‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 23 sur 88 · CANTON DE MILLESIMO · texte numérisé non relu

CANTON DE MILLESIMO

Ce cantMi comprend les source^ du Belbo, le bassin de Zemolo, une partie du cours de la Bormida, de Callizzano, et la plus grande partie des versants qui séparent cette rivière de la Bormida, de Carcare, jusqu'à la hauteur de Rochetta - Cairo. Le nombre considérable de torrents et de rivières qui arrosent sa surface, y permettroit l'établissement d'un grand nombre de prairies qui seroient fort utiles ; mais les habitants n'ont su jusqu'ici tirer parti des eaux que pour les usines et les moulins.

Le territoire du canton est montagneux; on y voit toutefois quelques

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plaines dans le fond des vallées. Les montagnes principales, vers le sud se rattachent à la grande chaîne des Apennins; les autres, que Ion appelle autrement montagnes des Langhes , ofïrent dans leur^ ramifications des collines favorables pour les vignobles.

Le sol nest point fertile; il est en général sablonneux, et montre sur beaucoup de points un tuf stérile quil seroit inutile de cultiver. Les terrains et les collines sont sujets aux éboulements; les plaines sont assez fertiles, mais on manque dengrais pour la culture.

Le territoire produit des grains, du blé de Turquie, des légumes, des châtaignes, peu de fourrage et de fruits, mais une quantité considérable de vins d'une assez bonne qualité. Les cocons sont aussi une ressource pour le pays.

Le commerce a pour objet l'échange des cocons, des châtaignes, et du vin, contre des grains, du chanvre, et des veaux du Piémont que Ion élève pour Fagriculture.

L'industrie consiste dans la fabrication du charbon pour l'entretien de deux forges dans le canton, et plusieurs autres situées dans les communes voisines.

La pèche est d'une foible ressource; on trouve cependant quelques anguilles et des poissons dans la Bormida et le torrent Zemola; mais le poisson est très médiocre, comme dans toutes les rivières des Apennins.

Le climat est fort variable; les vents les plus dominants sont le sud en été, le sud-est au printemps, le nord en hiver. La pluie, tombe par les vents du sud-ouest; le nord-est et le nord-ouêst amènent, en été, la grêle et les orages. La sécheresse est ordinaire aux mois de juillet et d'août; elle est fatale au maïs et aux légumes.

La population est de 5,784 habitants; ils sont en général, dociles, paisibles, et laborieux, mais dune petite stature, et sujets aux goitres et à d'autres défauts de conformation. On y voit cependant des exemples de longévité, et l'on compte au chef-lieu douze hommes qui passent quatre-vingts ans. Toutes les communes du canton dépendent du diocèse de Mondovi.

MiLLESIMO, chef-lieu du canton, placé sur la rive droite de la Bormida, possède sur cette rivière un pont bien construit. La traversée du

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pays est commode; il existe, en face du château, une place ou large rue, entourée d'arcades. Le bourg est ceint de murailles, qui présentent la figure dun carré long, et qui sont baignées, à l'ouest, par là Bormida.

La population renfermée dans le bourg et dans les hameaux est de 1,020 habitants. Le territoire produit du vin, des châtaignes, du blé, et des fourrages. Le froid y est assez rigoureux en hiver, à cause de la hauteur des montagnes voisines; le territoire est sujet à la grêle, et aux inondations de la Bormida; les maisons même du bourg en sont quelquefois^ endommagées.

Millésime a une seule paroisse qui ^ 'jio francs de revenu. L'église, située ancieiiueuieut hors du village, y fut bâtît; on 1467 par M. Carletto, évêque d'Alba. Le curé avoit la juridiction d'un prélat, et le droit de collation des bénéfices, dans toutes les communes du canton, et même dans Garcare et Gairo; cette dernière en fut ensuite exempte.

Il existoit autrefois un couvent de Bénédictins. On y voit un petit hôpital, suffisamment vaste pour le village; mais il ne jouit que d'un revenu de i5o francs destinés aux secours des pauvres malades.

Millesimo étoit le chef -lieu d'un fief impérial; il fut cédé au roi de Sardaigne, en 1736, avec tous ses privilèges; en sorte que, jusqu'à cette réunion, le pays étoit exempt de toute espèce d'impôt. Gette commune est d'une création nouvelle. Son territoire fut formé du démembrement des villages de Gosseria, Plodîo, Biestro, et Roccavignale, en l'an i563. Cette cession occasiona des querelles de limites qui existent encore. * C'est vers le milieu du lo* siècle que le nom de Millesimo est prononcé dans les anciens titres. Dans les diplômes^ de l'empereur Othon, on trouve ces mots: E plèbe quœ dicitur sancti Pétri de Millesimo. En iboi, il est question de diverses communes du canton, notamment du château de Gosseria, dit alors Erixia.

Les Sarrasins, débarqués à Frasinetto, s'emparèrent des Langhes méridionales, et retranchés dans les châteaux de Bagnasco et Erixia, ils y séjournèrent pendant 5o ans. Ce fut vers le milieu du 10* siècle qu'ils furent chassés par iVlérame , depuis duc de Monferrat et seigneur d'une partie de la Lombardie. Il paroît qu'Alérame fit fortifier les châteaux de Cosse-

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lia et Cengio, qui existoient d^a. Chaque pays avoit alors ses retranchements et son château qui lui servoit d asile contre les incursions des barbares. On y transportoit les effets précieux, et on y conduisoit les troupeaux, pour les. mettre à labri du pillage. On observe entre autres à Castel- NuoYO, une tour très élevée, qui servoit, dit-on, à donner lalarme à tous les pays voisins, quand ils étoient menacés.

Le bourg de MiUasimo fut réédifié, en iao6, par Henri Gajretto, qui en fonda le couvert) ^ it^'jo.he bourg fut environné de murs. On voit encore sur une hauteur les ruines du château qui servoit d'asile aux seigneurs. Le cardinal Garetto fit bâtir le pont en i4oo.

Ce canton r^ofern^e dei% |VM(ition9 mîlîtairca fort importantes; parmi celles-ci, on peut citer Qa^tjdUNqovo, Montezemolo, la Bocchetta de Roccavignal^, et Cengip» I^ château de ce dernier point fut assiégé par les Espagnols, en 1639. Le général qui les commandoit Ait tué sur la brèche, par les François, retranchés à Sallicetto. Le château de Cengio ne se rendit qu ^près uq long siège. Le château de Cosseria fut bloqué, en 1262, par les Génois et délivré par Henri, comte de Millesimo, en i263. En 1 536, le château fut déœoli, par ordre du commissaire impérial Sallo- Cette position fut néanmoins occupée dana les dernières g^rres par le général Provera. Elle iVit emportée par les Français, le 12 avril 1796, après un com^t opiniâtre de trois heures, dans lequel le général Joubert fut blessé y et up aut^e général tué. Telles sont les principales notions historiques que Ton s^ pu recueillir sur MiUesimo.

Il y eut dans 1^ canton , oa i63o, une maladie contagieuse qui exerça de grands ravages. Ce fm Vépoqua d'une, émigration confi^idérable pour l'Espagne.

COSSERI47 autrefois Erixia, est divisée en plusieurs hameaux, dont la plupart sont bâtis au pied de la montagne du château; lés autres sont situés dao;s de petites va^ées. La principale production du pays consiste en vins; on y récolte aussi du blé, et quelques légumes, des châtaignes ^ du fourrage , et di^ chanvre. Le territoire est fertile , sauf la partie établie sur le tuj^, qui en^ occupe les deux cinquièmes. Le chmat est assez beau ; mais lair est vicié par le chanvre que les habitants font rouir près de leurs habi-

TOBOGRAPHIE. ir^

talions. Les f écohes souflrent en été du nanqne d eau ; les torrents y sont alors entièrement à sec. La porpfulation est de j^o habitants, tous agpricul-* teuKi. La paroisse jouit d un reyenu de 5oo francs.

CenoiO, sur la rive gauche de la Bormida, est dirisi^ en plusieufrs^ hâ« meaux, dont les principaux enyi^roiinént la eolKne qui est dominée' par 1« château. Les attire» sont situés avr de petites collines^, ou dàns^ 1» plaiîne du vaUon, Le climat est inconstant et exposé aux veivts éd sud^st et du nord-est. Les principadea productions» oonsisteriit dana le vin, Ie& cllâ^ taignea, le tdé, les légumes, et le produit dea codons. Un tiers du territxÀve est couTcrt de taillis et broussailles^ dont la moitié lie donne ao^ cun produit. Plusieurs régioud produîpoîmit de bon* vin j naais on n'y laisse point assez mûrir le rsHSÎn. Les habitant» Mut industrieux, travcAlleurs ; ils soutiennent lenrst vignobles par des^terosusses eomme dans la Ligurie.

Le revenu de la paroisse esn de 4oairancs. La>popidiAioil est de6â3'h»bitantSk

ROCGAVIGNALE , divisé en troi» hameaux pttîncipaux, fbrme uncf commune de 1,1 16 habitants. Les nviÂitésqui^crsîMent entre ces troife hameaux, ont déterminé en 1600, à bâtir Téglise, au centre de la paroisse, dai» une vallée. Les hameaux sont situéa sur la oôte, ou vers les versants de là Zemola. On voit, près de la paroisse, les ruine» de landen château. Le principal hameau dit Borgo étoit autrefois, environné de mumillès. Le territoire de ce village est fort* étendu v ses productions coilsistent en châtaignes^ bois, vignes-, blés, légumes^, fourrages, et coçona. Le terrain d^illeurs- estmédiocre ; 3 est exposé aux i/^ents^d est, du sud, et du nord*. Il existe daila cette comnMne une forge établie e«i^ ^77^- l*© F^y» est sitjet à une éœigpâition d'habiums pestant Fhiveii. La paroisse jouit d un revenu àé^ 1,000^ francs*

MONTEZEMOLO, situé sur un point très élevé , entre les sources de Belbo, et de la Gevetta, renlerme 370 hiJbtoinls. Son climat e^t froid; il est expeaé à tous les vents : conséquemanent, son territoire es» peu fortile. La priocipale production du pays consiste* en fourrages de mauvaise qualité qm'on donne aux mulets. Les bestiaux sont sa principale ressource. On' récolte aussi du vin, des châtaignes, et du maïs. On y trouve beaucoup

de bois qui tiennent lieu de pacage. Les habitants sont robustes et laborieux. La paroisse a 5oo francs de revenus.

Castel-NUOVO, situé dans une plaine élevée, entre les sources de la Cevetta et de la Zemola, est divisé en deux hameaux. Son climat est très froid, et son territoire stérile. Il est dominé par les vents du nord, et de lest. Les châtaignes, les bois, le froment, le seigle, et le maïs, sont les ressources des habitants. Us sont robustes et sains. On récolte aussi du vin, des fourrages, et des cocons. La population est de 277 habitants.

La paroisse a 3oo francs de rente. Une mine de plomb, qui s annonce sous des apparences avantageuses , pourra devenir une ressource pour ce pays naturellt;iiiont pauvre*

BlESTRO, placé* sur la pente dune colline, dans les versants de la Rormida de Pallare, renferme plusieurs hameaux, et forme une commune de 522 habitants. Le terrain , composé d argile et de terre calcaire , est bon sur quelques points ; mais généralement peu productif; il est exposé en été aux vents du sud et du sud -est, qui y causent des fièvres intermittentes. Les principales jHXxluctions du pays consistent dans les châtaignes, le vin, et le froment. L'industrie fournit aussi quelques ressources : on y fait une quantité de charbon qui se vend aux forges voisines, et

celle qui existe dans le pays. Il y avoit autrefois à Roncodi-MagUo, une verrerie, maintenant détruite.

Le curé jouit de 45o francs de rente environ.

PlODIO, situé dans les versants de la Bormida de Garcare, est partagé en plusieurs hameaux, qui environnent le village principal. Le climat est sain. Le territoire est seulement exposé aux vents du nord-est et du sud-est. Ses productions consistent en froment, châtaignes, vins, et fourrages. Les habitants, au nombre de 269, sont industrieux. La paroisse a une rente de 4oo francs.

ROCHETTA-CENGIO, bâti sur la pente dune colUne, dans le bassin de la Rormida de Millésime, est divisé en deux hameaux principaux. Son territoire est exposé au sud -sud -ouest. Son climat est doux, et ses productions hâtive». Ses ressources consistent dans le vin, le froment, le fbur-

rage, le maïs, et les cocons. Les habitants, au nombre de 287, sont tous cultivateurs. La paroisse jouit d un revenu de 35o francs.

Caretto, sur la pente dune colline, dans le versant de la Bormida de Cairo, est divisé en petits hameaux, qui environnent sa paroisse. Le territoire est abrité au nord et exposé au sud et à Test; le froid y est peu sensible en hiver; mais les habitants sont sujets aux dispositions atoniques. Ils n ont d autres ressources que la culture d un terrain peu productif, et sujet à la sécheresse. Les produits consistent dans le vin, le froment, les châtaignes, et les cocons. La moitié du terrain est inculte. La population est de i35 habitants. Le curé jouit d un revenu de 1 5o francs.

ROCHETTA-CÀIRO, »ur la rive droite de la Buriuida de Carcare, est bâti sur une petite colline, à lentrée d'une jolie plaine. On y voit au sud les nrines dun vieux château, bâti sur un rocher, que Ion appelle aujourdliui Castellazzo. Au pied passe une ancienne route romaine, dont on voit encore des restes. Son territoire est exposé aux vents du sud, en été , et aux vents du nord en hiver. Sa population est de 525 ha* bitants. Ses ressources principales consistent dans le froment, le maïs, les châtaignes, le vin, et les cocons. Le curé jouit dune rente de 25o francs. Il y existe une confrérie, qui possède i5o francs de rente, mais avec la condition de distribuer 36 francs aux pauvres du canton.

CANTON DE MURAZZANO.

Le canton de Murazzano occupe le contrefort qui sépare le lit du Belbo de celui du Tanaro ; il est traversé par la Rea et par le torrent Cusina : d'autres petits ruisseaux de peu d'importance sillonnent aussi le contrefort qui fait le sol du canton. Le territoire est généralement fort élevé; il n'existe presque point de plaine, excepté dans les vallons du Belbo et du Tanaro. Le sol s'étend en pente rapide , du point le plus élevé à Monbarcaro jusqu'aux rives du Tanaro, près de Bastia. Le sol est par lui - même stérile et composé des débris d'une pierre blanche, qui produit peu sans le secours des engrais. La rapidité des eaux en-«

tâ^aîne les terres cultivées^ et la quantité de neige qui tombe en hiver refroidit beaucoup la terre.

Le territoire produit principalement du grain , du blé de Turquie., des légumes, des châtaignes, du fourrage, des fruits, et sur-tout du vin.

Le commerce dut canton consiste dans l'échange des grains nécessaires à la subsistance des habitants, contre les bœuft q«iie Ton vend pour les travaux de Tagriculture. La pèche ny est daucune ressource. L'air du pays est généralement pur; mais les vents s y font sentir avec violence: le nord en hiver, et le -sud-est au printemps, causent souvent la perte des arbres fruitiers et de leurs fruits. La longévité . ny ,est point consiîdérable, quoique W hobium^ y ^nylcut d^i*, cacactj^^) f!k>i:^ et guerrier; elle ne s'étend poittt au *^ delà de soixaJ9.te-dix ^ns. I^ violence des vents produit pendant l'été ^ne sécheresse coinstantie, (qU6 le^ «eriRges seuls peuvent faire disparoitre en cette saison et vers la fi|i du prid^^mps; maïs la gràle Jes accompagne, et la foi^ve y .tfiim.be fcéqumnmont. JLfi» ve\i^ du nord et du sudnoueat sont eeux q^i amènent ces tjepipêt^^

L'aspect en canton est ;pitioresque ; on remarque encore dans ^toutes les communes, .exoepté à Basûa et à IgkanQ^ des châteciux, envifTOno^és de tours à crénaux qui servoLeiH de défense 901% habitaldts .pondant hs^ irrnp^ tions des barbares. . . ; i,

La population du canton est de 7,1 35 habitants.

MURAZZANO, chef-lieu du canton, est bâti sur la pointe d'une colline; il est dominé par un vieux château et une tour très élevée; son enceinte contient trois rues principales, et trois autres mal bâties. La population est de E,95a habiiants. Le tanriloire ^est i^xposé aux vents dm nordrf^t du sud-est pendant presque.tottte l'année ; laïieig» en hit^er , la séc)ier0sse«n^été ; n^îs^iM: aux récoltes : ooà évidue à plus d'un nedvi^ine.les peintes Cfiusâas;p4u* ja ^t^\p* On tîersduilerritoire est cultivé eniYÎgiies^ un liers en jpmt^iaBi, pt foois d^ châtaigniers, eofiA un tiers en bois taîttis. Soq pessotArci^ principales QOin* sisfeent dans le via , le ftronnent^ et les. fiHurrâg»»i U êxtôteune tann^i^e et ^m filature pour la soie. . .• . j; .

Laparoissedé ilVfuraazaiio jôuitd'unpevemide 1 ,6Qo^&an€â^ ycomprislos dons êes habitants. Le 'bufieau de bienfeisanne poswde uu>ne:^euu de '^Q, ^ratios

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provenant d'une rente constituée sur le mont de Turin avec la charge de soixante^ouze messes. L'ancien couvent, existant dans cette commune, percevait également une rente de 240 francs du gouvernement pour la distribution aux pauvres ; l'administration du domaine s'est emparée de ces titres, en prenant possession des biens du couvent. Le curé doit distribuer une somme de 35o francs, dont il faut déduire le prix de quarante-huit messes. U existe en outre un legs de 700 francs pour la célébration d'une messe chaque jour, et pour le secours des pauvre».

L'histoire de Murazzano ne remonte point au-delà de 1 3o5. Tout le canton faisoit anciennement partie de la Ligurie.

Ces pays appartenoient au marquis de Montferrat, qui mourut sans descendants. Théodore, fils de sa sœur et héritier, venoit d'en prendre possession, lorsque Manfréde, marquis de Saluées, s'empara de la plus grande partie de ses héritages. Charles, duc de Savoie, profita de la lutte des deux prétendants pour établir san antariti dans la contrée. Le marquis de Saluces, trop foible pour résister, fit, en i3o6, un traité par lequel les terres que le duc de Savoie avoit occupées dévoient appartenir au duc en supi^me domaine, tandis que les marquis de Saluces en auroient l'investiture. Depuis cet accord^ les communes tlu canton ont été soumises au duc de Savoie, et leur ont donné en tout temps des marques de dévouement. En 1744? ^^^ ^^ levèrent en masse contre l'armée combinée françoise-espagnole.

De 1798 à 1800, ce même peuple resta constamment armé pour la cause du Piémont, et opposa une longue résistance. En général l'esprit des habitants est guerrier. ^

Une tradition ancienne suppose que les châteaux des diverses communes ont été bâtis par le duc de Mantoue, qui soutint, en i3oo,^ une guerre avec le duc de Monferrat; mais il est plus probable qu'il rétablit ces châteaux, déjà bâtis pour préserver les habitants des irruptions des barbares.

Il paroît que jusqu'en 1 5 1 5 le pays étoit peu peuplé; il est prouvé en eflfet qu'appelés par le marquis de Montferrat à prêter le serment de fidélité, dont aucun homme ne pouvoit se dispenser, les habitants de Murazzano ne se présentèrent qu'au nombre de deux cents, ce qui supposeroit que la popidation étoit alors le tiers de ce qu elle est aujourd'hui ; le résultat est le même pour

toutes les au très communes de ce canton. L'accroissement de la population est dû à la culture du blé de Turquie, entreprise depuis cent cinquante ans seulement. Cette récolte fournit près de la moitié des subsistances : elle est moins sujette aux ravages de la grêle. On se rappelle encore dans le pays de fréquentes disettes qui avoient lieu avant Fépoque de cette culture; les familles étoient obligées d'émigrer après une grêle, et de chercher ailleurs leur subsistance. La preuve de ces émigrations résulte des actes dont nous avons parlé; tous ' les noms y sont étrangers à ceux des familles qui existent aujourd'hui.

Les droits seigneuriaux étoient assez onéreux dans les communes du canton; leur suppression doit ajouter à Faisance des habitants.

Telles sont les observations historiques qui se rapportent plus particulièrement au canton de Murazzano. Ce pays a partagé depuis les vicissitudes et le sort du Piémont,

B ASTI A, situé au pied dune colline, dans la vaUée du Tanaro, renferme 860 habitants, tous cultivateurs; Ip Tanaro travtf»r«p iin#» Hfîiif^ d^ fion territoire; sa vallée forme une petite plaine qui, quoique peu étendue, présente de belles prairies et des champs fertiles. Un quart du territoire est sablonneux et en friche; le reste est planté en vignes, bois de chàtaignielrs, et futaies. La principale ressource du pays consiste dan$ le vin , le froment, le fourrage, et la soie. L'industrie y maintient une filature et un martinet.

Le climat est plus doux à Bastia que dans le reste du canton ; la colline garantit cette commune des vents habituels ; les vins y sont de meilleure qualité.

La paroisse de Bastia dépend du chapitre de Mondovi, qui doit fournir au curé une somme pour son entretien ; cette somme étoit autrefois à la charge des bénédictins de Suze. Il n'y a point d'établissement de bienfaisance.*

CiGLIERO, bâti sur le sommet d'une colline dans les versants du Tanaro, renferme 43o habitants, tous agriculteurs. La plus grande partie de son ter* ritoire est plantée en vignes; on y voit aussi des prairies et des champs près du Tanaro. Ses productions consistent principalement dans le vin, le froment, et le blé de Turquie. La commune est exposée aux vents du nord et de l'ouest , et, par une combinaison singulière, une partie du territoire est ravagée chaque année par la grêle : une chose plus extraordinaire encore, c'est que depuissixans cefléau a constamment suivi la direction du nord. Ces malheurs

TOPOGRAPHIE. laS

fréquents dégoûtent les agriculteurs ; le pays est mal cultivé, et les habitants n ont de ressource quen se louant à la journée dans les communes voisines.

La paroisse de Cigliero a un revenu de 5oo francs , il existe un établissement de bienfaisance doté de 260 francs. Les administrateurs réclament une rente constituée de i25 francs, et le droit de prélever en outre, sur les particuliers, vingt mesures de grain, pour biens anciennement concédés par rétablissement.

ROGGA-CiGLIÊ, bâti sur le sommet dune colline, qui sépare deux affluents du Tanaro, renferme 44<> habitants. Un tiers de son territoire est en vignobles, un sixième en champs, un autre en prairie, lautre tiers en bois de châtaigniers, et bois taillis. Il y a une petite plaine sur le bord du Tanaro. Les productions principales du pays sont le vin, le froment, le fourrage; les cocons offrent aussi une ressource considérable. Le pays étant pauvre, les habitants vont travailler dans les campagnes voisines. Le curé de Rocca- Ciglie a 5oo francs de rt;nte. Il n y a point d'établissement de bienfaisance.

MarsAGLIA, bâtie sur la pointe dune colline, presqu au niveau de Murazzano, renferme 824 habitants. Le$ vents du nord et du sud-est y sont impétueux. La vigne occupe un tiers du territoire, les prairies et les bois un autre tiers, les châtaigniers et bois taillis forment le reste; le vin, le froment, le fourrage, s<mt la principale ressource du pays. Les biens de la paroisse ont été tellement ruinés, que le curé sen'est désisté en 1806; les habitants ont alloué au desservant par un pacte volontaire une somme de 25o francs.

CaSTELLINO est bâti sur la pointe d une colline, entre deux affluents du Tanaro; sa population est de 670 individus. Les deux tiers au plus de son territoire sont cultivés. Ses produits consistent dans le vin, le froment^, et les cocons. Le vin y est assez renommé. Le Tanaro forme une petite plaine dans ce territoire. Le climat y est également plus doux que dans les commune^ précédentes. Le curé n'a presque aucun revenu ; il lui est alloué 1 10 francs par contribution volontaire.

IGLIANO, bâti dans une vallée du torrent Cusina, renferme 3oo habitants. La moitié de son territoire est composée de vignobles, champs, et prairies ; le reste est planté en châtaigniers et bois taillis. La commune est à labri des vents du nord et du sud. Son sol est assez fertile, et

la récolte suffit à la nourriture des habitants. Les produits principaux consistent dans le vin, les cocons, et le froment. Le curé jouit d'un ix> venu annuel de âio francs.

PâROLDO, bâti dans les versants de la Cevetta, compte 554 habitants. Le territoire est garanti des vents du nord; il est planté en châtaigniers, vignes, et bois tailUs, et renferme des prés et des champs. La récolte, qui consiste principalement dans le vin, le froment, et les cocons, suffit rarement aux besoins *, la grêle et la gelée y font souvent des ravages. Le curé jouit de 35o francs de revenu.

MONBARGARO, commune de 1,107 l^^^^i^^^ ^t bâtie sur la pente dune colline très élevée ; de là on découvre la mer à plu» de dix lieues de distance, par dessus la chaîne de l'Apennin. Son territoire est exposé à tous les vents; un quart est entièrement stérile et sans culture; le reste consiste en vignes, prairies, champs, bois taillis, et châtaigniers.

La vallée de Belbo y fournit beaucoup de foin de mauvaise quahté. Les ressources du pays se composent de froment, de foin, du produit des bestiaux , de châtaignes , légumes , et vin. Les habitants ont quelque industrie, et font le commerce du grain. Le curé de Monbarcaix) jouit de 5oo francs de rente. Il existe sur le mont de Turin , un legs de 166^ francs à distribuer aux pauvres. Toutes les communes ci-dessus dépendent, pour le spirituel, de Tévéché de Mondovi/

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