CHAPITRE I
de l’état dans son ensemble et de ses divisions.
L’Etat, avons-nous dit an volume précédent, est le domaine spécial de la statistique. Ce n’est donc passion plemen t d'une contrée eu ropéenne renfermée en tre telleq mers ou rivières ou montagnes, configurée et accidentée de telleou de telle autre manière, offrant en un mot cer« tains caractères naturels, puis renfermant telle ou telle population, que nous avons a nous occuper ici : celle tâche appartient à ia géographie aidée de la géologie et de l’hydrographie, à celle de ses branches spéciales qui; sous le nom de topographie , entre dans le détail des descriptions locales, enfin à l’ethnographie ou connais; sance des peuples divers avec leurs caractères distinct tifs. La géographie nous a prêté ses principales données dans le tableau générai du pays placé en tête de cet ou vrage comme introduction, et, au commencement du
livre l ,r , on a vu aussi quelques notions empruntées à l’ethnographie. Ce dont nous avons maintenant à nous occuper ici, c’est le territoire spécial, bien défini, exactement délimité, d’une société politique dont tous les membres, régis parles mêmes lois, reconnaissant les mêmes chefs, supportant les mêmes charges, unis par les mêmes idées de civilisation, de puissance , de gloire, par la même nationalité enfin , profitent également des forces et des ressources publiques.
Outre le territoire national proprement dit, l’État se compose encore des colonies qui en dépendent, et qui sont, ou peuvent être, un de ses éléments de grandeur et de puissance. Malgré la perte de l’Acadie, du Canada, d’une grande partie de ses anciennes possessions deslndes orientales, de la Louisiane et de la Floride, de Saint- Domingue, la reine des Antilles, de Sainte-Lucie et Tabago, de l’ile de France et des Seychelles, la France en possède encore de fort importantes auxquelles, depuis 1830, elle en a ajouté une nouvelle, destinée peut-être à se placer au premier rang de toutes, ou plutôt à devenir moins une colonie qu’une annexe de la mèrepatrie, et à faire oublier à cette dernière toutes les pertes que ses longues et sanglantes querelles avec l’Angleterre lui ont fait éprouver.
Indépendamment de l'Algérie, qui s’étend presque en face de la côte méridionale delà France, sur la riveopposéede la Méditerranée, en Afrique, ces colonies sont les suivantes :
En Amérique, la Martinique, la Guadeloupe et ses dépendances , Marie-Galante , la Détirade , les Saintes,
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une partie de nie Saint-Martin 1 , toutes faisant parlie des Antilles; la Guyane française, sur le continent méridional ; Saint-Pierre et Miquelon, dans les parages de l’ile de Terre-Neuve et à l’embouchure du fleuve Saint- Laurent.
En Afrique , le Sénégal et Gorie sur la côte occidentale, et, sur la côte orientale, l’ile Bourbon, celle de Sainte-Marie, plus près de Madagascar, et, sinon de fait, au moins de droit, dit-on, certaines portions de cette grande île elle-même; puis, depuis 1843, à quelque distance de sa côte nord-ouest, les îles de Mayotte (avec Andzaoudzi) et de Nossi-Bé.
En Asie, Pondichéry et Karikal , sur la côte de Coromandel; Mahé, sur celle de Malabar ; Yanaon, sur celle d’Orissa ; et Chandernagor , au Bengale.
Dans l’Océanie, les deux groupes des îles Marquises, dont la France a pris possession le 1 er mai 1842, le premier groupe (celui du sud) se composant de la Dominique ou O Hivaoa, la Madeleine ou Fatu-Hiva, la Christine ou Tahuata, sans compter les îlots inhabités de San-Pedro ou O Noteaya et de Hood ou Fetou-Hougou ; le second (celui du nord-ouest), des îles Marchand ouNouka-Hiva, Roa-Poua, Roa-Houga, Chanal, Masse et Hergest, dont les trois premières seulement sont habitées.
En 1843, la France a encore pris possession d’Assinie, en Guinée, à l’extrémité occidentale de la Côte d'Or, sur la limite de la Côte des Dents , et de Gabon ,
( i ) L’autre partie appartient aux Hollandais.
sur la rivière de ce nom, pour y fonder des comptoirs.
Ces colonies font partie du territoire français; elles exercent leur influence sur la politique de l’État, et elles contribuent, soit à sa richesse et à sa grandeur, 6oit à son affaiblissement. Mais généralement placées dans d’autres conditions physiques, elles subissent aussi un régime exceptionnel qui, tout en imposant à peu près les mêmes charges, et des charges souvent plus onéreuses, n’accorde pas les mêmes garanties et ne reconnaît pas les mêmes droits. On ne saurait donc les confondre avec la mère-patrie dans un 6eul tableau ; mais nous réserverons aux colonies une place à la fin de ce volume et des suivants, et nous dirons un mot de leur position légale au cbap. II.
Relativement à la mère-patrie, ou au territoire national proprement dit, objet actuel de nos investigations, troispoints nous intéressent avant tout, 6on nom, sa délimitation, ses divisioos; nous leur consacrerons les trois paragraphes de ce chapitre.
§ 1 . Nom de l’état. Tout le monde sait que le nom de FRANCE vient du peuple germanique des Francs, dont les guerriers en occupèrent une partie et y fondèrent successivement plusieurs dynasties, sous le règne desquelles leur conquête s’agrandit jusqu’à former un vaste empire englobant la France et l’Allemagne, et débordant même, au sud, les Alpes et le6 Pyrénées. Démembré ensuite par le régime féodal en une multitude de petits Etats, cet empire n’exista plus que de nom, et le domaine où s’exerçait immédiatement l'autorité royale se réduisit à un faible district destiné néanmoins, par
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la force des choses et des souvenirs, à rallier, à absorber successivement toutes les portions qui s’en étaient détachées, à les unir entre elles sous le même chef et autour de la même métropole.
Les Romains avaient appelé ce pays Gallia, la Gaule, d'après le nom des Relies (Celtes), Gallois ou Gaulois, formes diverses d’une seule et même dénomination. Mais il y avait pour eux deux Gaules, l’une en deçà des Alpes, Gallia citalpina, l’autre au delà, Gallia transalpina. Cette dernière, partagée entre les Celtes, les Belges et les Aquitains, avait pour limites, en outre des Alpes, le Rhin, l’océan Atlantique, les Pyrénées et la mer Méditerranée, et dépassait par conséquent, comme nous l’avons dit T. 1 er , p. 6, notre territoire actuel au nord et à l’est. Ce fut au deuxième siècle avant J.-C. que le peuple-roi y prit pied, appelé au secours de Marseille (Masiilia), colonie de Phocéens fondée sur la mer Méditerranée cinq siècles auparavant. Leur première conquête, la Provincia romana (Provence), ne lit que stimuler leur ambition, que Jules-César se chargea ensuite de satisfaire, en triomphant successivement de toutes les peuplades et confédérations que la guerre mit en présence de ses légions, et en amenant, par dix ans d’efforts, la soumission complète du pays.
Divisé de différentes manières, ce dernier conserva jusqu’au v® siècle de notre ère son nom de Gaule ; mais après l’invasion des Barbares, chaque peuple attacha le sien à la contrée occupée par lui. Ainsi prirent naissance les noms de Bourgogne, de Gothie (Septimanie), de Bretagne, et celui de France, qui d’abord ne s’éten-
IMTfcHÈTS SOCIAUX.
dail pas au delà de la Loire. Mais à mesure que s’agrandirent les possessions des Francs, ce nom prit aussi plus d’extension, et, au bout de quelques siècles, il embrassa non-seulement toute la Gaule transalpine, mais encore une grande partie de la Germanie, première patrie des Francs, la Gaule cisalpine et même l’Italie toute entière rangée sous l’autorité de l’empereur d’ Occident. Primitivement attaché au pays entre le Rhin, l’Océan et la Loire, il avait suivi les Francs dans leurs conquêtes d’outre-Rhin, et les partages de la succession des rois avaient donné lieu à une France nouce/Je à l’est de l’ ancienne, et séparée d’elle par la France moyenne , à une France orientale détachée de la France occidentale , et dont le nom s'est conservé en Allemagne dans celui de Franconie. Réunies ensuite, les deuxFrances avaient de toutes parts débordé leurs limites et avaient imposé le nom, en même temps que la domination, des Francs à tous les voisins réduits par leur armes.
Après le traité de partage de Verdun, en 843, on appela d’abord royaume de Charles ( regnum Caroli ) l’ancienne France, entre la Meuse et l'Océan, de même que la partdeLothaire prit le nom de Lotharingie (Lotharii regnum) ; mais cette dénomination ne prévalut point. Charles-le-Chauve lui-même se qualifie de roi det Français occidentaux , par opposition au roi des Français orientaux qui était son frère Louis-le-Germanique; et dès cette époque le royaume est alternativement désigné sous les noms de France occidentale, de grande France , de France ancienne, de France gallicane, et surtout de France romaine (eu égard à la langue dominante), qu’on
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trouve daDs les ouvrages de Luitprand, de Constantin Porphyrogénète, d’Othon de Frisingue, et dans la plupart des chroniques de ce temps.
Cependant, au déclin des rois de la deuxième race, cette France n'exista plus que dans les fastes de l’histoire; et même, en faisant, au commencement de son livre, l’énumération des princes qui gouvernaient de son temps (x° siècle) la chrétienté, l’évèque de Crémone (Luitprand) passe sous silence les rois des Français. Leur domination s’était dissoute en une multitude de petits États gouvernés par des seigneurs féodaux et faiblement unis entre eux par un lien fédératif. Un des grands démembrements de l’empire de Charlemagne recevait encore, il est vrai, la dénomination d’ Ile-de-France ou comté de France; mais ce futur noyau de la monarchie, principalement renfermé entre l’Oise, la Seine, la Marne et l’Aisne, et qui, ayant pour centre le comté de Paris, comprenait les départements actuels dénommés d’après ces rivières, loin d’étre sous l’autorité du roi, formait le domaine d’une famille rivale destinée à le remplacer sur un trône où les vœux du peuple appelaient un prince plus ferme et plus prévoyant que ceux de la race abâtardie de Charlemagne.
Après l’avénement de Hugues Capet, la France royale, ou ce qu’on appelait aussi alors le duché de France , se composait de l’Ile-de-France, de l’Orléanais, du Blaisois, du pays Chartrain et de la Picardie. Ce fut le point de départ de la monarchie française moderne, qui se reconstruisit lentement et par degrés. Tous les moyens y servirent, les héritages, les mariages, les ventes et
10 INTÉBÊTS SOCIAUX.
cessions, la violence, la guerre; et c’est ainsi que furent successivement réunis au domaine royal, dans le xn® siècle (1 101), le Berry ; dans le mi®, la Touraine, une portion du Poitou, la majeure partie du Languedoc, le comté de Toulouse, la Picardie et la Champagne (1286); ou xiv e siècle, le Lyonnais (1312), le reste du Languedoc, le Dauphiné (1349), la totalité du Poitou, laSaintonge, l’Aunis, et le Berry pour la seconde fois; au xv®, la Normandie, la Picardie reconquise sur les Anglais, la Guienne, la Bourgogne (1477), l'Artois, l’Anjou, le Maine et la Provence (1486) ; ou xvi e , le Bourbonnais, la Marche, l’Auvergne, la Bretagne (1532) , lesTrois- Évécbés (1552), le Béarn (1589), le comté de Foix et la Gascogne; au xvn e , le Roussillon, le Nivernais, l’Alsace, moins Strasbourg (1648), la Flandre (1667), la Franche-Comté (1678), Strasbourg (1681); au xvm®, la Lorraine (1766), la Corse (1768), Avignon et lecomtat Venaissin (1791), le comté de Montbéliard (1796), la république de Mulhouse (1798).
Plus qu’aucun autre roi, ce fut Louis XIV qui constitua l’ancienne France. Mais elle offrait une masse disparate, inégalement subdivisée, et où la diversité des usages, des traditions, des institutions rendait impossible l’unité, cet élément de force de la France moderne. Ce fut l’Assemblée constituante qui eut l’honneur de 1 établir, ainsi que nous le verrons dans le paragraphe suivant.
Tout fut bouleversé à cette époque dans notre pays ; mais le nom do France, loin de souffrir aucune atteinte, grandit au contraire aux yeux de la nation, et fut en-
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vironné de gloire et de splendeur. De tout l’héritage des siècles passés, il fut à peu près tout ce qu’on ne répudia pas : aussi devint-il le point de ralliement universel et l’objet d’un culte bien près de l'idolâtrie ; on peut dire qu’il fut pour le pays un véritable palladium. A travers toutes les vicissitudes, et se modifiant tour à tour en république française, empire français , pour redevenir royaume de France et ensuite royaume des Français, en vertu de la Charte de 1830, ce nom n’a rien perdu de son prestige. Il agit sur les imaginations comme une étincelle électrique , et, malgré l’amour actuellement prédominant des arts de la paix, il enfantera encore des miracles si l’arche sainte devait être menacée de nouveau , si les peuples étaient encore condamnés à se rencontrer sur les champs de bataille et à tourner les uns contrôles autres des armes fratricides que la civilisation voudrait transformer en instruments de travail, propres à multiplier les objets d’échange qui rapprochent ou contraire les hommes par le commerce.
§ 2. Limites de l’état. On a parlé précédemment (T. I er , p. 5 et 6) des limites naturelles du royaume. L’ancienne France, telle qu’elle existait au 1" janvier 1792, s’y appuyait déjà de divers côtés, notamment à l’ouest etau nord-ouest, où, deDunkerque à Saint-Jeande-Luz, sur un développement général d’environ 450 lieues, elle était baignée par la mer. Au sud, elle s’était également avancée jusqu'à cette barrière naturelle : elle y touchait dans une étendue de 150 lieues; et du côté de l’Espagne, la ligne des Pyrénées, longue d’environ 145 lieues, lui formait un excellent boulevard. Enfin, il en
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était de même au sud-est, où s’étendait, de l'entrée du Rhône jusqu’à Antibes, sur un intervalle d’environ 180 lieues, la chaîne des Alpes, et à l’est, où la réunion de la Franche-Comté, parla paix deNimègue(1678), avait prolongé la France jusqu’au Jura, qui, dans toute sa longueur, la séparait alors de la Suisse , et où, par la réunion de l’Alsace en vertu de la paix de Westphalie (1648), le cours du Rhin était devenu sa limite de Huningue à Lauterbourg, séparés par une distance d'une quarantaine de lieues.
C’est en conséquence sur ces deux traités de paix que reposait la délimitation de l’ancienne France, au moins du côté de l’Allemagne et de la Suisse; car l’état de choses était plus ancien sur la frontière du Piémont 1 et du duché de Gènes, et, du côté de l'Espagne, il fut consacré, dans l’intervalle, parla paix des Pyrénées (1659). Plusieurs autres conventions secondaires s’étaient jointes à ces grands actes du droit des gens. Dunkerque, avec Mardyck, avait été acheté le 27 octobre 1662; les chambres de réunion (depuis 1679) et la prise de Strasbourg en 1681 (ratifiée à Ratisbonne, en 1684, et par le traité deRyswick, en 1697), avaient arrondi la France du côté du Rhin ; la maison de Nassau et la Prusse lui avaient abandonné, par la paix d’Utrecht, en 1713, la principauté d’Orange sur le Rhône, et le traité de Rastadt, en 1714, en même temps qu’il avait enlevé à Louis XIV Vieux-Brisach, le fort de Kebl et quelques autres places,
(i) Traité de Lyon du «7 janvier teot. — Pour les traités antérieurs, voir Dussieux, Géographie historique de la France, p. sa et suiv.
chat. i. l’état et ses divisions. t3
avait réintégré à l’Alsace la forteresse de Landau, qui était redevenue son boulevard au nord. La Lorraine, assurée à la France dès 1738, y avait été réunie en 1766, et la Corse avait été acquise deux ans après.
Quelques enclaves seulement rompaient l’unité du territoire : Avignon et le comtatVenaissin appartenaient encore au pape; la principauté de Montbéliard, possession de la maison de Wurtemberg, séparait la Franche- Comté de l’Alsace, et, dans celle-ci, non-seulement Mulhouse était une ville libre, alliée de la Suisse, mais divers princes allemands y étaient encore possessionnés. Mais en 1798, année de la réunion de Mulhouse à la France, l’unité dont nous parlons devint complète, car Avignon et le comtat avaient été occupés par décret du 14 septembre 1791, les enclaves allemandes de l’Alsace avaient été fondues, au moment de l’organisation des départements, dans ceux du Haut et du Bas-Rhin, et la principauté de Montbéliard était devenue française au même titre, en 1796.
Mais ne nous séparons pas encore de l'ancienne France. Sauf ces légères solutions de continuité, elle était donc en possession de ses frontières naturelles, la mer du Nord et la Manche, l’Océan, les Pyrénées, la mer Méditerranée, les Alpes, le Jura, le Rhin, sur beaucoup de points; mais elle ne l’était pas au nord, de Dunkerque à Landau , ni sur une certaine étendue à i’est, où elle semble appelée à occuper encore l’espace qui sépare le lac de Genève du Mont-Blanc.
Sur ces points, à défautde frontières naturelles, l’an-
tienne France s'arrêtait h une ligne factice ou arliflcielle que la politique avait tracée.
Il sera bon d’en préciser les principaux points; car elle forme encore aujourd’hui la limite, sauf quelques légers remaniements consentis au profit de la France dans le premier traité de Paris (30 mai 1814), ou stipulés contre elle dans le second (20 novembre 1815).
Coupant d’abord la Flandre, cette ligne commençait un peu au nord de Sudcôte (Zuitcoot), près de Dunkerque, franchissait le canal qui porte le même nom, se dirigeait, par les marais dits les Mars, sur Hondschoote, Ostcappel, Steenworde, et arrivait sur la Lys un peu en deçà d’Armentières. Dès 1646, les Français avaient pris Dunkerque ; mais cette ville étant ensuite retombée aux mains des étrangers, Louis XIV l’acheta, comme noue l’avons dit, le 27 octobre 1662, à Charles II, roi d’Angleterre; puis, dans le traité d’Ulrecht, la jalousie des Anglais le condamna à en raser les fortifications et combler le port. Dunkerque lutta contre cet état ignominieux, mais elle ne s’affranchit de la contrainte que lors du traité de Versailles, en 1783. Le reste de cette portion de la ligne échut à la France, soit en vertu du traité d'Aix-la-Chapelle, en 1668, soit par décision de celui de Nimègue, en 1678, suivi encore, en 1778, d’un règlement de frontières avec l’Autriche (convention de Bruxelles)'.
Le prolongement de la ligne, de la Lys à l’Escaut, est défini par les mêmes traités, auxquels il faut ajouter
(i) Chr. Hub. Pfeffet, Limes Francia, p. î» et suiv.
chàp. i. l’état et ses divisions. 15
ceux de Bade (1714) et de Versailles (1769). D’Armentières à Halluyn, village peu éloigné de Menin, le cours de la Lys, dirigé vers le nord-est, formait et forme encore la limite ; de là, celle-ci touchait aux villages de Neuville et de Waterloos, près de Turcoing; puis, elle était marquée par la petite rivière de Lannon , arrivait à Celles, gagnait le Seulx-de-Bleharies, qui la menait, lelong de sa rive droite, presque jusqu’à l’Escaut, qu’elle n’atteignait cependant qu’un peu plus loiD , à son confluent avec la Scarpe* .
De l’Escaut, comme aujourd’hui, elle se dirigeait vers la Meuse, traversant un pays qui jadis faisait partie du Hainaut, et que la paix des Pyrénées (1659) et celle de Nimègue (1678) en ont détaché au profit de la France. Affermie en cet endroit par la forteresse de Condé qui ferme la vallée de l’Escaut, elle franchissait la Haine, suivaitleHonneau dans la direction de Quiévrechain, et gagnait une autre petite rivière, la Honelle, laissant Valenciennes, autre boulevard de la vallée de l’Escaut, à une assez grande distance à droite. A Eth, elle semblait vouloir se rapprocher du Quesnoy, forteresse qui couvre le pays entre l’Escaut et la Sambre. Mais elle gagnait Gussignies; Bavay restait également à droite, et avant d’atteindre la Sambre, à Marpent, au-dessous de Maubeuge, la ligne touchait au champ de bataille de Malplaquetet à Bettignies. De l’autre côté de la Sambre, elle se confondait un instant avec le cours de la Trouille, puis tournait vers Consolre ou Cousolre, et, continuant à se diriger au midi, passait devant Hestrud, Clnirfait, Eppe-
(i) Ibiil., p. *4 et suiv.
IG
Sauvage, Moutier-en-Faignes, Baives, Wallers et Ohain, dans l'arrondissement d’Avesnes, dont une partie (Anor, etc.) appartenait à la vieille France, soumise de temps immémorial au sceptre de nos rois, et dont le reste y fut incorporé par la paix des Pyrénées, en 1659.
ici finit, suivant la division moderne, la limite du dép. du Nord que nous venons de décrire depuis la mer; nous touchons un instant à celle du dép. de l’Aisne par l’ancienne Thiérache, dont les forêts, baignées parl’Oise, aboutissent à Saint-Michel et à Hirson. LaNeuville-aux- Joutes, que la ligne gagnait ensuite, dépend déjà du dép. dos Ardennes, dont nous ne quitterons la lisière qu’un peu avant Mon tmédy.
A travers un sol forestier et désert, le loDg de l’Entre- Sambre-et- Meuse liégeois, la ligne suivait, dans la direction qu’elle a conservée jusqu’à ce jour, d’abord près de Reignowetz et ensuite près de la Taillette, où elle n’est plus qu’à une faible distance de Rocroy, place forte dont les ouvrages datent du règne de François 1 er . Mais elle s’en éloignait ensuite pour s’élever vers le Dord et touchait à Fumay, où elle rencontrait la Meuse qu’elle longeait par Feppin (autrefois dépendant de l’électorat de Trêves), par Montigny, Virieux-Saint-Martin, Molhain, Ilierges et Charlemont. La paix de Versailles (1 769) avait définitivement mis fin aux contestations à l’égard de Revin et de Fumay déjà cédés à la France par le traité de Nimègue (1678), mais de nouveau revendiqués par l’Espagne, même après la convention de Lille (1699). Descendant toujours la Meuse, la ligne atteignait Agimont, Gauchcnée et Ilermeton, point extrême où s’ar-
chap. i. l'état et ses divisions. 47
rêtait la saillie qu’elle formait et qu’elle forme encore sur les deux bords du fleuve.
Jusqu’ici* point de défense naturelle ; mais il n’en est plus tout à fait de même de l’autre côté de la Meuse, où la forêt des Ardennes, et, plus loin, en seconde ligne, la forêt d’Argonne couvraient le pays. A peine la ligne avait-elle franchi le fleuve, qu’elle tournait au sud, pour atteindre Givet, ancien chef-lieu du comté d'Agimont, qu’il avait fallu rétrocéder à l’évêque de Liège en 1773; et, à partir de Landriehamps, elle s’éloignai tjlu fleuve, laissant la forêt des Ardennes entre elle et lui. Cependant jusqu’à Verdun le cours de la Meuse reste toujours assez rapproché delà frontière, qu’il contribue à défendre, avec l’aide des places de Mézières et de Sedan.
Quittant le Hainaut français, la ligne, avant d’arriver sur la Semoy, affluent de la Meuse, touchait un instant à la province dite de Metz, formée d’acquisitions faites aux dépens de l’Allemagne et des ducs de Lorraine, en vertu delà paix de Westphalie; aux dépens de l’Espagne, en vertu de la paix des Pyrénées. L’extrémité par laquelle cette province atteignait la frontière séparait la Champagne du Luxembourg français. Elle s’avançait vers le duché de Luxembourg que bordait la ligne depuis qu’elle avait quitté l’évêché de Liège. Sedan en faisait partie : cette ancienne principauté, qui de la maison de La Marck avait passé dans celle de Bouillon, était échue à la France par échange, en 1651. A la même époque du règne de Louis XIV, les troupes royales
(i) Chr. Hub. Pfeffel, Lime/, Francia, p. bi-bt.
Statittique (le la fronce, 11. f
avaient occupé le château de Bouillon, et tout ce duché, que les La Tour d’Auvergne avaient hérité des La Marck, reconnaissait la suzeraineté de la France.
Ceci est maintenant changé : tout le duché de Bouillon fut enlevé à la France par le second traité de Paris (20 novembre 1815), qui la dépouilla de 20 lieues carrées qu’on lui avait laissées dans le premier traité et dont la population s’élevait à plus d’un demi-million.
C’est ici le lieu, avant de continuer notre exploration des anciennes frontières de la France, de dire un mot des retranchements qui ont été faits aussi sur la partie que nous en avions retracée avant d’arriver à Sedan. Le dép.du Nord en a faiblement souffert, celui des Ardennes da van tage, et nous verrons bien tôt la perte beaucou p plus forte du dép. de la Moselle. Il nous faut revenir jusque sur l’Oise. Là, en dehors de la ligne que nous avons décrite, dans le Hainaut autrichien et dans la partie de l’évêché de Liège qu’on appelait le Ilaut-entre-Sambreet-Meuse, la France possédait encore, avant 1792, le territoire des princes de Barbançon, puis ensuite la ville démantelée de Marienbourg et la petite forteresse de Philippeville, qui lui avaient été cédées par le traité des Pyrénées et qui étaient en communication avec elle par une route sur la liberté de laquelle nos rois avaient eu de vives contestations avec les États voisins 1 . Tout cela fut livré au nouveau royaume des Pays-Bas et appartient aujourd’hui à la province belge de Namur, de même que le duché de Bouillon est réuni à la partie du Luxembourg qui dépend aussi de la Belgique.
(i) Pfeffel, Limes Francia, p. 47 et suiv.
CHAP. I. l/ÉTAVET SES DIVISIONS. 19
Maisdétouruons le regard de ces pertes douloureuses pour reprendre notre itinéraire. Au sud de la Scmoy, affluent de la Meuse (sur la droite), la frontière passait avant 1792, comme elle passe aujourd’hui, un peu au nord de Gesponsart, de Bosseval, de Fleigneux, de Francheval, jusqu’à Pourru-aux-Bois ; et delà à Margny, elle avait été réglée par la paix des Pyrénées (1659) qui réunissait à la France une portion du comté de Chiny, dépendant du duché de Luxembourg, auquel est retourné Yvois, compris alors dans cette portion.
Au bourg de Breux finit le dép. des Ardennes, et celui de la Meuse arrive sur la frontière. La ligne passait, et passe encore , près de Thonne-les-Prés , à Thonne-le- Long, à Écouviez ; puis, franchissant le Obiers, au-dessous de Ville-Cloye, non loin de la place deMontmédy, elle touchait à Bazeille où commence le dép. de la Moselle. Celui-ci longe les deux Luxembourgs et le grandduché du Bas-Rhin , jusqu’au delà de Bitche où commence, à Ober-Steinbach, le département français du Bas-Rhin.
De Bazeille , les premiers endroits que la ligne rencontrait étaient Olhe,Mandeville, Espies; puis venaient AUondrelie Yilie-Houdelmont, Herserange, non loin de la forteresse de Longwy, unique défense importante de la trouée ouverte ici jusqu’à la Moselle, Hussigny, OU tangeet Yolmerange, qui avaient fait partie soit du duché de Bar cédé à la France par les traités du 3 oct. 1735etdu 18nov. 1738, soit de cette province de Metz,
(i) EtnonpasAlondret, comme on lit dans le livre déjà cité de Pfeffel, Limes Franciœ, p. e«.
en partie retranchée au même duché, que la France possédait déjà depuis la paix de Ryswick. Le pays de Thionville que la ligne attein t ensuite est encore plus anciennement français, ayantété acquis par la paix des Pyrénées; il est vrai qu’il fut de nouveau revendiqué par la maison d’Autriche etdéfinitivement cédé seulement par le traité de Versailles (1769). Se dirigeant un peu vers le nord, la limite arrivait au Bas-Rentgien, situé sur la grande route de Thionville à Luxembourg, place formidable qui nous serait nécessaire pour notre sûreté de ce côté-là ; puis elle décrivait une courbe pour atteindre le ruisseau de Frisange qu’elle suivait dans la direction de Putelange, et qu’elle laissait à droite pour aller directement à Rudling, village situé sur la Moselle
Après avoir franchi ce fleuve, la limite englobait la portion la plus septentrionale de la Lorraine qui nous a été enlevée en 1815.
D’Aspach , dans la prévôté de Sierck, elle allait à Mersweiler, Mensberg, Tenting, Esch, Oberleukum, Orsciiolz, Weiten et Keusching, sur la Sarre (Saar) qu’elle franchissait à Fremersdorf pour former, vers le nord, une saillie dans laquelle était compris le district de Schaumbourg, longeantl’éleclorat de Trêves et le comté de Saarbriick. En revenant au sud, la ligne rencontrait Bliesen,Winterbach,Alzweiler, Marping, Calmesweiier, Woustweiler, Eppelbronn, Erxweiler, Betting et Haustadt, d’où elle suivait le Brembs jusqu’à sa réunion avec la Sarre, qu’elle ne repassait cependant qu’à Gris-
(t) Limes Francia', p. et soiv.
chap. i. l’état et ses divisions. 21
born, après avoir touché à Fraloutre (Frauenlautern), Hilzweiler et Enstorf. Elle se dirigeait alors sur l’Hôpital où passe la frontière d’aujourd’hui, et se prolongeait, comme maintenant, par Merlenbach vers Forbach, puis à Blies-Schweyen et Blies-Brücken, où elle s'approchait de Sarreguemines, à Opperting dépendant du comté de Bitche, à Sigelscheier (Ziegelscheuer?), Walschbronn,Liderseheidt, Roppweiler, Ilaspelscheidt, StürzelbronnetOber-Steinbach où commence l’Alsace.
Ainsi, dans l’ancienne limite de 1792 était compris Sarre-Louis dont le roi Louis XIV avait fait commencer la fortification dès 1680, mais qui ne futcédé qu’en 1697 par le traité de Ryswick, et le district de cette ville qui, composé de celle de Vaudrefange (Walderfingen) ainsi que des villages deListorf, Emstorf, Fraloutre, Roden et Beaumarais, fut cédé à la France par le duc de Lorraine en 1718. Notre frontière est aujourd’hui à deux lieues au sud de la Sarre qui la couvrirait utilement à partir de son confluent avec la Moselle.
Telle était du côté du nord, et telle est aujourd'hui, la ligne de démarcation entre la France et l’étranger. Sur cette ligue, de Dunkerque jusqu’au delà de Longwy, la France n’a d’autre voisine que la Belgique; puis, jusqu’au Rhin, c’est l’Allemagne qui borde sa limite septentrionale : d’abord par le Luxembourg, de Petange à la Moselle ; ensuite, par la Prusse, de la Moselle à l’Erbach, affluent de la Sarre qu’elle atteint audessous de Sarreguemines ; enfin, jusqu'au Rhin, par la Bavière rhénane au profit de laquelle nous fut enlevée, en 1815, la ligne de la Queich avec Landau, ville alsa-
donne fortifiée parVauban et que la France recouvra en 1714 par la paix de Bade; ligne souvent contestée à la France, il est vrai, mais qu’elle revendiquait et maintenait depuis 1679» à partir de la source de ce ruisseau à Queichbrunn jusqu’au Rhin, comme ayant formé de tout temps la limite de l’Alsace, à elle cédée par la paix de Westphalie (1648) .
Depuis 1815, la ligne, loin de s'étendre au nord jusqu’aux sources de la Queich, laisse en dehors de la France la moitié du cours de la Lauter qui appartenait encore à l’Alsace de Bussenberg à Dalen, et même plus haut. Cette rivière ne devient aujourd'hui française qu’un peu au-dessous de Wissembourg, et, sauf une partie du territoire de cette ville placée sur sa rive gauche, c’est elle alors, jusqu’à Lauterbourg et au Rhin, qui décrit la limite, purement politique, comme nous l’avons dit, depuis Dunkerque.
Mais sur le Rhin, la France retrouve sa limite naturelle, qui ne l’abandonne qu’à Bâle; limite défendue d’ailleurs par les fortifications de Fort-Louis, Strasbourg, Schéiestadt et Neuf-Brisach , auxquelles s'ajoutaient encore autrefois celles de Huningue démolies en vertu du traité de 1815 et que le gouvernement, est-il dit dans ce même traité, ne pourra rétablir dans aucun temps, ni remplacer par d’autres fortifications à une distance moindre que trois lieues de la ville de Bâle. On assure que Thann sera fortifié pour fermer la trouée sur Béfort. Voisine pacifique du grand-duché de Bade,
(t) Voir sur tout cela Limes Francia, p, »t et suiv.
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la France n’élève aucune prétention contre lui, et les deux pays riverains du ‘Rhin ont réglé de concert les questions auxquelles le cours changeant du fleuve a donné lieu (convention du 5 avril 1840).
De Bâle à Saint-Claude s’étend la ligne des montagnes Bleues et celle du Jura longue de 240 à 260 kilom. Rompue autrefois pour la France par le comté de Montbéliard dont elle n’était pas en possession, cette ligne ne présente plus aujourd’hui de discontinuité; seulement elle n’est pas couverte dans la direction de Bâle, et, à son extrémité méridionale, une partie du pays de Gex, que le premier traité de Paris avait laissée à la France, en fut séparée par une des stipulations du second.
C’est la Suisse que la France a pour voisine sur toute celte ligne marquée d’abord par les localités suivantes du dép. du Haut-Rhin : Bourgfeld, Hegenheim, Neuvil- 1er, Feymen, Landseron, Biederthal, Kiffis, Lucelle, Fevoncourt, Pfettershaasen, Courcelles, Saint-Dizier, Villars-le-Sec et Croix. Vers Saint-Hippolyte, dans le dép. du Doubs, la frontière est couverte parle coude que forme cette rivière en changeant de direction; de là jusqu’au saut du Doubs, elle suit d’abord sa rive gauche et ensuite sa rive droite, puis, jusqu’à la Dôle, l’un des sommets du Jura, elle s’appuie contre cette chaîne. Plus au sud, à l’est de Saint-Claude, la ligne, qui resté à une certaine distance du lac de Genève, est ouverte depuis la Dôle jusqu’au confluent du London avec le Rhône; c’est un de nos points vulnérables. Ici la frontière n’atteint plus les Alpes ; c'est le Rhône qui la décrit depuis le London, un peu au-dessus de Collonge
cl du Forl-1' Écluse (Ain), jusqu’à Saint-Didier, où, apres avoir reçu le Guiers, il fait un coude versle nord. Tou te la Savoie reste ainsi en dehors, avec cette ancienne purliedu dép. duMout-Blauc, peupléed’environ 180,000 âmes, qui avait été laissée à la Fi ance en 1814, mais que le traité de 1815 lui arracha. Le même traité lui enleva et transféra au roi de Sardaigne ses droits de haute suzeraineté sur la principauté de Monaco, située en dehors de nos frontières.
Du Rhône vers le sud, c’est son affluent le Guiers qui trace la frontière jusque vers l'Isère. Non loin du Pontde-Beauvoisin (Isère), la ligue touche enfin aux Alpes dont elle suit alors le versant occidental jusqu'au col de Lauzanie, d’où les Alpes maritimes, qu’elle devrait longer, s’en éloignent en courant vers l’est. En deçà de Chapareillan , elle est très près de Chambéry ; puis elle descend dans la vallée de l’Isère, défendue par le fort Barraux, et, après avoir franchi cette rivière, elle suit un instant le cours du Beins, puis diverses hauteurs ou rocs le long de l’extrémité orientale des dép. de l’Isère, des Hautes et des Basses-Alpes. A partir de l’Aiguille-Noire, qui parait être la même que l’Aiguillede-l’Arve, elle s’appuie sur la crête des Alpes, avançant vers le montGenèvre, où sont les sources de la Durance, et où passe la route de Grenoble à Turin (voir T. I er , p. 25), laissant à sa gauche le mont Yiso et se dirigeant vers les sources du Var. En descendant à travers les hauteurs, elle arrive sur cette rivière même, qu’elle coupe etdélaisse un instant pour suivre le cours de son affluent l’Esteron, mais vers lequel elle revient bientôt, le longeant alors afin de gagner avec lui la mer audelàde
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Sainl- Paul, entre Anlibeset Nice. Depuis le canton de Genève, ce sont les États Sardes qui sont de l’autre côté de la frontière.
A l'ouest du Var, la France a sa limite naturelle, la mer Méditerranée. Du côté de l'Espagne, elle est dans la meme position, car la frontière s’adosse aux Pyrénées. Du cap Cerbère, elle suit les monts Albères (voir T. l* r , p. 45) et la crête des Pyrénées jusqu’aux sources de la Sègre, puis de là, saufquelques divagations au-dessus de Puycerda, jusque vers celles de la Garonne, qu’elle laisse à l’Espagne de même que la vallée d’Aran. Après avoir rejoint le faite des montagnes, elle s’en éloigne peu jusqu’auxsources de la Nive (T. I er , p. 49), dernier affluent de l’ Adour. Mais alors elle quitte la chaîne des Pyrénées, suitun moment undesescontre-forlsquisépareles bassins de la Nive et de laBidassoa,et rejoint cette dernière à environ 14 kiiom. de son embouchure dans le golfe de Gascogne, où elle arrive avec elle, près du fort d'Hendaye. Bayonne, Saint-Jean-de-Luz, Saint- Jean-Piedde-Port, Mont-Louis, Villefranche, Perpignan, sont là nos principaux points de défense.
Dbds cette ligne de démarcation dont nous venons de suivre le vaste développement jusqu’à l’Océan, est comprise toute la France métropolitaine, à l’exception seulement de l’ile de Corse, qui en forme le 86 e département, mais que la mer en sépare, ainsi que nous l’avons vu T. l* r , p. 7. On sait que Louis XV fit l’acquisition de «cette ile en 1768, moyennant une somme d’argent qu’il paya à la république de Gênes.
§ 3. Divisions de l’état. Le royaume ne remonte pas