CANTON D'ALBENGA
Le canton d'ALBENGA, ^s au bord de la.mer, outre trois petites vallées entre Borghetto et Albenga, renferme presque tous les versants de la Neva, une partie de ceux de Lerone et de Larossia, et enfin toute la plaine que parcourt la Centa.
L abondance des eaux y a donné les moyens d'établir une grande quantité de moulins à grains et à huile, et de lavoirs poui? les mares d olives. Le territoire y est arrosé sur tous les points, et on peut y cultiver des légumes de toute espèce*, mais cet avantage est bien atténué par les dégâts que causent les débordements. La masse d eau qu amènent tous ces torrents réunis en un seul est eiïrayante, et occupe un tel volume, quil faudrait des travaux immenses pour la contenir.
Malgré la laideur du lit de la Centa qui a plus de 4oo mètres, toute cette belle plaine est ravagée : dans les inondations, elle est entièrement couverte deau. Le torrent, élevant son lit par le dépôt des alluvions qu'il entraîne, doit se jeter tour-à*tour d un côté et de lautre du vallon : il menace dans ce moment la ville eile^m^e. On cite les débordements de 1689, lyoS, et 1706, mais le plus dangereux de tous, fut celui du 3 octobre 1744? ^^ ^^^^ montèrent tellement que 1 on napercevoit plus que le sommet des arbres dan^ les campagnes; et, malgré les précautions que Ion avoit prises à l'aide des barricades, elles pénétrèrent dans Imtérieur delà ville qui fut inondée.
Les territoires d'Albenga et de quelques communes de ce canton, com* posent la plus vaste plaine de la Ligurie. On y remarque lolivier, la vigne, et les arbres fruitiers de toute espèce; on y trouve des prairies, des terres à
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grains, et à chanvre. L aspect de cette campagne est ravissant, et ne ressemble pas à ce que Ton voit sur les autres points de la Ligurie. Une partie des villages du canton est située sur des collines en terrasse, oh Ion cultive l'oMNrier, la vigne, et le grain j d'autres sur des montagnes élevées qui «ont couronnées de forêts et de bois de châtaigniers. Les productions de toutes espèces appartiennent à la plaine^ lliuile et le vin aux collines; les châtaigniers, le vin, les fourrages, et le bois, aux montagnes.
On peut dire que la culture laisse beaucoup à désirer dans ce canton; on ne -fait rien pour perfectionner les fruits des arbres; on y manque d orangers et de citronniers, que l'on pourroit cultiver avec succès. Le cultivateur, se fiant à la bonté du terrain, néghge le fumier et les engrais; enfin la crainte des inondations et des ravages du torrent, empêche les propriétaires de s'occuper d'amélioration dans les parties menacées. Le territoire est d'ailleurs trop grand pour sa population ; beaucoup de terrains y sont laissés totalement en friche, tandis que l'on pourroit, avec beaucoup d'avantages, y planter l'olivier, la vigne, et semer le blé.
Le climat est tempéré ; les comjnunes les plus élevées sont exposées à souffrir quelquefois des orages et de la grêle. Les pluies sont fréquentes en hiver et en automne. Les vents dominants sont ceux du nord et du sud-ouest. La plaine, aux environs d'Albenga, renferme quelques marais qui doivent altérer la pureté de l'air, aussi y remarque-t-on des fièvres intermittentes.
Ce pays est tout agricole; on ne vend au-dehors que de l'huile et du chanvre, et quelques légumes. Il se £sàt un léger trafic avec le Piémcmt par Garessio, mais la difficulté du chemin le rend presque nul. La commune de Borghetto fait un petit commerce de mairain , qu'elle transporte de Gallizzano. Les habitants étant presque tous agriculteurs, la pêche sur les côtes ne peut être d'une ressource considérable, elle ne suffit pas à la consommation des habitants.
En face d'Albenga se trouve l'île Galinara; sa circonférence est d'environ trois railles, et sa figure presque ovale; elle est escarpée de tous côtés, et l'on y monte par un seul sentier du côté du nord. Le sommet de l'île forme une petite plaine, où fut fondé en ioo4 un couvent de bénédictins dont on voit encore les ruines. Le pape Alexandre III, le mit scrus la protection du saint-
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siège en 1 169. Cette île, célèbre par le séjour qu'y fit saint Martin, évêque de Tours, est aujourd'hui inhabitée; elle abrite la plage du côté d'Albenga, et fait un assez bon mouillage, même pour les vaisseaux de grande portée, mais il n'est point fréquenté. La population de ce canton est de i4,73S4iabitants.
La ville d'ÂLBENGA est située au milieu d'une plaine fertile, sur le bord de la rivière Centa, que les anciens appeloient Merula; elle est bien bâtie, et l'on y trouve des maisons qui annoncent de la magnificence. Quelques unes de ses rues sont assez larges pour le passage des voitures. La population* de la ville est de 2,101 âmes. La commune renferme en outre les villages de Leca, de 5o6 habitants; Bastia, de 5 70; Fidel et Lisignano, de 5 16: total 3,693. Les productions de son territoire consistent dans l'huile^ le viii, le chanvre, et généralement toutes sortes de denrées. Les bras manquent à l'agriculture de ce beau territoire, et les inondations de la rivière né per* . mettent point de construire des métairies dans la campagne.
La population est composée de propriétaires et de cultivateurs; ces derniers possèdent eux-mêmes quelques biens, de sorte qu'il n'y existe ni mendiants ni même de pauvres. La culture employant tous les bras, le commerce et l'industrie y sont nuls; quoique le pays produise une quantité considérable de chanvre, on n'y trouve ni tisserands ni cordiers.
L'air d'Albenga a toujours passé pour malsain; il est certain que le torrent forme à l'entour de la ville différents marécages, d'où il â'exhale des vapeurs nuisibles : cet inconvénient étoit encore augmenté autrefois parcequ-on y iaisoit rouir le chanvre; aujourd'hui il n'existé plus, et l'on a remarqué un changement notable dans la santé des habitants. Cette commune est sujette aux fièvres intermittentes, mais les épidémies et autres espèces de maladies y sont très rares. L'air deviendroit plus pur encore par le dessèchement des marais et par l'encaissement du torrent.
On voit tout à l'entour de la ville, des forts et des ruines de maisons, qui attestent qu'elle a été jadis plus étendue et plus peuplée. On y remarque des édifices d'une haute antiquité. Le Ponte Longo, sur l'ancien cours du torrent Arrossia, est déjà enterré jusqu'à l'extrados de la voûte; on l'attribue à l'em"pereur Adrien, qui fit rétablir la route AureUa, conduisant de Rome à
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Arles; on 1 attribue aussi à Constance, général romain. Ce qu'il y a de certain, cest qu en 1600 on trouva en creusant des fondations près de ce pont, des tombeaux de marbre, des ancres, et des médailles antiques. On voit dans l'intérieur de la ville un édifice de forme octogone, orné de colonnes de granit très anciennes, et de morceaux de mosaïque. Les uns prétendent que c'étpit un temple antique. On s'en est servi pour le culte catholique dans les premiers temps de l'ère chrétienne.
L'évêché d'Albenga est très ancien ; on compte parmi ses évêques deux papes. Innocent I\^et Clément VII, et quelques cardinaux. L'évêché a été sufïragant de celui de Milan. En I2i3, le pape Innocent III le réunit à la métropole de Gênes. L'évéque d'Albenga a été seigneur de la principauté d'Oneille, de la Pietra et de ses dépendances; enfin il possédoit encore d'autres fiefe et des terres impériales. En 1293 et i385, il fut dépouillé de ses deux propriétés principales à l'instigation des papes Boniface VIII et Urbain VI. Le nombre des paroisses du diocèse s'élève à i8a, dont deux sont situées dans les Alpes maritimes. Les revenus de l'évêché montent à peine à 5,ooo francs. Aujourd'hui, la cathédrale a dix-huit chanoines et dix bénéficiers; le revenu du chapitre est de 5,ooo francs, celui de l'église est de 2,000 francs. Outre la cathédrale, il y a une collégiale desservie par sept chanoines; le revenu de ce chapitre est de 2,000 francs, celui de la fabrique de 400 francs.
Avant la révolution, il y avoit quatre couvents d'hommes et deux de femmes à Albenga. Le séminaire, ruiné par les suites de la guerre, vient d'être rétabli par les soins de l'évéque; son revenu est de 6,000 francs. Ce séminaire sert aussi d'école pour les enfants. Il existoit encore une abbaye qui avoit 3,000 francs de revenu.
Parmi les institutions de la ville d'Albenga, on remarque un collège fondé par la famille Oddi; un hôpital pour seize malades, doté d'un revenu de 4îOOO francs; un autre hôpital affecté aux cordonniers, avec une rente de 2,000 francs; il peut recevoir six malades, et doit doter quelques filles et habiller des pauvres. On voit encore les vestiges d un hôpital de pèlerins qui existoit en i33o.
Les établissements de bienfaisance sont très nombreux dans cette com-
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mune. Les familles Ricci.et Lengueglia ont laissé une rente de 1 3,ooo francs au moins, tant pour le secours des pauvres que pour l'éducation de quelques enfants de leurs feimilles.
On compte encore treize autres legs pieux, dotés de plus de 4)000 francs, soit pour dotations de pauvres filles, soit pour secourir des marins, soit pour apprendre des métiers à de pauvres gens. En général, les ressources de la bienfaisance y sont au-dessus des besoins, et une bonne administration doit y faire disparoître jusqu'à la pauvreté •
L'histoire d'Albenga est très ancienne. Elle étoit cajytale de cette partie de la Ligurie que l'on appeloit Ingaunia. Sans s'attacher aux conjectures qui font remonter les annales de la Ligurie aux temps les plus reculés, il est certain que cette ville existoit un siècle et demi avant le grand Pompée, qui fonda la ville d'Alba, et non celle d'Albenga. Strabon la désigne sous le nom ^Albingaunus; il en désigne les habitants sous le nom de Ligures Ingauni, dont il est question vers l'an de Rome 545, pour une alliance qu'ils firent avec Magon, général carthaginois, contre les Romains. Il paroît que le naturel de ses habitants étoit guerrier et indépendant; ils se révoltèrent fréquemment contre les Romains, jusqu'à ce qu'ils furent soumis entièrement par l'agrandissement de cet empire.
Albenga se glorifie d'avoir donné le jour à deux empereurs romains, Proculus et Pertinax. Une inscription, qui existe encore, peut prouver du moins que Proculus est originaire d'Albenga.
On trouve dans cette ville un assez grand nombre d'autres inscriptions fort curieuses (i).
Albenga éprouva des malheurs sous les empereurs, les troupes d'Othon y ayant été reçues, tandis que Vitellius étoit campé auprès d'Antibes. Elle fut ruinée vers l'an 4oo par les barbares ; rétablie par Constance , général romain ; ruinée de nouveau par Alboin l'an Syo, et pillée par le roi Lothaire l'an 638. Les habitants furent alors réduits au plus dur esclavage. Il paroit qu'après avoir chassé les barbares, cette ville se donna un gouvernement.
(i) Voyez le chapitre d'histoire et d'antiquités. Le^texte de plusieurs inscriptions y est cité.
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En 1 169 , elle fut déclarée libre par l'empereur Frédéric, et mise sous la protection de lerapire. On trouve encore des monnoies de cette date frappées aucoind'Albenga.En 1 165, elle futbrûlée par les Pisans, et presque anéantie. Elle fit sa paix en 1 1 78 , par la médiation de son évêque Lotterius ; elle chercha dès lors à s'allier avec les Génois , et fit avec eux un pacte qui devolt être renouvelé tous les cinq ans : ce traité porte qu'il y aura alliance offensive et défensive; on y jure fidélité à la ville de Gênes; le peuple s'astreint à payer un droit pour la navigation, le transport du sel excepté. Le serment devoit être renouvelé de dix en dix ans par soixante des premiers citoyens ; d'autre part, les Génois sobligeoient à défendre la ville d'Albenga, et à maintenir sa juridiction sur les communes voisines.
Le pape Innocent IV prononça une excommunication contre ceux qui violeroient cette convention. En 1199, ce traité fut renouvelé avec quelques autres clauses. Albenga conserva cependant ses privilèges, qui furent confirmés par Othon IV en 1 2 1 o , et enfin , en l'an 1288 etiSii, par les empereurs Frédéric II et Henri V. Dans cet intervalle, les prétentions de Gênes obligèrent les habitants à se mettre sous la protection des ducs de Savoie. En 1287, ^^ y ^^^ ^^^ ligue d'Albenga, Vintimiglia, et Savone, contre Gênes. En 1240, la ville fut prise par les Génois, et ruinée. Depuis ce temps elle resta soumise à Gênes ; mais elle eut quelques différents avec cette ville qui furent apaisés par le pouvoir et le crédit de ses évêques.
En 1 228, les habitants d'Albenga rédigèrent par écrit leurs droits et leurs privilèges : un conseil composé de quatre-vingt-seize notables régloit les affaires de l'administration ; un grand conseil composé de propriétaires faisoit les lois : un bailli étoit chargé de leur exécution. Il paroît que dans ce temps la ville avoit un commerce stôsez étendu , notamment pour l'orfèvrerie et la tannerie. La ville ayant adopté le parti des Gibelins fut prise et ruinée en 1820, et les habitants furent excommuniés par le pape. L'excoi^munication fut révoquée en i338. Après cette époque, la ville fut encore dévastée par les marquis de Final et les ducs de Milan, mais 4élivrée par les Génois. En 14999 elle obtint du duc de Savoie de ne point faire cause commune avec la république de Gênes dans les guerres qui cxistoient entre ces deux puis^ sances rivales. En i443 et i5i2, on trouve des traces d'une vive discussion
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entre Allassio et Albenga ; Allassio étoit alors sous le pouvoir d'Albenga.
En i536, l'empereur Charles V fut reçu dans cette ville; de là jusqu'en 1624, époque à laquelle elle fut prise par Victor Amédée, on ne trouve aucune particularité dans son histoire, sinon quelques tentatives pour réformer ses lois, approuvées ou modifiées par le sénat génois.
Ce pays aida Gênes dans ses guerres avec les ducs de Savoie; les habitants se distinguèrent dans celles de 1672 et 1746- A cette époque la ville resta deux années sous la domination de la Savoie. En 1 794? 1^ troupes françaises y entrèrent : le quartier général de l'armée y fiit établi. En 1 797, la ville perdit ses anciens privilèges et adopta la constitution établie pour la Ligurie. En 1 798 et 1 799 , ses habitants aidèrent les Français à repousser les Piémontais. En 1800, les Autrichiens s'y établirent pour quelques mois. Enfin .en i8o5 elle fut organisée comme les autres portions de l'empire français.
Depuis 1619 le petit gouvernement d' Albenga tenoit d'une répubhque. Il y avoit des consuls. On convoquoit de temps à autre une espèce de parlement composé de tous les citoyens de la ville et de larrondissement au-dessus de vingt-cinq ans, et investi du droit de réformer les lois et de régler ce qui étoit convenable à l'utilité publique.
Le peuple du chef-lieu étoit divisé en deux classes, celle des marchands, et celle des artisans. On ne pouvoit passer d'une classe à l'autre que lorsqu'on avoit des propriétés, et qu on remplissoit les conditions qui étoient fixées par les règlements : les consuls étoient élus indifféremment dans les deux classes. Il existoit huit conseillers de district, choisis dans la ville et ses dépendances. Les consuls et les conseillers juroient de ne point enfreindre les lois du pays. Le conseil faisoit les élections et les règlements. Le parlement convoqué par le conseil nommoit huit électeurs qui choisissoient le bailli ; ce dernier prononçoit jusqu'à la peine de mort en matière criminelle; mais il n'avoit pas de voix délibérative dans le conseil. Le juge en matière civile de voit être étranger; il étoit choisi de la même manière. Le conseil avoit le droit d'envoyer à Allassio un citoyen d'Albenga pour bailli. Quant aux détails du gouvernement, ils étoient confiés à des magistrats; ainsi on trouvoit dans le district d'Albenga le magistrat de guerre, celui de sûreté publique, celui des eaux, celui de la voirie, celui de l'abondance, et jusqu'à un magistrat qu'on appeloit des ver-
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tus, quiveilloit à la conservation des mœurs, et étoit indépendant de toute autre autorité.
GëRIALE, commune maritime, compose avec le village de Peagna une population de 1,099 l^^bîtants; le village en renferme 166. La ressource du pays consiste dans Thuile; le vin y est médiocre; le blé, l'orge, et le chanvre, s'y récoltent en petite quantité; on y cultive le jardinage, notamment d excellents melons. L'industrie consiste dans l'exploitation d une carrière de meules à moulin que Ton débite dans la rivière de Gênes, en Provence, et en Corse.
Les habitants sont composés de cultivateurs et propriétaires. On y compte peu de marins et de pêcheurs. En juillet i636, le village ayant été pillé par les Turcs, trois cents de ses habitants furent conduits en esclavage à Alger; leur rachat coûta 400,000 francs. La dette que contracta la commune en cette occasion n'est point encore soldée.
Il existe dans ce village un curé qui a un petit revenu. Il y a voit autrefois un hospice.
Borghetto-SaINT-SpirITO, commune maritime, sur le bord du torrent Varatella, a 602 habitants. L'huile , les légumes, et du vin excellent, composent ses principaux produits; le blé, l'orge, et le chanvre, s'y récoltent en petite quantité. Le commerce du bois et du fer avec Callizzano est d une grande ressource pour les habitants : ce commerce entretient un petit cabotage avec Monaco et Menton. Il y existoit autrefois une savonnerie ; près de là étoit un village nommé Pittarello, aujourd'hui totalement ruiné.
Le village de Borghetto est placé sur l'extrémité d'une ligne militaire célèbre, sur laquelle les Français défendirent avec avantage la rivière du Ponent; il existe à Borghetto une église bien bâtie.
Campo-Chiesa forme a^ec le village de Salca une commune peuplée de 384 habitants. Ces villages sont situés au fond d'un petit vallon. La principale ressource des habitants consiste dans l'huile; le vin, le blé, l'orge, y sont de peu de produit. Les légumes s'y cultivent avec succès. On y voyoit autrefois beaucoup de vignes qui fournissoient des vins assez renommés.
De nombreux troupeaux de chèvres et de brebis, provenant de Gosio, Pornassio, et Mendatica, pâturent l'hiver dans cette commune et lui fournissent d'excellents engrais. On trouve à Salca des carrières de meules à mou-
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lin. On y febriquoit autrefois de la chaux en abondance; on y trouve encore une argile propre à faire de bonne poterie.
Le territoire est sujet à la sécheresse. Les habitants sont tous agriculteurs. Campo-Ghiesa est le siège d une paroisse dont le curé est pauvre.
CiSANO, commune rurale sur le bord du torrent Neva, est situé dans le fond dune vallée, et compte une population de 1,196 habitants; leurs diverses ressources sont Fhuile, le blé, et Forge; le foin y est abondant. Cette commune fait un petit commerce avec le Piémont: elle échange de lliuile contre des grains et des châtaignes de Gerassio. Quelques habitants soccupent à tailler des meules à moulin ; quelques autres fabriquent de la chaux; mais géliéralement ils sont agriculteurs. Il existe une seule cure à Cisano.
ZUGAAELLO, réuni à Consente ou Castellibero , forme une population de 779 âmes; 201 habitent à Consente. Le bourg est bâti au pied de montagnes escarpées, sur le bord de la Neva; on y voit un petit château que les habitants défendirent en 1744 contre les Piémontais. LTiuile est une des plus fortes productions du pays; le vin est bon, mais en petite quantité : on y récolte du blé et des châtaignes. Le territoire étant bien arrosé à laide de canaux d'irrigation, produit des herbages et du foin en quantité. Le commerce consiste dans un échange dliuile et de légumes avec les grains du Piémont, et dans le transport du bois pour les communes voisines.
Zucarello étoit le chef- lieu dun marquisat possédé par la femille Clavesana, vendu à celle de Caretto en 1 4^9, acheté successivement par Gênes, en 1576, 162 4 9 et 1 63 2. Consente étoit également un fief appartenant à la famille Costa, puis aux évêques d'Albenga, puis enfin à la famille Balestrino. La Savoie a voit toujours ambitionné le marquisat de Zucarello; elle chercha à s en emparer en 1646; mais les six cents hommes qu elle y envoya furent pris par les habitants. Zucarello étoit un chef-lieu régi par un bailli envoyé de Gènes ^ il a été réuni au canton d'Albenga avec son arrondissement. Il y a à Zucarello deux cures.
ErlI, situé sur une montagne au-dessus des grands escarpements du vallon de la Neva, confine avec le territoire de Garessio; sa population est de 5i8 habitants. L'huile y est peu abondante, mais les châtaignes y sont
dune {>rande ressource ; on y récolte aussi du blé et de l'orge : des sources nombreuses et des canaux d'arrosage favorisent la culture des légumes et des jardins.
Le principal commerce consiste dans les plants de châtaigniers et de noyers que les habitants transportent au bord de la mer. On y vend aussi du fruit et du foin.
Les abords d'Erli sont extrêmement difficiles : les habitants sont tous agriculteurs. La paroisse d'Erli a un revenu très borné.
GastelbiaNGO, placé sur une colline dans les versants de la Penavera, contient 5g3 habitants; llxuile ne s'y réc<^|e point en grande quantité; le blé, le vin, l'orge et les châtaignes, sont de quelque ressource, ainsi que les fruits, et les légumes, et le foin, que l'on transporte à Albenga et dans les communes voisines. Les habitants se sont adonnés les premiers à la culture des pommes de terre. L'industrie se borne au commerce des bois avec les environs. Il y a une cure peu dotée.
Gastel-VeCCHIO, réuni à Vicerzi, forme une commune de 696 habitants; le bourg en contient 876. L'huile, le vin, l'orge, le blé^ les légumes, et les châtaignes, composent ses productions; on y récolte des pommes de terre et des fruits. L'industrie consiste dans la fabrication du charbon et le transport des bois dans les communes environnantes.
VenDONE et GURENNA forment une commune de 54 1 âmes, bâtie sur des montagnes escarpées dans un des afiQuents de la Genta. Le territoire produit du vin, de l'huile, du blé, de l'orge, quelques légumes, et des châtaignes. Il n'y a point de foin, et la paroisse passe pour être la plus misérable du canton.
Onzo, sur le penchant d'une petite montagne bien cultivée, contient 444 habitants. Son territoire est fertile en huile et en vin de bonne qualité; il produit aussi du blé, des légumes, des châtaignes, et des fruits excellents. Le foin suffit à la nourriture des bestiaux. Les habitants font un commerce d'huile. On trouve dans la commune des carrières de meules à moulin peu exploitées, et des ardoises grossières que les habitants vendent aux villages voisins. L'air y est bon. Les habitants y wnt agriculteurs.
Onzo étoit un fief, vendu en 122$ aux marquis de Glavesana, en i34i à
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Albenga; nouvellement racheté par ses marquis, il fut vendu à la république de Gênes. Les habitants s'étoient affranchis et avoient leurs lois municipales.
OrtoVERO, au pied d une petite montagne, forme, avec leTillage de Pogli, une commune de 698 habitants, tous agriculteurs. LTiuile, le vin, lorge, les légumes , composent ses produits ; le vin y est peu estimé ; les fruits et les foins sont de peu de ressource; il s y fait un petit commerce d'huile et de vin. Les eaux abondantes du territoire permettent d'y cultiver le jardinage avec succès.
GarLENDA et LI6O forment une commune de 732 habitants; Garlenda est située sur le penchant d'une c<liline, et Ligo sur une petite montagne très agréable et où l'air est très sain. Le torrent Lerone les traverse. On y voit une petite plaine. Les produits les plus abondants sont lliuile et le vin, qui font l'objet d'un petit commerce. Le foin ne suffit pas à la consommation; le blé. Forge, les châtaignes, et les fruits, sont de quelque ressource pour les habitants. Ils sont tous agriculteurs.
Garlenda étoit autrefois un fief impérial. Il fot cédé au roi de Sardaigne après la guerre de 1743, réuni à Gènes en 1800 par les Français, et enfin incorporé au canton d'Albenga. Ce village, dès i562, avoit ses lois municipales qu'on réforma en 16 18. Toute la vallée de Lerone étoit un fief impérial possédé d'abord par les marquis de Savone. Il passa, en i335, au marquis de Glavesana, qui en fit don en i385 à la commune de Gènes. La fieimille de Langueglia en jouissoit sous sa juridiction, mais non sans contestation de la part des habitants.
L'église de Garlenda est ancienne; on y admire trois excellents tableaux, l'un d'Annibal Caraccio, les autres du Dominicain et du Poussin.
Casanova, BassINIGO, MarMOREO, et Bosco réunis, composent une commune de 1,110 habitants; tous ces villages sont placés sur des montagnes plus ou moins élevées. Le torrent Lerone coule avec rapidité à leur pied. Les oliviers couvrent presque tout le territoire. Le blé, lorge, et les légumes sont cultivés au pied de ces arbres. Le vin fait une partie de la récolte; les châtaignes, les fruits, et les légumes y sont de quelque ressource. L'huile est l'objet d'un commerce assez considérable avec AUassio, Diano, et Port- Maurice. Les habitants vendent aussi du charbon; ils sont généralement
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agriculteurs. Casa-Nova étiot le chef-lieu de la vallëe de Lerone j on y observe encore un beau château qui servoit de résidence aux seigneurs du fief impérial.
VellEGO, Gim^STRA, BëGNA, aux sources dé Lerone, sont réunis en une commune de 797 habitants, lliuile est son principal revenu; le vin, le blé, lorge, les légumes, les châtaignes, et les fruits, ajoutent aux ressources des habitants; le commerce consiste dans la vente de l'huile, des fruits, et du charbon.
ArnâSCO et SeNESI forment ensemble une commune de 882 habitants; ils sont placés sur les collines et les penchants des montagnes qui séparent la Centa et la Neva. Les oliviers sont la ressource du pays, c est le seul objet qui donne lieu à un important commerce; le vin y est estimé et d un assez bon débit. Le territoire produit du foin pour l'entretien des bestiaux. Tous les habitants sont agriculteurs. Ces villages étoient des fiefe impériaux dépendants des marquis de Savone. En 1 335, les marquis de Clavesanà en furent investis par Charles IV. Ils passèrent ensuite entre les mains des Cazzaliano, puis à la famille Caretto, et enfin à celle des rois de Sardaigne en i ^35 ; ce n'est qu'à la révolution qu'ils ont été réunis au canton d'Albenga.
VlLLANOVA, au confluent de la Centa et de Lerone,. est dans une plaine fertile, mais souvent ravagée par les inondations; sa population est de 821 habitants. Son territoire est planté d'oliviers; on y soigne aussi la vigne, le blé, Torge, les légumes, le foin; on y cultive beaucoup de jardinage, à raison de la facilité des irrigations.
Le commerce du pays consiste dans les huiles, le jardinage, et les fruits. Les habitants sont agriculteurs, quelques uns sont artisans, mais ils ne peuvent vivre le quart de l'année de ce genre de travail. La multitude de moulins que renferme cette commune , située entre deux torrents , est d'une ressource précieuse en été pour les communes voisines. Les petits villages de Narta, de Bossoleto, sont réunis à cette commune. Il y existoit autrefois un petit hospice ; mais il a été ruiné dans.les derniers temps , et n'est pas encore rétabli.
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CANTON D'ALASSIO.
Le canton d'Alassio comprend deux chaînes de montagnes, Tune qui, du cap Cervo, s'avance jusqu'à Textrémité de la commune de Stellanello, et l'autre qui sépare le canton de celui d'Albeng^a: une troisième chaîne, qui commence du cap de Mellé, coupe ce canton jusqu'au milieu. Le torrent Miera, ou Merula, baigne une bonne partie du canton; quelques petits torrents serpentent sur le territoire d'Alassio.
Le sol est généralement pierreux et stérile, excepté dans la vallée d'Andora et une partie de Stellanello; on y a généralisé la culture des oliviers.
Les productions territoriales sont de l'huile excellente, du vin, des châtaignes , et des fruits.
Le climat d'Alassio est peut-être le plus tempéré de toute la rivière occidentale de la Ligurie; il est abrité par de hautes montagnes. Celui d'Andora et de Stellanello est plus froid et sujet aux orages occasionés par les vents du nord-ouest; celui de Langueglia est tempéré, mais trop exposé à la sécheresse en été. L'air est sain et vif, excepté à Andora où la stagnation des eaux cause des fièvres intermittentes.
Le commerce actuel est |)eu considérable, puisquHl ne consiste que dans le débit des huiles et poissons contre les denrées de première nécessité: en temps de paix, au contraire, il y a peu d'endroits plus commerçants en Ligurie. Le grand et le petit cabotages faisoient subsister un grand nombre d'habitants de ce canton.
La construction des navires de différentes grandeurs occupoit beaucoup de personnes et rapportoit des bénéfices considérables.
La pêche est encore d'une grande ressource ; la rade d'Alassio, de Langueglia, et d'Andora est très poissonneuse : on évalueàplus de 2,5oo quintaux décimaux la quantité de poissons que l'on prend annuellement. On va, en outre, pêcher le thon dans les mers de la Sardaigne sur plusieurs gros navires, et on peut calculer à plus de 9,000 quintaux métriques celui qu'on débite à l'étranger.
La population de ce canton est de 12,81 3 habitants, en grande partie
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négociants, marchands, agriculteurs, pêcheurs, constructeurs de navires, artisans, etc.
Lliistoire fournit peu de notions relatives aux communes composant le canton. Quelques monuments, tels que les débris de vieux châteaux, d'églises, de ponts, etc. , font juger que quelques unes d'entre elles sont assez anciennes, mais il ny a rien de positif qui le confirme.
AlassiO, ville maritime située entre Langueglia et Albenga, est entouré de murailles; les faubourgs sont séparés de la ville par deux ruisseaux. Le cap Mellé met sa rade à Fabri des vents du sud-ouest, et les bâtiments y sont en toute sûreté. Le climat est très doux lorsqu'il n'y a pas de vents. Il tombe rarement de la neige, elle n'y séjourne que quelques heures.
Au nord-ouest de la ville, on voit de belles campagnes, des jardins, des champs, et des oUviers, qui, quoique dans un sol ingrat, ne laissent pas de rapporter considérablement. «
Les productions territoriales consistent en huile, un peu de blé, des légumes, des vins, du jardinage.
Le commerce d'Alassio est borné en cé'moment aux denrées les plus nécessaires à ses habitants, mais en temps de paix il mettoit environ huit millions de francs en circulation. On exporte aujourd'hui les huiles et les poissons, et on importe des farines, légumes, rîz, chanvre, toiles, draps, raclures de cornes, chiffons, vin, etc., que l'on tire du Piémont et de Marseille.
La pêche occupe un grand nombre de bateaux dans cette rade 3 mais une plus grande quantité est employée pour la pêche du thon , qu on apprête dans l'huile ou dans le sel pour être débité dans différents pays de l'Italie. La pèche du corail est aussi de quelque ressource pour ce pays.
L'industrie de ses habitants ne se borne pas au commerce ou à la pêche; mais elle s'exerce aussi dans la construction des bâtiments marchands de toute espèce. Les brigantins d'Alassio, ainsi que ceux de Langueglia, sont les meilleurs bâtiments pour la navigation de la Méditerranée : quelques uns sont construits pour les étrangers, et une grande partie pour le pays. On trouve à Alassio de nombreuses fabriques de vermicelle, et deux tanneries.
Il y a deux paroisses; celle de Saint- Ambroise a 627 francs de revenu, celle de Saint-Sébastien a 187 francs.
i48 CHAPITRE L
L'hospice civil a un revenu de 1,858 francs. Le comité de bienfaisance administre une rente de i,o8i francs pour les pauvres.
La population est de 6,558 habitants, la plupart négociants, pêcheurs, agriculteurs, marins, et charpentiers, etc.
La ville est, après Savone, la plus peuplée qu'il y ait dans le département de Montenotte. On n'est pas d'accord sur son origine j on a voulu dériver son nom d'Adélasie ou Alasie, fille de l'empereur Othon', réfugiée, suivant la tradition vulgaire, avec Alérame, prince saxon, au pied du montTorassa; elle auroit donné le nom d'Alassio, ou Alasio, au village situé près de cette montagne. On assure avec plus de fondement que, dans le huitième siècle, des Catalans venus pour la pèche du corail sur' cette plage fixèrent leur demeure sur le bord de la mer, oh ils bâtirent la tour nommée Beltiame dans le quartier du Tasso. Les habitants des régions voisines s'approchèrent de la mer, pour imiter l'exemple des Catalans dans la pêche du corail; le pays augmenta en peu de temps. La pêche du thon dans la mer de Sardaigne y attira par la suite beaucoup de monde ; enfin ce commerce rendit ce pays très florissant et très peuplé.
L'histoire militaire fiiit une mention honorable de la bravoure des citoyens d'Alassio dans la bataille de Lepante; ils rendirent des services à l'Espagne dans la couquête^du Pérou. Les Génois tirèrent parti de leur courage dans les expéditions de la Corse. Ils défirent dés flotilles barbaresque» qui infestoient les côtes de la Ligurie, et acquirent depuis lors la réputation de bons marins.
Ce pays étoit régi par des lois municipales comme celui d'Albenga : le gouvernement étoit mêlé d'aristocratie et de démocratie; il consistoit dans un parlement ou assemblée composée de personnes de toutes classes et conditions, tandis que les consuls de la ville et les membres du conseil général étoient choisis parmi les familles les plus distinguées.
LanGDEGLIA, commune maritime, sur la rade du cap Mellé, possède quel* ques jardins fertiles, mais son sol est généralement ingrat et peu productif; ce n'est qu'à force d'industrie qu'on est parvenu à en tirer parti pour la culture des oliviers et des vignes.
La stérilité est causée en grande partie piar la sécheresse à laquelle ce ter-
ritoire est sujet. La nature a dédommagé les habitants du pays en y formant une rade sûre et commode. La principale ressource y consiste dans le commerce et la pêche. Plus de vingt-cinq bâtiments du pays, et une quarantaine pris à Noli, sont employés au grand et au petit cabotage de Langueglia; des spéculateurs hardis vont s'établir dans les principales places commerciales de la Méditerranée et y gagnent des sommes considérables. Peu de marins sont plus habiles et plus courageux que ceux de cette commune.
La pèche occupe beaucoup de monde ^ elle produit plus de 4oo quintaux métriques de poisson , dont la plus grande partie est envoyée soit en Piémont, soit dans d autres pays d'Italie, pour l'échanger avec les denrées de première nécessité qui manquent.
La construction des navires faisoit circuler quelque argent dans le pays.
11 y a un hospice civil et un bureau de bienfaisance: le premier est doté de 1,167 francs, le second de 2 20 francs; ce sont les seuls établissements de la commune.
L'église de la paroisse est très vaste et magnifique; pour ceux qui ne connoissent pas toutes les ressources du commerce, ce monument paroît audessus des moyens de la commune. Le curé n'a que 224 francs de revenu.
La population est de 2,61 5 habitants, négociants, agriculteurs, marins, charpentiers, pêcheurs, etc.
StëLLANëLLO, au nord-ouest d'Andora, est situé dans une vallée ; les montagnes qui l'environnent sont élevées; les collines sont plantées en oliviers, vignes, et bois taillis.
Le torrent Meruta traverse le territoire de cette commune et sert à l'arrosage des campagnes. Le sol est assez fertile; les principales productions sont l'huile, les légumes, le froment, le vin, et les châtaignes. Les pâturages sont abondants; les huiles sont excellentes et échangées, en grande partie, contre les denrées de première nécessité. ^
Les différents hameaux de cette commune sont partagés en sept paroisses: celle de Saint-Grégoire a 402 francs de revenu; celle de Saint-Vincent, 670 francs; celle de Saint - Pierre , 689; celle de Saint -Laurent, 287; celle de Saint-Bernardin, 461; celle de Sainte-Marie, 200; cellede Saint- Cosme etDamiens^ 295 francs.
j5o chapitre I.
La population est de 1,869 l^^îtaots, la plupart agriculteurs.
AndorA, située dans la yallée de ce nom, arrosée par le torrent Merula, est composée de cinq bourgades ou paroisses, dont trois sont dans la plaine et deux sur la montagne. Les hameaux de cette commune sont très éloignés l'un de l'autre.
Le sol est généralement fertile d^uds la plaine et les coUinçs. Les pâturages des montagnes suffisent à 4^ nourjriture de plus de quatre mille brebis transhumantes. Le territoire produit beaucoup d'huile, de vin, de foin, de froment, des légumes , etc.
L!air y est vicié par la stagnation des eaux de la Meira ou Merula à son embouchure. Les bourgades de Saint-Pierre et de Saint-Jean sont sujettes aux fiéyres intermittentes.
La pi^he et le commerce y sont nuls, cependant le littoral est poissonneux ; des bateaux étrangers viennent y pécher et vendre environ x6o quintaux décimaux de poisson par an; ces poissons sont apportés par les habitants à Ckieille, à Diano, ou à Port-Maurice.
La paroisse de Saint-Pierre a 480 fraises de revenu \ celle de la Trinité, i ,oo4; cette de Saint-Barthelemy^ 5oo; celle de Saint- André, f52; celle de Saint- Jean, 470,
La population est de 1,771 habitants, la plupart agriculteurs.
dette commune apparteoioit anciennement aux marquis deClavesana qui la cédèrent vers la fin du seizième siècle à la république de Gènes. On croit qu il y avoit autrefois un port dans le golfe, entre les caps Mellé et Cervo, à un kilomètre et demi de la mer, sur le Merula. On y voit un pontde 4o mètres de longueur qui paroit être ancien. Au milieu de la vallée, sur une petite colline, sont encore les débris d un ancien château, et une église de médiocre grandeur, darofaîtecture gothique. Les maisons* ruinées que Ion trouve çà et là font croire que ce pays étoit anciennement plus peuplé. L agriculture est aujourd'hui p^u^soignée et tout porte à croire que le pays a été abandonné par une partie des habitants, à cause de i 'insalubrité du cjimat.
TOPOGRAPHIE. i5ï
CANTON DE BORGOMARO.
Le canton de Borgomaro comprend tous les versants supérieurs du torrent Impero; ses Kmites sont parfaitement tracées par les montagnes qui Ye»^ yironnent; elles fbriiient un vaste amphithéâtre, dont le fond est terminé par un contrefort qui part des parties inférieures des Alpes et court parallèlement à la grande chaîne deê Apennin».
Le torrent Impero sert à Farrosage du territoire, et met en mouvement beaucoup de moulins pour la fobrication de lliuile et pour la mouture des grains; quoique les sources du torrent ne soient pas placées dans la grande chaîne, cependant Tétendue des versants ne laisse point tarir entièrement les eaux pendant Tété , et on les ménage avec assez de soin dans des aqueducs en maçonnerie.
Le territoire est entièrement montueux et n'ofiFre nulle part une plaine de quelque étendue; mais les penchants des montagnes étant peu ra|Hdes, les oliviers y sont cultivés avec le plus grand succès» Quelques sommités présen* tent des rodiers arides; le plus grand nombre est garni de bois de chênes., de pins, et d arbres fruitiers.
Les productions^ principales du canton consistent dans lliuile, on peut dire même qu'elle est presque Tunique ressource des habitants; on y récolte cepen* dani du vin, un peu de froment, et des châtaignes. Le sol est peu fertile, mais bien cultivé. Les oliviers décorent toutes les collines et sont plantés^sur des terrasses en pierres sèches, ce qui donne à toute la vallée un aspect pittoresque et fort agréable.
Le seul commerce consiste dans le transport des huiles en Piémont, et celui du grain nécessaire à la consommation du pays. L'établissement de la nouvelle route ajoutera à la focilité de ce débouché. Le plus grand nombre des habitants se compose de cultivateurs : on n'y remarque aucun genre d'industrie un peu étendu.
Le climat du canton est généràlonent tempéré ; cependant le pays est moins abrité que dans les cantons plus rapprochés de la mer. La neige y tembe
i52 CHAPITRE l.
assez fréquemment dans les hivers, et cause souvent des dégâts, en brisant les branches doliviers quelle surcharge. Les vents du sud-ouett sont les plus habituels; ceux qui amènent le froid sont le nord-ouest et nord-est.
La population est composée de 4>9io habitants.
BORGOMARO , chef-lieu de ce canton , est situé sur une petite élévation , au bord de Tlmpero; il est renfermé entre deux montagnes qui forment sa vallée, dirigée du nord au sud. A quelque distance, on remarque sur une hauteur les ruines d'un château détruit pendant les guerres entre les Français et les Piémontais ; c étoit autrefois la place du chef-lieu.
Le territoire ne produit guère que de Fhuile ; les légumes et le vin donnent une légère ressource, mais qui ne peut être comparée avec le premier produit.
La population se divise en deux classes : celle des propriétaires qui sont assez nombreux, et celle des agriculteurs.
Le commerce' n est d aucune ressource; les habitants achètent à la Piève, Oneille, et Port-Maurice, ce dont ils ont besoin pour leur consommation. La commune se compose du bourg et de quatre hameaux; sa population totale est de i,38i habitants.*
Il y avoit à Borgomaro un couvent de franciscains. Lancienne église paroissiale est située Jaus la uauipogue, pi-ès de Maro Castello, à une demilieue du bourg principal. Le curé jouit dun revenu de i,ooo francs; il est bien logé. Là fabrique ne jouit que de 5o francs de rente. 11 existe dans le bourg une succursale pour la commodité des habitants ; cette église est dotée de loo francs, et le desservant na quun revenu fixe de i5o francs. Outre ces deux églises, il existe encore deux paroisses, lune à Saint-Lazare, lautre à Gandeasco, qui donnent toutes deux à leur curé 170 francs de revenu; les fabriques ne sont point dotées ; dix oratoires ou confréries jouissent en outre de quelques légers revenus.
Il y a à Borgomaro un bureau de bienfidsance chargé d administrer un revenu de 400 francs sur le mont de Turin, et une petite rente de 20 francs environ pour les pauvres de Gandeasco.
Mapo, en latin Macrum, a été de tout temps le chef-lieu de la vallée, et du marquisat. Le château, situé sur une éminence, soutint plusieurs sièges.
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TOPOGRAPHIE. i53
principalement en 16 1 4 contre Alvares Bassano, marquis de Santa-Croce ; il ne reste plus que quelques vestiges de ce château qui fut démoli par les Génois en 1625. Lie village qui lentouroit fut dépeuplé insensiblement, et Borgomaro qui nétoit quun hameau s'est accru progressivement depuis cpiû est devenu la résidence des seigneurs du pays.
Il est constant que la paroisse de ce bourg est une des plus anciennes de la Ligurie; elle doit avoir existé dès les premiers siècles de Fère chrétienne, mais les guerres dont ce pays a été le théâtre ont fait disparoître tous les titres qui constatoient son antiquité.
Ce bourg et tout le canton qui en dépend aujourdliui iaisoient partie des états du comte de Vintimiglia; il passa aux Lascaris, comtes de Tende, ensuite à René de Savoie qui avoit épousé une Lascaris, héritière universelle de Jean Antoine, dernier comte de Tende, VintimigUa, et Maro. Il ne résulta de cette alliance que deux filles, dont le duc Emmanuel Philibert acquit les droits. En iSyS et 1679 elles obtinrent en édiange divers domaines en Piémont.
La vallée de Maro fut érigée en fief en Tan 1 690, par Charles Emmanuel , sous le titre de marquisat, en faveur de Jean Jérôme Doria marquis de Girié ; il y joignit la vallée de Mêla. Ces deux fiefs dont les Doria, marquisde Cirié, eurent la jouissance, furent réunis en i6ao à la vallée d'Oneille et formèrent sous le même nom une principauté qui a toujours été depuis sous la domination du roi de Sardaigne; Le marquisat de Maro depuis cette époque a toujours partagé le sort de la principauté d'Oneille; et son histoire se confond avec la sienne.
AuiUGO, commune située sur le penchant dune colline peu rapide, tire uniquement sa subsistance de lagriculture. Ses productions consistent principalement dans rhuile d olive; on y récolte aussi un peu de vin, dorge, et de fîroment. Sa population est de 586 habitants. Elle a une seule paroisse dont le curé a 332 francs de revenuVt>n y voit deux oratoires, et une chapelle près de laquelle se tient tous les ans une foire pour la vente des bestiaux du pays.
Saint-Pierre. Cette commune est située sur le penchant d'une montagne élevée qui est sujette aux froids et aux neiges. Sa population est de 849 habi-
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tàutè. L'huiLe es( la principale production du pays; ou y récolte aussi du froment^ de Forge ^ et des châtaignes. Tous les habitants sont agrieulteurs. Cette commune a deux parot^es, dont luneconlient Soj âmes, et donne aSo francs au cuvé : L'autre a 34^ habitants.^ Le reyenu de la cure est de 4 1 S francs.
LUCINASGO, commune placée sur une montagne au sttd<*est du che^lieu de canton, est diyisé en deux hameaux. Sa population. est de 556 habitants. Les produits consistent principalemeiit datts Thuile d'c^re, le froment, et le^TÎn. La commune. contient deux paroisses; lune est coospofiée de 395 âmes; le curé a un revenu de 4i5. fraûacs: la seconde cpii ne omirent que 161 ajBQiea, fournit 2kh> fraoïcs à son desservant.
CHlCSAiSïlGO^ est plaidé sur k' penchatat d'tine montagne.
Le bameâuubde Chiitôa^Yechia qui en fait partie es& situé dans le fond â^ la vallée, et n'est pcÂnt également en butte àla violencedes vents. La commune renferme deux paroissea; celle du çhef^ien a 56o âmes; et donne 5oo francs à son curé : la.pajroisse de Chiuaa^^Yec^ia n a que agS habitants, elle a un revenu de 700 francs.
TOBRIA^ estsituée àH^Lneôte sur le pem^aat d'une montagne ; elle est exposée aux vents^, et baix lÙmats. Le village de Gesû> en fait partie; il d^)endoit des dommmes des marquis Dovia, qui en firent la Viente à Charles Ëmmarnuel en 1 5^6, en ae réserraoxt toMtefidi» les droits seigneumana. Sa popuhblion est de 6d6 habilnais qni formenàdeux paroisses ; celle de Tovcia, com^ posée de 4^ hahàlacits, a «tn revenu de 332 francs.; celle de Gesio, composée de 166 âmes, doone au curé un reitrenu de i5o francs. Ses productions cou» sistent dans ITiuile d'olive, le vin, et le froment.
Le viUagei de G ARiiVOMIGA est égalemeni; btei sur le penehant d'une monmgi^ suff la ro«tedu Piémont. Cette commune est^aujetteaus neiges et ainx froids. Ses fMroductîons consistent dans Fhuil^, ie^ftoment, elle vin. La» 00m* mune a deux paroisses ; la {MreoNitie, de 2»oo âmes , àooaek Mncuvé un^i^ei^nu de4 1 5 francs ; ba seconde^eom^posée de^7 habitants €«> fournit un de4i^ francs. Le hameau de Larzello, qui compte 95 âmes, a une dbapeU^: la population totale est de 352 habitants.
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