CANTON DE PORT-MAURICE
Le canton de Port-Maurice contient^eux vallées principales, et une troisième qu on appelle Valetta.
Les torrents qui larrosent sont : Tlmpero, Caramagna, et Dolcedo.
Le sol est généralement calcaire et argileux : dans quelques communes on trouve des quartz et des cristaux de roche.
Le territoire est fertile et bien cultivé; il produit de Thuile, un peu de vin , et quelques légumes. La culture des oliviers est celle qui occupe la plus grande partie de la population ; mais aussi quand les insectes ne gâtent pas les olives , elle dédommage bien de toutes les peines qu elle exige. Les huiles de ce canton, comme celles d'Oneille et de Saint-Étienne, sont les meilleures de la Ligurie.
Le commerce, en temps de paix, est très étendu, et consiste principalement dans l'exportation dliuiles excellentes, et dans l'importation des vins, des blés, draps, toiles, cuirs, chidbns de laine, etc. Les gens de mer gagnoient environ vingt pour cent sur cette importation, et dix pour cent sur les marchandises de terre. Les quincailleries et les denrées coloniales étoient tirées de Gênes, de Livourne ou de Marseille.
Le climat est très doux, mais très inconstant; l'air y est généralement pur, moins cependant dans le quartier inférieur du chef-lieu, à cause de la stagnation des eaux du torrent des Capucins.
Les vents dominants en hiver sont ceux d'est et nord-ouest, et en été les vents d'est et d'ouest; en automne, les vents d'est et sud-ouest.
La population est de 1 5,^49 habitants, presque tous agriculteurs ou commerçants.
L'origine des communes composant le canton n'est pas connue : il y en a
TOPOGRAPHIE. i^S
de très anciennes dont il est fkit mention dans Strabon et dans Titinét^aire d'Antonin. Les communes renfermées dans les deux premières vallées ont été g^ouvernées par divers comtes et marquis, avant d'être ré^es par des statuts municipaux, sanctionnés par la république de Gènes en i4o5. A cette époque, la juridiction de Port-Maurice fut partagée en trois commu-nautés dites Terzieri.
Les statuts dont il s'agit régloient là distribution des charges, le mode d'administration et de nomination des membres du parlement local , des conseillers et des pères de la commune dite Anziani.
La république de Gènes entretenoit des troupes à Port-Maurice, sous les ordres d'un capitaine, ayant lès pouvoirs judiciaires. Les communautés payoient au gouvernement une somme déterminée : elle étoit répartie par le parlement sur les propriétés foncières. En 1460, ces communautés se mirent sous la protection du duc Sfbrce, gouverneur de Milan, en stipulant les mêmes privilèges dont elles étoient convenues avec la ville de Gênes.
Eu 1 5 1 2, cette république ratifia les anciennes conventions avec ces communautés, et depuis lors, jusqu'en 1797^ <^Ues observèrent les statuts, municipaux qui avoient été réformés en 1 454 9 par un certain Garibaldi, moine observantin.
Lors de la révolution de la Ligurie, en 1797^ toutes les conventions passées avec ces communautés furent anéanties, et les nouvelles lois liguriennes durent être observées jusqu'à la réunion de la Ligurie à la France en i8o5.
Port-Maurice, chef-lieu d'arrondissement et ville maritime, est situé sur le cap qui sépare les deux vallées principales de ce canton.
La rade forme une espèce de deimi-cercle ; les bâtiments s'y trouvent en sûreté lorsque les vents de sud et sud-ouest ne soufflent pas.
Les torrents de Dolcedo et Garamagna coulent à l'ouest de la ville; le lit du dernier, étant plus bas que la mer, vers son embouchure, cause des exhalaisons fétides et des fièvres intermittentes. La paroisse a un revenu de 2,36o francs.
L'hospice des pauvres est doté de 4)^99 fr-> ^^ de i,34i fr. sur l'octroi. Le
local suffit pour vingt à vingt-deux malades , mais on n en reçoit ordinairement que dix à douze. Le comité de bienfaisance distribue la somme de 5,641 fr., dont une partie pour pension à la famille Pagliaza.
Les productions du sol consistent dans l'huile. Le pays manque de bois, de fourrage, et par conséquent d engrais. Il tire du dehors des chififbns de laine et des sciures de cornes pour fumer les terres à oliviers.
Le commerce consiste dans le débit des huiles de larrondissement, et la vente des blés et du vin que Ton tire, soât de la France, soit de TltaUe.
Il y a soixante-quinze moulins à huile à Port-Maurice ; les soins que Ion met à la fabrication des huiles contribuent beaucoup à leur donner une qualité excellente:
La population est de 7,000 habitants, en grande partie agriculteurs ou commer^»uitt.
Lmscription , Trapkea Claris y qui existoit sur la tour de Parasio, fut enlevée en 1 435 : on suppose une grande antiquité à cette tour.
Ce pays appartint en 400 au marquis de Suze, puis' au marquis Manfredo. En 649, il ftit pillé par les Lombards, et,* en 729, par les Sarrazins. En 83o, il passa sous la domination des comtes de Vintimiglia, puis des marquis de Clavesana. Les habitants se rachetèrent en 1161, moyennant une somme d argent qu'ils payèrent à ces marquis. En 1:100, la communauté de Port- Maurice reclama des privilèges de la répt^lique de Gènes, qui les ratifia en ia4< «t en 1276. Alors le geuTemement de Gènes y entretenok un gouverneur pour toute la rivière occidentale de la Ligurie. Les statuts municipaux rédigés en 1 4o5, servirent de base pour Fadministration des trois communautés qui, en 1460, cessèrent d'être sous la protection de Gênes, pour se mettre sous celle de François Sfbrce, duc de Milan. En i5 1 2, ce pays fit de nouveaux arrangements avec la république de Gênes. Le Doge ratifia les anciennes conventions qui fbrent en vigueur jusqu'en 1797; alors, Port- Maurice fut réuni .à la Ligurie, et en i8o5, à la France.
DOLCEDO, situé dans la seconde vallée du canton^ est composé de différentes bourgades, dont la principale est Piazza qui se trouve au confluent de deux ruisseaux. Le village est divisé en deux parties qui communiquent ensemble par le moyen de quatre ponts anciens et très solides.
La paroisse rapporte 4^o francs au curé. L'hospice civil a un revenu de 1,336 francs. Il y existe en outre un établissement de bienfaisance.
Les productions territoriales consistent en huile; Ce pays est le plus considérable du canton après Port'-Maurice; il est très fertile et bien cultivé. On y compte cent dix*neuf moulins à olives.
La population est de 2048 habitants, la plupart agriculteurs ou commerçants. ^
MOLTEDO est situé sur le penchant d une colline , dont Montegrosso occupe le sommet. Deux ruisseaux se réunissent dans cette commune, et prennent le nom de Caramagna , du village quils traversent.
La paroisse de Moltedo a un revenu de 544 francs; celle de Montegrosso en a un de 54o. Il y a un bureau de bienfaisance à Moltedo. Llmile est la plus exquise du canton. Il y a quatrervingt^eux moulins à olives dans cette commune. La population est de 11 86 habitants, agviciilteurs ou commerçants.
Moltedo est divisé en deux parties, supérieure et inférieure; la première appartenoit autrefois au roi de Sardaigne> quoiqu'elle ne forme qu une seule paroisse avec la seconde.
TORASSA, située sur le penchant d une colline, est traversée par le torrent Dolcedo. La bourgade inférieure a une paroisse qui raj^rte 5So francs. L'établissement de bien£Eiisance n'a que 17 francs de revenu.
Le territoire produit de l'huile. La population est de 4oo habitants, presque tous agriculteurs.
VasSIA et PantasSINA, jadis appartenant au roi de Sardaigne, sont maintenant réunis sous une même commune. Le premier est ûtué sur une ccJline qa:i embrasse la Valetta; le seccmd se trouve à la^ distance de trois lieues de ce dernier.
La paroisse de Vassia rapporte au curé 600 francs ; celle de Pantaséina possède 25o francs de revenu. Le comité de bienfaisance distribue aux -pauvres un revenu de io3 francs.
On trouve des quartz et de très beaux cristaux de roche à Vassia. Le territoire produit des huiles excellentes. Les olives n'y sont pas aussi sujettes qu'ailleurs aux insectes qui les rongent. Il y a trente moulins à huile ^ans
cette commune, dont la population est de 819 habitants, la plupart agriculteurs.
ViLLATALLA, commune composée de différentes bourgades, savoir: Villatalla, Tavale, et Valoria, a trois paroisses; celle de Villatalla a 493 francs de rente; celle de Valoria 867; celle de Tavale na pas un revenu fixe, puisqu'il ne consiste qu'en olives.
Les productions du territoire sont l'huile, etc.
Lia population est de 989 habitants, agriculteurs ou commerçants. Ces trois villages appartenoient autrefois au roi de Sardaigne.
MOLINI est une commune qui se trouve dans la Valetta, au nord-ôuest de Port-Maurice. La paroisse de Saint<Jean-Baptiste a une rente de 600 francs, celle de Saint-Sébastien n'en a que 200.
Le territoire produit des huiles. La population est de 760 habitants, en grande partie agriculteurs.
PlANI , village^itué dans la vallée à l'ouest de Port-Maurice, a une paroisse qui n'a que î5o francs de rente. Son territoire produit des huiles.
La poptriation est de 600 habitants.
POGGI est placé au sommet d'une colline, au sud-ouest de Port-Maurice. Le .torrent Prino sert de limite entre cette commune et celle du chef-lieu de canton ; son territoire touche à la mer du côté du sud, vers la tour dite Prairola. Autrefois ilfaisoit partie de la commune de Port-Maurice. Les productions du sol sont à-peu-près de la même qualité que celles de Piani. La paroisse rapporte au curé 210 francs.
La population est de 628 habitants.
Caramagna supérieur, situé dans la vallée de ce nom, a deux paroisses; l'une de Saint-Barthélémy, qui a 276 francs de rente; l'autre de Saint- Simon, qui ^i^apporte 334 francs.
Les ruisseaux de Moltedo et Vassia entourent ce pays, et vont se réunir au-dessous du village, en prenant le nom de Cara[magna.
Le sol est fertile, et produit assez d'olives pour occuper trente-cinq moulins à l'huile. La population est de 676 habitants. , ;
Prela et Pianavia composent une seule commune; ilssont situés sur le petichant d'une colline, dans la Valetta. Ce pays appartenoit autrefois au
roi de Sardaigue. Lia paroisse a un revenu de 35o francs. Il y a dix moulins à olives dans cette commune.
Sa population est de 298 habitants, la plupart agriculteurs.