport des marchandises; ils parlent allemand, et cependant il paroît certain qu'ils étoient, dans le moyen âge, Rhétiens ou Romans : ils relevoient de l'abbé de Disentis , dans le pays des Grisons et se rendoient chaque année en procession à Disentis , auprès des tombeaux de S. Sigisbert et de S. Placide, ou i eeonnoissance de ce qu'ils dévoient à ces saints leur conversion au christianisme. On doit aux abbés de Disentis la première fondation de l'hospice du Saint-Gothard. Ce ne fut qu'au i4.e siècle qu'il s'établit une communication directe entre la vallée d 1 rsêren et le canton d'Uri , par le moyen d'un pont suspendu sur des chaînes et d'un chemin , ou plutôt d'une espèce desentier dangereux qu'on pratiqua autour du Teufelsberg; ce passage étoit impraticable auparavant : bientôt après les habitans ci l ri et d Urseren firent un traité de combourgeoisie, et il s'établit entr'eux des relations beaucoup plus intimes que celles que les habilans d'Urseren avoient ►ervées avec les (irisons. Un grand nombre de Sui es allemands se fixèrent dans la vallée d'Ursereo et j transportèrent leur langage qui , à la longue.
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a totalement supplanté la langue romane. Les abbés de Disentis, voyant que leurs droits étoient journellement eufreinls , firent la guerre à leurs sujets d'Urseren ; cette guerre longue et cruelle se soutint d'abord avec des succès variés , mais lorsque la vallée Levantine eut été conquise par le canton d'Uri, le pays d Urseren se trouva en quelque sorte enclavé dans ce canton, et il s'y réunit en i4io, laissant à l'abbé de Disentis quelques droits légers dont celuici fut obligé de se contenter , et s'engageant à lui donner chaque année une paire de gants blancs, comme une marque de son ancienne vassalité ; en 1649, il se racheta des droits que l'abbé possédoifc encore, et depuis 1798 il jouit des mêmes privilèges que les autres districts d'Uri*
On trouve dans la vallée d'Urseren plusieurs substances rares en minéralogie et des carrières de pierre ollaire , mêlée de spath pesant: celte pierre est d'un gris verdâtre, et devient noire lorsqu'on l'expose à la chaleur ; on l'exploite pour en construire des fourneaux.
La vallée de la Schèchen est l'une des vallées les pl us riches et les pi us fertiles du canton d'Uri; elle a 4 lieues de longueur , et à peine un quart de lieue 4e largeur; elle se distingue par sa belle population et par de superbes cascades ; elle renferme les deux paroisses très-étendues de Spiringen et d Unterschèchen ; à son entrée, on trouve celle deBurglen, lieu de naissance de Guillaume Tell ; le dernier rejeton mâle de ce nom et de cette famille est mort en i684.