‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 124 sur 701 · CHAPITRE I« — OBSERVATIONS THERMOMETRIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I« — OBSERVATIONS THERMOMETRIQUES

1799. — L^hÎYer fut rigoureux, mais nous manquons de détails positifs.

1850. — Cet hiver a duré près de trois mois, durant lesquels le thermomètre est constamment resté entre 0° et — 11®. C'est à coup sûr le plus long et le plus rigoureux du dix-neuvième siècle. La Garonne fut presque entièrement prise devant Bordeaux.

48S8. — Hiver rigoureux par la durée des froids, qui se prolongèrent jusqu'en mars.

48i8, — Hiver très-froid.

485S- — Hiver très-rigoureux; en janvier, neiges abondantes.

4871, — Les deux premières et la dernière semaine de décembre furent très-froides; du P*" au 4 janvier, le thermomètre descendit à — &* le jour et à — 14^ la nuit. Le 8 janvier le dégel commença lentement, mais trfes-irr%ulièrement, et les froids durèrent jusqu'en février avec des alternatives de gel et de dégel désastreuses pour l'agriculture. La Garonne fut prise jusqu'à la sixième arche du pont de Bordeaux. Une grande partie des vignes de la Gironde fut gelée du collet de la racine à l'extrémité des sarments. « Il faut remonter à 1709, dit M. Petit-Lafltte, pour trouver un hiver aussi funeste à nos vignobles. »

4876. — Du 1®' au 18 janvier, froids très-vifs. La Garonne charrie à plusieurs reprises de nombreux glaçons.

Gelées intempestives. — Ces gelées sont à craindre à deux époques de l'année : au commencement de l'automne, mais surtout au milieu du printemps. Ces dernières ont lieu à la fin d'avril et jusqu'au milieu de mai.

L'efiTet plus ou moins grave des gelées de printemps, qui sont presque toujours des gelées par rayonnement, dépend moins du degré de l'abaissement de la température que des circonstances qui le précèdent, l'accompagnent ou le suivent.

Par exemple, si la terre est humide, si la nuit a été sereine, l'air calme et le lever du soleil sans nuages ni brouillards, la gelée sera désastreuse en raison pourtant de l'intensité du froid qui l'aura produite ; tandis qu'un coup de vent, un brouillard ou des nuages survenus au moment où le soleil se lève suffisent pour modifier les effets de la plus forte gelée, de manière à la rendre à peine sensible.

De là viennent en grande partie ces irrégularités que l'on remarque dans les effets de chaque gelée et qui semblent tenir du caprice : une simple inégalité du terrain, le plus léger abri, quelque vapeur fortuite, une ombre projetée au moment opportun sur tel ou tel cep, sur tel ou tel vignoble, le préservent du fléau qui dévore tous ses voisins.

C'est par suite de ces observations que depuis quelques années des propriétaires, tous les ans plus nombreux, préparent chaque printemps le matériel nécessaire pour produire sur- leurs vignobles, aussitôt que descend le thermomètre, des nuages artificiels au moyen de fumées blanches et aqueuses, de préférence aux fiimées noires d'huiles lourdes.

Ces nuages ne sont, bien entendu, efficaces que contre les gelées par rayonnement; ainsi, en 1873, ils préservèrent, les 25 et 26 avril, de nombreux vignobles qui, le lendemain, étaient ravagés par une gelée par abaissement de température jusqu'à 4<' au-dessous de zéro*

202 LIVRE II. — MÉTKOROLOGIE.

Nos documents ne nous permettent de citer ici que deux périodes d'observations : l'une du commencement du dix-huitième siècle, et l'autre de nos dernières années.

Gelées intempestives de 4749 à 4736. — 47 i9: 4, 5, 6 avril, grêlée générale à l'exception du Bas-Médoc, du Bec-d'Ambès et des îles de la Gironde.

47 iZ, — Gelées ayant sévi surtout dans TEntre-deux-Mers et les Graves les 2, 4, 6, 7, 16, 17, 19 et 20 avril, et du 2 au 5 mai ; le 16 avril, glace assez forte.

/7j24. — Gelées néfastes, surtout pour les palus, les 31 mars, 2, 3, 7, 8, 14 avril. Gelées d'automne les 13 septembre, 11, 12, 13 octobre.

47 iH, — Gelées faibles les 15 mai et 25 septembre,

47^6, — 5 et 8 avril, gelées à glace, surtout aux environs de Bordeaux.

47^7. — Du l®'^ au 4 et du 19 au 21 avril, la glace fit périr les seigles et la moitié des blés ; toutes les vignes souffrirent.

47SO. — 15 avril et 19 mai. Le printemps fut aussi funeste aux vignobles que l'hiver précédent.

47S4. — Du 23 au 25 avril, les vignes des Graves et des Palus perdirent près de la moitié de leurs boutons.

47 SZ, — Dans la nuit des l®'^ et 2 octobre, la gelée enleva aux vignobles qui n'avaient pas été vendangés la moitié de leur récolte.

4736. — 29 avril, 15 efr 23 mai, gelées désastreuses qui reparaissent au moment des vendanges.

Gelées intempestives du dioHUuvième siècle, — En 4830, 4 83 h, 4838 et 4839, fortes gelées de printemps.

4864, 6 mai; 4868, avril; 4870, 30 avril et 4 mai; 4874, 30 et 31 mars, fortes gelées matinales; le 6 juin, gelée légère; 4873, 25 et 26 avril, gelées par rayonnement; le 27 avril, le thermomètre descend à — 4°, et plus des trois quarts de la récolte de nos vignobles est détruite.

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