‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 21 sur 88 · THE NEW YORK · texte numérisé non relu

THE NEW YORK

PUBUC UBRARY

ASTOR, LENOX ANO |. TluDEN FOUNDATiONS.

Jpr#;r:r"^.?."^'^:l??'-*^

dans le bourg avec un revenu d'environ 4oo francs. Les deux curés sont eu outre pensionnés de ]a rente d un capital de 5,ooo francs.

Il y a dans la commune, deux établissements de bienfaisance; savoir : un hôpital pour les malades, et un autre destiné aux secours à domicile. Ces deux établissements ont été réunis. Leurs revenus montoient à 3,159 francs. Ils se sont accrus depuis dune somme de 10,000 francs environ, légués par un curé mort sur la paroisse. Il existe en outre, à Dogliani, un collège qui est rente, et soutenu par la commune; il a été établi dans un couvent des Carmes, bâti en 14^4? ^^ supprimé en 1801. Cet établissement est fort bien tenu, et dune grande utilité dans un pays éloigné de tout moyen d'instruction. On trouve aussi dans cette ville plusieurs confréries, qui sont dotées, et qui jouissent ensemble d'un revenu de i,5oo francs.

Les habitants de Dogliani et des communes voisines font remonter leur origine aux premières époques de l'histoire ancienne d'Italie. Ils tirent ces notions historiques de l'étymologie même de leur nom. Nous n'entrerons point à cet égard dans des recherches qui seroient sans aucun intérêt.

Les écrivains qui parlent de ces pays ne font que rendre son histoire plus obscure par leur perpétuelle contradiction. Les premiers possesseurs connus furent les marquis de Vasto, d'oii l'illustre maison de Saluées tira son origine.

Les marquis de Vuses possédèrent cette contrée pendant quatre*vingt-dix ans, et finirent par la rendre à ses anciens maîtres. Mainfroi de Saluées en prit possession en 1 220. Les successeurs de Mainfroi se multiplièrent, et se partagèrent entre eux le canton *, en sorte que les communes elles-mêmes restèrent démembrées en plusieurs parties jusqu'en i552, époque à laquelle le pays prêta serment de fidélité à l'empereur Charles Y. Bientôt après le marquis se mit sous la protection de François I** ; l'empereur indigné fit ravager le territoire-, ses troupes, d'abord repoussées, revinrent après la bataille de Pavie, et s'emparèrent de tout le marquisat. Le marquis , nommé Michel Antoine , laissa trois enfants, le premier prit le parti de l'empereur, et fut chassé, sous Henri II, par les François en i562 ; il renonça en faveur de Charles IX, qui lui donna en échange l'abbaye et le comté de Beaufort. Les motifs de cette renonciation provenoient de l'hommage qu'il avoit été obligé de prêter à

io8 CHAPITRE I.

Emmanuel Philibert, duc de Savoie. Le marquis mourut, et cette ligne des marquis de Saluées finit avec lui.

Dogliani , et la plus grande partie du canton , demeura jusqu'à Henri IV, roi de Navarre, sous l'obéissance des ministres qui rendirent la justice au nom du roi de France. Sous Henri IV, ce marquisat fut échangé, avec le duc Charles Emmanuel P% contre les comtés de la Bresse, Beaugier, Valle* Rome, la baronnie de Gap, et les terres de Château-Dauphin. Dogliani passa alors sous la domination de la maison de Savoie ; ce[)endant don Rodriguez Sanchès s'en fit investir avec le titre de comte en 1602 ; il en fit la cession au baron de Rié. Le marquis Louis Saluzo en a été ensuite investi ,^ et ses descendants l'ont possédé jusqu'au moment oîi le Piémont fut réuni k la France avant les derniers traités.

FariGLîANO est situé dans le vallon du Tanaro, au pied d'une colhne à pentes faciles, dont il est sé|)aré par un de ses affluents ; le territoire est traversé par cette rivière, qui y fait de grands dégâts dans le printemps et dans l'automne. Un quart du territoire n'est point susceptible de culture; le reste produit principalement du froment, du vin, des fromages, et de la soie. Son climat est doux, et tout y annonce le voisinage de la plaine du Piémont. Une foire s'y tient le 6 décembre,

La population est de 1,678 habitants formant une seule paroisse, dont le revenu est d'enviix>n 5oo francs.

ClavëSANA est bâtie sur des rochers escarpés et des précipices, au pied d'une colline qui s'avance vers le Tanaro et garantit la commune des vents d'est. L'escarpement des rochers sur lesquels les maisons sont bâties en amphithéâtre lui donne un aspect pittoresque. Les deux tiers du territoire sont susceptibles de culture^ ses productions consistent principalement dans le vin, qui y est d'une excellente qualité, le froment, le fourrage, et les cocons. Le Tanaro serpente à la hauteur de Clavesana, et y forme une péninsule très remarquable et très fertile. Dix affluents principaux qui se versent près de cette hauteur, occasionent ce changement de direction dans le cours de la rivière.

La commune de Clavesana compte 1,000 habitants; il y existe une seule paroisse, dont le curé a 4oo francs de revenu.

Belvédère^ ainsi nommé, à raison de l'agréable perspective dont on jouit du sommet de la colline où il est placé, présente la façade de ses maisons vers le midi. Un tiers du territoire est en vignes, un tiers en champs et en châtaigniers, l'autre tiers en bois taillis ou inculte. Le sol, exposé à tous les vents, est sujet aux ravages de la grêle; il est peu fertile, coupé par plusieurs affluents, soit du Tanaro, soit de la Réa; le principal s'appelle Garina. Les productions du pays consistent dans le vin, le froment, le fourrage, et la soie.

La commune contient 44^ habitants; la cure possède 200 francs de rente. Il existe à Belvédère un établissement de bienfaisance provenant d'un legs antérieur à 1660. Les revenus ne sont que de yy francs.

BONVICINO est enseveli dans un vallon formé par quatre collines qui l'entourent. L'aspect en est sauvage à raison des rochers qui le dominent et des cailloux dont le lit de la Réa est encombré. Le territoire, partagé en deux parties égales par ce torrent, est coupé en outre par plusieurs de ses affluents; l'un d'eux, celui <{e Montcalermo, est connu par les plantes médicinales que produit son vallon. Les deux tiers du territoire sont plantés de châtaigniers, le reste est en vignes, prés, et champs. T-ft p»y-^, abrité de tous les vents, estmoins sujet aux ravages de la grêle que les autres communes du canton. Ses produits consistent dans le vin, le froment, les châtaignes, les fourrages, et les cocons.

La commune a 4441^^^^^^^? "^ ^"^^ ^'^ q^^ ^^^ francs de revenu: les habitants y suppléent par une contribution volontaire.

CANTON DE GARESSIO.

Le canton de Garessio comprend, outre une portion du bassin du Tanaro, les versants qui s'étendent à gauche et à droite des montagnes qui environnent ce bassin ; ainsi il renferme encore les sources de la Neva , celles de la'Panavera, enfin une partie des versants' de la Monza et de la Corsaglia. On compte dans les versants du Tanaro huit petits torrents et douze ravins. Cette quantité d'eau lui donneroit les moyens de former des canaux d'irriga-

ïio CHAPITRE 1,

tion et d*ëtablir de vastes prairies; mais jusqu àce moment Tindustrie agricole n a rien fait pour en tirer parti.

Les productions du pays consistent dans les châtaigniers qui naissent sans culture sur un territoire immense, dans le foin, le seigle, lavoine, lorge, le blé de Turquie, les légumes, et un peu de froment; on y cultive aussi quelques vignes et quelques oliviers sur le revers méridional des Apennins; mais rhuile et le vin qu on y récolte sont d une qualité très médiocre.

Le sol des montagnes seroit fertile ; mais lliiver y est rigoureux, la neige y séjourne et y fait souvent périr les blés avant la germination; le pays est extrêmement pittoresque ; on aperçoit de tous côtés de hautes montagnes couvertes de bois ou de rochers mçiiaçants ; souvent ces montagnes sont coupées à pic et semblent interdire tout passage: là, comme à Orméa, on est encore dans les Alpes , et la nature y est également imposante. Ces montagnes, généralement calcaires,, fournissent de nombreuses carrières de marbre de couleurs différentes; toutes les églises des environs en sont embellies, et ce travail , qui est déjà lobjet d une petite industrie , doit deveilir [Jus important aujourd'hui, que des routes vastes et commodes vont succéder aux affreux ^entiers par lesquels on transportoit les marbres à dos de mulets.

Le commerce est la ressource principale de Garessio; ce village sert den-* trepôt pour les huiles et les marchandises que Ton conduit en Piémont, et le grain que Ion exporte.

Il existe deux foires chaque année, et trois jours de marché par semaine. L'importance de ce pont exigerait qu'il eût une petite communication avec Albinga, pour l'avantage d'Allassio et de toute cette partie de la rivière qui s'étend jusqu'à Loano.

La population du canton est de 7,692 âmes; elle est principalement composée d'agriculteurs, de muletiers, et de marchands.

Les femmes s'occupent pendant l'hiver à filer la laine pu le chanvre.

Le climat de ce canton, qui repose sur le sol le plus élevé du département de Montenotte , est totalement ouvert aux vents du nord et aux vents du sud, qui produisent successivement beaucoup d'humidité et de froid; aussi la peige y est-elle extrêmement abondante ; elle y séjourne jusqu'au printemps. jC^'hiver dure sept mois de l'année; le givre d'automne, les brouillards et les

THENEWYORr

PUBLIC UBRARY

Page 1