‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 34 sur 88 · CANTON DE NOLI · texte numérisé non relu

CANTON DE NOLI

Le canton de Noli se troure renfermé entre deux chaînés de montagnes qni se rattacbent aux Apennins, vers le c<J de SaintJacques, an-dessus de Finale; elles aboutissent d une part au cap de Vado, et de lautré au cap de Noli, où elles se terminent par un roc calcaire, coupé à pic à la hauteur d environ 200 métrés. Ce canton renferftie une partie de versants du torrent de Pia; il contient en outre deux autres vallées dont la plus fertile est celle de Noli. La saillie du cap de Noli forme une rade sûre et abritée*

La population du canton est de 3,921 habitants. L'huile, le vin, ei le produit de la pèche, composent ses revenus : on y trouve aussi quelques terres semées en blé ou légumes, quelques châtaigniers, et enfin des jardins peu susceptibles d arrosage. Les communes qui forment te canton sont au nombre de cinq.

Noli, petite ville maritime, feit remonter son origine avant l'ère chrétienne; eHe nétoit dans le principe qUun château bâti sur une montagne appelée Monte-^Orsini; ott en voit encore les frétées. Labri favorable que formoit le cap de Noli au bas de la montagne dont nous venons de parler, engagea les habitants à abandonner la sommité pour descendre sur la rade. La ville devint bientôt commerçante, et Ton prétend qu elle tira son nom du commerce de commission et du noiisage de ses vaisseaux. Les riches et nobles étoiént en général propriétaires de navires, et ceux qui les possédoient avoient le droit de bâtir des tours; l'on en voit encore beaucoup dans la ville actuelle; elles y ont été au nombre de soixante^ouze.

Cette petite vîHe aida les croisades du' secours dé sa marine; elle obtint des privilèges di^roi Bohémond d'Antioche, en 1098, enfin de Tancréde et de Beaudouin, rois de Jérusalem, Fan i loo; Vers ce temps son commerce étoit considérable; mais elle eut bientôt à souffrir de ses démêlés avec la ville de Gènes : elle racheta toutefois sa liberté des marquis de Carretto, vers 1 198, et obtint des droits sur le territoire qui l'environne ; ils furent confirmés par un dijJômede l'empereur Henri VI, daté de Tortonne, le 27 septembre 1 196.

A cette époque ce petit état se forma en république ; il se mit sous la protection de Gênes en 1202, mais en conservant toutefois une sorte d'indépendance, qui a été depuis confirmée par divers actes, tant de la république que de ceux qui ont dominé à Gênes, ou qui y ont été appelé^ pour apaiser les guerres civiles. Un de ces derniers actes date de iSyô j la ville avoit en outre son pavillon particulier, composé dun drapeau rouge avec une croix blanche. Ce n'est qu'à l'époque de la dernière révolution de Gênes que cette petite république a perdu ses droits. La difficulté de ses abords qui l'isoloient presque entièrement des villages du littoral a sans doute été la cause de cette particularité extraordinaire. Voici quelle étoit la forme de son petit gouvernement.

On avoit formé, vers la fin du onzième siècle, un statut municipal, par lequel il étoit prescrit qu'un conseil s'assembleroit chaque année, le i3 décembre, pour élire ceux auxquels seroit dévolu le pouvoir. Il étoit confié pour un an, soit à un bailli, soit à deux consuls, suivant les circonstances. Sous les consuls étoit établie une magistrature composée de deux censeurs, deux experts, et deux pères de la commune. On créa ensuite des magistrats de santé publique et d'abondance. Ces magistrats n'exerçoient que pendant quatre mois, et ne pouvoient être choisis que parmi vingt-quatre familles des meilleures et des plus riches du pays.

Les consuls a voient le pouvoir judiciaire, tant au civil qu'au criminel. On pouvoit appeler de leur jugement au conseil des jurisconsultes. L'appel à Gênes étoit interdit sous peine d'une amende de 26 francs.

Les revenus publics se composoient de quelques droits établis sur le cheflieu, et des perceptions féodales que l'on prélevoit sur le territoire de Tosse.

Noii est le chef-lieu d'un évêché qui fut établi en i252 par le pape Innocent IV. L'arrondissement *de ce diocèse fut formé d'un démembrement de celui de Savone, et la mense épiscopale se composa des revenus de l'abbaye des moines de Lerin, qui existoit alors dan§ l'île de Bergeggi. On en voit encore les débris. •

Ces revenus se réduisent aujourd'hui à 2,5oo francs, depuis que la banque de Rome et de Saint-Georges ont supprimé le paiement des rentes. Le chapitre se compose de huit chanoines, dont le chef, qui est en même temps

, curé, jouit dun revenu de 600 francs. Les chanoines n'ont que 120 francs.

On ne compte entre les établissements publics qu'un hôpital civil qui a une rente de 5oo francs, un bureau de bienfaisance qui administre quelques secours aux indigents, et une œuvre pie, connue sous le nom dopera Silvana, établie pour doter des filles de famille.

Il n'existe à Noli aucune antiquité précieuse. La métropole est un bâtiment gothique assez vaste qui ne présente rien de remarquable. La rade offre un abri assez sûr aux vaisseaux dans les temps ordinaires, mais dans les tempêtes et les vents de traverse les bâtiments vont mouiller à Vado.

L'aspect de la ville, qui renferme beaucoup de tours extrêmement élevées, est assez pittoresque. L'escarpement des rochers, qui terminent à l'est et à l'ouest le territoire de ce canton, interdit à Noli toute communication avec les cantons voisins; aussi le commerce y est-il peu considérable. Une grande partie de la population s'adonne à la pêche et au cabotage, l'autre à la culture.

La ville se compose de 25o familles qui forment 1,090 habitants. La commune renfferme en outre les paroisses de Vozze et de Tosse, dont la première contient 3oo habitants , et la deuxième 2 1 4« Les curés qui les desservent n'ont que i5o francs de rente. Population totale 1,604.

SpotoRNO est la commune la plus considérable du canton, et étoit la plus commerçante avant l'époque de la guerre maritime. Ses bâtiments font le négoce du vin d'Espagne et des provinces méridionales de France.

Sa population est de i,365 habitants, dont la plupart sont marins. La marine est la principale ressource de la commune dont le territoire produit cependant de l'huile de bonne qualité. Les femmes de Spotorno sont laborieuses et adroites: une grande partie s'occupe à recueillir dans les montagnes des fagots qu'elles transportent sur leur tête jusqu'au bord de I4 mer, d'où ils sont portés par des bateaux à Savone, et à Albissola, pour le service des manufactures.

Le territoire de Spotorno n'est point parfaitement cultivé; on pourroit y faire de belles plantations d'oliviers.

La cure a environ 4oo francs de rente fixe.

BerGEGGI est bâtie sur le penchant d'une montagne dont la mer baigne le

igS CHAPITRE I.

pied ; son territoire s élève en amphithéâtre sur le rivag^e. Le nomlM'e des habitants est de 320 ; la plupart étoient autrefois employés en quahté de marins sur les galères de Gènes ; le reste s'occupe à cultiver la terre. Une grande par* tie du territmre est désert et noffire que des rochers où croissent quelque» broussailles. Les habitants y nourrissent des brebis dont k chair est sa<» voureose.

Le territoire n ayant point de resso^irces suffisantes , l'industrie y supplée > et les femmes sont occupées à filer du coton et de la laine qui leur est four* nie par des négociants de Gènes.

L'église de Bergeggi est bien bâtie. Le euré a 36o francs de rente.

L'aspect de Bergeggi, doimnée par son église, et entourée de beaux oliviers, offre de la mer un spectacle très pittoresque. Au bas de la cc^line où elle est située, ois^ tronve une grotte remarquable par son étendue et les stalactite» quelle renferme; en fiKîe de la grotte, est une petite île où esistoit autrefois le monastère des moines de Lerin.

MaGNONE est composé de deux paroisses qui se trouvent dans les monta^gnes; celle du chef-Keu renferme 260 habitants, celle de Portio i43; ills sont tous agriculteurs. Le territoire produit du vin et de Fhuile d^une qualité médiocre, mais sur-tout des châtaignes, des légumes, et des fruits. La reçoive ne suffit point aux besoins des familles; les femmes ^occupent à coQ^r du bois, et à le transporter à Noli pour le service des manufactures de Savone; Le bénéfice de cette industrie est employé au paiement des impôts, à Kaehat d«i self, et autres provisions de ménage. Le revenu des deux cures ne s'élève pointa 2*50 francs pour chacune.

Vezzi, à un mille au nord de Magnone, limite le territoire du* canton.

U se compose de deux viHages, Veauâ-Saint-Georges qui compte 889 habitants, et yezzi-Sainl>-Philippeqpi en compte 1 20. Le climat est un peu froid, et l'on y voit peu d'oliviers. La récoite principale consiste en vin d'une nature médiocre, en châtaignes, en légumes de toute espèce; on y recueille des pommes en assez grande quantité. Tous les habitants s'adonnent à Fagrioulture; les femmes s'occupent du transport et de la coupe des bois, comme à Magnone. La cure de Saint-Georges a une rente de 5oo francs, celle de Saint-Philippe une dé 200.

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