‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 28 sur 88 · CANTON D'ONEILLE · texte numérisé non relu

CANTON D'ONEILLE

Le canton d^Oneille s'appuie sur une partie du littoral qui se trouve entre le cap de Diano et Port-Maurice; il comprend les versants inférieurs de

rimpero.

Ce torrent prend sa source dans les contreforts des Apennins, entre les sources de FArossia et TArgentina; il tarit entièrement dans l'été, quoiqu'il soit sujet à des crues extraordinaires pendant l'hiver : il est d'une grande ressource pour le pays, à raison du nombre de moulins à huile qu'il met en mouvement dans l'arrière saison*, mais ses débordements sont désastreux, particulièrement depuis* son entrée dans la plaine d'OneilIe. Quoique son lit soit fort large, il menace dans te moment les plus beaux jardins, et paroît même se diriger du côté de la ville : ce seroit un avantage pour ce pays que de le foire encaisser, ainsi que la plupart des torrents, dont les versants sont étendus.

Le sol de ce canton est entièrement montagneux, mais de l'aspect le plus pittoresque et le plus riche.

Tous les flancs des montagnes sont tellement garnis d'oliviers, qu'il ne reste aucun espace libre pour d'autres plantations. Les villages sont bien bâtis; une multitude de hameaux se trouvent placés sur les sommités, et semblent couronner les bois d'oliviers.

L'huile est la principale production de ce canton : le territoire produit aussi du blé et du vin, mais en très petite quantité, la culture de l'ohvier étant presque exclusive; on trouve cependant, dans les environs d'Oneille, de beaux jardins, qui rapportent des fruits et des légumes de toutes espèces.

Le commerce joint, pour l'avantage des habitants de ce canton, ses bénéfices à ceux d'une culture très soignée : on y trouve des marins en assez grand nombre. La pêche est peu productive; elle entretient au plus vingt à trente familles. La population totale est de 7,618 habitants.

Ce canton jouit d'un beau ciel ; l'air y est très pur : il y gèle fort rarement, et les chaleurs y sont tempérées par les vents du nord.

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OnEILLë, chef-lieu de ce canton, est situé sur le bord de la mer, au milieu dune petite plaine très fertile; la ville est bien bâtie, ses rues sont longues et spacieuses; elle renferme des bâtiments qui annoncent de la magnificence et de la grandeur. Sa population est de 8701 habitants. Une partie du territoire de cette commune est dans la plaine, et lautre sur une montagne; il est presque entièrement occupé par les oliviers et les jardins. Il y a peu de pâturages, et conséquemment peu d'engrais ; celui que Ion achète pour les oliviers vient du dehors, et rend cette culture très dispendieuse. Ses kabitants sont généralement adonnés au commerce ou à la culture; Findustrie manufacturière y est presque nulle : elle consiste dans une tannerie, une fabrique de vermicelle et quelques boutiques de tonneliers. Le commerce consiste dans lexportation de lliuile^ l'importation des grains et de toutes les marchandises nécessaires à la vie. Il existe en outre un commerce d'échange par la vallée d'Orméa, d'où on amène des bestiaux, des riz, de la volaille et des grains. %a y porte des huiles et des denrées coloniales : cette communication, autrefois excessivement difficile, est aujourd'hui très commode, par la nouvelle route entre Oneille et Orméa.

Lia plage d'Oneille est ouverte à tous les vents, et les opérations de com<merce y sont souvent contrariées, les vaisseaux étant obligés de lever l'ancre pour se réfugier à Langueglia ou à Savone. Il paroit que, d'après ces motifs, le roi de Sardaigne avoit eu le dessein de creuser un petit port à Oneille ; on assure que les projets ^rent achevés, mais l'exécution en seroit trop dispendieuse : ce qu'il y a de certain, c'est qu'un abri dans ces parages seroit extrêmement utile pour le commerce.

Oneille a été fondé en 935 , par les habitants de l'ancien bourg de ce nom , qui étoit alors à un quart de lieue au nord de sa plage , près du village nommé aujourd'hui Castel-V,ecchio.

Les Sarrazins se rendirent maîtres de cette place dans le dixième siècle, la détruisirent, et forcèrent les habitants à l'abandonner. Les fugitifs formèrent une peuplade qui s'établit sur le bord de la mer, pour trouver une ressource dans la pêche : ils commencèrent à bâtir dans le faubourg à l'est; ils donnèrent au village naissant le nom de leur ancienne patrie, et continuèrent à se régler d'après les mêmes lois et statuts. S'étant ensuite donnés au pape,

ils restèrent sous sa puissance jusqu eu iioo; mais ils refusèrent bientôt d acquitter les impôts, et se rëvohèrent contre lautoritë du saint- siège. Urbain II, ne pouvant les soumettre, fit donation de la ville et de ses dépendances à révoque d'Albenga, et lui céda tous ses droits le 2 février de la même année. Malgré le changement de maître, ils conservèrent une grande liberté, et se réservèrent le droit de décider toutes les aflaires importantes.

En 1200, les habitants d'Oneille et de Port-Maurice eurent des contes* tatÎQMs relativement à leurs limites ; ces derniers demandèrent et obtinrent le secoiirs des Génois; ils s'emparèrent d'OneiUe, malgré la résistance opiniâtre des habitants. Les Génois^ avec ladhésion du pape, vendii^ent cette ville autprince Doria. Ils oédèr^at entdédommagement à Févêque d'Albenga le produit de la vente, réservant à sa sainteté les droits apirituds, et celui de la dime. En 1579, cette principauté passa des mains des princes Doria dans cdlles des ducs de Savoie ; elle éprouva alors dififér^ites vicissitudes : elle fut prise et reprise pinceurs fois par le» Espagnols. En 1 792 j les Français s en emparèrent; depuis cette époque,, ette a-successivem^nt éprouvé tous les malheurs que les guerres entraineiit à leurwûte.

La ville a été en parde brûlée à la suite du massacre d un parlementaire français; elle a été en outre ruinée par des contributions extraordinaires. En 1801 , elle fut cédée avec son territoire à la république de Gênes : elle a été réunie à la France en 1 8o5 , EUe comueaGe à se relever des pertes crûmes qu elle a éprouvées.

La ville d'Oneille possède deux églises principales : une délies est cc^giale, et avoit autrefois douze chanoines :avec un revenu modique de 1200 francs. Le curé a 800 francs de rente. II exîstoit en outre quatre couvents de religieux ; trois d'entre eux pMsédoient des biens considérables qui ont été réunis au domaine.

La ville a un hospice civil dont le bâtiment fut commencé avec beaucoup de magnificence : des circonstances malheureuses ont empêché lachévement de ledifice; son revenu est.de 2800 francs. Il existe en outre une institution de bienfaisance am^enne, avec un revenu de 600 fi-ancs, en faveur des pauvres filles. Le bâtiment du collège étoit vaste. et magnifique^ il a été brûlé ^ mais on le rétablit en ce moment.

TOPOGRAPHJE. 171

PoifTEDASSIO, situé à une lieue et demie d'Oneille, sur la rive gauche du torrent Impero, se compose du chef-lieu et de deux hameaux; la population totale est de i63a âmes, dont 875 sont réunies dans le bourg : tous les habitants sont agriculteurs. Bestagno, hameau de cette commune, établi sur une éminence, et à la rive droite, renferme 345 habitants. Cette commune contient trois paroisses ; le curé du chef-lieu a le titre d archiprêtre. L'église de Bestagno est une des plus anciennes de la vallée ; la troisième est celle de Gaselli, autre hameau, situé de la même manière, mais sur la rive gauche, et renfermant 412 habitants.

ViLLAGUARDIA, ViLLARIANI, SaROLA, et OLIVAZZI, quatre hameaux situés sur des collines, à la rive droite de Flmpero, forment la commune de Villacardia, qui contient 1 107 habitants. Les productions sont les mêmes que* celles de Pontedassiô : la seule ressource du pays consiste dans la culture de Folivier et de la vigne. Le hameau de Villaguardia éprouva, en 1802, un éboulement qui en ensevelit une partie, et ruina la campagne à une demilieue d'étendue : à la suite de Féboulement, il sW formé uq étang au pied de la montagne. Cet événemimt fut une grande perte pour le pays, et plusieurs habitants furent totalement ruinés.

Les quatre paroisses qui forment cette commune renferment. Tune, â8o habitants, lautre 200, et la troisième 177; la dernière en contient 45o.

BORGO, à trois quarts de lieue au nord <fOneille, sur la rive droite de rimpero, compose, avec le hameau de Sainte**Agathe, une commune de 4ô5 habitants.^ Les ressources ^ont les mêmes que celles des communes précédentes. Les deux paroisses renferment, Tune 247 9 Tautre i58 habitants. On trouve dans Borgo un établissement de bien&ttsanee pour acheter des grains et tes distribuer aux malheureux en temps de disette.

Costa, située à trois quarts de lieue d'Oneîlle, sur: la rive gauche, forme, avec le hameau de Castel-Vecchio, situé au pied de la montagne, une commune de 773 âmes; elle est divisée en deux paroisses, lune de 47 4 ? lautre de 299 habitants. Il existe dans la première un établissement de bienfaisance en foveur des indigents, et des dotations pour les pauvres filles. Les productions de l'industrie sont les mêmes que celles que nous avons décrites pour les autres communes. En général, le débouché des denrées de tout le

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canton, et même des cantons voisins, se fait à Oneille, qui est en quelque sorte un lieu d'entrepôt pour les habitants de toute la vallée; ils y amènent les productions de leur sol, et en tirent toutes les marchandises nécessaires à leurs besoins.

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