‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 111 sur 701 · CHAPITRE IV. — LES EAUX. — CÔTSS MARITIMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES EAUX. — CÔTSS MARITIMES

le revêtement en fascines par une digue avec revêtement en maçonnerie reliant les épis à leur enracinement et couronnée à 3 m. 50 c. au-dessus des plus hautes marées.

Cette digue fut aussi en partie détruite, et en 1853 il ne restait plus à la Pointe-de-Grave qu'une jetée prolongeant cette pointe, quelques ouvrages tendant à défendre la rive dans l'intérieur de la Gironde, et quatorze épis sur la côte. Les épis produisaient des résultats satisfaisants, mais Tanse du fort continuait à être violemment attaquée par la mer.

A l'anse des Huttes, on n'avait pu conserver que les sept épis du sud ; d'une digue de 1,100m. de longueur, il ne restait plus que 320 m. au S., dont la tête était défendue par un fort musoir.

La mer poursuivait ses érosions au N. de ces travaux.

Travaux exécutés de 18Si à 1861, — En 1851, sur la proposition de M. Legros, ingénieur, le Conseil général des ponts et chaussées adopta l0 projet suivant, qui fut exécuté :

A la Pointe-de-Grave, recharger la jetée de manière à lui rendre son profil primitif, et réparer l'éperon; employer le mortier pour empêcher l'eau de passer au travers des épis; faire de la tête des quatorze épis de la plage autant de risbemes destinées à protéger le reste de l'ouvrage.

A l'anse du fort, recouvrir la digue située à la suite de l'éperon d'un revêtement en blocs naturels de 800 à 2,400 kilog., et sur le prolongement de cette digue, construire un brise-mer submersible de 160 m. de longueur à noyau en moellon, protégé du côté du large par un revêtement en faisceau, et du côté opposé par un revêtement en blocs de 150 à 300 kilog. (Cet ouvrage achevé, l'anse du fort a continué de gagner dans les terres) . A l'anse des Huttes construire, au nord de la digue, qu'on n'a pu parvenir à conserver, un brise-mer à plan incliné.

Ce brise-mer, qui a toujours bien résisté aux attaques des flots en furie, constitue l'ouvrage principal de la défense. Il s'étend de l'ancien épi n® 1, le plus rapproché du rocher de Saint-Nicolas, à l'ancien épi n*» 8- Il a une longueur de 1,300 m. environ, et repose en partie sur le sable, en partie sur un banc d'argile. Son profil présente deux plans inclinés en sens inverse, que sépare un couronnement horizontal de 3 m. de largeur et de 4 m. 67 c. de hauteur au-dessus des plus basses mers. Le talus du large, de 18 m. de largeur, a son pied fixé à 2 m. en contre-haut du même niveau et soutenu par une ligne de pieux jointifs descendant à 3 m. en contre-bas des basses mers. Le talus du côté des dunes, de 3 m. de largeur seulement, s'arrête à la hauteur de 3 m. 50 c. au-dessus des plus basses mers.

Ce brise-mer est formé d'un noyau en charpente et en enrochements ; il est défendu du côté de l'Océan par un revêtement en fasci nages dans la partie reposant sur le sable, et par un revêtement en maçonnerie dans la partie reposant sur l'argile. Grâce à ce brise-mer, la dune qui lui correspond est devenue stable, et il s'est formé au large, en avant de son pied, une plage basse qui s'exhausse et s'étend chaque jour.

Le revers de ces travaux, c'est que le fascinage en bois, qui amortit si bien la lame, est d'un entretien fort dispendieux.

186 LIVRE If' — TOPOaR-VPHIE.

TravaiM: exécutés de 4862 à 4869. — Ces travaux comprennent la reconstruction de l'épi n® 2 ; la reconstruction en maçonnerie des têtes des épis 4, 5, 6, 13, dont les fascinages avaient été détruits par la mer (ce travail, commencé en 1867, ne fut pas entièrement achevé), le prolongement des digues intérieures, et enfin le rechargement de la jetée et de l'éperon, qui avaient subi des tassements.

Dans l'anse des Huttes, les épis 2, 3, 4, 6, 7 furent prolongés du côté des dunes; les têtes des épis n®" 4 et 7 furent défendues par des blocs en maçonnerie ; on continua à défendre le pied des brise-mer par des blocs artificiels et à remplacer le revêtement en fascinage de cet ouvrage par un revêtement en gros blocs. Ce travail donna d'excellents résultats. Enfiui en 1861 et 1865, ou construisit le barrage du rocher Saint-Nicolas sur 198 m. 50 c. Cet ouvrage devint une protection efficace pour l'anse des Huttes, et provoqua des ensablements considérables en avant et en arrière du brise-mer. La plage s'exliaussa derrière le brise-mer et s'étendit vers le large.

Travatuc exécutés dt 1869 à 187i, — Un nouveau projet fut présenté par M. Robaglia en 1870 ; il comprenait ;

La reconstruction de l'épi n° 14 ;

La réfection des parements des épis de la plage de Grave et la défense des têtes ;

Le rechargement de la jetée, de l'éperon et des digues dans l'intérieur du fleuve ;

Enfin la construction d'un barrage réunissant le banc de Barbe-Grise à la rive et destiné à défendre la côte dans l'intérieur du fleuve et à modifier les courants qui provoquent des aflbuillements sur la jetée.

Dans l'anse des Huttes, le projet portait la consolidation des parements des épis, la défense des têtes en fascinage, l'achèvement du revêtement du brise-mer en gros blocs et le prolongement tlu barrage de Saint-Nicolas.

Les travaux exécutés dans cette période consistent : P dans le rechargement de la jetée et de l'éperon, qui avaient subi des tassements; 2° dans l'achèvement de la consolidation des têtes des épis n^* 3, 4, 5, 6. 3® Les corrosions dans l'intérieur de la Gironde s'étant arrêtées, on se contenta de faire quelques rechargements peu importants. 4° Dans Tanse des Huttes, on consolida les têtes des épis n°' 4 et 7 et Ton reconstruisit l'épi n^ 4, emporté en partie par une tempête; on continua la trans'brmation du brise-mer dont les résultats n'ont cessé d'être excellents.

Travaux de 487'i à 4876. — Sur la demande de l'Administration, M. Baumgaitner, ingénieur, a présenté un nouveau projet des travaux restant à faire au 1®*" janvier 1874.

Ces travaux consistaient, k la Pointe-de-Grave ; 1° dans la reconstruction de l'épi n° 14 et dans la construction d'un nouvel épi n^'15, destiné à arrêter les érosions des dunes, constatées depuis quelques années entre l'épi n° 13 et le rocher Saint-Nicolas; 2° dans la réfection des parements et la défense des têtes des épis ; 3° dans le rechargement de la jetée et de l'éperon; 4° dans la construction du barrage de Barbe-Grise; 5^ dans le prolongement éventuel des digues intérieures pour le cas

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