La Tamin ou Tamina ; dans le district de Sar
gans ; elle sort du glacier de Sardona, parcourt la vallée sauvage de Kalfeus , passe près des baius de PfefTers et se jette dans le Rhin à Ragalz.
3°. La Saar ; elle sort du Grauhorn , coule un peu au nord de la Tamina , forme une belle cascade près de Vilters, et se jette dans le Rhin au pied du SchoUherg.
4°, La Sèez , qui , après avoir traversé une grande partie du district de Sargans, se jette dans le lac de "Vallensladt.
5. ° La Linth , qui sort du canton de Glaris, sert de limites au district d'Utznach, et forme les marécages dont nous avons parlé.
6. ° La Thur , qui prend sa source dans le haut Tockembourg près de Vildhaus, et qui, après un cours d'environ 1 5 lieues dans le canton de Saint-Gall, traverse celui de Thurgovie auquel elle donne son nom, et se jette enfin dans le Rhin , dans la partie septentrionale du canton de Zurich.
j.° Le ISecker , qui prend sa source au pied du Hoch-Sentis , et se jette dans la Thur à Lutisbourg, après avoir arrosé dans une longueur de trois lieues une vallée qui porte son nom.
8.°, 9.0 et io.°. La Glatt, la Sitter et la Goldach, qui sortent du canton d'Appenzell et vont se réunir les deux premières à la Thur, et la Goldach au lac de Constance.
1 1 ,° La Steinacli , qui passe à Saint-Gall et se jette dans le lac de Constance , près du village qui porte son nom.
Toutes ces rivières sont quelquefois enflées par les pluies et par la fonte des neiges , au point d'inonder leurs bords et d'y occasionner de grands dommages.
Les lacs principaux du canton de S.-Gall sont ceux de Constance et de Zurich qui ne lui appartiennent qu'en petite partie, et celui de Vallen ou de Vallenstadt , dont les quatre cinquièmes au moins sont entourés par les districts d'Utznach et de Sargans. Ce lac est très -profond et a quatre lieues de longueur sur une lieue de largeur } il est presque partout en-
touré de rochers à pic , et n'offre guères de rades} assurées qu'à "Vesen, à Mulliborn et près de Vallenstadt ; la navigaûon y est dangereuse , d?autant
{dus qu'il est exposé à de violentes tempêtes ; mais eshabitans du pays connoissent la nature et la direction des vents qui l'agitent , ce qui les met en état de donner d'utiles conseils aux voyageurs ; le plus dangereux de ces vents est celui du nord que l'on appelle Blâtliser ; il frappe avec une violence prodigieuse les rochers qui sont au midi du lac et se réfléchit sur ce lac où il élève des vagues énormes. Le lac de Vallenstadt est remarquable par la beauté toute particulière des aspects qu'il présente ; il sert à transporter les marchandises qui viennent du nord de la Suisse et de l'Allemagne et qui traversent les Grisons pour se rendre en Italie, ou réciproquement celles qui passent par la même route de l'Italie en Suisse et en Allemagne.
lies trois petits lacs de Marg , à quatre lieues audessus du village de ce nom , près des frontières du canton de Glaris , sont entourés de rochers et de forêts \ dans le plus bas des trois est une île plantée d'arbres et près de là une cascade ; ces lacs sont gelés jusqu'au mois de juillet; on y trouve des truites en abondance.
Le lac de Vild , sur le Grauhorn , à trois lieues au-dessus de Yilters , est presque toujours gelé ; on trouve dans le haut Tockembourg le lac de Greppelen , les deux lacs de Schwendi et un second lac de Vild \ il existe encore quelques autres petits lacs dans diverses parties du canton.
§ 4. Produits du pays.
Les bêtes à cornes ne sont pas également répandues dans le canton, mais en tout leur nombre est considérable ; on remarque une grande variété dans leur conformation , cellesdu district de Saigans sont petites; celles du haiu Tockembourg ressemblent à celles d'Appenzell ; on fait peu de fromages gras avec leur lait , parce que le beurre eal d'une vente
plus facile et plus avantageuse. Le district de Sargans nourrit un grand nombre de moutons ; chaque année, au printemps, il en achète de grands troupeaux dans les Grisons et il les revend en automne ; la race en est petite et la laine de moyenne qualité ; on la coupe deux fois par année Les chèvres abondent aussi dans le district de Sargans, et elles appartiennent surtout aux habita ns pauvres du pays; elles étoient autrefois nombreuses dans le haut Tockembourg, mais leur nombre diminue chaque année, et on les remplace par des vaches.
A Saint-Gall, on entretient un petit troupeau de chèvres , en considération des malades qui font uq grand usage de leur lait.
On élève beaucoup de chevaux dans le district de Sargans , mais la race en est petite, ceux du district d'Ulznach , qui paissent dans les marais, sont sensiblement plus beaux. Dans les autres districts on n'en élève pas suffisamment pour les besoins du pays.
Dans tous les chalets de montagne et chez la plupart des paysans on trouve des cochons, mais ils ne sont pas,assez nombreux pour former des troupeaux , excepté dans le district de Sargans.
Quelques communes des districts de Sargans et dw Bhinthal élèvent des escargots que les catholiques achètent en hiver pour s'en servir comme d'une nourriture maigre.
Un grand nombre d'ours hahitoient autrefois le canton de Saint-Gall : ils étoient familiers avec S. Gall suivant la Légende ; mais à présent ils ont disparu du pays, ainsi que les loups , les cerfs et les chevreuils. Les lacs et les rivières abondent en poissons; quelques espèces y arrivent de l'Océan , en remontant le Rhin. On trouve aussi sur les lacs plusieurs sortes de canards ; les bécasses sont communes dans les grands marais, au printemps et en automne. Les montagnes qui entourent le làé de Yallenstadt sont la retraite des vautours de la plus forte espèce; ces oiseaux redoutables viennent en hiver , jusqu'au village d'Ammon : ou en a vu un enlever , un jour , un gros chien qu'il porta sur un rocher élevé où il le déchira tout à son aise et en fit sa pâture.
Les jpràÎFÎes , dans la partie montagneuse du canlon , sont bien soignées *, mois dans les plaines on les néglige souvent pour s'occuper exclusivement de la culture des champs : dans les districts de Sargans et du Rhintal, on recueille du maïs qui est peu connu dans les cantons voisins. L'agriculture a fait de grands pas dans ces districts, depuis qu'on y a partagé plusieurs communaux. Les pommes de terre ; qui étoient presque inconnues dans le canton il y a un demi siècle, sont à présent plantées partout en grande abondance. Les Saint-Gallois cultivent beaucoup de fruits, sur-tout dans le district de Rorschach ou les prés el même les champs sont garnis d'arbres fruitiers; ils sèchent les fruits ou en font du cidre qui est leur boisson la plus ordinaire : dans le Rhintal, plusieurs particuliers n'ont d'autres propriétés que quelques arbres fruitiers, plantésau milieu des biens communaux. Les cerisiers abondent dans les montagnes où Ton recueille leurs fruits pour en faire de l'eau de cerises. On trouve des vignobles dans la plupart des districts du canton, mais surtout dans le Rhinthal où l'on avoit déjà commencé à en établir dans le lo»6 siècle; le vin qu'on en retire est bon , mais ne se garde pas : le vin rouge qui croit sur le Bouchberg , dans le Rhinlhal , passe pour le meilleur de la Suisse allemande. Le district de Sargans a aussi un assez grand nombre de vignobles qui donnent du vin rouge, l^a police des forêts a été long-temps négligée par le gouvernement , aussi le bois est-il rare dans une partie des districts de Gossau , de Rorschach , du Rhinlhal , de Sargans et du Tockembourg. Sargans a à la vérité, dans ses montagnes, des forêts immenses, mais il est difficile et coûteux d'en tirer le bois; en revanche , le district d'Ulznaeh exploite régulièrement ses bois qui sont considérables el qui lui font faire un commerce avantageux avec Zurich. Les forêts du canlon se composent surtout de pins et de sapins , mais on y trouve aussi des mélèzes et des hêtres ; les chênes y sont rares. La tourbe est commune dans la plupart des districts du canton.
Il existe de liches el belles mines de fer dans la
STATISTIQUE DE LA SUISSE. ZfS
montagne de Gonzen , à deux lieues de Sargans et au-dessus du village de Fliïms: plus d'un siècle s'est écoulé depuis qu'elles ont été ouvertes ; mais dès 1787 diverses circonstances les ont fait négliger. A Oberkirch, dans te district d'Utznach , onexploiie du charbon de pierre qui se vend à Zurich ; on trouve dans les bancs de ce charbon des troncs d'arbre tout -à -fait bien conservés. I! existe d'excellentes carrières de grès dans le Rhin thaï , et les pierres qu'on en relire et qu'on y travaille sont un objet important d'exportation.
Parmi les bains du canton, il faut distinguer ceux de Pfeffers qui jouissent d'une réputation étendue, et qui sont placés dans une situation sauvage et singulière et dans une gorge qui est parcourue par la rivière impétueuse de la Tamina. La source de ces bains fut découverte par un chasseur, dans le i3.e et suivant d'autres dans le 1 1 .e siècle ; au commencement les étahïissemens faits par les baigneurs éloient mauvais et le chemin pour arriver aux bains étoit pénible et même dangereux ; voici de quelle manière Daniel-l'Hermite parloit de ces élabiissenieus vers l'an j6o2 (1) : « Ces bains, dit-il , d'un v aspect et d'un abord effrajans , bâtis dans les gorges r> d'un précipice épouvantable, au milieu d'un gouffre » infernal , sont perpétuellement ébranlés par la )) chute d'un torrent qui tombe avec fracas sur les rocs )) voisins et toujours arrosés par la poussière des » ondes brisées ; il paroît que J'horreur du site ne )) nuit point à leur fréquentation , puisque les ina- )> lades s'y transportent en grand nombre ». En i63o, on conduisit la source ,sur une longueur de 600 pas , dans un endroit où le rocher s'élargit un peu , et l'on y bâtit des cabanes ; au commencement du i8.e siècle l'abbé du couvent de Pfeffers fit sauter des rochers pour agrandir la place des bains et fit construire la grande et la petite maison des bains , qui existent encore et qui peuvent réunir ensemble
(1) Voy* Conservateur suisse. Tome 7, p, 82.
au-delà de 3oo baigneurs. La source donne, par minute i4oo pintes ou mesures d'eau, qui esta 3o.° de Réaurnur, au moment où elle sort de terre et à 29. 0 lorsqu'elle entre dans la maisons des bains. Cette eau est sans odeur, sans goût et sans couleur ; elle sert aussi comme boisson , et elle se vend hors des bains et même hors de la Suisse : on s'est assuré, d'après une expérience de plusieurs siècles, qu'elle est bonne pour la guérison de plusieurs maladies chroniques , des humeurs, des acretés , des tumeurs et des obstructions. Les paysans des environs accourent de toutes parts aux bains de PfefFers, et y passent ordinairement du samedi au lundi , demeurant pendant ce temps presque toujours dans le bain, afin de provoquer la transpiration et la sueur ; ils se font aussi ventouser. Le temps des cures commence au milieu de juin , et finit dans les premiers jours de septembre. On ne voit , dans cet endroit , le soleil que pendant deux ou trois heures delà journée.
Il y a clans le canton de Saint-Gaîl plusieurs autres sources d'eau minérales, mais toutes moins connues que celles de Pfeffers. Les bains de Kobelvies , dans le Rhinthal , sont employés contre les fièvres que produisent les exhalaisons des murais du Rhin. Il existe près de Sargans une source d'eaux soufrées
§ 5. Histoire,
Le monastère de Saint - Gall fut fondé sous les auspices de Pépin de Héristal , maire du palais en France, à la fin du 7 e siècle; on lui donna le nom de l'Ecossois Saint- Gall qui avoit bâti un hermitage sur les bords de la Sleinach et qui étoil mort à Arbon, en 64o. Le premier abbé du monastère de Sainl-Gall, nommé Oihmeyer , établit une école dans laquelle les connoissances , qui disparoissoient ailleurs de la surface de 1 Europe , se conservèrent pendant trois siècles les religieux atiiroient des artistes dans leur couvent , ilb achetaient les chefsd'œuvre des arts de l'Italie et de l'Orient , ils cullivoient les mathématiques , Ja musique et la poésie 7
dès le g.e siècle ils formèrent une bibliothèque qui fut bientôt l'une des plus considérables du monde connu; c'est d'elle dont on a tiré ce qui nous reste des ouvrages de Quinliîien , de Pétrone , de Siiius Italicus, de Valérius Flaecus, d'Ammien Marceîlin, d'Asconius, de Victorinus et de Porphyrion , divers traités de Cicéron et des poésies allemandes des io.e, n.€, i2.e et i3.c siècles, rédigées par Maness. L'école de Saint-Gai l servoil à l'éducation des fils des princes , des rois et des empereurs: elle donna naissance à plusieurs savans , et au commencement du t!.e siècle elle fournissoit encore d'habiles professeurs à l'Allemagne et à la France ; mais depuis ce temps les abbés ayant toujours été des chevaliers ou de grands seigneurs, les sciences abandonnèrent cet asile pour faire place au génie de la guerre et des conquêtes. En i2o4, l'abbé Ulrich , baron de fïohensax , reçutdel'empereur Philippe letitredeprincedempire, titre que ses successeurs ont toujours porté , et dèslors , jusqu'au i5 e siècle, les moines ne cessèrent de prendre les armes même d'après les plus légers prétextes. Le territoire de l'abbaye s'accrut considérablement , il comprit le pays appelé ancien domaine , qui s'étendoit depuis le lac de Constance jusqu'au bas Tockembourg et qui avoit 9 lieues de longueur sur 4 à 5 de largeur , le comté de Tockembourg et divers districts dans la Thurgovie et le Rhintal ; on y compta 100 mille habitans ; l'abbé possédoit en outre les seigneuries de Neu-Ravensbourg et d'Ebringhen, en Souabe, outre plusieurs villages du comté de Breghentz : au moment de la réformation ses sujets de l'ancien domaine s'insurgèrent et expulsèrent les moines, mais dès l'an i532, ils furent ramenés sous le joug : au commencement du i8.e siècle le Tockembourg fut le théâtre d une insurrecliou générale; et cet événement entraîna une guerre civile qui agita toute la Suisse ; de nouveaux soulèvemens éclatèrent dans l'ancien domaine, en 1795, et enfin la révolution de 1798 priva l'abbaye de ses droits de souveraineté ; l'obstination de l'abbé Pancrace "Vorster fut cause de l'entière suppression du monastère, en i8o5«
5j 3 STATISTIQUE DE LA SUISSE.
Quant à !a ville de Sainl-Gall , elle s'est formée successivement des habitations isolées qui avoient été construites autour de l'abbaye; au io.e siècle, ses ha bilans furent repartis en tribus ou corporalions. Ils se rachetèrent de la servitude des moines et obtinrent diverses franchises des empereurs d'Allemagne ; dès-lors ils luttèrent fréquemment contre les abbés, et dès l'an i5Gj une hante muraille les sépara de l'abbaye , mais ce ne fut qu'à la fin du i7.e siècle que leur indépendance civile et politique fut assurée par un traité. En i454, la ville de Saint- Gall s'étoit alliée avec 6 cantons et avoit reçu le titre d'alliée des Suisses et le droit d'envoyer aux Diètes un député : en 1798, elle est devenue le cheflieu du canton qui porte son nom , et ce canton a reçu en i8o3 des accroissemens considérables.
§ 6. Constitution politique j Revenus de UEtat*
L'exercice libre et illimité des cultes catholique et réformé est garanti dans le canton. Chaque parti reltgionnaire soigne séparément , sous l'inspection et la sanction de l'état , ses affaires religieuses , matrimoniales et ecclésiastiques, l'administration des couvens et l'éducation publique. Le canlon est divisé en 8 districts: savoir, la ville de Saint-Gall, Borschach , Gossau, le Tockembourg supérieur, le Tockembourg inférieur , le Rhinthal, Sargans et Utznach. — Ces 8 districts sont divisés en 44 cercles et ceux-ci en communes.
Le droit de cité cantonal est accordé par un décret du grand conseil. — Pour exercer les droits politiques dans les assemblées de cercle et de commune, il faut être ci love n du canton , avoir accompli 2 1 ans , ii'être ni failli . ni assisté, ni flétri parmi jugement, ni sous tutelle, et payer l'impôt d'une propriété d'au moins 200 francs de Suisse.
Chaque commune nomme un conseil communal f composé d'un syndic et de 4 à 12 membres qui restent 6 ans en place , sont renouvelés par tiers tous 1rs 2 ans et peuvent être réélus; le conseil communal surveille la police locale , la perception des impôts et l'administration locale.
STATISTIQUE DE t.k SUISSE. 079
La ville de Saint-Gall, en considération de sa position et de ses rapports particuliers, a une organisation judiciaire et administrative spéciale, et en outre un tribunal de commerce particulier.
Jl y a dans chaque cercle un tribunal, composé d'un syndic de cercle et de 4 juges assesseurs qui prononcent en matière civile et de police.
il y a dans chaque district un préfet qui est nommé par le gouvernement dont il est l'organe ; il surveille l'exécution des lois et des arrêtés dans son district.
Un grand conseil, composé de i5o membres, exerce te pouvoir souverain ; il s'assemble régulier rement deux fois par an > à Saiui-Gall : la durée ordinaire de ses sessions n'excède pas un mois , mais elle peut être prolongée par le petit conseil.
Le grand conseil accepte ou rejette les projets de loi que le petit conseil lui propose ; il se fait rendre compte de l'exécution des lois et des décrets \ il reçoit et arrête les comptes de l'état ; il fixe les salaires et le nombre des fonctionnaires publics ; il autorise la perception des impôts ; il nomme les députés à la Diète et les munit d'instructions ; il exerce le droit de grâce \ il nomme, de 2 ans en 2 ans, 2 chefs de l'état, pris dans le petit conseil et appartenant aux deux confessions ; ces chefs portent le litre de landammanns ; chacun d'eux préside pendant une année le grand et le petit conseil.
Un petit conseil 3 composé au moins de 9 membres, tirés du grand conseil, est chargé du pouvoir exécutif.
En matière civile le canton a des tribunaux de première instance dont les membres sont indemnisés par les parties qui plaident : il a aussi des tribunaux de district; Un tribunal d'appel de i3 membres juge en dernier ressort toutes les causes.
Quanta la composition des tribunaux de district, dans les districts mixtes du Tockembourg supérieur, du Tockembourg inférieur, du Rhinlhai et de Sargans, il est réglé que le parti religion-» aire i auquel appartient la majorité de la population , donne un menbre de plus que le parti de la minorité»
ÔuO STATISTIQUE DE LA SUISSE*
Le parti religionnaire, dont la population est la plus considérable, a toujours, soit dans le petit conseil, soit dans le tribunal d'appel, un membre de plus que le parti qui est en minorité.
Pour être éljgible au conseil communal ou à une administration municipale, il faut avoir 25 ans au moins et payer l'impôt d'une propriété de 5o francs. — Pour entrer au tribunal de cercle, il faut avoir atteint l'âge de 3o ans et payer l'impôt d'une propriété de 800 francs.
84 places du grand conseil appartiennent aux catholiques et 66 aux réformés. Les nominations se font en trois séries ; la première comprend 5 1 membres, nommés immédiatement par les cercles électéraux , la seconde, 49 membres choisis par les corps électoraux de district ; la troisième, 5o membres nommés par le grand conseil lui-même, sur la proposition d'un collège électoral cantonal. — Les membres du grand conseil doivent avoir au moins 3o ans; ils ne sont élus que pour 3 ans , mais ils sont toujours récîigibles. — Les membres du petit conseil sont nommés par le grand conseil pour 9 ans ; leur renouvellement s'opère par tiers , et les membres sortans sont toujours rééiigihles. — Pour être éligible au petit conseil, il faut payer l'impôt d'une propriété de 6000 francs. — Les mêmes règles s'appliquent au tribunal d'appek
Les tribunaux de districis sont composés de membres qui sont nommés par le petit conseil pour 9 ans et inéligibles ensuite; il doivent payer 1 impôt d'une propriété , valant au moins 2000 francs.
Les revenus de l'état proviennent de ses rentes foncières, des dîmes , des domaines nationaux, des douanes , des péages , de la vente du sel , de la poste, des patentes des cabaretiers et des aubergistes et enfin d'un impôt sur les fortunes.
§ 7. Industrie , Commerce , Poids et TMesures.
La plupart des habitans du canton s'occupent du soin des troupeaux ou de l'agriculture \ ceux de
Saint-Gall font un commerce considérable : dès le i3.e siècle ils faisoient des loiles ; l'émigration des fabricans qui quiilèrent Constance à l'époque du concile de l'an i4 ! 4, augmenta tellement leur nombre qu'ils Turent obligés^d'agrandir leur ville, qui devint un centre d'activité dont l'influence s'étendoit jusque dans la Souabe et dans les montagnes de Breghentz ; ils occupoient 3o ou 4o raille brodeuses vers la fin du i8.e siècle -, mais ils se réservoient à eux-mêmes les broderies précieuses , et il n'est pas rare de voir sortir de leurs mains des pièces de mousseline brodées en or ou en argent , -qui sont du prix de 60 louis la pièce. Les villes de Piorschacb , de Rheinek et d'Altstetteu méritent aussi d être citées sous le rapport de leur industrie manufacturière ; autre fois le commerce des toiles de lin étoit le principal du pays , à présent c'est celui du coton écru , des mousselines et des toiles de coton ; la principale fabrication a lieu dans le canton d'Appenzell et daus une partie du bas ïoekerabourg ; Saint-Gall et Rorschach ont de belles blanchisseries; les femmes brodeui la mousseline dans la plupart des districts, on file du coton dans le Too kembourg et dans une partie du pays d'Utznacb et du Rhinthal, mais surtout dans le district de Sargans ; à Saint-Gall et à Rappei schviï on a établi des machines pour le filage de coton. On fabrique beaucoup de mouchoirs de poche dans le haut ïoekembourg ; il existe à Rorschach une blanchisserie pour la cire . et à Mels une verrerie. Il est inutile de répéter ici que les manufactures du canton ont beaucoup souffert dans ces dernières années.
La livre de 20 onces est employée dans le canton pour la plupart des marchandises , excepté dans le district de Sargans où on se sert d'une livre de 24 onces.
Le pied du Rhin est en usage dans le canton comme mesure des longueurs; la toise pour le bois a 6 pieds de bauteur et de largeur et 18 pouces de profondeur ; la toise pour le foin est un cube de 6 pieds et un pouce eu tout sens. Les mesures pour les graines et pour les liquides sont les mêmes que celles du canton dàppenzelL
STATISTIQUE DE LA SUl'SSF.
§ ci* Etat de l'Eglise et de V instruction publique > Hommes célèbres.
La religion du canton est mixte , cependant les catholiques forment le plus grand nombre, à peu près dans le rapport de 84 à 66 , ils relèvent de l'ancien cvêché de Constance, et à présent du vicaire-général de Munster , excepté ceux du district de Sargaus qui relèvent de Pévèché de Coire , il existe i6couvens tant d'hommes que de femmes dans le canton; ces cnuvens appartiennent aux ordres de St. Benoit, de St. Bruno , de Giteaux , de Si Dominique el de St. François, et sont situés à Pfeffers, à Mels, à Rapperschvil , à Vyl, à Magdenau dans le bas Tockembourg , à Vurmspaeh près de Rappersehvil , à Ste-V ieborata el à ISoîkersegg près de Saint-Gall, à Gîatthourg près de Buren , à Sion au-dessus d'Utznach , à \ eseu , a Sainte- Marie des Anges près de "Vatvy-1, à Sainte- Schoiaslique près de Rorschach et à Saime-Marie du Secours près d'Altstetten , on trouve, aussi près de Schànnis , un couvent de dames nobles..
L'abbaye de Pfeffers a été fondée en 720, et suit la régie de saint Benoit ; toute la vallée de la Tamina , le bourg de Ragatz et un grand nombre de domaines lui appartenoient autrefois , et elle en a été souveraine jusqu'en 1798; les batimens actuels de l'abbaye datent de l'année i665.
ï^e clergé réformé du canton de Saint-Gall est divisé en trois chapitres , savoir : ceux de Saint-Gall, du Tockembourg , et du Rhirithal; les paroisses protestantes du district de Sargans relèvent de ce dernier; ces trois chapitres forment un synode qui se réunit toutes les années une fois à Saint-Gall , sous la présidence de Vantisées ou du chef du clergé, qui est élu par le synode entre tous les membres du clergé. Le conseil de l'Eglise réformée se compose de l'antistes , de deux membres du gouvernement et ce quatre ecclésiastiques. Les reformes ont aussi un consistoire Ôarflcfultèï composé :1e membres laïques et de membres ecclésiastiques. La bonne intetlig
qui règne entre les Catholiques et les réformés est telle , que souvent ils célèbrent tour-à-tour leur culte clans une seule et mente église.
Le gouvernement s'occupe à perfeclionner les écoles et a déjà obtenu des succès ^ous ce rapport ; il existe à Vyl , à Lîcbtensteig , à Rappeischvil ,à Ahstetten, à Rheinek, à Rorschaeh , à Sargans, à Vallenstadt et dans plusieurs autres communes des écoles où Von enseigne le latin , le François , la géographie el l'histoire; à Sainl-Gail on trouve un collège et une école supérieure, où les jeunes gens qui se destinent à la carrière ecclésiastique peuvent faire toutes leurs études ; les amateurs des lettres et des sciences peuvent aussi y profiler des deux bibliothèques publiques, de la ville et de l'abbaye, et des réunions connues sous le nom de Société de la bibliothèque et de Société littéraire. Saiut - Gall a produit quelques hommes distingués et e ni r'a titres Joachim de Vatt ou Vadianus . homme d'un .génie universel , qui a écrit sur diverses matières de droit et de théologie, qui (ravailla à l'établissement de la réformation , et qui mourut en 1 55 1 , et Jean-George Zolîikofer , orateur célèbre , qui s'établit à Leipsick où il mourut en 1788 ; ce dernier a laissé 7 volumes de sermons et 2 volumes de Considérations philosophiques sur l'origine du mal ; le Rhinthal à donné naissance au médecin Jaques Ruef , qui a composé le premier , au commencement du 1b.6 siècle , des ouvrages dramatiques en langue allemande ; il fit représenter la plupart de ses pièces de théâtre sur la grande place de Zurich; le recueil de ces pièces a paru en i552; Vildbaus , dans le haut Tockembourg, est la patrie du célèbre réformateur Zwingle : on doit au pays de Verdenberg , Rodolphe de Montfort , l'un des meilleurs poètes du i3.e siècle, qui est aussi l'auteur d'une Chronique universelle.
§ 9. Cartes géographiques y Ouvrages à consulter.
La meilleure Carte du canton de Saint-Gall est
celle quî est jointe à l'alinanach helvétique , pour l'année 1808; on a une carte excellente du Rhinthal , qui a été faite aux frais de M. Custer , par M. Feer de Zurich ; elle accompagne une histoire de ce pays, ainsi qu'une description statistique et topographique de ce pays, qui a été publiée à Saint- Gall en i8o5. L'almanach helvétique de 1808 renferme une bonne statistique du canton de Saint-Gall.
§ 10. Description particulière du Canton.
La ville de Sainl-Gall , chef-lieu du canton , est située entre deux montagnes , sur la petite rivière de la Steinach ; elle a 9 à 10 mille habitans qui sont presque tous occupés du commerce et des manufactures , ce qui fait peut-être qu'ils négligeut un peu trop les lettres; cependant, comme on 'a vu, ils ne manquent pas de ressources d'instruction. D'immenses blanchisseries entourent la ville; sur les mon. tagnes voisines ou jouit de belles vues qui s'étendent bien au-delà du lac de Constance. Près de Sainl- Gall , la Steinach forme plusieurs cascades , vers lesquelles on a établi des moulins; d'un autre côté de la ville , dans un endroit appelé sur le Brulil , est une }olie promenade , qui n'est pas établie depuis un grand nombre d'années. Tous les samedi il se lient un marché dans la ville, et toutes les années deux foires importâmes qui durent chacune huit jours ; a peu de dislance de Saint-Gall , on voit sur la Silter un pont neuf, qui est l'un des plus beaux pouls de la Suisse ; on jouit d'une vue charmante au château de Dottenvil à une lieue et demie de Saint-Gall.
Dans le district de Rorschaeh on remarque Saint- Fiden , petit village fort bien bâti , a un quart de lieue de Sainl-Gall, dans la vaste commune de Tablai ; c'esl-là où s'assemble le tribunal du district , en alternant chaque mois avec Rorschaeh ; cette dernière ville, située au bord du lac de Constance a un port excellent , le plus sûr et le plus fréquenté de tout le lac, elle est commerçante et industrieuse et possède des fabriques de mousseline, des blanchis-
Séries et des imprimeries de toiles , on admire son beau bâtiment pour les blés , qui a été construit en 1767 ; son marché aux blés , qu'elle tient chaque semaine , passe pour le plus considérable de la Suisse ; plusieurs négocians aisés possèdent de belles maisons dans cette jolie petite ville. Le district de Rorschach renferme encore divers villages bien bâtis , de jolies maisons de campagne et d'anciens châteaux.
Dans le district de Gossau , on remarque Gossau grand et beau village , et la petite ville de Vyl qui reçoivent alternativement le tribunal du district ; Vyl jouissoit autrefois d'un grand nombre de privilèges qui contribuoient à sa prospérité ; ou voit çà et là dans le district des ruines d'anciennes villes.
Le ïockembourg , vallée étroite de douze lieues de longueur , est arrosé par la ïhur ; il est séparé du canton d'Appenzell, du Rlunthal et des pays de "Verdenberg et de Gaster par de hautes montagnes ; la chaîne de l'Àllmann lui sert de limites du côté du canton de Zurich ; on y remarque quatre couvens , deux prévôtés et trois châteaux : dans le bas Tockembourg on remarque les villages de Mosnang et de Floveil y où siège alternativement chaque semaine le tribunal du district. Près de Mosnang sont les ruines du vieux Tockembourg , château que la légende de la comtesse Ida a rendu célèbre ; Henri de Tockembourg, époux de cette dame, la fit précipiter en 1 180 dans les fossés de son château , parce qu'il avoit vu l'anneau nuptial de la comtesse entre les mains d'un de ses vassaux; il fit atteler celui-ci à la queue d'un cheval qui le traîna sur des rochers ; il découvrit ensuite que le voleur de la bague étoit un corbeau qui l'avoit prise dans une chambre de la comtesse où il étoit entré par une fenêtre. Ida avoit été préservée dans sa chute par des broussailles \ elle avoit passé la nuit dans une forêt voisine du château et s'étoit retirée dans le couvent de Fischingen ; son époux avant reconnu ses torts , la supplia de retourner auprès de lui , mais elle ne voulut point quitter l'asile où elle avoit trouvé le repos.
Flovéil se distingue par la beauté de ses manufactures de mousseline et de coton.
Dans le district du haut Tockembourg on voit Lichtensteig , petite ville un peu sombre 7 bâtie sur une bauteur , au-dessus de la Thur ; elle est le centre d'une société de lecture , dont les membres sont dispersés dans le pays; plusieurs villages de ce district se sont enrichis par leur industrie manufacturière.
Le Rhinthal est une vallée fertile qui possède des vignobles considérables ; elle a huit lieues dans sa plus grande longueur et trois dans sa plus grande largeur ; la moitié à peu près de sa population est catholique et l'autre moi ié réformée; en 1796 , suivant Ebel , on y comptoit 22,006 habita ns ; d'après des dénombrement postérieurs , le nombre des hommes portant armes s'est trouvé de 6724;dansle i3.e siècle, le Rhinthal apparienoit aux comtes de Verdenberg qui le cédèrent à l'Autriche en 1096; les Appenzellois le conquirent en i4o5 , et l'abandonnèrent en i4o8, pour le reconquérir en i46o et l'abandonner de nouveau en 1490; enfin , dès l'an i5oo? ce pays a appartenu aux cantons de Zurich, de Lu cerne , de Schwitz, de Gîaris , d'Uri > d'Undervaïd , de Zug et d'A ppenzell , auxquels on joignit en 1712 celui de Berne; de nos jours y il a été réuni d'abord au canton de Sentis et ensuite à celui de Saint-Gaîl ; la réformation y fut introduite en i5'i8. Autrefois le lac de Constance occupoit une grande partie du Rhinthal; du temps de Strabon et même de celui d'Ammiea Marcellin, toute la vallée du Rhinthal étoit couverte de marais, au milieu desquels le Pihin se frayoit un passage; rnainlenant, il n'est aucun district dans le canton qui ait autant de jolies maisons de campagne et de villages qui annoncent l'aisance et le bien-être. Rbeinek est une petite ville bien bâtie , au bord du Rhin , à une lieue de l'embouchure actuelle de ce lleuvc dans le lac de Constance ; elle est industrieuse et commerçante , elle a plusieurs manufactures et tire un grand bénéfice du transit des marchandises qui vont d'Allemagne en Italie par les Grisons, ou vice versâ. Altstetten, placée sur le penchant d'une
montagne est aussi une ville industrieuse , elle a une belle église qui sert pour les deux religions ; prés de la ville est un couvent de femmes.
Vers le commencement de ce siècle un particulier > nommé J. Ritz , consacra sa bibliothèque à l'usage de tous les habita ns du Rhinthal ; dès-lors elle a été augmentée par des dons , et M. Custer a fait construire à ses frais un bâtiment pour la loger.
Sargans est une petite ville au pied du Schollberg ; la plupart de ses maisons sont en bois ; le château de l'ancien comte est placé sur une hauteur, d'où l'on jouit d'une belle vue; entre cette ville et Vangs, on observe une élévation du sol qui paroît presque insensible, mais qui n'en est pas moins le seul boulevard qui empêche le Rhin de se porter du côté, des lacs de Vallenstadt et de Zurich , au moment où il s'avance du côté de Vangs ; celte élévation s'appelle le Boutschar ; M. Escher , président des travaux de la Lin t. h , s'est convaincu en 1808 que si le Rhin s'éievoit seulement de 19 pieds et demi au-dessus de son niveau ordinaire, il passeroit par-dessus le Boutschar; or, il éiève .continuellement son lit , en sorte qu'on peut craindre qu'à moins de nouvelles précautions il ne tarde pas à reprendre la. route qu'il paroît avoir suivie dans un temps très- reculé , et dont il reste des traces dans les pays de Sargans , de Gaster et d'Utznach.
Le bourg de Ragatz, à un quart de lieue du Pihin^ est exposé aux ravages de la Tamina ; la vallée de Kalfeus est arrosée par cette même rivière qui y prend sa source ; elle est inhabitée maintenant , mais on y a trouvé des traces d'un village, ainsi que des ossemens humains qui paroissent avoir appartenu à des géants; le docteur Ebel remarque que les habitans des val'lées voisines sont encore d'une taille remarquable , il a mesuré en 1791 le nommé Melchior ïhut qui avoit ? pieds et 3 pouces ; plusieurs habitans de la vallée de Tavetsch , qui est voisine de celle de Kalfeus, ont plus de 6 pieds.
Verdenberg, petite ville du district de Sargans, est remarquable par son ancien château, berceau de
l'illustre maison des comtes de Verdenberg ; les liabilans du pays sont réformés ; ils vivent du produit de leurs Alpes et de leurs arbres fruitiers \ ils tilent aussi du coton pour les fabriques d'A ppenzeil et de Saint-Gall. Le couvent et les bains de Pfeiïers , d'anciens châteaux et quelques ruines méritent l'attention dans ce district. La petite ville de Vallenstadt est située au pied des monts Sichelkamm et Ochsenkamm, à 10 minutes du lac qui porte le même nom qu'elle, dans un pays marécageux et mal-sain : ses rues sont boueuses et mal-propres du côté du lac; on y trouve diverses plantes de marais , telles que l'acorus calamus, le ranuneuiuslingua et lelimosella aqualica; en 1799 un incendie, occasionné par l'imprudence d'un soldat , consuma presque toute la ville ; 33 hommes qui étoient accourus du fond du pays de Sargans, pour aidera éteindre les flammes , furent écrasés sous les ruines d'un bâtiment.
Pvappersclîvil , dans le district d'Utznach, est dans une position chai mante, au bord du lac de Zurich; cette ville a un bon port et un pont de 1800 pas de longueur sur 12 de largeur, qui traverse le lac ; on voit sur une hauteur l'église paroissiale et le château des anciens comtes de Rapperschvil ; au bout du lac on trouve un couvent de capucins. Rapperschvil alterne chaque mois avec Utznach pour la tenue du tribunal du district. Uiznach est bâti sur une hauteur , au pied de la montagne d'Utzna , à trois quarts de lieue des bords du lac de Zurich et au milieu d'une plaine couverte de prairies fertiles. Le pays de Gaster, qui s'étend sur le bord du lac de Vallenstadt a 8 à 9 lieues de longueur sur 3 de largeur ; îla appartenu jusqu'en 1798 aux cantons de Schwitz et de G'aris qui y envoyoient des baillis pour le gouverner.