CHAPITRE IV.. — LB3 EAUX. — CÔTES MARITIMES
OÙ se produiraient de nouvelles érosions dans l'intérieur de la Gironde.
Dans Panse des Huttes, le projet proposait d'achever les réparations des épis, la transformation du brise-mer et de prolonger le barrage du rocher Saint-Nicolas.
Ce projet a été approuvé par l'Administration et a été soumis aux enquêtes.
Depuis 18*74 on a exécuté sous la direction de M. Baumgartner quelques travaux qui consistent : P dans la réparation des épis de la PoiiJte-de-Grave ; 2° le rechargement de la jetée; 3« la construction du barrage de Barbe-Grise qui doit servir de jetée de débarquement pour les marins dont les navires fréquentent la rade du Verdon ; 4° on a enfin continué la réparation des épis de l'anse des Huttes.
En résumé, Tensemble des travaux exécutés à la Pointe-de-Grave est satisfaisant : les progrès de la mer dans l'anse des Huttes ont été complètement arrêtés, la plage s'est exhaussée et s'exhausse chaque année au pied des dunes et en avant des ouvrages ; tout danger sur ce point paraît avoir disparu.
A l'extrémité même de la Pointe-de-Grave, la mer exerce encore des niTages, mais les travaux de défense indiqués ci-dessus ont puissamment arrêté ses progrès ; et si sur ce point on n'a pas, comme à l'anse des Huttes, gagné sur la mer, on a arrêté les érosions considérables qui se produisaient avant les travaux.
Les dépenses faites pour les travaux que nous venons d'énumérer se sont élevées, de 1839 au 31 décembre 1875, à 10,514,625 fr.
S XIV. — BASSIN D'ARCACHO'N.
Le bassin d'Arcachon est une petite mer intérieure d'environ 100 kilom. de circuit; sa superficie est d'environ 15,500 hectares à haute mer et de 4,900 hectares à basse mer.
Les marées de vive eau s'y élèvent à la cote de 4 m. 80 c. et couvrent tous les terrains du bassin à l'exception d'une partie de l'île des Oiseaux.
Les mortes eaux y atteignent la cote de 3 m. et descendent a 1 m. au-dessus de l'étiage.
L'entrée du bassin est assez diflScile par suite des bancs de sable mobiles d'une assez grande étendue qui se trouvent depuis la barre jus<|u'à Tembouchure du chenal de Piquey et l'entrée de la rade d'Eyrac.
Certainô de ces bancs, tels que les Muscla du sud et du nord, dont le dernier est au S.-E. et à 250 m. de l'île des Oiseaux, sont impropres à l'industrie huîtrière, quoique leur situation et leur étendue varient très-peu. Le bassin d'Arcachon, au point de vue de cette industrie, peut donc être considéré comme limité au S.-O. par l'entrée de la rade d'Eyrac et l'embouchure du chenal de Piquey. Sa superficie est alors réduite à
haute mer à 12,800 hectares.
et à basse mer à .• 2,400 —
DifTérence 10,400 hectares.
qui indique la surface du bassin laissée à découvert à marée basse.
188 LIVRE IW — TOPOSnAPHIE.
Les 2,400 hectares formant la superficie à basse mer proviennent des
nombreux chenaux qui sillonnent le bassin, et dont les principaux sont :
P Piquey, qui coule du N. au S., et dont la surface, à basse mer,
réunie à celle de ses affluents, peut être estimée à 630 hectares.
2** Cousse, coulant également du N. au S 331 —
3^ VTle, entre Piquey et Cousse 165 —
40 Teychan, de TE. à TO 462 —
50 Gujan, de TE. à l'0 271 —
6« Chenaux divers, de TE. à l'0 541 —
Total 2,400 hectares.
Tous ces chenaux se jettent dans la rade d'Ejrac.
Les affluents ou esteys de ces chenaux principaux parcourent en tous sens les crassats sur lesquels sont établis les parcs à huîtres et c'est sur leurs bords ainsi que sur ceux des grands chenaux qu'ont été déposées les tuiles recouvertes d'un enduit de mortier destinées à recevoir la reproduction,
L'industrie ostréicole commence à avoir sur ce bassin une importance considérable et se développe chaque jour; en effet, l'exportation des huîtres a été, durant les quatre premiers mois de 1875, double de celle de la période analogue de 1874, et elle a atteint le poids de 3,576,547 kil., représentant un total de 80,000,000 d'huîtres pour le seul port de la Teste, soit environ 3,000,000 fr. (Voir livre vu. Industrie.)
Cette richesse s'augmente encore de celle que donne le produit de la pêche, qui s'est élevé en 1873, pour le quartier maritime de la Teste, à 1,355,228 fr.
Comme on l'a vu plus haut, les eaux mettent à découvert dans le bassin i;ne surface de 10,400 hectares; cette surface se divise en quatre parties:
1° Sables 800 hectares.
2« Prés salés 650 —
3** Crassats ne pouvant servir à l'industrie 2,950 —
4<> Crassats propres à l'ostréiculture 6,000 —
Total. 10,400 hectares.
Sables. — On rencontre les terrains sablonneux :
1° En face d'Arcachon, jusqu'à la Pointe-d 'Aiguillon. 55 hectares.
2^ Depuis Lanton jusqu'à la plage de Lége et à la pointe de Bertie 480 —
3<> De la pointe de Bertie à l'embouchure de Piquey. . 200 —
4° Un tiers environ du domaine maritime de l'île des Oiseaux 65 —
Total 800 hectares.
Ces 800 hectares de terrain sablonneux sont impropres à la culture des huîtres, surtout de Lanton à Lége. Cependant, du côté de Piquey, dans un terrain sablo-argileux, les huîtres acquièrent de trèi-belles proportions.
Prés salés. — Les prés salés, dont la cote inférieure est environ à 2 m. 50 c. au-dessus de Pétiage et dont la cote supérieure se limite aux plus hautes mers, sont situés principalement de la Teste au Teich, un peu moins du Teich à la pointe de Branne ; enfin ils occupent environ