IRRUPTION DES PEUPLES DU NORD
Ces mêmes contrées éprouvèrent aussi les ravages des Vandales, des Alains, des Gotfas, des Huns et des Bourguignons, qui j firent , vers la chute de Tempire, de fréquentes incursions.
Les Vandales firent irruption dans cette partie de la Gaule, en Tannée 260. î6o.
Val«ice , Saint-^Paul-trois-Châteaux et Vaison scmt citées parmi les villes quHncendièrenl ces Barbares.
Us se répandirent jusqu^à Arles ; mais là Crocus , leur .chef, fut pris, exécuté, et ses bandes taillées en pièces.
Un siècle et demi plus tard „ d^autres hordes de Barbares fondirent par A06. torrens sur diverses parties de Tempire. On eût dit que tous les peuples septentrionaux s?étaient entendus pour Fenvahir et le renverser.
Les uns se dirigèrent dans un sens , les autres dans un autre , et c^était toujours à qui commettrait le plus de ravages et de cruautés. Il semblait qu'^inspirés par le génie du mal, ils n'*eussent d^autre but que de désoler la terre.
Cest à cette époque calamiteuse que se rapporte la relation touchante Ais. d'mi auteur contemporain , cité par les historiens ^de LoAguedoc et de Provence : ♦ .
« Quand tout TOcéan , dit cet auteur , aurait inondé les Gaules , il n^ » aurait pas fait de si horribles ravages : nos bestiaux , nos firuits et nos » grains ont été enlevés ; nos vignes et nos oliviers désolés ; nos habitations » ruinées; et à peine reste-t-il encore quelque chose dans les campagnes; » mais tout cela n^est que la moindre partie de nos maux. Depuis dix » ans il font de nous une cruelle boucherie. Les châteaux bâtis ëur. les )} rochers , les villes les plus fortes , les bourgs situés sur les plus hautes » montagnes, n^ont pu garantir leurs habitans de la fureur de ces Barbares, » et Ton a été pai*tout exposé aux dernières calamités. Ik n'ont épargné » ni le sacré ni le profane , ni la faiblesse de Fâge ni celle du sexe. Les » hommes et les enfans, les gens du peuple et les personnes les plus » considérables, tous ont été, sans distinction, victimes de leiu* glaive.
)) Us ont brûlé les temples dont ils ont pillé les vases sacrés , et nWt respecté w ni la sainteté des vierges , ni la piété des veuves. Les solitaires n^ont pas )) éprouvé un meilleur sort. Cest une tempête qui a emporté indifieremment » les bons et les mauvais , les innocens et les coupables. Le respect dû à » Tépiscopat et au sacerdoce n^a pas exempté ceux qui en étaient honorés : D ces Barbares leur ont fait soufltir les mêmes indignités et les mêmes » supplices ; ils les ont enchaînés, déchirés à coups de fouets, et condamnés » au feu comme les derniers des malheureux. ^> (1).
Telle était la triste situation des provinces méridionales, où il parait que cet auteur écrivait , après le ravage des Vandales et Tentrée dès Visigoths (2), sous la conduite d^Ataulfe, leur roi , le même qui ravagea iValeiice en 41 1 •
Les Alains se fixèrent dans le Valentinois et sur toute la rive gauche du ilhône, et aux calamités causées par rirruption et rétablissement de ces peuplades se joignirent les calamités non moins grandes des guerres qu^elles se firent entre elles , car il fallait bien aussi faire place aux derniers arrivés.
Os demandaient des terres les armes à la main ; la force seule présidait à ces sortes de partages , et les anciens habitans étaient la proie malheureuse que se disputaient ces Barbares.
455. En 453 , un parti de Huns , des bandes d"^ Attila , vint attaquer les Alains
dans le Valentinois.
Thorismond , roi des Visigoths , joignit ses forces à celles des Alains , et obligea les nouveaux venus d^ajler chercher ailleurs les terres que le pays ne pouvait leur foumiri
Quelques années plus tard , ces mêmes Alains furent à leur tour chassés
par les Bourguignons , peuple brave et nombreux qui avai(^'pâssé le Rhin
dqjuis fort long-temps , mais qui ne s^étendit que successivement vers le
460. midi de la Gaule. Cest en 460 qu'il se répandit le long du Rhône , et qu'il
y jeta les fondemens d'un étabUssement durable.
(1) Histoire de Languedoc, tome I, page 165, et Histoire de Provence, tome II, page 27. Ces historiens citant Carmen de Provid. op. Prosp., pag. 786 et seq.
(2) Le^s Goths du Languedoc et de TEspagne étaient nommés Visigoths, ou Goths du couchant, par opposition aux Goths d'Italie, qui étaient nommés Ostrogoths, ou Goths du levant. '
Les Francs proprement dits «^étaient, fixés dans la partie septentrionale de la Gaule , et on finit par appeler du nom générique de Francs tous les peuples venus du Nord.