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cbap. i. l’état et ses divisions.
figurer encore, non-seulement ceux de Ripuaria, A la mannia, Gothia ou Seplimania, Armorica ou Letavia, Vatconia, Ultrajurensis, etc., qui furent bientôt remplacés, mais encore ceux de Provineia, Aquitania , Francia (Ile-de-France), Burgundia, Lotharingia, Britannia, Campania (Champagne), Altaiia, Normannia, su r l’étymologie desquels il serait inu tilede nous arrêter. Le latin donne celle de plusieurs autres dénominations qui ne tardèrent pas à s’attacher aux provinces : ainsi le pays des Pictones devint le Poitou, celui des Turones la Touraine, celui des Lemovices le Limousin, celui des Sanlonei la Saintonge, celui des Bituriges le Berry, celui des Andceavi l’Anjou, celui des Cœnomani le Maine, celui des -Areenu l’Auvergne, etc. De la même manière le nom de Lugdunum se transforma en Lyonnais, celui de Noviodunum en Nivernais , celui à' Aquitania en Guienne, etc. L’usage prévalut d’appeler Languedoc l’ancienne Gothie et Septimanie, à cause du dialecte français, de la langue d'oc, qu’on y parlait La Bourgogne s’étant dédoublée en un duché et un comté qui suivirent des destinées différentes, son nom resta attaché au premier, tandis que le second, l’ancienne Ultrajurensis, fut depuis le comté de Bourgogne et plus tard la Franche-Comté. Les noms d’Angoumois, Béarn, Roussillon, Avignon, sont encore d’origine latine, mais ne figurent qu’en second ordre. Uae partie limitrophe del’Àquitaine, et spécialement du Limousin, futappelée la Marche. Il règne plus d’incertitude sur l’étymologie
(t) Oc y étant la particule affirmative, comme <>yl ou oui l’était de l’autre côté do ta Loire.
des dénominations de Flandre ( Vlanderen ), connue déjà au IX e siècle, de Dauphiné, qui ne paraît pas avant le xi e , de Picardie, qui ne se rencontre qu’au xut* et qui ne répond positivement à uucunedivision historique antérieure : le pays picard fut sans doute un démembrement du duché de France, comme le Dauphiné du duché ou plutôt du comté de Bourgogne et de la partie du Languedoc qu’il comprenait 1 .
Quelques-uns de ces noms, nommément ceux d’Alsace, de Lorraine, de Flandre, de Franche-Comté, ne se retrouvent pas dans la division de la France en douze grands gouvernements qui fut introduite en 1560, lors des États-Généraux tenus à Orléans, de même aussi qu’on n’y voit pas figurer l’Artois, le Béarn, le Roussillon ; car tous ces pays ne faisaient pas alors partie du royaume. En revanche, d’autres noms se présentent dont nous n’avons pas encore fait mention. A cette assemblée, les votes devant être recueillis par provinces, on voulut les rendre plus égales entre elles, et à cet effet plusieurs petites provinces furent réunies avec une grande dans un seul et même gouvernement. Voici quelle était cette division, qui fut suivie encore par les États-Généraux de 1576, 1588 et 1614 :
1° Gouvernement d’Orléans, comprenant en outre le Maine et le Perche, l’Anjou, la Touraine, le Berry, le Nivernais, le Poitou, l’Aunis, l’Angonmois; 2° gouvernement deGuienne, avec la Gascogne, et embrassant
(i) Tous les fiefs, grands et petits, existant sous Hugues Capet ou qui se sont formés après, sont indiqués dans la Géographie historique de la France de M. Dussieux, p. 1 1 # et suiv.
chap. i. l’état et ses divisions. 29
aussi la Sainlonge et le Limousin ; 3° gouvernement du Lyonnais dont faisaient partie l’Auvergne, le Bourbonnais et la Marche; 4° la Bretagne; 5° le Languedoc; 6° la Provence; 7° le Dauphiné; 8° la Bourgogne; 9° la Normandie; f0° PIle-de-France; 11° la Picardie; et 12° la Champagne. Les neuf derniers gouvernements, ainsi que la Flandre, l’Artois, le Béarn, etc., étaient des pays d' États *, jouissant de privilèges et dont la royauté, à laquelle ils étaient en mesure de résister, était obligée de respecter la situation Avec les pays d'élection on ne faisait pas tant de cérémonie, car on n’avait pas à craindre de leur part le refus de payer les impôts. Dans certains pays d’États, par exemple le Dauphiné, il y avait aussi des élections; mais nous ne pouvons nous arrêter ici à celte ancienne constitution provinciale souvent un peu confuse et fort compliquée, car tel pays d'États renfermait dans son sein, comme autant de subdivisions, d’autres petites provinces à États, par exemple, dans le Languedoc , il y avait, outre les Étals de la province, ceux du Vêlai, du Vivarais et du Gévaudan.
On a vu (p. 12) par quelles nombreuses acquisitions la France s’agrandit pendant les trois derniers siècles. Aussi, vers la fin du xvm e , était-elle divisée, non plus en 12, mais en 32 gouvernements, d’ailleurs remaniés et n’offrant plus ces groupes dont nous avons parlé tout à l’heure. Chacun de ces gouvernements se composait
(i) Voir ce nom dans V Encyclopédie des Gens du Monde, T. X, p. 1*9. Voir aussi Hénault, Abrégé chronologique de l’histoire de France, T. I* r , à l’année u*s, et la Statistique d’Herbin,T. I ,r ,p. si et suiv.
d’une foule d’éléments hétérogènes sous les noms de pays, comtés, seigneuries, diocèses, bailliages, châtellenies, prévôtés, vigueries, etc., etc., éléments qu’il serait trop long d’énumérer ici 1 . Nous nous bornerons à en reproduire les noms, avec l’indication de leurs capitales, de leurs subdivisions, et des départements actuels auxquels ces gouvernements correspondent*.
1. Picardie, capitale Amiens. La Haute-Picardie so composait de l’Amiénais (Amiens), du Santerre (Péronne), du Vermandois (Saint-Quentin), de la Thiérache (Guise), du Beauvaisis (Beauvais), du Soissonnois (Soissons), du Noyonnais (Koyon), du Laonnais (Laon). La Basse- Picardie ,àu CalaisisouPays reconquis(Calais), du Boulonnais (Boulogne), du Pontbieu (Abbeville)], du Vimeux (Saint-Valéry). Division actuelle : Somme et Pas-de-Calais, avec une partie de l’Aisne et de l’Oise.
2. Artois, capitale Arras. Division actuelle : une partie des mêmes dép. du Pas-de-Calais et de la Somme.
3. Flandre, capitale Lille. Elle comprenait la Flandre maritime (Cassel), la Flandre wallonne (Lille), le Cambraisis (Cambrai ) , le Hainaut français ( Valenciennes). Division actuelle : Nord.
4. Normandie, capitale Rouen. La Haute-Normandie se composait du pays de Caux (Dieppe), du pays de Bray (Neufehàlel), du Vexin normand (Gisors), du Roumois
(i) On en peut trouver le détail, entre autres dans V Aperçu statistique de la France, par M. Girault de Saint-Fargeau , a c éd.,
(a) Voir le tableau placé à la fin du présent chapitre et où les divisions anciennes se trouvent en regard des divisions actuelles. Voir ausii Herbin, Malte-Brun, etc.
chap. i. l’état et 6es divisions. 31
(Rouen), du pays d’Ouche (Évreux), du Lieuvin (Li- «
sieux), du pays d’Auge (Livarot). La Batse-Normandie, des Marches (Argentan), de la campagne d'Alençon (Alençon), de la campagne de Caen (Caen), du Bessin (Bayeux), du Bocage (Vire), du pays d’Houlme (Domfront), du Cotentin (Coutances), del’Avranchin (Avranche). Division actuelle : Seine-Inférieure, Calvados,
Eure, Orne, Manche*.
5. Ile-de-France, capitale Paris. Elle comprenait le Vexin français (Pontoise), V Ile-de-France proprement dite, qui avait pour subdivisions la Goelle ou Gouhelle (Dammarlin), la France (Saint-Denis) et le Parisis (Paris), le Maniais (Mantes), le Hurepoix (Dourdan), la Brie française (Brie-Comte-Robert) et le Gâtinais français (Melun). Division actuelle : Seine et-Oise, Seine,
Aisne, Seine-et-Marne.
6. Champagne, capitale Troyes. Elle se composait du Rbételais avec le Porcien (Rbétel), de la principauté de Sedan (Sedan), du Rémois (Reims), de la Brie champenoise, elle-même divisée en Haute-Brie (Meaux), Brie- Pouilleuse ou pays de Galvesse (Château-Thierry), Basse- Brie (Provins); de la Champagne propre (Troyes), du Pertbois (Vitry-le Français), du Vallage (Joinville), du Bassigny (Langres) et du Sénonais (Sens). Division actuelle : Ardennes, Marne, Haute-Marne, Aube (plus une partie de Seine-et-Marne, de l’Aisne, etc.).
(3) Le Haut-Perche, divisé en Pays de Carbonnois (Mortagne),
Pays de Bellesmois (Bellesme) et Résidence, de Nogent-le-Rotrou (Nogent-le-Rotrou), était compris dans ee gouvernement. Division actuelle : Eure-et-Loir et Orne,
7. Lorraine, capitale Nancy. Elle comprenait la Lorraine propre (Nancy), la Lorraine allemande ( Sarreguemines), le Pays des Vosges (Saint-Dié), le Pays Messin (Metz), leToulois (Toul), le Verdunois (Verdun), le Luxembourg français (Thionville), le duché de Bouillon (Bouillon) et le Barrois (Bar-le-Dnc). Division actuelle : Meurtbe, Moselle, Vosges, Meuse*.
8. Alsace, capitale Strasbourg. A la Haute-Alsace (Colmar) et à la Basse-Alsace (Strasbourg), elle réunissait le Sundgau (Béfort). Division actuelle : Haut-Rhin, Bas-Rhin.
9. Bretagne, capitale Rennes. La Haute-Bretagne comprenait les diocèses de Rennes, Nantes, Saint-Malo, Dol et Saint-Brieux, ainsi appelés d’après leurs chefslieux; la Basse-Bretagne , les diocèses de Vannes, Quimper, Saint-Pol-dc-Léon, Tréguier. Division actuelle: Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure, Côtes-du-Nord, Morbihan, Finistère.
10. Maine, capitale le Mans. II se formait du Haut- Maine (Mayenne), du Bas-Maine (le Mans) et du Perche-Gouet (Montmirail). Division actuelle : Mayenne, Sarthe.
1 1. Anjou, capitale Angers. 11 sc composait du Haut- Anjou (Angers) et du Bas-Anjou avec une portion de la Haute-Touraine (Saumur). Division actuelle : Maine-et- Loire.