‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 24 sur 88 · CANTON D'ORMÉA · texte numérisé non relu

CANTON D'ORMÉA

Le canton d'Orméa comprend une partie de la vallée du Tanaro, et remonte jusque vers ses sources; il comprend celles de la Penavera. Son territoire est le ^us élevé du département ; il est environné de hautes montagnes, qui se rattachent aux Alpes, et présentent de tous côtés laspect effrayant de rochers coupés à pic, suspendus les uns sur les autres, et qui semblent s'écrouler. Ce territoire est arrosé par une foule de sources abondantes, notamment par le Tanarello et le Negrone, dont la réunion forme Le Tanaro; par l'Armella, et enfin par la Penavera. Tous ces tor-

vent» partent de points très élevés, sont sujets à des débordements peii<dant les orages et la fonte ^es neiges, ce qui rend le climat très humide. L'escarpement des rochers et la hauteur des montagnes privent cette vallée de la vue du soleil, pendant plus dune heure chaque jour, même en été. Toutes les sommités des montagnes qui forment les versants du Ta^ naro, se chargent pendant l'hiver d'une neige abondante 9 mais, d'autre part, rencaissement des vallées e^ tel, que le pays se trouve garanti de tous les vents violents, ce qui rend le climat un peu mdin» froid que celui des communes inférieures, dans la vallée du Tanaro. Le territoire est très peu productif. On y trouvie utie petite plaine, aux euvirons d'Orméa. U renferme q^uelques champs die vtgnes, et des prairies. Une partie est composée de pacages, de montagnes agrestes, couvertes de bois de sapins, de taillis, de buissoos, et q«ielquefois de châtaigniers ; leurs pen* chants présentent *de petits champs, et des v%oe», soutenus par des murs en tofimase, oonniç dans la Ligurie. l'ont le reste n offre <]ue rochers sau» vages, précLpioes, ou ^ommîliés rebelles à toute espèce de culture. La principale ressource du oaoïton oattsiste d^ms les châtaignes, les fourrages, et l'avoine-, mais l'industrie est venue au secours des malheureux habitants: il s'est formé i Orméa une manufacture ée draps fort importante, et qui empb^e une partie considérable de la population, qui est de 5,a5o individus.

Une autre partie des hcdûtants fait un commerce d'échange ^rès actif entre la vallée 4'On^Ue et le Piémont. Le reste de la population trouve sa nourritiu^ daîus tes productions répandues sur un sol presque stérile, mais dune grande éteotdue. L'exploitation de l'immeose forêt d'arbres verts, sise aux souroos du Tanaro, et qui pe«t fournir un jour à la marine une igrande quantité de bois de mâture chaque année, doit lasser dans le pays des sonuosies considérables poup le paiesient des transports.

(Les débouché» du'Comnierce ont lieu par de col de Nava, qui n^'est poi^^t.dujet aitt tourmentes du côté de la Ligurie, et. par la * vallée du Tanaro^ du coté de Geva, pour le Piémont. Il existe encore un passage cpii conduit diiteetenient à Mondovi,.et abrège beaucoup la route du IHélaont; mais ce passage, connu sous le nom de Termiui, esti élevé de 2^020 mè^

très au-dessus de la mer; aussi est-il sujet à des tourmentes violentes qui ont fait périr huit hommes à-la-fbis en 1808. Ce passage nest pratiqué que par les contrebandiers.

Les environs d'Orméa présentent plusieurs carrières de marbres très variés : leur couleur est en général grise-noire , coupée de jaune ; ces carrières ne sont point encore exploitées.

La pèche fournit des truites, des tanches, des écrevisses; mais cette ressource, utile à quelques habitants, ne donne lieu à aucun commerce.

ObméA, petite ville située dans une plaine au confluent de FArmetta et du Tanaro, contient 4 5 80 habitants, formant 85o familles. Les principales productions de son sol consistent en fourrage, seigle et avoine, châtaignes, et vin de mauvaise qualité.

L'étendue de son territoire est immense; mais une très petite partie est susceptible de culture. La population peut se diviser en trois classes : la plus forte est celle des cultivateurs; lautre celle des ouvriers, employés à la manufacture de draps; la troisième, celle des muletiers, ou colporteurs qui se chargent du transport des grains du Piémont, pour les échanger contre les huiles de la Ligurie.

La fabrique de draps, étabtie il y a environ un siècle à Orméa, a occupé jusqu'à 1,600 habitants, soit par la filature, soit par la fabrication des étofies.

Les bâtiments de la manufacture furent brûlés en 1 795 , lors du départ d un corps de larmée françoise ; ils sont en partie rétablis.

L air d'Orméa, quoique humide et sombre, à raison de la hauteur énorme des montagnes qui ferment son territoire, est cependant sain et plus tempéré que celui des communes inférieures, dans la vallée du Tanaro. La direction du sol y feit promptement régner les vents de sud -est et de nord-est. Le climat est sujet à de grandes pluies dans le printemps et dans lautomne, et les neiges qui environnent le territoire y rendent Thiver très long.

La commune d'Orméa n a quune seule paroisse avec une collégiale, composée de neuf chanoines, dont le chef est le curé, qui jouit d'un revenu d'environ 1,000 francs. Les canonicats sont peu considérables, et les distributions annuelles montent à environ 5o francs; le revenu de la fabrique est de 480 francs. Outre l'église paroissiale, il existe douze chapelles ehampétres,

dont les desservants sont payés par les habitants. Chacun des douze villages qui composent la commune a sa chapelle; elles sont pour la plupart distantes d une lieue et demie les unes des autres.

• L'histoire de la ville «d'Ormea remonte vers le milieu du treizième siècle. A cette époque, les habitants des divers hameaux dispersés se réunirent pour former le chef-lieu. A la fin du même siècle, les marquis de Geva se coalisèrent avec la république d'Asti, environnèrent la ville dune enceinte bastionnée, et construisirent un château dans ce point important, qui défend avec avantage la vallée du Tanaro. Les marquis de Ceva en firent un fief pour une branche cadette qui en a joui jusqu'à la moitié du dix*septième siècle ; il passa à cette époque à la maison de Savoie, qui l'aliéna immédiatement au profit de la maison d'Esto Dronero; celle-ci l'a conservé jusqu'au commencement du Hix-huîtième siècle. Mais s'étant éteinte, le fief retourna au domaine, qui l'aliéna de nouveau à la maison Ferrero Ormea. C'est à un membre de cette famille, ministre du roi de Sardaigne, qu'on doit l'établissement de la manufacture de draps qui existe encore à Ormea, et les privilèges dont elle jouit.

La ville avoit été gouvernée par ses lois municipales jusqu'à la fin du dix-septième siècle, époque de la décadence de l'ancienne maison de Ceva.

Ormea étoit une position militaire, importante pour la Savoie, parceque son territoire limitoit avec la Ligurie, et renfermoit le seul passage praticable pour y déboucher. Ses environs ont été occupés long-temps par les Sarrazins, qui , de ces points élevés, faisoient des incursions dans tout le pays. On voit encore sur les sommités et les pointes de rochers, les hautes tours qui y avoient été bâties. Vers le milieu du seizième siècle, la ville fut prise d'assaut et brûlée par les Espagnols et les Liguriens, sous le commandement du prince de Sainte-Croix. Dans les dernières guerres les Français ont occupé ce point important.

Par-delà les Apennins, entre le col Frasso et Pian del Orso, se trouve la petite commune de CapRAUNA, de 898 habitants, formant 78 familles. Les productions du pays consistent dans des fourrages que l'on récolte dans des pacages très élevés, dans le seigle, les légumes, l'avoine, et enfin les châtaignes. Le terrain est en général stérile et soutenu par des terrasses j ce

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genre de culture est dispendieux: aussi les habitants sont-ils misérables et réduits à se porter pendant lliiver sur le littoral, où ils s'occupent à faire des paniers ou à récolter des olives.

Lair de Gaprauna est sain et plus tempéré que celui d'Ormea, quoique moins abrité ; on n'y récolte point de vin. 11 n y existe qu'une seule paroisse dont le curé jouit de 3oo francs, et la fabrique de 200 environ.

La commune d'ALTO, située au-dessus de Gaprauna, dans les versants de la Pennavera, a sensiblement la même exposition que celle de Gaprauna, son climat est le même. Ses productions consistent dans le fourrage, le seigle, l'avoine, et les châtaignes. Les habitants émigrent tous pendant l'hiver et ont la même industrie que ceux de Gaprauna.

Gettc petite commune se forme de 55 familles, faisant 272 habitants. Le curé de la paroisse jouit d'un revenu de aoo francs, et la fabrique de 80 fr. Cette paroisse faisoit autrefois partie de l'évêché d'Albenga, et maintenant de celui de Mondovij il n'y existe point d'établissement de bienfaisance.

CANTON DE SALICETO.

Le canton de Saliceto renferme une partie du bassin de la Bormida de Millésime, et s'étend des hauteurs qui terminent les versants du Belbo à ceux des sources de l'Usone. Le canton est en général montagneux, mais le cours de la Bormida offre, de temps à autre, de petites plaines assez fertiles. Les collines, composées d'une terre blanche, exigent beaucoup d'engrais. La durée de la neige pendant l'hiver les rend froides et peu productives. Le terrain des plaines est composé d'alluvions noires et fécondes.

Les productions du territoire se composent principalement de froment, de vin, de blé de Turquie, de légumes, de châtaignes, de foin, et de fruits. Le commerce consiste dans le transport des blés, des plaines du Piémont à la rivière de Gênes. Les muletiers rapportent en échange des huiles et des poissons salés. La pêche, dans la Bormida, n'offre aucune ressource. La population est de 4^693 habitants.

TOPOGRAPHIE. i3i

L air est en général pur et sain dans Tétendue du canton. Le nord et le sud-est sy combattent en hiver, et il en résulte une température plus douce que dans les pays y(Hsins. Les mêmes vents de sud apportent en été la pluie qui nourrit la végétation, et fait prospérer les fruits. Les vents du nord amènent seuls la grêle, mais elle est fort rare, et le tonnerre même s y fait peu sentir.

Les seules constructions anciennes que Ton remarque dans ce canton , sont celles des châteaux de Saliceto et de Gamerana. Gelui de Saiiceto date de i588. Il fut ruiné en i6i5, en même temps que les châteaux de Gengio et de Gherasco; il soutint un siège contre les Espagnols, dont le chef, Martin d'Arragon, fîit tué sous ses murs : on trouve encore à Millesimo le tombeau de ce général dans le couvent de Saint-Étienne.

Le château de Gamerana est d une moindre importance.

Saliceto, chef-lieu du canton, est situé au pied dune colline, dans le vallon de la Bôrmida^ sa population est de i,483 habitants. La commune est environnée de mui^; on y entre par deux portes qui avoient autrefois des ponts-levis; on peut se promener au-dehors de la ville sur les allées qui lentourent. Le château, placé au nord-ouest, est également fortifié.

Le bourg forme un carré long, traversé par une rue assez large, et coupé par dix autres plus étroites. On pourroit établir une promenade assez agréable sur une esplanade placée au-devant des bastions, mais les habitants ne se mettent point en frais à cet égard.

Le bourg étoit autrefois bâti sur le sommet d une colline, oh Ion voit encore les ruines d un vieux château et d une vieille église : cette position incommode, et qui ne servoit quà mettre à Fabri des incursions , fut abandonnée dans les temps de sécurité.

Le territoire produit principalement du froment, du vin, et des châtaignes ', un tiers environ consiste en vignes et en prés, un tiers en champs et en châtaigniers*, Fautre tiers en bois tailUs, qui fournit des échalats pour les vignes.

Il n existe à Saliceto qu une foire, le 1 1 novembre, mais elle est de peu d'importance. La seule industrie du pays consiste dans une filature. Le curé jouit d'une rente de 1 5o francs ', le presbytère est une donation faite en i663.

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Il existe un établissement de bienfaisance, organisé en mont-de-piété ; les administrateurs avoient voulu convertir les biens-fonds de cet établissement en capitaux pour acheter des grains. Les distributions cessèrent en 1 798 , et n ont pas recommencé.

La commune, environnée de collines, se trouve abritée des vents les plus dangereux : celui du sUd-est domine. Il y tombe moins de neige que dans les communes voisines, et la grêle y £ait peu de ravage. On y remarque souvent des vieillards de soixante-quinze ans.

Le canton de Saliceto fbrmoit partie du marquisat de Savone, qui s'étendoit du rivage de la mer, entre le torrent de Lerone et Varrazze, jusques aux confins d'Acqui. Ce marquisat fut démembré en 998. Il fut en outre divisé par les successions en i2o4; mais le canton de Saliceto resta encore dans le marquisat de Savone. Ce marquisat, ainsi subdivisé, reconnut différents maîtres. Savone ayant obtenu sa liberté, Saliceto fut agrégé au marquisat de Saluées. L'investiture en fiit donnée sous le titre de ex marchionibus Savonœ (i). Les marquis furent obligés de prêter foi et hommage aux ducs de Savoie. Cette soumission fut renouvelée en 1898 à Amédée VI, dit le Vert; enfin en i588, par acte de permutation, datée du 10 mai , Charles Emmanuel aliéna Saliceto et ses dépendances au marquis Scipion (iarretto. Ce seigneur fut investi de tous les droits et prérogatives que comportoit la féodahté de ces temps; ces droits parurent si onéreux aux habitants qu ils se révoltèrent et lobligèrent de se relâcher d une partie de ses prétentions. Les seigneurs y vécurent depuis paisiblement, et leurs possessions revinrent enfin aux comtes Priora, qui en furent les maîtres jusquà Fabolition des droits féodaux.

MonëSIGLIO, commune de 1,176 habitants, est bâtie sur une petite éminence dans le vallon de la Bormida; son territoire produit principalement du froment, du blé de Turquie, du vin, et des fourrages. Le tiers du territoire est planté en vignes, un autre tiers consiste en champs,

(i) Les termes de PinTestitnre ëtoient ainsi conçus: At sciendum est in marchionaiu Savonœ, fuisse Finariwny etiam prœdictam omnem eam regioneni Langamm seu Liguriœ, quœ est a civitaU aquarum usque ad Jpenninum et litlus maris.

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et le reste est partagé également en châtaigniers et bois taillis. Les habitants sont tous agriculteurs. Le seul genre d'industrie consiste -en deux filatures.

Le climat est en général assez doux, la commune étant défendue des vents orageux par les collines qui Fenvironnent. Les vents de sud-est et de nord sont plus fréquents à raison de la direction de la vallée. On y éprouve rarement les ravages de la grêle.

Monesiglio a une seule paroisse. Le revenu du curé estd'environ y 5o francs. Il n'y existe point d'établissement de bienfaisance.

Camerana, commune de i,5io habitants, est bâtie sur une colline vers les sources d un affluent de la Bormida. Ses productions principales consistent dans le vin, les châtaignes, 1^ blé de Turquie, le froment et les fourrages. Les trois dixièmes du territoire sont en terres labourables^ un dixième en pré , un autre en vignes; trois dixièmes en châtaignes et taillis, et deux autres en terrain stérile et sans culture. Leè prairies situées dans la vallée du Beibo produisent du foin de mauvaise qualité. La campagne est sujette à la sécheresse , qui y fait communément manquer la deuxième récolte.

La commune, située sur une colline, est exposée à tous les vents ; celui qui y domine le plus est le sud-est; il y amène quelquefois des orages, et y cause la grêle.

La population de Camerana est divisée en deux paroisses. Les curés ont 700 francs de revenu dans la première, et dans la deuxième 5oo francs. Il ny a point d'établissement de bienfaisance.

GkyrTASEGGA est bâtie sur une haute éminence vers les sources de ITJsone; elle est dominée par tous les vents, mais plus particulièrement par ceux du nord, d'ouest et de sud; ce dernier endommage souvent les récoltes: on peut calculer que sur dix années il y en a une' où la grêle fait des ravages.

Les productions du territoire sont le froment, les châtaignes, et le^vin. Le cinquième est en champs et en prés, un dixième en châtaigniers, un douzième en vignes; et plus de la moitié consiste dans des friches stériles et sans culture : le sol est naturellement froid, et ne peut produire qu'à l'aide des engrais.

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La population de cette commune est composée de 5â5 individus; elle forme une seule paroisse dotée de 520 francs. On n'y trouve aucun établissement de bienfaisance.

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