‹ Statistique de la SuisseChapitre 41 sur 46 · CANTON ET PRINCIPAUTÉ DE NEUCHATEL · texte numérisé non relu

CANTON ET PRINCIPAUTÉ DE NEUCHATEL

§ i. Situation , Etendue, Climat, Population.

L, canton de Neucbatel est borné à Test par le canton de Berne et par ie lac de Neucbatel , au sud par ce lac et par le canton de "Vaud, à l'occident par la France, et au nord par la France et par le canton de Berne; sa longueur moyenne est de 8 à 9 lieues, sa largeur de 4 à 5, sa surface de 36 lieues carrées et 38o millièmes , ou d'environ 256 mille poses du pays, il se compose de trois sortes de terrains trés-différens les uns des autres et en quelque sorte de trois sortes de climats; la région des vignes qui est étroite et qui s'élève des bords du lac jusqu'à 4 ou 5oo pieds de bauteur ; la région des cbamps qui comprend les grandes vallées du canton et dont l'élévation n'éxcède pas 1200 pieds, et la région des pâturages qui renferme les vallées les plus élevées et les cimes du Jura,

Le climat est tempéré dans la région des vignes; mais les montagnes sont entourées d'un air froid qui s'oppose à la maturité des fruits et de la plupart des grains; au village de la Brévine , qui est le plus élevé du pays, on éprouve des froids de 28 et même de 3o degrés de Réaumur. Dans les mois d'été le tbermomètre tombe souvent, même dans les parties les plus basses du canton, à 3 ou 4 degrés; dans les journées les plus cbaudes il s'élève le soir un vent frais connu sous le nom de Joran, qui descend de la moniague et qui rase la surface du lac; ce vent nuit à la .santé et à la beauté des personnes délicates; il prive les biibitans de ces belles soirées d'été qui font le cbarme des pays tempérés. Les montagnes

STATISTIQUE DE LA 8rîsSEt

a mi-avril Souvent en automne 1rs habfiam dei plaines ou des .allées n'aperçoivent pas [e soleil S souvent du froid, tandis que eux <ies momagnw joutent dan temps serein et d'une tenipén agréable; ,1s voyent les cimes des Alpes par-dessû, les brouillards, et ces brouillards leur offrent le spectacle d une mer en tourmente.

Le lac de Neucbatel est élevé de i3ig pie k ei les plus hautes montagnes du canton d'envii m 5 . pieds au-dessus de la mer. La ville de Neu< est située au bord du lac vers ï'emhouchm e ,iu Seyon, a 4- 35' 3o" de longitude est du méridien de Pans et a 46° 5c/ ,6" de latitude,

La population du canton a pris de très -grand s accroissemens depuis un siècle; elle n'étoit pas . .! y îoo ans, la moitié de ce que nous la voyons aujourdhm; en 1752, on comptoit dans le pays 28,017 habitans y compris 43 18 étrangers ; eu \f\ comptoit 32,ooo; la disette des années 1770 e! 1771 retarda les progrès de la population; les troubles intérieurs qui eurent lieu à Genève en 178a 1 dèrent un grand nombre d'artistes et d'ouvriers à quitter leur patrie et à >enir dans les hautes vallées du pays de Neucbatel; en conséquence la population du Locle et de ses environs s'éleva dans l'espace de 4 ans de 5ooo à 700J âmes; la route dû Locle à la Chaux-de-Fond , qui sur une longueui de deux lieues ne préseutoit que quelques mais a isolées et clairsemées, devint presque une rué continuelle bordée des deux côtés de beaui bâtioi la Chaux-de-Fond elle-même reçut des accroissemena considérables; en 1778, on ne eomptoil dans le pays que 3o,, 387 habitans ; en 1792, 00 en COmptoit ^3,856 dont 10,226 étrangers et 33 II >o boni i;< ois De 1788 a 1 798 , dans l'espace de loaos, le nombre des naissances fut de 1^,9 1 5 , celui des morl 9868, et celui des mariages de 34l i ; en i"«r. la population s'élevoil à 44,427 âmes ei le nombre < 1 maisons à 7252; en i8i3, la populatièn éloil de 5o;220 habitans, et à la lia de 1811 de 5o,497, dont

24,382 individus mâles et 26,110 du sexe féminin ; il y eut, en 18 14, 1 48 1 naissances, 771 de garçons et 710 de fil les, et 1288 décès, dont 710 d'hommes et 5i8 de femmes, 4 1 6 au printemps, 271 en été, 238 en automne et 260 en hiver, 4o4 d'individus âgés de moins de 5 ans, 5i2 d'individus enlre 5 et 60 ans, 363 de personnes de 60 à 90 ans et 9 de personnes qui avoient au-delà de qo ans.

En 1817, la population se répartissoit de la manière suivante entre les 21 chatelaïnies ou mairies dans lesquelles le canton est divisé; ces chatelainies ou mairies sont autant de sièges de tribunaux, dont 12 ont une juridiction purement civile et 9 une juridiction civile et criminelle ; nous avons marqué d'un astérisque ces dernières.

Habitans. Maisons»

Mairie de Neuchalel * . . . . 5i3o 54o

Chatelainie du Landeron * . 1700 3n

Chatelainie de Boudry * . . 17^0 221

Chatelainiedu Val de Travers * 488o 661

Chatelainie de Thielîe. . . . 236o 399

Mairie de la Côte 2110 368

Mairie de Rochefort 2610 379

Mairie de Colombier * . . . 970 i34

Mairie de Bevaix 610 99

Mairie de Cortailiod 1070 1Ô6

Mairie des Verrières .... 2^60 4o5

Mairie de Lignières 55o 99

Mairie de la Brevine .... 1020 222 Chatelainie de Vaumarcus*, baronie, fief de la principauté 200 33

Chatelainie de Gorgier * , ba-

ronie et fief 1720 323

Mairie de Travers *, seigneurie

et fief 255o 407

Mairie de Vallengin *. . . . 565o 1180

Mairie du Locle 43oo 48g

Mairie de la Sagne i58o 269

Mairie des Brenets 1370 225

Mairie de la Chaux-de-Fond 5920 55g

Total 5o8io 7469

STATTSTTQUE DE T .V srTSSn.

De ces 5o,8io habitans, 36,320 sent indigenei H 14,590 étrangers - en i5t23 la mairie de la Chfttii Fond ne coroptoit que sept maisons el une dédiée à S. Hubert, patron des chasseurs.

Le tableau dépopulation admis par la Diète belr vétique ne donne au canton de Neu< hôtel qui i âmes ou \ô'2j habitans par lieue carrée.

§ 2. Nature du sol , Montagne**

Le canton a cinq vallées principales, savoîi l< i de Ruz y le val de Travers, le val de la Sagne el celui des Ponts, le val de la Brévine el la < hauv d'Etalières, et enfin les vallées du Locle et de la Chaux-de-Fond avec le bassin des Breriets qui est situé de l'autre côté de la montagne .m pi, du Doubs ; le sol de ces vallées se rouni' .!<■ bons pâturages; mais il produit peu d'arbres fruitiers e( de plantes légumineuses. Les montagnes du canton appartiennent à la chaîne du Jura et sont de la même nature; elles se composent de pierre calcaire grise; les couches extérieures sont un peu jaunâtres et moins compactes que les intérieures; elles receb al toutes en grande abondance des coquillages marine et d'autres corps pétrifies. On trouve sur les montagnes du canton d'énormes blocs de granit qui paroisse nt^j avoir été amenés des hautes Alpes bernoises et valaisannes par-dessus les bassins des MCI de ïbun et de Neucbâtel.

Les diverses couches dont se compose le Jura ont été étudiées a>ec soin, par M L. de Bucb , dam la gorge profonde où coule leSe\on, ou peut COnjeCturer, d'après ses observations, que les montagnes du Jura, dans une épaisseur de 3oOO pieds, s.mt formées d'environ 960 couches , toutes pins calcaires; les 63 couches les plus n entes et I plus élevées sont la plupart ootilhyqufs el le coraposent de grains die ta grosseur à a millel; les «6 couches placées au-dessous de ces premières d'une pierre beaucoup plus compacte qae les pn

Cédentes ; les 4 10 couches qui viennent ensuite sont

de nouveau oolithyques ; enfin il existe une centaine de couches au-dessous de ces dernières qui ne sont nulle part à découvert dans le pays de Neucbalël; elles atteignent les gypses où se trouvent les sources salifères de Salins et de Lons-le-Saunier. Dans la vallée de Motiers-Travers on voit une roche ooliihyque imprégnée d'asphalte, qui s'extrait par la distillation, et dont on fait de la graisse pour les «bars.

Les montagnes du canton offrent plusieurs grottes remarquables et deux glacières naturelles ; on y trouve aussi des sources minérales ferrugineuses et hépatiques; les trois plus élevées sont le Chasserai dont nous avons déjà parlé, qui s'élève sur la frontière du val S. Imier, et qui a 4909 pieds au-dessus de la mer , le Chasseron qui en a 4958 , et le Creuxdu- Vent qui en a 45 12 ; ce dernier est écrit Creuxdu-Van dans quelques ouvrages parce que sa forme se rapproche de celle d'un van.

§ 5. Lacs et Rivières*

Les lacs de Neuchatel et de Bienne appartiennent en partie au canton; les bords de ce dernier, dans la portion qui se rapproche du canton, sont bas et marécageux ; on remarque dans les montagnes de Neuchatel d'au 1res lacs d'une étendue beaucoup moins considérable, celui de la Brévine ou de la Cfiaux-d'Etalières qui a été formé , suivant toute apparence, par un enfoncement subit du terrain, et qui occupe une surface de demi-lieue carrée , le lac encore plus petit de Loclal près de S. Biaise , etc.

Les deux principales rivières du canton sont la Relise, qui se distingue par la pureté de ses eaux, et qui, après avoir arrosé le val de Travers, Noiraigue et Bevais, vient 'se jeter dans le lac de Neuchatel près de Boudry , et le Scjyon, torrent impétueux, qui parcourt le val deRuz et qui traverse Vallengin, ainsi que Neuchatel ; la Thièle et le Doubs servent de limites au canton, dans une partie de ses frontières du coté du canton de Berne et du côté de la France.

§ 4. Produits du pays.

La plupart des vallées et de* pentes Je mon! du canton etoiem couvertes de forêt* imp, dans [e moyen âge; elles sont parvenues dès ! ri a un bel état de culture et fournissent une g anda variété de produits.

Les ours, les cerfs et les chevreuils ont dispara du pays depuis un demi-siècle; les loups et même les lièvres sont devenus rares; le renard seul l'est conservé grâce aux nombreuses retraites au offrent les fentes des rochers; le salut (Silurua g Unis) est l'un des poissons les plus remarquables du i ton ; on en a péché quelquefois qui approchai m du poids de 100 livres.

Quant aux animaux domestiques, nous en donnerons ici un tableau d'après l'Almanach helvétique de Tannée 1818.

Taureaux , i35

Bœufs . . . i86fl

"Vaches et élèves, l34gi

Veaux 7.27

Chevaux 20s j

.Anes Gi

Moutons "h "

Chèvres, boucs et chevreaux. ao5a

Porcs S906

Ruches d'abeilles '

Total 1^2

Les plantes du paya ont clé étudiées avec SOfW plusieurs botanistes, et entf'autres par M. J l r.de ChaUlet , qui possède l'herbier le plus complet du canton; on trouve plusieurs plantes rares sur Ici murs même de Neudtalel , dans les bois qui sont situés au-dessus de la ville, au Creux -du Vent, dans la mairie des Verrières et dans les marau des Ponts.

La surface du canton est denuron :>j'> oj,. posi ,

elle se répartit à-peu -près comme suit entre les diverses natures de terrain.

Vignes 46oo poses.

Champs 35ooo

Prés 48ooo

Prés en clos . . . 10000 Forêts ...... 45ooo

Pâturages .... 60000

Terres en friche , . 8000 Marais 5ooo

Total 21JG00

Le déficit du nombre total des poses peut être attribué en partie à l'inexactitude des indications, mais surtout à l'omission des rochers , des lieux escarpés, des ravins, des villes, des places publiques, des routes, des rivières, etc. On remarque que l'étendue des champs est fort petite, comparativement à la population et à la surface totale du canton; aussi ne doit-on pas sétonner que les jNeuchatelois soient obligés chaque année d'importer une grande quantité de grains pour leur approvisionnement; la récolte des fourrages et l'éducation des bestiaux sont une de leur principales occupations , surtout aux environs de Vallengîn et sur les beaux pâturages de la Chaux-de-Fond et des vallées voisines; les fromages des Verrières approchent de la qualité de ceux de Gruyères et s'exportent sous le même nom.

Le produit moyen des vignes de Neuchatcl est d'environ trois millions de pots dont un million huit cent mille s'exportent dans les cantons de Berne , de Fribourg, de Soleure , de Lucerne el d'Argovie , ce qui, au prix moyen de 3 batz le pot, donne un produit de cinq miilons quatre cent mille batz ou de cinq cent quarante mille livres de Suisse; les vins les plus estimés du pays sont les vins rouges de Cor laillod et de Faverge ; ils soutiennent la comparaison avec ceux de bons clos de Bourgogne ; on met au second rang ceux de Bon dry et de S. Aubin. Une pose des vignes de première qualité , la

STATISTIQUE Dfc LA BUISftR

pose à 32,768 pieds cariés, se vend troia ou ûuétrt cent louis.

Le vallon de la Brévine possède déni bonnes sources d'eau* minérales, l'one amère el soufFrée, et l'autre qui renferme des parues de 1er et de cui?rej on trouve encore des sources minérales près de \ lengin , ainsi que dans la paroisse des Pools q i fait partie de la mairie de la Sagne.

§ 5. Histoire 9 Manière de vivre des Habitans,

On Tiesait presque rien sur l'étal du pays de New ha? tel pendani leiempsdela domination romaine; il paroil seulement, d'après d'anciennes inscriplions , qa'îl existoit ? près de la place où Neuchatel esl bâ ie maintenant, une ville nommée Noid nolext qui svoit ses duumvirs et ses curateurs; elle fui vraisemblablement détruite à l'époque des incursions des barbares du ISord et de la chute de l'Empire d Occident ; le pays fut conquis par les Bourguignons, qui bâtirent, près des ruines deNoidenolei , d abord un château , puis une \ille à laquelle on donna le nom de Neuchatel (novum castrum); le premier acte où il en soit fait mention esl de l'année il 62. Dans le onzième siècle le pays de Neuchatel passa son, la domination des empereurs d'Allemagne qui accordèrent des franchises au\ habitans, afin den attirer dans cette partie de leurs états; cependant le viJ de Pvuz et les autres vallées de la parti»- moyenne du Jura ne commencèrent à se peupler que dans le i2.c siècle; la vallée du Lôcle éloil encore « ins le i4.e siècle un désert sauvage, visité uniauemenj par des ours et par des loups, et couvert de ! impénétrables et de marais; ce fui un bablUnl d* Corcelles, nommé Jean Drot, qui alla le premier « en i3o3, y établir une petite colonie avec ses Quatre enfans; telle fut l'origine de la prospérité de ee district, qui est maintenant Tune des l allées le* pins riches et les plus peuplées de la Suisse el pe»l Mit même de toute l'Europe,

L'ancienne maison des Seigneurs de Neuchatel étoit déjà puissante dans le 12. e siècle; elle possèdent plusieurs terres et fiefs dans la partie occidentale de la Suisse; elle se divisa en quatre branches, savoir celles de Neuchatel, de Vallengin, d'Àrberg et deNidau; Rolin ou Rodolphe, seigneur de Neuchatel, céda sa seigneurie à l'empereur Rodolphe deHapsbourg; celui-ci la transmit à Jean de Chalons, puissant seigneur de la Bourgogne, qui en conserva l'administration directe à i'ancienne famille. Isabelle, dernier rejeton de cette famille, étant morte sans enfans en ï3q,5 , le pays de Neuchatel , qui avoit alors le titre de comté, passa à Conrad, comte de Fri bourg en Brisgau et neveu d'Isabelle par sa mère.

La ville de Neuchatel fit en 1 4o6 un traité de combourgeoisie avec la ville de Berne, dont la puissance éioit déjà respectée au loin, et par-là elle assura ses privilèges contre les invasions de son seigneur; celui-ci accéda lui-même au traité qui fut plusieurs fois renouvelé dans la suite ; le pays entier de Neuchatel y fut compris plus tard; il forma de nouvelles alliances avec d'autres cantons et prit part, comme allié de la confédération , à plusieurs des guerres qu'elle soutint dans les i5.e et 16. c siècles. Conrad de Fribourg mourut en i4q4, et son fi is Jean, qui lui succéda, laissa à sa mort, en i458, Rodolphe, comte de Hochberg , pour son héritier; la famille de Chalons , comme suzeraine du comté de Neuchatel , fit d'abord quelques difficultés pour reconnoiire Rodolphe ; mais elle y consentit enfin moyennant une nouvelle reconnoissance de ses droits. Philippe, fils deRodolphe, mourut en i5o3, laissant pour héritière sa fille Jeanne, mariée à Louis d'Orléans Longueville; ce prince fut reconnu comme souverain de Neuchatel conjointement avec sa femme ; mais il s'attira l'inimitié des Suisses à cause de ses liaisons trop étroites avec Louis XII, roi de France, leur ennemi; Berne, Lucerne, Fribourg et Soleure s'emparèrent de son comté en i5i2, et l'administrèrent pendant 17 ans comme un pays conquis f

STATISTIQUE DE LA SlT Louis d'Orléans mourut clans cet in lervall <

la rec?nooissance solennelle qu'elle fit des privilèges et des constitutions des bab a, t ^--tum qu'elle donna à l.„ tl avecd vers cantons; elle mourut en elle Léonor d'Orléans, Jaques de ; h i

-^jeLongueviUe Chirlcs et J ;,, * ville et enfin Mar.e duchesse de Nemours , occu-

P >s de INeuchatel et de Vallengi* jusqu' n 1707 ou leur famille B'éte-gnh par la mort dV Marie « Nemours; ce fut alors que les états du pays en décernèrent la souveraineté au roi de Prusse nui descendoit par les femmes de la maison deChaloîis. iin i«o6, Buonaparte, alors empereur de France voulant récompenser les services d'Alexandre Ber- Ihiev, son compagnon d'armes, le nomma prince du pays de Neuchalel qu'il s'étoit fail a S r pà Crusse, et ce n'est que depuis l'invasion des puissances alliées en France, à la fin de 1 S , S , que ce pays est retourné sous la domination des rois de Prusse; eu i8i5, il a été aggrégé a lac helvétique comme 21e canton.

Les Neuchatelois se sont enrichis pai . *rie; aussi ont-ils presque tous du fuie dans leurs iiabillemens et imitent-ils les modes françoises; lei seuls habitans du val de Ruz employent encore l'étoffe qui étoit en usage cliez leurs pères, el qi i est appelée Milaine, parce qu'elle est nièh e de 61 «t de laine; cette étoife est de couleur noisette et *e fabrique dans le pays.

Le peuple du Vignoble fait à ('ordinaire q repas par jour et il en fait cinq dans le leroi 1 tl > grands travaux ; il boit alors du via \ tous se reps j son déjeuner consiste en du café au lail ; il manj de la viande à dîner, du pain et du froinaj 1 goûter, et de la soupe avec du légume à son souj rj son pain est un mélange de seigle el d< 1 les agriculteurs des montagnes se nourrissent plu|

1 conieuéi al

sobrement, mais le café au lait et la viande ne leur sonl jamais étrangers.

§ 6. Constitution politique , Lois > Revenus de VEtaL

Le roi de Prusse est le souverain du pays et s'engage à le posséder dans toute son indépendance, son inaliénabilité et son indivisibilité, en maintenant ses coutumes , ses franchises et ses privilèges ; il garantit aussi le libre exercice des religions protestante et catholique ; la religion protestante est sous la direction de la compagnie des pasteurs et du consistoire qui conservent leurs anciens droits , et spécialement celui d'élire, de suspendre , de déposer et de changer les ministres, et de juger des affaires qui concernent le saint ministère.

La religion catholique, pour tout ce qui concerne l'ordre et la discipline, est sous la direction et sous l'autorité de l'évêque de Lausanne.

Le commerce doit toujours être entièrement libre ; aucune taxe ne peut être levée ou modifiée sans une loi ; il ne doit jamais être porté atteinte aux propriétés foncières ou mobilières d'une corporation ou d'un habitant.

Nul ne peut être pourvu d'un emploi civil ou militaire s'il n'est né sujet de l'état et habitant dans le pays; l'emploi de gouverneur est seul excepté de cette règle.

Les audiences générales sont, avec le roi, l'autorité supérieure du canton ; elles se composent des 10 membres du conseil d'état les plus anciens , excepté le chancelier , le procureur général et lesecrétaire d'état, de i4 notables non conseillers d'état , dont 4 sont ministres du S. Evangile, tous nommés par le roi, des chefs des juridictions dont le nombre ne peut excéder 24 , et de 3o députés , âgés au inoins de 25 ans, qui sont nommés par les divers districts du canton, c'est-à-dire par tous les sujels de l'état, âgés de 22 ans ou plus, qui habitent le

pays et qui ne sont ni faillis, ni coodamnél criminellement, ni assistés.

Aucune loi ne peut être faite, changée ou abrogé* sans le consentement des audiences générales; < sont elles qui déterminent tout ce qui a rapport aux impositions; elles veillent au maintien de la coi s titution , et sont, à la fin de chaque session, requises au nom du prince de Faire conuoi pourroit tendre au plus grand bien et à la prospérité de L'état. Aucune résolution (les audi< nces n « il exécutoire qu'après avoir été revêtue d( du roi et avoir été publiée de sa part. \jt gouvt rneur de la principauté convoque les audiences g< nérales toutes les fois qu'il le juge coni il ne peut s'écouler plus de deux ans entr< d'une session et le cornmencemenl lire; c'est

également le gouverneur qui déclare 1 i ter-

minée.

Le roi se fait remplacer par un gouverneur rt par un conseil d'état qui se compose ordinain ment de 21 membres; il nomme aussi à la pi i autres charges principales. Les tins *i les

maires représentent le sauverai

respectifs; ils président les tribunaux civils él Ci i-

minels, poursuivent la vindicte

quand ils veulent aux assemblées communal

Il existe dans le canton 21 cours de Nie en première instance et ri tribunaux d appel p sa les trois états du comté de Neachatel donl ressortent 16 chatelainies ou mairies, et / v trou étais du c de Vallengin qui siègent au château de Vallenain . al dont ressortent les cours de justice de N all< ngin , du Locle, delaSagne,desBrenels etdelaCI ond, Dans les cas de peines criminelles la revue par le gouverneuret par Je conseil d ne peuvent pas l'aggraver, niais <jm ont le di il de l'adoucir et qui donnent l'ordre de l'exé< 1.

Il existe clans la principauté plusieurs cla >rspuvilégiées qui jouissent de droits particuliers j I » -""t surtout les bourgeoisies de Neachatel, du Laocki de Boudri et de' Vallengin. La bourgeoisie de Netl-

chatel a deux conseils composés de bourgeois qui résident dans la ville, savoir, le conseil des 24 ou petit conseil, et ie conseil des 4o ou grand conseil; ces deux conseils réunis forment le conseil général qui s'assemble toutes les fois que les affaires l'exigent, et au moins quatre fois par mois, sous la présidence de son maître bourgeois en chef 5 le maire a îe droit de s'y trouver et y opine le premier. Les quatre ministraux , qui peuvent être considérés comme un abrégé de ces deux corps, préparent les maiier.es qui doivent y être portées ; ils statuent sur 1< s affaires qui ne sont pas assez importantes pour é<re portées au conseil général ; ils dirigent la police et la caisse de la ville ; ils se composent de quatre maîtres bourgeois, du banneret , des deux maîtres des clefs et du secrétaire de la ville; le conseil des 24 est aussi la cour de justice de Keuchate!, et dans ce cas on l'appelle le plaid. La bourgeoisie du Landeroaa deux conseils composés, pour îes deux tiers, de bourgeois résidant au Landerou, et pour un tiers de bourgeois résidant à Cressier, savoir, le conseil des 12 et celui des 24, lesquels en se réunissant forment le conseil général de la bourgeoisie qui s^assemhle sous la présidence du maître bourgeois en chef. Le pet't conseil administre les affaires de moindre importance ; il forme aussi la justice du Landeron.

Les lois de Neuchatcl out beaucoup de rapports avec celles de l'ancien comté de Bourgogne; ce sont d'anciennes coutumes qui n'ont jamais été réunies en un code régulier.

Les milices sont divisées en cinq uépartemens qui ont chacun à leur tète un lieutenant colonel et un major nommés par le roi ; les officiers subalternes sont nommés par le gouverneur en sa qualité de lieutenant général de l'état; les milices se composent de tous les hommes de 18 à 5o ans; elles sont divisées en 5o compagnies d'infanterie et 2 d'artillerie, formant un total d'environ 5ooo hommes; le canton a au service de Prusse un bataillon de tirailleurs que le roi a incorporé dans sa garde.

STATISTIQUE DE LA BUIS8& Les revenus du roi se composent des lotis, c'està-dire, d'un droit de six pour cent sur le pi i ca pitat de la vente de tout immeuble, de la rent< de divers domaines, et des dîmes ou eens dus pir certains fonds de terre , du produit des poètes et dei péages, et de la vente des sels; ces révenus s'élèvi ni par an à environ 100 mille livres, dont pl delà moitié sont nécessairement employées dans le pajs«

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