‹ Statistique du département de la DromeChapitre 89 sur 234 · BÊTES A LAINE · texte numérisé non relu

BÊTES A LAINE

Le nombre en est fort augmenté depuis 1 789, et Pamélioration des races, par le croisement des brebis du pays avec des béliers espagnols ^ a fait beaucoup de progrès depuis trente ans. On ne peut se dissimuler que ce résultat est dû en grande partie aux dépôts de béliers que le gouvernement impérial avait formés dans quelques départemens , et notamment dans celui-ci , où Ton

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doit particulièremeat regretta que les circonstances niaient pas permis de maintenir d'^aussi utiles établissemens. Chacun parmi nous a pu se oonraincre, en effet, que le sol généralement sec de la Drome convient à merveille aux mérinos ; que s^ils exigent une nourriture plus substantielle -que les moutons indigènes , ils dédommagent ampl^nent le propriétaire par le produit de leur toison : tandis qu'aune brebis du pays fournit à peine 3 à 4 livres d^une laine commune, une brebis mérinos en donne 7 à 8 d^une qualité bien supérieure, ime brebis métis 6 à 7, et un bélier 10 ou 12.

Quelques essais infructueux, parce qu^ils ont été faits sans soins et à contretemps, ont pu décourager certains propriétaires, et, comme il est d^usage, fortifier les préventions de Fignorance et de la routine ; mais il n^en est pas moins prouvé, par Fexpérience de tous les jours, que le croisement donne, tlès la seconde et la troisième génération , une laine presque aussi bdle et aussi fine que celle des mérinos purs , et qu^à la quatrième et cinquième la différence n^est plus sensible. Il est également reconnu que dès le second croisement, les métis acclimatés sont aussi robustes que les brebis indignes.

Les laines de ce département furent toujours fort estimées. On voit par d^anciens documens qu^elles ont été pendant long-temps Tobjet d'un commerce très-étendu : on expédiait eti Arménie et en Perse des draps qu^on fabricait à Romans et à Valence avec les laines de la Valloire et du Valentinois. A une époque plus rap{»rochée, sur la fin du XYIl'^ siècle et au commencement du XVIII"*, les laines de la Bayanne ( c^est ainsi qu^on nomme la plaine comprise entre Valence et Romans) avaient une réputation qui les faisait rechercher pour les fabriques du nord. La finesse de ces laines était le résultat d'un croisement avec des troupeaux espagnols introduits en France par les soins de Colbert; car ce n^est pas seulement de nos jours qu^oo a pensé à naturaliser dans ce pays la précieuse race des mérinos.

Presque toutes les laines communes s^emploient maintenant dans les fabriques du département : on j travaille également une partie de la laine de mérinos et de métis ; le surplus a ses débouchés à Lyon et dans les autres villes où se fabriquent les draps fins.

On évalue à 377,147 le nombre des bétes à laine qui existent dans le département, savoir :

AOKIOULTURK. 399

Béliers ^ 7,684

Brebis 126,549

Moutons '..':.:■ • 148,429

Agneaux . . .... ; . . ^ . .... . - , . ^ ^ ..;..,...,. 94,485

'. . Total,.. : ,â77,i47

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