ENVIRONS D'ACQUI
Cette vallée est traversée par la Bormida et est encaissée au nord par un coteau fort élevé, qui sépare le cours de la Bormida de celui du Belbo, et qui, feisant obstacle aux eaux venant de la partie élevée de TApennin, les oblige de se détourner et de se rejeter à Test.
Le tomà du terrain est essentiellement composé de sédiment stratifié de grès dur, de thonschieffer et d'argile grise-bleuâtre endurcie , ainsi que nous l'avons déjà indiqué dans beaucoup d'endroits.
Les bancs de grès thonschieffer se succèdent en {dus ou moins grand nombre, suivant les localités^ mais ils sont en général abondants dans ce canton: leur épaisseur est très variable. Quand la pierre est mince, ses couches sont moins étendues, mais offrent encore des surfaces ayant jusqu'à 80 centimètres en carré; elle sert alors à couvrir les maisons. Quand elle est plus épaisse, elle s'équarrit plus facilement, et on en taille, suivant ses dimensions , des marches d'escalier, des chambranles de portes et de fenêtres, et enfin,
de gros quaiitiers quelquefois très considérables , ayaut jusqu'à un mètre d'épaisseur en tout sens.
Les pierres des environs d'Acqui sont très estimées pour lesconstructîoiis, et on en transporte dans une partie du Piémont, et notamment à la forte^ resse d'Alexandrie. Les principales carrières d'où on les extrait sont à Ponti, Narso, Gasteleto, Melazo, Quartino, Mont-Gavatore, Acqui, et Yisone.
Après avoir donné cet aperçu des environs d'Acqui, nous passerons à la description locale, en commençant par la commune de Yesime^ à 1 extrémité ouest de la vallée où la Bormida de Millesiœo prend une ii^exion vers Test.
Lies fontaines des environs de Vesime sont incrustantes. Le tuf calcaire, probablement dû à d anciens dépôts analogues aux dépôts formés par ces fon^ taines, y est tellement abondant, quon lexpkiîte pour en febriquer de k chaux. U est exploité également à Monastero et à Yisone, oà Ton en trouve de même des bancs considérables.
On assure avoir trouvé dans le terrain argileux rougeâtre des environs de Bubbio, des silex jaspes rubanés gris, mais qui ne sont probablement que des bois agatisés, qui quelquefois prennent par leur poli un aspect fort agréable. Ces bois semblent appartenir généralement à ces terrains; mais ils ne se trouvent que dans les couches supérieures.
Le terrain de sédiment est fréqueHunent recouvert d'afrgile ja«ine-»rou* geâtre, renfermant des débria, et qudjqpi^is des petites coudws de houîHe lignite, qui se divisent fiieilMnent à IW et qui sont presque constamment accompagnées de pyrites cubiques qudlqiiefois assez vohimîmetises» Ges accidents s'observenft sur le» borda du ruisseau dit Fea, dane les enterons de Bubbio, près de Monastero, et près de Ter^o.
Le terrain de sédiment de la vattée d'Acqui paroit assez généralenwm sujet à des décompositiona qui déterminent des éboiile»Mits fort ooasîdérâbles, et dont bous dlons citer plusieurs exemples;
Le Poazo Magno, »tué près de Fextrémité ouest die la vallée, est une montagne des pluë élevées des environs; elle est tenmnée par deux pointes aceai» sionées par un éboulement qui a détruit le somm^ principal, en laissant subsister les parties adjacentes : on reconnoit encore les débris de cette chutes qui ont formé un plateau au pied delà montagne ; mai^ on en ignore Fépoque.
En remontant de Monastero à Sassano, à la distance d un mille de la Bormida, on voit que le terrain où est établie cette commune est formé d^énormes éboulements détachés de la montagne voisine, qui ne paroissent pas même être encore parfaitement assis, ainsi que le prouvent les lézardes qui sillonnent les murs de Féglise paroissiale et des habitations.
Le mont Stregone, au pied duquel sort une des principales sources d'eau thermale, a éprouvé de pareils éboulements, ainsi que nous le ferons voir.
Il est arrivé des accidents analogues, mais que Ion pourroit attribuer à une autre cause, à Strevi et à Ricaldone, situés à lest d'Acquî, dont le terrain est formé d'une argile rougeâtre très fangeuse pendant l'hiver : on rapporte que ce terrain est sujet à des glissements qui ont transporté quelquefois des maisons entières.
Nonscoi^inuerons la description de la vallée en suivant la partie basse avec le cours de la Bormida; nous reprendrons ensuite les parties les plus élevées au nord.
Nous avons indiqué les terrains de Gasteletto, de Melazzo, Mont-CIavatore^ ainsi que le mont Stregone , comme en grande partie formés de thonschieffor et d argile endurcie stratiforme. Les grandes carrières de cette pierre exploitées dans ces différentes communes indiquent suffisamment la nature du soi; mais il paroit cependant que la serpentine en constitue les parties inférieures, car on trouve quelques indices de cette pierre à Monte-Cavatore et de Fasbeste blanche amiantoïde dans le torrent de Ravanasco qui descend du mont Stregone.
On croit aussi que le noyau de plusieurs de ces montagnes est calcaire.
La commune de Visone, à l'embouchure du torrent de ce nom avec la Bormida, s'élève sur les escarpements de ces deux rivières, et présente l'aspect d'un sol aride; nous citerons cette commune pour faire mention de quatre sources d'eaux thermales tièdes qui coulent dans ses environs. Celle que l'on remarque près de l'église est légèrement incrustante et hépatique; les trois autres sont moins chaudes et hépatiques, mais ont la saveur salée.
On a déjà fait voir que le tuf calcaire est très abondant dans cet endroit; on l'exploite même dans sept à huit fours à chaux, qui donnent lieu à un petit commerce dans le pays.
On trouve dans le terrain des environs de Visone beaucoup de pyrites et de bois pétrifies, dont partie encore noirâtre, charbonnée, et d'autres morceaux réduits entièrement à Fétat de pierre, ayant l'aspect, la cassure et le son de la terre cuite.
Les carrières de pierre qu'on exploite dans les environs fournissent principalement du grès tégulaire.
Les couches supérieures sont souvent recouvertes de numismales et d'autres coquilles. A Rivalta , plus à l'est, le grès forme des bancs et même des masses assez épaisses. La pierre est plus poreuse que celle que l'on vient d'indiquer; eUe est fort tendre au sortir de la carrière, et prend beaucoup de dureté après avoir été exposée à l'air.
A Castel-Novo, situé sur les bords de la Bormida, à l'extrémité orientale du dépaitement, le terrain paroît entièrement recouvert de dépôts occasionés par les changements des lits que la rivière a successivement 'occupés. Ces dépots recouvrent une argile bleuâtre, dans laquelle on trouve de nombreux coquillages.
Nous allons reprendre la description de l'extrémité ouest de la vallée ,« pour rendre compte des annotations locales relatives au coteau qui borde la Bormida au nord et au-dessus d'Acqui.
Nous commencerons par Cassinasco. On rencontre, au-dessus de cette commune, de fréquents indices de houille lignite à cassures luisantes ; on en trouve de même au mont Saint-Inaire et dans le ruisseau de l'Arriella. Dans la partie basse des ravins environnants, on a remarqué, sur-tout en été, de fréquentes ef&orescences de sel marin éparses sur le sol, notamment à partir de Montabone, et en remontant de cette commune à Castel-Vero, le long du ruisseau Boglione.
Sur le sommet du coteau, à Castel-Rochero, se trouve de la chaux sulfatée en lames transparentes, cristallisées, et interposées dans des couches d'une terre argileuse grise. Le même sel pierreux forme ensuite des masses ou bancs très épais à Alice, où il abonde tellement que tout le terrain semble en être formé. Ce banc se prolonge encore à Monte-Casello et à Riccaldone. On en exploite beaucoup à Alice, pour être transportée en Piémont. Les eaux de ce territoire sont généralement saumâtres.
En continuant de se transporter vers le nord, le gypse cesse, et est remplacé par le terrain tertiaire, qui est dans cette partie très propre à la végétation, notamment à Quarantinaetà Casteletto-Molina.
Ce terrain, ainsi que celui que Ion va indiquer, compose essentiellement tant le canton dlncisa que celui de Nizza, qui limitent la partie nord du département; voici ses principaux accidents :
Les environs de Maranzana sont composés de diverses couches d argile grasse, rougeàtre, re^sant sur des bancs de sable de même couleur, qui quelquefois forment des escarpements fort élevés sur le bord des ruisseaux.
On remarque, dans la partie basse de Fescarpement du ruisseau Vemasco, des couches d un sable gris, renfermant des amas considérables de coquilles et de bois pétrifiés.
Ces divers sables sont ordinairement mêlés avec des cailloux siliceux; et quand ces pierres dominent, elles forment sur plusieurs points des poudingues, notamment à Mont-Barruzzo et à Bruno.
Ces poudingues contiennent très souvent des bois pétrifiés et des coquilles, ainsi que le sable que nous avons indiqué plus haut. Ces deux espèces de terrain alternent avec des couches dnn tuf calcaire, argileux, gris-blanchâtre, tachant les doigts, et dont on se sert dans le pays pour faire la chaux; mais eUe est de médiocre qualité. Le terrain argileux et le terrain sablonneux de Bergamasco renferment des couches dun tuf ferrugineux brun, assez épais, et de même nature que le minerai en grains que nous avons déjà plusieurs fois indiqué.
Tels sont les détails que nous avons cru devoir présenter, pour faire connaître plus particulièrement les environs d'Acqui. Il convient maintenant de terminer ce mémoire par la description de ses bains célèbres.
BAINS D'ACQUL
La réputation médicinale des eaux thermales d'Acqui remonte au temps de Strabon et de Pline, qui en parle sous le nom diAquœ Statiellœ in Liguria. Plusieurs autres écrivains anciens en font également mention.
Leur effet ne se borne pas simplement aux maladies cutanées : elles doivent être considérées comme un remède dune utilité plus générale.
Elles sont divisées en deux sources principales, celle de la ville et celle des bains.
L eau de la ville est plus abondante et jaillit avec force par deux orifices d un décimètre de diamètre.
Sa température est de 60 degrés (de Réaumur), et elle exhale une légère odeur hépatique, en répandant à une certaine distance un nuage de vapeurs aqueuses. L'eau est parfaitement limpide et incolore; et si elle a un coup d œil trouble quand on la reçoit dans un verre, sortant de la source , cet effet n'est dû qu'à de petites bulles gazeuses qui, pendant quelques instants, na-gent dans le liquide et s'attachent ensuite contre les parois du vase.
Cette eau a une saveur salée légèrement hépatique; sa pesanteur spécifique ne diffère de l'eau que de 0,00 1 .
On est redevable à M. F. Moyon, professeur de chimie à l'université de Gènes, savant aussi estimable que profond, d'une analyse des eaux d'Âcqui, dans laquelle il est parvenu à écarter toutes les circonstances qui tendaient à ajouter aux résultats, des produits équivoques si faciles à introduire dans de semblables recherches.
D'après ce chimiste, les eaux de la ville renferment, savoir :
I hydrogène .... 0,000028 soufre 0,000069 chaux 0,000206
Muriate de soude 0,001420
Muriate de chaux . , o,ooo3i4
Eau 0,997963
Total 1,000000
La chaux,, ainsi combinée à l'hydrogène sulfuré^ rend la saveur et l'odeur du gaz moins sensible. Le sulfate et le carbonate de chaux, que qudques
TOPOGRAPHIE. ^i
chimistes ont annoncé exister dans ces eaux, ne sont dus qua Faltération qu elles éprouvent par leur contact avec Fair athmosphérique.
Les anciens avaient établi les bains dans la ville même; mais ces bains ayant été détruits par suite des événements, on les a transportés sur la rive opposée au sud jd^ la Bormida, au ped du mont Stregone.
Dès^lors les eaux delà viUe ont été abandonnées aux usages domestiques; les habitants s'en servent pour la préparation du pain, et pour cuire les aliments ,. qu elles assaisonnent du sel nécessaire, sans leur conmmnicjuer aucun goût désagréable.
Il n y a pas de doute qu on puisse en tirer un parti fhis important pouv les manufoctures, et notamment pour les filatures descocoiiis^ ainsi que la proposé le docteur Bonvicino.
M. Lesme, inspecteur des hôpitaux militaires,, a Sait servir ces eaux à Té» vaporation du sirop de raisin: elles fournkoient encore Faliment peroé^ tnel au mouvement de la machme ingénieuse récemment inventée par M. le baron Cagniard de La Tour.
Nous rappcurteroiia ce que M. Moyon dit du mont Siregone, à Foccasion des bains actuels :
u Le mont Stregone se trouve entre le confluent de la Bormida et du (f Ravanasco, à la droite des deux.
« Il est peu élevé, et, du côté qui regarde la Borm^îda, on y découvre Fin* «térieur de la montagne, resté à découvert par Fenfoncement des terres qui « ensevelirent les anciens bains. C'est plus particulièrement de ce côté que «le Stregone offre aux regards du naturaliste et du géologue le spectacle le n plus imposant, en mettant en évidence sa structure et les catastrophes « auxquelles il a été sujet. Cette montagne est entièrement formée de pierres «calcaires stratiformes, qui en constituent le noyau principal; et à Fexté- « rieur cite est couverte de thonschieffer (ou schiste argileux de Brochant), «adossé sur les côtés de la montagne, en couches inclinées du couchant «au levant, par une direction opposée à celle de la pierre calcaire, qui « présente des couches d'une assez grande épaisseur.
« On a observé que, du côté qui regarde le Ravanasco, la montagne est « formée de pierres calcaires dont les couches continuent leur direction jus-
(( qu'au-delà du lit du torreot sur la coUiue opposée, appelée Rocca Sorda, ((avec laquelle il est à présumer quelle ne faisoit autrefois quune même c( montag^ne.
(( Au sommet du Stregone, dans son escarpement, voisin du torrent Race vanasco, on trouve à découvert d anciennes carrières de pierres à chaux, ce et, en montant de ce même côté, on voit quelques couches peu considé- « râbles de schiste argileux en décomposition, et plusieurs sources d eau. »
Les eaux des bains sont produites par plusieurs sources très voisines les unes des autres, qui ont chacune leur réservoir particulier, suivant le mode employé pour administrer ces eaux.
Leur température est à peu près constante en toute saison; mais elle diffère de lune à l'autre de ces sources, depuis 3i degrés (de Réaumur ) pour les moins chaudes, jusquà 4i pour celles qui le sont davantage.
On voit conséquemment que leur température est infiniment plus basse que celle des eaux de la ville; aussi faut-il moins de temps pour les amener à un degré de chaleur supportable pour les bains, et cette considération est probablement une des principales causes qui ont déterminé le transport des bains de la ville au mont Stregone. Elles sont d ailleurs plus sulfureuses, ce qui doit augmenter leiu* propriété médicinale.
L analyse des eaux de ces sources, qui sont toutes de même nature, a donné à M. Moyon le résultat suivant :
Igaz hydrogène • . 0,000082 soufre 0,000080 chaux o,ooo335
Muriate de soude ^ o,ooo583
Muriate de chaux 0,000142
Terre siliceuse 0,000019
Eau . . . . , ^ . 0,998809
Total 1,000000
Ces sources charrient .des boues auxquelles on a attribué une grande vertu pour la guérison de plusieurs maladies. La croyance à cet égard
étoit telle, qu'on les conservoit avec le plus grand soin , et qu on ayoit même provoqué un règlement du roi de Sardaigne qui en défendoit sévèrement lexploitation. M. Moyon observe, à ce sujet, que ces sources traversent des couches de schiste argileux, dont elles atténuent les parties, les tiennent en suspension, et les déposent ensuite dans les bassins avec le carbonate et le sul£Bite de chaux, produits par lé contact des eaux sulfureuses avec Fair atmosphérique.
Il résulte de lanalyse feite de ces boues, qu elles ne contiennent aucune substance soluble capable d'agir sur Forganisation animale : doù ce chimiste a conclu qu elles n étoieiit susceptibles d'aucune autre propriété qu^ celle qui leur étoit communiquée par les eaux.
Ces eaux sulfureuses, tant de la ville que des bains, sont décomposées par Fair, ainsi qu'on Fa déjà observé, et produisent des incrustations sur le terrain où elles coulent, et même des stalactites dans lesquelles l'analyse a démontré le résultat suivant :
Sul&te de chaux 0,71
Carbonate de chaux 0,29
Total 1,00
Ces eaux ne forment d'ailleurs aucun dépôt, quoique tenues fort longtemps dans des vases clos et exposés à la chaleur -, elles ne dégagent aucun gaz quand elles sont privées du contact de Fair.
Nous croyons entrer dans les vues de l'auteur des analyses des eaux d'Acqui, en rapportant encore quelques unes de ses utiles observations.
U existe une troisième source sur les bords de Ravanasco, au pied de la colline appelée la Bigno^a; mais malheureusement elle a l'inconvénient d'être un peu éloignée de Fétablissement des bains.
Cette eau est froide, et conserve en été une température de plus de 10 degrés au-dessous de l'atmosphère; elle est un peu moins limpide que les eaux thermales et exhale une forte odeur ; la saveur est de même très sensiblement hépatique ; l'analyse y a trpuvé :
384 centig. hydroeulfure-hydrogène de chaux /hydrogèBe . . , o,oooo55
compo3é$de jsoufre q,oooi34
(chaux 0,000195
Muriate de soude . • • . 6,oooo52
Muriate de chaux 0,000009
Eau 0,999555
Total i^oooooo
Ces résultats prouvent que ces eaux contiennent une quantité dTiydrogène sulfuré presque double de cefle des eaux thermales des bains, tandis que la chaux et les autres substances salines s'y trouvent en proportions beaucoup moindres. La médecine pourra, sur-tout pour 1 usage interne, en tirer un grand parti, en leur donnant la préférence qu'elles doivent avoir comme plus efficaces et plus salubres.
Il ne nous reste plus à dire qu'un mot sur les eaux potables. Il ne sera peut-être pas sans intérêt pour le naturaliste, de voir que près de ces eaux thermales et sulfureuses on trouve, dans un même gisement, des eaux douces, potables et parfaitement pures.
On voit plusieurs de ces sources à Acqui, et dans le mont Stregone; nous allons citer celles qui pourroient être les plus utiles à l'établissement.
Sur le penchant méridional de la montagne de Rocca Sorda, coulent des eaux très limpides, fraiches et de très bonne qualité, que les anciens ont transportées à grands frais jusqu'à Acqui, par un très bel aqueduc dont il existe encore.quatre grandes arches et plusieurs piliers, ainsi qu'nn réservoir à la prise des eaux, d'où elles étoient distribuées dans l'aqueduc, et vers plusieurs autres points dont on ignore Fobjet.
L'eau potable, la plus rapprochée de l'établissement, roule en face du portail; mais on ne peut Femployer que pour peu d'usageô domestiques : elle contient environ moitié des doses des memies principes que les eaux des bains, et en outre elle est chargée de carbonate de chaux; son usage intérieur est conséquemment très contraire à la santé ; elle est de plus très peu propre aux préparations pharmaceutiques. La fontaine dite de l'Eau-Couverte, éloi-
Quée d environ 200 métrés de rétablissement, est infiniment préférable à celle du portail, mais elle a cependant une légère saveur terreuse. La meilleure de toutes, malheureusement la moins rapprochée des bains, est celle qui se trouve au-dessus, en remontant le Stregone, à environ 3o métrés de distance de celleKi. Elle est saturée de gaz oxigène, exempte de substances étrangères, très fraîche, et réunit toutes les qualités d une eau pariËsdtement pure et salubre, et qui devroit être la seule employée pour les usages ordi* naîres et pour ceux de la pharanacie.
Il seroit très facile et très peu dispendieux de la conduire dans Tenceintse m^nedes bains.
Les détails qui précédent ne donnent, comme on voit, aucun indice sur la cause qui produit l'intéressant phénomène des eaux thermales.
On igneore si les sources de la ville et celles des bains ne se réunissent point dans rii^érîeur de la terre pour n en former qu une seule.
Les habitants du pays rapportent que ces sources ont plusieurs fois tari momentanément, et que cette interruption a été suivie par une abondance telle, qn on a craint avec raison que l'accumulation des eaux dans Tintérieur des montagnes, ne finit par occasioner des ruptures, doù auroient pu résulter des ravages et des inondations d'eau bouillante fort redoutables.
On croit aussi avoir remarqué, en consultant les auteurs qui ont écrit sur ces sources dans les ^écles passés, quelles ont été plus abondantes et que leur température a été plus élevée.
Cette conjecture semble être appuyée p^r les observations que nous avons cru devoir rapporter dans le résumé ci-après*