BATTAGE ET FOULAGE DES GRAINS
U n^j a ^e quelques cantons limitrophes du département de Tlsère où Ton soit dans Fusage de bâtir des granges, dy entasser la récolte, et de la battre lorsque les travaux de la campagne ont cessé. Dans les autres, où Tété -est ordinairement sec , on met les gerbes en meule, et immédiatement après la récolte^ on les fait battre ou fouler en plein air. Ce travail se fait sans interruption dans le temps des plus grandes chaleurs de Tété , où la terre est 4[>eu disposée à la culture.
Dans Jes cantons de Montélimar , de Marsanne et de Dieu-le-fît , on bat «ivec le fléau , et dans les arrondissemens de Die et de Valence on remploie indifféremment avec une espèce de verge formée de buis et d^osier . Ce dernier instnunent a cet avantage que les femmes et les enfans peuvent s^en 'Servir.
Dans rarrondissement de Nyons et dans les citons de Gi?igDan et de Pierrelatte, on ne connaît guère que le foulage par les chevaux et lûi^ets, tel que le pratiquaient les anciens Grecs ; car en lisant le chapitre LIX du Voyage du jeune Aruicharsisy on croit voir les ouvriers employés dans nos cantons méridionaux à Topération du dépiquage j pendant les chaleurs de la canicule.
« On exhortait ,^ dit Fabbé JBarthélemy, les ouvriers à fouler le blé à Fheure » du midi , parce que le grain se détache alors plus aisément des tuniques » qui Tenveloppent.
» Les gerbes transportées dans Faire j sont disposées en rond et par )> couches. Un travailleur se place dans le centre, tenant d^ne main up )> fouet , et de Fautre une longe avec laquelle il dirige les boeufs , chevaux » ou mulets , qu'il fait marcher ou trotter autour de lui : quelques-uns 4e )> s^s compagnons retournent la paille , et la repoussent sous les pieds des )> animaux , jusqu'à ce qu'elle soit entièrement brisée. »
Cette pratique, pour avoir une origine antique, n'en est pas moins vicieuse. Les habitans des citons où elle est en usage prétendent que six mulets foulent en six jours le blé que huit hommes ne battraient point en vingt , et
qu^il en résulte une grande économie de temps et de maîn-d^œuvre ; maiscet avantage compense-t-il suflSsan\ment les inconvéniens de la pratique que je combats ? il est au moins permis d^en douter; car ^ outre que le grain, encore tendre, s^écrase facilement sous les pieds des animaux, ce qui occasionne une perte considérable , l*expérien<^e a preuve que , àsms une poignée d^épis somnis au foulage , il reste douz6 , vingt , quelquefois vingêcinq grains. Or , la perte est beaucoup moindre lorsqu^on se sert du fléau.
La paiBe foulée ne peut être utilement employée comme fourrage ; fl faut la mMer avec le regain ;; mais alors elle lui communique sa saleté , et peut causer des épizootîes.
Il est à désirer que les cultivateurs de la partie méridionale de ce dèpaiv tement renoncefït ^nôn à une pratique que Fesprif de routine, cet étamd ennemi <le toute amélioration, a'pu seul justjpîi^eî conserver pa^mi nous.
LNisage deffeuchek- les Mes et de fotoletî au rouleau s^est récemfnent introduit dam quelques -tmes des pltis grosses fermes dé Farrondissement de Valence : Fexpérience peut seule faire ressortir les avantages eu les !iKicbtivéiiieiis de cette méthode, ^i ne peut, d*ailleurs, s^appliquer qu^am gt»n4ésexpi0itaiîioti#.
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